Avant de rechercher la valeur vénale d’un bien, l’expert doit d’abord définir précisément la question posée. Une même maison peut avoir des valeurs différentes selon la date retenue, l’état du bien, son occupation ou les hypothèses de travail. C’est pourquoi la mission doit être cadrée dès le départ.
La mission précise qui demande l’évaluation, quel bien est concerné, dans quel but, à quelle date, dans quel état, si le bien est libre ou occupé, s’il s’agit d’une valeur avant ou après sinistre ou travaux, selon quelles hypothèses, avec quels documents, dans quelles limites et pour quels utilisateurs du rapport. Les Notaires de France présentent d’ailleurs cette étape sous la forme d’une proposition d’intervention.
Sommaire
- Pourquoi la mission doit-elle être définie avant l’évaluation ?
- Qui est le donneur d’ordre ?
- Quel est l’objet de l’évaluation ?
- Quelle valeur est recherchée ?
- Qu’est-ce que la date de valeur ?
- Quelle différence entre la date de valeur, la visite et le rapport ?
- Comment se déroule une évaluation à la date actuelle ?
- Qu’est-ce qu’une évaluation rétrospective ?
- Le bien est-il évalué libre ou occupé ?
- Qu’est-ce que la valeur avant sinistre ?
- Qu’est-ce que la valeur après sinistre ?
- Comment comparer la valeur avant et après sinistre ?
- Qu’est-ce que la valeur avant travaux ?
- Qu’est-ce que la valeur après travaux ?
- Qu’est-ce qu’une hypothèse particulière ?
- Quelle différence entre une hypothèse et une réserve ?
- Comment traiter les conditions suspensives ?
- Quels documents sont disponibles ?
- Que faire des documents non transmis ?
- Quelles limites faut-il préciser ?
- Comment rédiger les limites de la mission ?
- Quel est l’usage prévu du rapport ?
- Qui sont les destinataires du rapport ?
- Que faire si le rapport est destiné à plusieurs parties ?
- Comment cadrer une mission avant ou après sinistre ?
- Comment cadrer une mission avant ou après travaux ?
- Tableau récapitulatif des scénarios d’évaluation
- Quelles erreurs faut-il éviter ?
- Quel est le rôle de l’expert en valeur vénale ?
- Comment Check my House cadre la mission d’évaluation ?
- Checklist de la lettre de mission
- Checklist du rapport
- À retenir
- Sources principales
Pourquoi la mission doit-elle être définie avant l’évaluation ?
Définir la mission avant de commencer permet d’éviter les malentendus et de répondre précisément à la question posée. Sans cadre clair, l’évaluation risque de ne pas correspondre au besoin réel. La mission fixe le périmètre du travail de l’expert.
Qui est le donneur d’ordre ?
Le donneur d’ordre est la personne ou l’organisme qui demande l’évaluation : un particulier, un notaire, un avocat, une banque, une entreprise ou un juge. Son identité et sa qualité doivent figurer dans la mission. Cela permet de savoir pour qui le rapport est établi.
Quel est l’objet de l’évaluation ?
L’objet de l’évaluation est le bien concerné : maison, appartement, terrain, local ou ensemble immobilier. Il doit être identifié précisément par son adresse, sa nature et ses caractéristiques. Une identification claire évite toute confusion.
Quelle valeur est recherchée ?
La valeur recherchée est le plus souvent la valeur vénale, c’est-à-dire le prix qui pourrait être obtenu dans des conditions normales de marché. La mission précise s’il s’agit d’une valeur libre, occupée, avant ou après un événement particulier. Cette précision oriente toute l’analyse.
Qu’est-ce que la date de valeur ?
La date de valeur est la date à laquelle la valeur du bien est estimée. Elle sert de référence pour l’ensemble de l’évaluation. Une même maison peut valoir plus ou moins selon la date retenue, car le marché évolue.
Quelle différence entre la date de valeur, la visite et le rapport ?
La date de valeur est la date de référence de l’estimation, la date de visite est le jour où l’expert examine le bien, et la date du rapport est celle de sa rédaction. Ces trois dates peuvent être différentes. Elles doivent toutes apparaître clairement dans le rapport.

Comment se déroule une évaluation à la date actuelle ?
Pour une évaluation à la date actuelle, l’expert retient la valeur du bien au jour de son analyse, en tenant compte du marché récent. C’est le cas le plus courant, par exemple pour une vente ou un financement. La valeur reflète alors la situation présente.
Qu’est-ce qu’une évaluation rétrospective ?
Une évaluation rétrospective consiste à estimer la valeur d’un bien à une date passée, par exemple à la date d’un décès ou d’un sinistre. L’expert se replace dans le contexte de marché de cette date. Elle demande des données historiques fiables.
Le bien est-il évalué libre ou occupé ?
Un bien peut être évalué libre de toute occupation ou occupé par un locataire. La valeur d’un bien occupé est généralement inférieure à celle d’un bien libre, car l’acquéreur ne peut pas en disposer immédiatement. La mission doit préciser l’état d’occupation retenu.
Qu’est-ce que la valeur avant sinistre ?
La valeur avant sinistre est la valeur vénale du bien tel qu’il était avant l’événement dommageable. Elle sert de point de comparaison pour mesurer le préjudice. Elle correspond à une évaluation rétrospective à la date précédant le sinistre.
Qu’est-ce que la valeur après sinistre ?
La valeur après sinistre est la valeur du bien une fois les désordres survenus et, le cas échéant, après réparation. Certains désordres laissent une moins-value durable même après travaux. Cette valeur permet d’apprécier l’impact réel du sinistre.
Comment comparer la valeur avant et après sinistre ?
La comparaison consiste à mettre en regard la valeur avant sinistre et la valeur après, à la même date de référence. La différence correspond à la perte de valeur. Cette méthode permet de chiffrer le préjudice de manière argumentée.
Qu’est-ce que la valeur avant travaux ?
La valeur avant travaux est la valeur du bien dans son état actuel, sans amélioration. Elle sert de base pour apprécier l’intérêt d’un projet de travaux. Elle reflète la réalité du bien au moment de l’évaluation.

Qu’est-ce que la valeur après travaux ?
La valeur après travaux est la valeur estimée du bien une fois les travaux réalisés. Elle repose sur une hypothèse, celle de la bonne exécution des travaux prévus. Elle doit toujours être présentée comme une valeur conditionnelle.
Qu’est-ce qu’une hypothèse particulière ?
Une hypothèse particulière est une condition retenue pour l’évaluation qui n’est pas encore réalisée, par exemple l’obtention d’un permis ou la réalisation de travaux. Elle doit être clairement indiquée dans le rapport. La valeur dépend alors de la réalisation de cette hypothèse.
Quelle différence entre une hypothèse et une réserve ?
Une hypothèse est une condition retenue pour construire la valeur, tandis qu’une réserve signale une limite ou une incertitude affectant l’évaluation. L’hypothèse oriente le calcul ; la réserve alerte le lecteur. Les deux doivent figurer explicitement dans le rapport.
Comment traiter les conditions suspensives ?
Une condition suspensive est un événement futur et incertain dont dépend une obligation. Lorsqu’elle s’accomplit, l’obligation devient pure et simple. Dans une évaluation, l’expert peut retenir une valeur sous condition suspensive, en précisant clairement l’événement attendu.
Quels documents sont disponibles ?
L’expert recense les documents fournis : titre de propriété, plans, diagnostics, baux, documents d’urbanisme et pièces techniques. Ces documents servent de base à l’évaluation. Leur liste doit figurer dans le rapport.
Que faire des documents non transmis ?
Lorsque certains documents ne sont pas transmis, l’expert le signale et précise les conséquences sur l’évaluation. Il peut retenir une hypothèse ou émettre une réserve. Cette transparence protège à la fois l’expert et le lecteur du rapport.
Quelles limites faut-il préciser ?
Les limites précisent ce que l’évaluation ne couvre pas : absence de sondages destructifs, informations non vérifiées ou documents manquants. Elles définissent le périmètre du travail de l’expert. Elles évitent une interprétation abusive du rapport.
Comment rédiger les limites de la mission ?
Les limites se rédigent de manière claire et factuelle, en indiquant les points non examinés et les hypothèses retenues. Elles doivent être compréhensibles par un lecteur non spécialiste. Une rédaction précise renforce la fiabilité du rapport.

Quel est l’usage prévu du rapport ?
L’usage du rapport doit être indiqué : vente, succession, partage, fiscalité, financement ou contentieux. Un rapport établi pour un usage donné n’est pas forcément adapté à un autre. Cette précision évite les détournements de finalité.
Qui sont les destinataires du rapport ?
Les destinataires sont les personnes autorisées à utiliser le rapport : le donneur d’ordre, un notaire, un juge ou une administration. La mission précise qui peut s’en prévaloir. Cela encadre la diffusion du document.
Que faire si le rapport est destiné à plusieurs parties ?
Lorsque le rapport est destiné à plusieurs parties, l’expert veille à rester neutre et à présenter une valeur équilibrée. Il précise que le document est commun aux parties. Cette neutralité est essentielle dans les partages et les contentieux.
Comment cadrer une mission avant ou après sinistre ?
Pour une mission avant ou après sinistre, la mission précise la date du sinistre, l’état du bien avant et après, et les valeurs recherchées. L’expert distingue clairement les deux états. Cela permet de mesurer la perte de valeur éventuelle.
Comment cadrer une mission avant ou après travaux ?
Pour une mission avant ou après travaux, la mission décrit les travaux prévus et l’hypothèse de leur bonne exécution. L’expert indique la valeur dans l’état actuel et la valeur projetée. La valeur après travaux reste conditionnelle.
Tableau récapitulatif des scénarios d’évaluation
Selon le scénario retenu, la date de valeur, l’occupation, l’état matériel et les hypothèses diffèrent. Le tableau ci-dessous résume les principaux cas.
| Scénario | Date de valeur | Occupation | État matériel | Hypothèses |
|---|---|---|---|---|
| Valeur actuelle | Date actuelle | Libre ou occupé | État réel constaté | Aucune hypothèse particulière |
| Valeur avant sinistre | Date avant le sinistre | État d’occupation d’origine | État sain avant dommage | Évaluation rétrospective |
| Valeur après sinistre | Date après le sinistre | État d’occupation constaté | État dégradé ou réparé | Prise en compte des désordres |
| Valeur après travaux | Date projetée | Selon le projet | État après travaux prévus | Bonne exécution des travaux |

Quelles erreurs faut-il éviter ?
- Commencer l’évaluation sans avoir défini la mission.
- Oublier de préciser la date de valeur retenue.
- Confondre la date de valeur, la date de visite et la date du rapport.
- Négliger l’état d’occupation du bien (libre ou occupé).
- Présenter une valeur après travaux comme certaine plutôt que conditionnelle.
- Ne pas indiquer les hypothèses, les réserves et les limites de la mission.
Quel est le rôle de l’expert en valeur vénale ?
L’expert en valeur vénale définit la mission, choisit la date de valeur, précise les hypothèses et documente son raisonnement. Il adapte son analyse à la finalité recherchée. Son rapport doit être clair, traçable et compréhensible par ses destinataires.
Comment Check my House cadre la mission d’évaluation ?
Check my House commence chaque mission par la définition précise du donneur d’ordre, du bien, de la finalité, de la date de valeur et des hypothèses. Cette lettre de mission encadre l’ensemble du travail. Le rapport remis précise les dates, l’état du bien, les hypothèses, les réserves et l’usage prévu.
Checklist de la lettre de mission
Donneur d’ordre
- Identifier la personne ou l’organisme demandeur.
- Préciser sa qualité (propriétaire, notaire, avocat, banque, juge).
Bien évalué
- Indiquer l’adresse et la nature du bien.
- Décrire ses principales caractéristiques.
Finalité
- Préciser le but de l’évaluation.
- Indiquer le type de valeur recherché.
Dates
- Fixer la date de valeur.
- Noter la date de visite et la date du rapport.
Occupation
- Préciser si le bien est libre ou occupé.
- Mentionner les éventuels baux en cours.
Scénarios
- Indiquer s’il s’agit d’une valeur actuelle ou rétrospective.
- Préciser les cas avant ou après sinistre ou travaux.
Hypothèses
- Lister les hypothèses retenues.
- Distinguer hypothèses, réserves et conditions suspensives.
Documents
- Recenser les documents transmis.
- Signaler les documents manquants.
Utilisation
- Préciser l’usage prévu du rapport.
- Indiquer les destinataires autorisés.
Checklist du rapport
- Rappeler la mission et le donneur d’ordre.
- Indiquer la date de valeur, la date de visite et la date du rapport.
- Préciser l’état et l’occupation du bien.
- Exposer les hypothèses, réserves et limites.
- Présenter la valeur retenue et son argumentation.
- Rappeler l’usage prévu et les destinataires.
À retenir
- L’évaluation commence toujours par la définition de la mission.
- La date de valeur est la date de référence de l’estimation.
- La date de valeur, la date de visite et la date du rapport peuvent différer.
- L’occupation, l’état et les hypothèses influencent la valeur.
- La valeur après travaux est toujours une valeur conditionnelle.
Sources principales
- Notaires de France – proposition d’intervention et évaluation.
- Immobilier.notaires.fr – estimation et valeur des biens.
- BOFiP – notion de valeur vénale.
- BOFiP – immeubles libres ou occupés.
- Règlement (UE) n° 575/2013 – évaluation des sûretés immobilières.
- Code civil, articles 1304 et 1304-6 (conditions suspensives).
- Charte de l’expertise en évaluation immobilière, 6e édition, 2025.
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