Cette intervention ne remplace ni les responsabilités du constructeur ni les contrôles administratifs. Elle aide le maître d’ouvrage à prendre sa décision avec des constats mieux documentés.
Ce que la réception change juridiquement dans un CCMI
La réception est définie par le Code civil comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage avec ou sans réserves. Elle constitue donc une date de référence importante pour la suite du dossier. Elle ne doit pas être confondue avec une visite de pré-réception.Pré-réception et réception ne produisent pas les mêmes effets
Une pré-réception est une visite technique préparatoire organisée avant la réception officielle. Elle peut permettre de relever des défauts, des finitions inachevées ou des écarts contractuels afin qu’ils soient examinés avec le constructeur avant le rendez-vous de remise des clés. Le document établi à cette occasion prend la forme d’un relevé, d’une liste de points ou d’un compte rendu. Il ne doit pas être confondu avec le procès-verbal de réception. La réception, elle, est l’acte juridique d’acceptation. Les réserves qui subsistent doivent être décrites dans le procès-verbal. Pour préparer cette étape en amont, vous pouvez découvrir notre assistance CCMI.Les garanties commencent à courir à compter de la réception
La réception constitue notamment le point de départ de la garantie de parfait achèvement. Pendant un an, elle couvre les désordres réservés à la réception ainsi que ceux révélés ensuite et notifiés dans l’année. La garantie de bon fonctionnement des éléments d’équipement concernés est d’une durée minimale de deux ans à compter de la réception. La responsabilité décennale concerne, sous les conditions prévues par le Code civil, les dommages d’une gravité suffisante pour compromettre la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination. Les responsabilités concernées s’éteignent dix ans après la réception. Un défaut esthétique ou une finition imparfaite ne relève donc pas automatiquement de la décennale. La qualification dépend de la nature et des conséquences réelles du désordre.Ce que l’expert en construction examine lors de la réception
Le contrôle commence par les pièces disponibles. Une réception efficace repose autant sur la comparaison documentaire que sur l’observation du bâtiment.Plans, notice descriptive et avenants
Le maître d’ouvrage a intérêt à disposer du CCMI, des plans contractuels, de la notice descriptive et des avenants acceptés en cours de chantier. L’expert peut ainsi rapprocher les éléments visibles de ce qui était prévu : implantation d’une cloison, dimensions accessibles, type d’équipement, menuiseries, revêtements ou prestations expressément prévues au contrat. Il ne s’agit pas de supposer qu’un ouvrage est non conforme parce qu’il paraît différent. L’écart doit être replacé dans les documents applicables au projet.Façades, couverture et ouvrages extérieurs accessibles
L’examen peut porter sur l’aspect des enduits, les fissurations visibles, certains raccords, les seuils, les évacuations accessibles, les menuiseries extérieures ou les défauts apparents de couverture lorsque les conditions d’observation le permettent. Une fissure constatée le jour de la réception doit être décrite par sa localisation et son aspect. Elle ne doit pas être déclarée « structurelle » ou « évolutive » sans éléments permettant de l’établir. Lorsqu’une fissuration nécessite une analyse spécifique après la réception, une expertise fissures peut permettre d’en rechercher les causes avant d’envisager une technique de réparation.Intérieur de la maison et finitions
Le contrôle porte généralement sur les surfaces accessibles : murs, plafonds, sols, faïences, peintures, portes, plinthes, menuiseries et équipements présents. L’expert recherche notamment des défauts de pose, chocs, dégradations, désaffleurements visibles, éléments manquants ou difficultés de fonctionnement. Le but n’est pas de transformer chaque variation esthétique en malfaçon. Une réserve doit correspondre à un constat identifiable et suffisamment précis pour pouvoir être retrouvé puis contrôlé lors de sa levée.Équipements et fonctionnement
Lorsque les installations sont alimentées et accessibles, plusieurs vérifications fonctionnelles peuvent être réalisées : ouverture et fermeture des menuiseries, fonctionnement d’équipements sanitaires, écoulements visibles, commandes, ventilation ou certains équipements électriques. La réception reste toutefois une inspection dans les conditions présentes le jour de la visite. Elle ne permet pas d’examiner les ouvrages déjà enfermés derrière les doublages, les revêtements ou le béton, ni de certifier sans investigation complémentaire l’ensemble des installations de la maison.Réserves et solde de 5 % : deux sujets à traiter avec précision
Une bonne réserve n’est ni vague ni excessivement interprétative. Elle permet de retrouver l’anomalie et de savoir ce qui doit être corrigé.Comment formuler une réserve utile
Une formulation efficace précise généralement :- la pièce ou la zone concernée ;
- l’élément observé ;
- le défaut visible ou le dysfonctionnement constaté ;
- si nécessaire, son emplacement précis.
Que deviennent les derniers 5 % ?
Le régime du CCMI encadre les appels de fonds. Le stade de 95 % correspond à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie, de chauffage et de revêtements extérieurs. Le paiement du solde dépend ensuite du déroulement de la réception. Lorsque des réserves sont formulées, une somme pouvant aller jusqu’à 5 % du prix convenu peut être consignée jusqu’à leur levée, selon les modalités prévues par le Code de la construction et de l’habitation. Si le maître d’ouvrage est assisté pendant la réception par un professionnel répondant aux conditions légales et qu’aucune réserve n’est formulée, le solde est payable à l’issue de la réception.Attention au délai de huit jours
Le CCMI comporte une particularité importante. Lorsque le maître d’ouvrage réceptionne sans être assisté par l’un des professionnels visés par le Code de la construction et de l’habitation, il peut dénoncer par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les huit jours suivant la remise des clés, les vices apparents qui n’avaient pas été signalés lors de la réception. Cette disposition ne s’applique pas lorsqu’il est assisté, le jour de la réception, par un professionnel entrant dans les catégories prévues par le texte. Le choix entre une visite préparatoire et une assistance directement pendant la réception doit donc être fait en connaissance de cette différence juridique. Si un désaccord technique persiste ensuite avec le constructeur, une expertise amiable contradictoire peut permettre d’organiser une discussion technique entre les parties avant d’envisager un contentieux.À Questembert, distinguer conformité contractuelle et urbanisme
Pour une maison située à Questembert, la réception du CCMI et la conformité administrative de la construction répondent à deux logiques différentes. La réception concerne la relation contractuelle entre le maître d’ouvrage et le constructeur. L’autorisation d’urbanisme relève, elle, du projet autorisé par l’administration. Le Plan local d’urbanisme de Questembert actuellement publié comme en vigueur constitue le document d’urbanisme communal de référence. La règle réellement applicable à une maison dépend cependant de son terrain, de son zonage, de l’autorisation obtenue et, éventuellement, des prescriptions particulières figurant au dossier. Sans adresse ni parcelle, il serait donc incorrect d’attribuer à une construction une règle locale précise.Un contrôle utile au moment de la réception
Le propriétaire peut néanmoins préparer :- le permis de construire et ses éventuels modificatifs ;
- les plans autorisés ;
- les plans du CCMI ;
- la notice descriptive ;
- les avenants ;
- les documents remis par le constructeur.