Avant de consulter les entreprises, une rénovation suppose de réduire les incertitudes qui pèsent sur le bâtiment existant. Cette FAQ présente les diagnostics et les investigations utiles avant travaux : visite technique préalable, relevés dimensionnels, sondages, ouvertures exploratoires, repérage des réseaux, étude de structure, étude géotechnique, diagnostic humidité, diagnostic fissures, diagnostic de charpente, recherche de fuite, thermographie, mesures d’humidité et audit énergétique.

Laurent Hojan

Dernière mise à jour le 29 juillet 2026

Sommaire

Pourquoi faut-il réaliser des investigations avant de consulter les entreprises ?

Une rénovation concerne un bâtiment dont une partie importante reste généralement dissimulée derrière les revêtements, les doublages, les plafonds, les sols ou les aménagements existants.

Une visite visuelle permet de relever de nombreux désordres apparents, mais elle ne permet pas toujours de connaître les éléments suivants :

  • La composition réelle des parois.
  • La fonction porteuse d’un mur.
  • L’état des matériaux recouverts.
  • La profondeur des fondations.
  • La constitution d’un plancher.
  • L’état des réseaux encastrés.
  • L’origine exacte d’une infiltration.
  • La continuité de l’isolation.
  • La capacité d’un ouvrage à recevoir des charges supplémentaires.
  • La présence éventuelle de matériaux dangereux.

Les diagnostics et investigations servent à réduire ces incertitudes avant la définition définitive des travaux.

Ils permettent notamment les apports suivants :

  • Vérifier la faisabilité du projet.
  • Identifier les ouvrages à conserver ou à remplacer.
  • Rechercher la cause d’un désordre.
  • Définir les travaux préparatoires.
  • Limiter les découvertes tardives.
  • Permettre aux entreprises de chiffrer sur une base plus précise.
  • Sécuriser les interventions.
  • Déterminer les études d’exécution nécessaires.
  • Conserver des preuves avant une démolition.
  • Adapter le budget et le planning.

Toutes les rénovations ne nécessitent pas les mêmes investigations. Leur nature doit être proportionnée à l’importance des travaux, aux caractéristiques du bâtiment, aux désordres constatés et aux risques encourus.

Quelle est la différence entre un diagnostic et une investigation ?

Le diagnostic

Le diagnostic consiste à analyser un bâtiment, un équipement ou un désordre afin d’en caractériser l’état, d’en rechercher les causes et de définir les suites nécessaires.

Il peut porter sur les sujets suivants :

  • La structure.
  • L’humidité.
  • Les fissures.
  • La charpente.
  • L’énergie.
  • Les réseaux.
  • L’assainissement.
  • L’installation électrique.
  • L’installation de gaz.
  • La présence de certains matériaux.

L’investigation

L’investigation correspond aux moyens utilisés pour obtenir les informations nécessaires au diagnostic.

Elle peut comprendre les opérations suivantes :

  • Une inspection visuelle.
  • Des mesures.
  • Des relevés.
  • Des sondages.
  • Des prélèvements.
  • Des essais.
  • Des ouvertures exploratoires.
  • Une inspection caméra.
  • Une thermographie.
  • Une recherche de fuite.
  • Une étude documentaire.
  • Une analyse en laboratoire.

Un appareil ne réalise pas, à lui seul, un diagnostic. Il fournit une donnée qui doit être interprétée en tenant compte du bâtiment, de son usage, des matériaux et des conditions de mesure.

Faut-il définir un programme d’investigations ?

Oui.

Les sondages ne doivent pas être réalisés au hasard ou simplement parce qu’un ouvrage est accessible.

Le programme d’investigations doit préciser les points suivants :

  • Les questions techniques à résoudre.
  • Les zones à examiner.
  • Les méthodes envisagées.
  • Les personnes chargées des opérations.
  • Les autorisations nécessaires.
  • Les risques à maîtriser.
  • Les matériaux susceptibles d’être rencontrés.
  • Les coupures de réseaux à prévoir.
  • Les conditions d’accès.
  • Les modalités de rebouchage.
  • Les documents à produire.
  • Les conséquences possibles sur le projet.

Chaque investigation doit répondre à une question identifiable.

Les questions suivantes en donnent des exemples :

  • Le mur entre la cuisine et le séjour est-il porteur ?
  • Le plancher peut-il recevoir une chape et une salle d’eau ?
  • La fissure traverse-t-elle la maçonnerie ou seulement l’enduit ?
  • Le doublage contient-il un isolant ?
  • Les bois de charpente sont-ils altérés au niveau des appuis ?
  • L’humidité provient-elle d’une fuite, d’une infiltration ou de la condensation ?
  • La canalisation traverse-t-elle la zone dans laquelle un percement est prévu ?

Qu’est-ce qu’une visite technique préalable ?

La visite technique préalable constitue la première étape des investigations.

Elle doit être réalisée avant l’établissement définitif du programme de travaux et, lorsque les enjeux le justifient, avant la consultation finale des entreprises.

Elle permet les opérations suivantes :

  • Examiner l’ensemble du bâtiment.
  • Comparer l’état visible avec les plans.
  • Relever les désordres.
  • Repérer les transformations antérieures.
  • Identifier les zones inaccessibles.
  • Vérifier les contraintes d’accès.
  • Localiser les principaux équipements.
  • Préparer les sondages.
  • Déterminer les études spécialisées nécessaires.

Quels documents faut-il examiner avant la visite ?

Il convient notamment de rechercher les pièces suivantes :

  • Les plans de construction.
  • Les plans de récolement.
  • Les études de sol.
  • Les notes de calcul.
  • Les diagnostics immobiliers.
  • Les rapports d’expertise.
  • Les factures de travaux.
  • Les déclarations de sinistre.
  • Les plans de réseaux.
  • Les notices des équipements.
  • Les photographies de travaux antérieurs.
  • Les autorisations d’urbanisme.
  • Les autorisations de copropriété.

Une investigation déjà réalisée peut parfois être réutilisée, mais uniquement si son périmètre, sa date, ses méthodes et ses hypothèses restent adaptés au nouveau projet.

Comment se déroule la visite préalable ?

La visite peut comprendre les étapes suivantes :

  • Un examen de l’environnement et du terrain.
  • Un examen extérieur du bâtiment.
  • Un examen de la structure apparente.
  • Une inspection des combles, caves et vides sanitaires accessibles.
  • Un examen des pièces intérieures.
  • Un repérage des réseaux et des équipements.
  • Des mesures simples non destructives.
  • Un relevé photographique.
  • L’identification des zones à sonder.
  • Un entretien avec le propriétaire ou l’occupant.

Les conditions de la visite doivent être précisées, notamment sur les points suivants :

  • La météo.
  • Le bâtiment occupé ou vacant.
  • Les équipements en fonctionnement ou arrêtés.
  • La présence de mobilier.
  • Les accès disponibles.
  • Les zones non visitées.
  • L’absence éventuelle d’électricité ou d’eau.
  • Les travaux récemment réalisés.

Pourquoi réaliser des relevés dimensionnels ?

Les relevés dimensionnels permettent de disposer d’une représentation actualisée du bâtiment.

Ils peuvent porter sur les éléments suivants :

  • Les longueurs et les largeurs des pièces.
  • Les hauteurs sous plafond.
  • Les épaisseurs apparentes des murs.
  • Les dimensions des ouvertures.
  • Les niveaux des sols.
  • Les pentes.
  • Les aplombs.
  • Les positions des poutres et des poteaux.
  • Les dimensions des équipements.
  • L’emplacement des réseaux visibles.
  • Les dimensions des trémies.
  • Les distances aux limites de propriété.
  • Les surfaces de façades ou de toitures.

Les anciens plans peuvent-ils remplacer les relevés ?

Non, sauf après vérification.

Un plan ancien peut représenter les situations suivantes :

  • Un projet non exécuté.
  • Une version antérieure.
  • Un état modifié depuis.
  • Une implantation approximative.
  • Des dimensions théoriques.
  • Des réseaux déplacés en cours de chantier.

Les dimensions déterminantes doivent être relevées sur place avant la fabrication d’éléments sur mesure ou l’établissement de plans d’exécution.

Quels outils peuvent être utilisés ?

Selon la précision recherchée, les relevés peuvent être effectués avec les moyens suivants :

  • Un mètre ruban.
  • Un télémètre laser.
  • Un niveau.
  • Une règle.
  • Un fil à plomb.
  • Un niveau laser.
  • Une jauge de fissure.
  • Un appareil photographique.
  • Un scanner tridimensionnel.
  • Un relevé topographique.
  • Du matériel de géomètre.

Le degré de précision doit être adapté à l’usage du relevé.

Une mesure destinée à estimer une surface ne présente pas les mêmes exigences qu’un relevé destiné à fabriquer une menuiserie, à dimensionner une structure ou à implanter une extension.

Qu’est-ce qu’un sondage ?

Un sondage est une opération localisée destinée à obtenir une information qui n’est pas directement visible.

Il peut consister à réaliser les opérations suivantes :

  • Percer un revêtement.
  • Déposer une plinthe.
  • Ouvrir un doublage.
  • Retirer quelques éléments de couverture.
  • Prélever un matériau.
  • Examiner une poutre à son appui.
  • Sonder un enduit.
  • Ouvrir une trappe.
  • Réaliser une fouille ponctuelle.
  • Introduire une caméra dans un conduit.
  • Mesurer la résistance ou l’humidité d’un matériau.

Un sondage peut être non destructif, faiblement destructif ou destructif.

Comment choisir l’emplacement d’un sondage ?

L’emplacement doit être choisi à partir des éléments suivants :

  • Les désordres visibles.
  • Les plans disponibles.
  • L’organisation constructive.
  • Les hypothèses à vérifier.
  • L’emplacement des futurs travaux.
  • Les risques pour les réseaux.
  • Les possibilités de réparation.
  • La représentativité de la zone.

Un sondage ponctuel ne permet pas toujours de généraliser sa conclusion à l’ensemble du bâtiment.

La composition observée dans un mur peut être différente dans une extension, un étage, une façade ou une zone ayant fait l’objet de travaux ultérieurs.

Qu’est-ce qu’une ouverture exploratoire ?

Une ouverture exploratoire consiste à déposer localement un revêtement ou une partie non structurelle afin d’accéder à un ouvrage caché.

Elle peut permettre d’examiner les éléments suivants :

  • La composition d’une paroi.
  • Un appui de poutre.
  • Une ossature.
  • La présence d’un isolant.
  • La structure d’un plancher.
  • Une canalisation.
  • Un conduit.
  • Une étanchéité.
  • Un bois encastré.
  • Une fissure recouverte.
  • La liaison entre deux bâtiments.

L’ouverture doit être limitée aux dimensions nécessaires et réalisée de manière maîtrisée.

Que faut-il définir avant une ouverture exploratoire ?

Il faut préciser les points suivants :

  • La question technique à résoudre.
  • L’emplacement exact.
  • Les dimensions maximales de l’ouverture.
  • La méthode de dépose.
  • La présence possible de réseaux.
  • Les risques liés aux matériaux.
  • Les protections à mettre en place.
  • La personne chargée du rebouchage.
  • Le niveau de finition attendu après rebouchage.
  • Le devenir des matériaux déposés.
  • La conservation éventuelle d’échantillons.
  • Les modalités de compte rendu.

Une ouverture ne doit pas être pratiquée dans un élément susceptible d’être porteur sans validation préalable de la personne compétente.

Faut-il rechercher l’amiante avant les sondages ?

Lorsque l’opération comporte des risques d’exposition des travailleurs à l’amiante, le donneur d’ordre, le maître d’ouvrage ou le propriétaire fait réaliser la recherche d’amiante prévue par le Code du travail. Cette recherche est assurée par un repérage préalable à l’opération, adapté à sa nature, à son périmètre et au niveau de risque qu’elle présente. Elle doit donc intervenir avant les sondages susceptibles de percer, de découper, de poncer ou de déposer des matériaux concernés.

Un diagnostic amiante établi pour une vente ne couvre pas nécessairement les zones ou les matériaux qui seront atteints par les investigations.

Le programme de repérage doit correspondre au programme réel des travaux et des ouvertures exploratoires.

Pourquoi faut-il repérer les réseaux avant de percer ou de démolir ?

Les réseaux peuvent être situés dans les emplacements suivants :

  • Dans les murs.
  • Dans les cloisons.
  • Sous les planchers.
  • Dans les plafonds.
  • Dans les gaines.
  • Sous les dallages.
  • Dans le terrain.
  • Dans les parties communes.
  • Entre plusieurs bâtiments.

Ils peuvent transporter les fluides et les énergies suivants :

  • L’électricité.
  • Le gaz.
  • L’eau.
  • Les eaux usées.
  • Les eaux pluviales.
  • Le chauffage.
  • L’air.
  • Les télécommunications.
  • Les fluides techniques.

Un percement ou un terrassement sans repérage peut provoquer les conséquences suivantes :

  • Une électrisation ou une électrocution.
  • Une fuite de gaz.
  • Un dégât des eaux.
  • Une interruption de service.
  • Une contamination.
  • Un incendie.
  • Une inondation.
  • L’endommagement d’un réseau commun ou public.
visite technique prealable et releves dimensionnels d un batiment

Comment repérer les réseaux encastrés ?

Le repérage peut associer les moyens suivants :

  • Les plans de récolement.
  • Les photographies prises avant rebouchage.
  • La détection électromagnétique.
  • Le détecteur de conducteurs.
  • La caméra thermique dans certaines conditions.
  • L’inspection caméra.
  • Le traçage de canalisation.
  • L’injection d’un signal.
  • Le géoradar.
  • Les sondages manuels.
  • L’examen des compteurs, des vannes et des regards.
  • L’ouverture localisée.

Aucune méthode ne garantit à elle seule la localisation de tous les réseaux.

Les résultats doivent être matérialisés sur le support ou reportés sur un plan avant le début des travaux.

Quelles démarches sont nécessaires pour les réseaux extérieurs ?

Lorsqu’un projet entre dans le champ de la réglementation relative aux travaux à proximité des réseaux, le responsable du projet vérifie au préalable s’il existe des ouvrages en service dans ou à proximité de l’emprise des travaux. Il consulte pour cela le guichet unique afin d’obtenir la liste et les coordonnées des exploitants concernés. La déclaration de projet de travaux et la déclaration d’intention de commencement de travaux doivent ensuite être effectuées dans les situations prévues par le Code de l’environnement.

Ces démarches ne recensent pas nécessairement tous les branchements privés, les réseaux abandonnés ou les canalisations intérieures au terrain.

Une reconnaissance complémentaire peut donc rester indispensable.

Étude de structure

Les travaux qui touchent aux éléments porteurs relèvent d’une analyse structurelle spécifique.

Quand faut-il réaliser une étude de structure ?

Une étude structurelle doit être envisagée lorsque les travaux peuvent affecter les ouvrages suivants :

  • Un mur porteur.
  • Une poutre.
  • Un poteau.
  • Un plancher.
  • Une charpente.
  • Des fondations.
  • Un mur de soutènement.
  • Le contreventement.
  • La stabilité d’une façade.
  • La liaison entre deux bâtiments.

Elle est également nécessaire lorsque le projet prévoit les interventions suivantes :

  • La création d’une ouverture importante.
  • La suppression d’un élément.
  • Une surélévation.
  • Un aménagement de combles.
  • Une augmentation importante des charges.
  • Une extension liée au bâtiment existant.
  • La création d’une trémie.
  • Une reprise en sous-oeuvre.
  • La réparation d’une structure fissurée ou déformée.

Que doit comprendre la mission du bureau d’études structure ?

Selon le projet, la mission peut comprendre les prestations suivantes :

  • L’analyse des documents existants.
  • La visite du bâtiment.
  • Le relevé de la structure.
  • La définition des sondages.
  • L’identification des matériaux.
  • L’estimation des charges.
  • La vérification de la descente de charges.
  • Le calcul des éléments conservés.
  • Le dimensionnement des renforcements.
  • La définition des appuis.
  • La vérification des fondations.
  • Les principes d’étaiement.
  • Les plans de structure.
  • Les notes de calcul.
  • Les prescriptions d’exécution.
  • Le contrôle des ouvrages après ouverture.

La mission doit préciser si elle porte uniquement sur un principe de faisabilité ou si elle comprend les plans et les calculs nécessaires à l’exécution.

Une étude de faisabilité suffit-elle pour exécuter les travaux ?

Pas nécessairement.

Un avis indiquant qu’une ouverture est envisageable ne constitue pas toujours un dossier d’exécution.

Avant le chantier, il peut rester nécessaire de définir les éléments suivants :

  • Le profil du renforcement.
  • Ses dimensions.
  • Ses appuis.
  • Les assemblages.
  • Les platines.
  • Les scellements.
  • Les phases d’étaiement.
  • Les tolérances.
  • Les contrôles.
  • Les protections contre la corrosion ou l’incendie.

Les documents doivent être mis à jour si les sondages révèlent une constitution différente de celle retenue dans les hypothèses initiales.

Étude géotechnique

Le comportement du sol conditionne la faisabilité et le dimensionnement de certains travaux de rénovation.

Quand faut-il étudier le sol ?

Une étude géotechnique peut être nécessaire lorsque le projet concerne les situations suivantes :

  • Les fondations.
  • Une extension.
  • Une surélévation.
  • Une reprise en sous-oeuvre.
  • Un terrassement important.
  • Un sous-sol.
  • Un mur de soutènement.
  • Une piscine proche du bâtiment.
  • Une modification des écoulements d’eau.
  • Un bâtiment fissuré.
  • Un terrain en pente.
  • Un secteur exposé au retrait-gonflement des argiles.
  • Un risque de glissement, de cavité ou de tassement.

L’étude doit être adaptée au projet. Une étude réalisée pour une construction voisine ou pour un projet différent ne peut pas être reprise automatiquement.

Quelle est la différence entre une étude préalable et une étude de conception ?

Dans le régime relatif aux sols argileux, l’étude géotechnique préalable procède à une première identification des risques géotechniques d’un site et à la définition des principes généraux de construction permettant de prévenir le risque de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols.

L’étude géotechnique de conception prend en compte l’implantation et les caractéristiques du bâtiment afin de fixer les prescriptions constructives adaptées à la nature du sol et au projet de construction. Elle n’est valable que pour le projet en vue duquel elle a été réalisée.

L’arrêté du 22 juillet 2020 précise le contenu de ces études. Une étude préalable de type G1 ou une étude de conception de type G2 réalisée conformément aux exigences de la norme qu’il mentionne vaut présomption de conformité aux dispositions correspondantes.

L’étude géotechnique est-elle obligatoire pour toute rénovation ?

Non.

Le régime spécifique relatif aux sols argileux s’applique dans les zones d’exposition définies par arrêté et concerne certains contrats de travaux de construction ou de maîtrise d’oeuvre. Les contrats portant sur des travaux qui n’affectent pas les fondations ou la structure du bâtiment, l’écoulement des eaux ou les échanges thermiques entre le bâtiment et le terrain adjacent en sont exclus. Une exclusion existe également pour les extensions, y compris les vérandas et les garages, dont la superficie reste inférieure à 20 m² et qui sont désolidarisées du bâtiment existant.

En dehors d’une obligation réglementaire particulière, une étude peut néanmoins rester techniquement indispensable lorsque la sécurité, la faisabilité ou le dimensionnement du projet dépend du comportement du sol.

Que peut comprendre une investigation géotechnique ?

Selon la mission, elle peut comprendre les prestations suivantes :

  • Une étude documentaire.
  • Une visite du terrain.
  • Une reconnaissance géologique.
  • Des sondages.
  • Des essais pressiométriques.
  • Des essais au pénétromètre.
  • Des fouilles de reconnaissance.
  • Des prélèvements.
  • Des analyses en laboratoire.
  • La recherche des niveaux d’eau.
  • L’étude des avoisinants.
  • L’analyse des terrassements.
  • Des recommandations de fondation.
  • Des prescriptions concernant le drainage et les eaux pluviales.

Le type et le nombre d’investigations doivent être déterminés par le géotechnicien.

Diagnostic humidité

Une humidité doit être comprise et traitée avant d’être recouverte.

Pourquoi un diagnostic humidité doit-il précéder les travaux ?

Une humidité non traitée peut dégrader les éléments suivants :

  • Les enduits.
  • Les peintures.
  • Les isolants.
  • Les bois.
  • Les métaux.
  • Les revêtements.
  • La qualité de l’air.
  • Les performances thermiques.

La pose d’un doublage, d’une peinture étanche ou d’un nouveau revêtement peut masquer les symptômes sans supprimer la cause.

France Rénov’ rappelle que l’analyse de traces d’humidité doit tenir compte de plusieurs éléments, notamment des matériaux, de l’époque de construction, du terrain, de l’évacuation des eaux, de l’isolation et de la ventilation.

Quelles causes faut-il envisager ?

Le diagnostic peut rechercher les causes suivantes :

  • Une infiltration de toiture.
  • Une pénétration par une façade.
  • Une fuite d’un réseau.
  • Un défaut d’étanchéité.
  • Une condensation superficielle.
  • Une condensation dans une paroi.
  • Une remontée capillaire.
  • Une pression d’eau contre un mur enterré.
  • Un défaut d’évacuation des eaux pluviales.
  • Une humidité résiduelle de construction.
  • Une ventilation insuffisante.
  • Un usage générant une forte production de vapeur.
  • Une combinaison de plusieurs causes.

Que doit comprendre le diagnostic ?

Selon la situation, le diagnostic peut comprendre les opérations suivantes :

  • L’historique des désordres.
  • L’analyse des périodes d’apparition.
  • L’examen des façades et des toitures.
  • La vérification des réseaux.
  • L’examen de la ventilation.
  • Des mesures de température et d’humidité relative.
  • Des mesures sur les matériaux.
  • La recherche de sels.
  • L’inspection des murs enterrés.
  • Une ouverture localisée.
  • Une recherche de fuite.
  • Une thermographie.
  • Un suivi dans le temps.

Un taux relevé sur un appareil ne suffit pas à identifier l’origine de l’eau.

sondage et ouverture exploratoire d une paroi interieure

Diagnostic fissures

Une fissure doit être caractérisée avant toute réparation.

Quels éléments faut-il analyser ?

Le diagnostic doit notamment relever les éléments suivants :

  • L’emplacement.
  • L’orientation.
  • La longueur.
  • La largeur.
  • La profondeur apparente.
  • Les matériaux concernés.
  • Le caractère traversant ou superficiel.
  • La forme.
  • L’ouverture aux extrémités.
  • Le décalage éventuel.
  • Les fissures associées.
  • Les déformations.
  • La date d’apparition.
  • L’évolution déclarée.
  • Les réparations antérieures.
  • Le contexte géotechnique.
  • Les travaux voisins.

Pourquoi faut-il examiner l’ensemble du bâtiment ?

Une fissure visible dans une pièce peut être liée à un phénomène concernant les ouvrages suivants :

  • La façade.
  • Les fondations.
  • Le plancher.
  • La toiture.
  • Une extension.
  • Un mur perpendiculaire.
  • Un ouvrage voisin.
  • Une modification structurelle ancienne.

L’examen ne doit donc pas être limité à la surface fissurée.

Quels moyens d’investigation peuvent être utilisés ?

Selon la situation, les moyens suivants peuvent être mis en oeuvre :

  • Un relevé photographique.
  • Une mesure de largeur.
  • Une jauge de fissure.
  • Un témoin.
  • Un suivi topographique.
  • Un relevé de niveau.
  • Une mesure d’aplomb.
  • Un sondage de l’enduit.
  • Une ouverture exploratoire.
  • Une étude structurelle.
  • Une étude géotechnique.
  • Une inspection des réseaux.
  • Une analyse des eaux autour du bâtiment.

Un témoin ou une jauge indique une évolution à l’emplacement suivi. Il ne détermine pas, à lui seul, la cause du mouvement.

Faut-il réparer immédiatement la fissure ?

Une mesure conservatoire peut être nécessaire en présence d’un risque pour la sécurité ou d’une entrée d’eau active.

En dehors de l’urgence, une réparation définitive ne doit pas masquer les indices nécessaires au diagnostic.

Il convient d’abord de déterminer si la fissure présente l’une des caractéristiques suivantes :

  • Superficielle.
  • Liée à un retrait de matériau.
  • Liée à une interface.
  • Structurelle.
  • Stable.
  • Évolutive.
  • Associée au sol.
  • Provoquée par une surcharge ou une transformation.

Diagnostic de charpente

La charpente doit être examinée avant tout aménagement de combles ou remplacement de couverture.

Que doit examiner le diagnostic ?

Le diagnostic peut porter sur les points suivants :

  • La géométrie générale.
  • Les déformations.
  • Les assemblages.
  • Les sections des pièces.
  • Les appuis.
  • Les bois encastrés.
  • L’humidité.
  • La pourriture.
  • Les champignons.
  • Les insectes xylophages.
  • Les éléments sciés ou supprimés.
  • Les renforts antérieurs.
  • Les connecteurs métalliques.
  • La corrosion.
  • La ventilation des combles.
  • Les traces d’infiltration.
  • La proximité des conduits de fumée.
  • La capacité à recevoir les nouveaux travaux.

Quels sondages peuvent être nécessaires ?

Selon les indices, les sondages suivants peuvent être nécessaires :

  • Un sondage mécanique du bois.
  • Une mesure d’humidité.
  • Un examen des appuis.
  • Une dépose localisée d’un habillage.
  • Un prélèvement pour identification.
  • Une ouverture autour d’un assemblage.
  • Une mesure de section résiduelle.
  • Un calcul de résistance.
  • Un contrôle biologique spécialisé.

L’état visible d’une pièce de bois ne permet pas toujours de connaître son état dans une maçonnerie ou sous un habillage.

Quand faut-il faire intervenir plusieurs spécialistes ?

Une charpente affectée par une infiltration, une attaque biologique ou une déformation peut nécessiter l’intervention coordonnée des professionnels suivants :

  • Un charpentier.
  • Un bureau d’études structure.
  • Un spécialiste des bois.
  • Un couvreur.
  • Un expert en humidité.

Le traitement biologique ne remplace pas la réparation d’une fuite ou le renforcement d’un élément insuffisant.

Recherche de fuite

La recherche de fuite vise à localiser l’origine d’un écoulement ou d’une humidité anormale.

Dans quelles situations réaliser une recherche de fuite ?

Elle peut être nécessaire en présence des situations suivantes :

  • Une consommation d’eau anormale.
  • Une baisse de pression.
  • Une auréole.
  • Un plafond humide.
  • Une canalisation encastrée suspecte.
  • Une infiltration intermittente.
  • Une terrasse ou une toiture suspecte.
  • Une fuite sur un réseau de chauffage.
  • Une humidité sans origine visible.

Quelles méthodes peuvent être employées ?

Selon le réseau et l’ouvrage, les méthodes suivantes peuvent être employées :

  • L’inspection visuelle.
  • La lecture du compteur.
  • La mise en pression.
  • Le gaz traceur.
  • L’écoute électroacoustique.
  • La caméra thermique.
  • L’inspection caméra.
  • Le colorant.
  • Le test d’étanchéité.
  • L’essai d’arrosage.
  • La mise en eau.
  • La mesure d’humidité.
  • L’ouverture ciblée.

La méthode doit être choisie en fonction de l’hypothèse recherchée.

Une recherche de fuite localise-t-elle toujours précisément le défaut ?

Non.

Certaines méthodes permettent de localiser une zone probable sans identifier immédiatement le point exact.

L’eau peut circuler dans une paroi, le long d’un réseau, sur un écran ou dans un complexe de toiture avant de devenir visible.

Le rapport doit distinguer les éléments suivants :

  • La zone détectée.
  • La cause retenue.
  • Le niveau de certitude.
  • Les vérifications complémentaires.
  • Les réparations proposées.

Thermographie

La thermographie infrarouge constitue un outil d’aide au diagnostic thermique et pathologique.

À quoi sert la thermographie infrarouge ?

La thermographie représente les températures apparentes des surfaces.

Dans un bâtiment, elle peut contribuer à repérer les éléments suivants :

  • Des discontinuités d’isolation.
  • Certains ponts thermiques.
  • Des infiltrations d’air.
  • Des zones froides.
  • Certaines anomalies de chauffage.
  • Certains réseaux.
  • Des zones dont le comportement thermique est différent.

Elle constitue un outil d’aide au diagnostic, et non une preuve autonome de la cause observée.

Quelles sont les limites de la thermographie ?

L’image dépend notamment des facteurs suivants :

  • La différence de température entre l’intérieur et l’extérieur.
  • L’ensoleillement.
  • Le vent.
  • La pluie.
  • L’inertie des matériaux.
  • L’émissivité des surfaces.
  • Les reflets.
  • Le chauffage.
  • L’occupation.
  • La position de la caméra.

Une zone froide peut correspondre à un pont thermique, à une entrée d’air, à une humidité, à une conduite ou à une différence de matériau.

L’interprétation doit donc être rapprochée des plans, de la composition des parois, des mesures d’humidité et des conditions de la visite.

thermographie infrarouge et mesures d humidite sur un mur

La thermographie permet-elle de mesurer directement l’humidité ?

Non.

Elle mesure un rayonnement thermique permettant d’estimer une température apparente de surface.

Une humidité peut modifier localement le comportement thermique d’un matériau, mais cette anomalie doit être confirmée par d’autres observations ou mesures.

Mesures d’humidité

Les mesures d’humidité complètent l’examen visuel et la recherche des causes.

Quels paramètres peut-on mesurer ?

Selon le diagnostic, les paramètres suivants peuvent être mesurés :

  • L’humidité relative de l’air.
  • La température de l’air.
  • La température de surface.
  • Le point de rosée calculé.
  • La teneur en eau d’un matériau.
  • La variation dans le temps.
  • L’humidité à différentes profondeurs.
  • La présence de sels.

Quels appareils peuvent être utilisés ?

Les appareils suivants peuvent être employés :

  • Un hygromètre d’ambiance.
  • Un thermomètre.
  • Une sonde de contact.
  • Un humidimètre capacitif.
  • Un humidimètre à pointes.
  • Une sonde en profondeur.
  • Une bombe à carbure.
  • Un enregistreur de température et d’humidité.
  • Une caméra thermique.

Chaque méthode possède un périmètre et des limites.

Un appareil capacitif peut notamment réagir à la densité du matériau, à des sels, à un élément métallique ou à une canalisation.

Comment interpréter une mesure ?

Il faut connaître les éléments suivants :

  • Le matériau mesuré.
  • L’épaisseur.
  • L’état de surface.
  • La profondeur de mesure.
  • La calibration de l’appareil.
  • La température.
  • Les valeurs de référence.
  • Les conditions météorologiques.
  • L’historique du local.
  • La ventilation.
  • Le chauffage.

Une mesure isolée doit être comparée à d’autres points et replacée dans son contexte.

Faut-il suivre l’humidité dans le temps ?

Un suivi peut être utile lorsque le désordre dépend des facteurs suivants :

  • La pluie.
  • La saison.
  • L’occupation.
  • Le chauffage.
  • La ventilation.
  • Un séchage.
  • Un réseau utilisé de manière intermittente.

Des enregistreurs peuvent être laissés en place afin d’observer l’évolution de la température et de l’humidité relative.

Audit énergétique

L’audit énergétique éclaire la programmation d’une rénovation énergétique.

Quel est l’objectif d’un audit énergétique ?

L’audit énergétique établit un état initial des performances du bâtiment et propose un parcours cohérent de travaux.

Il peut notamment analyser les éléments suivants :

  • Les murs.
  • La toiture.
  • Les planchers bas.
  • Les menuiseries.
  • La ventilation.
  • Le chauffage.
  • L’eau chaude sanitaire.
  • Les consommations conventionnelles.
  • Le confort thermique.
  • La qualité de l’air.
  • Les interactions entre les travaux.

France Rénov’ recommande de connaître la performance énergétique du logement avant d’engager une rénovation afin d’identifier les principales sources de déperdition et de choisir les interventions adaptées.

Quelle est la différence entre DPE et audit énergétique ?

Le diagnostic de performance énergétique attribue une classe énergétique et climatique à partir d’une méthode réglementaire.

L’audit énergétique est plus approfondi. L’auditeur dresse un état des lieux des performances énergétiques initiales du logement, établit un diagnostic des modes constructifs, des principales caractéristiques architecturales et thermiques, des équipements énergétiques ainsi que des éventuelles pathologies du bâtiment, puis formule des propositions de travaux. L’audit réglementaire prévu pour certaines ventes comporte au moins une visite du logement et donne lieu à un rapport de synthèse.

Les propositions de travaux doivent présenter un parcours cohérent par étapes permettant d’atteindre une rénovation énergétique performante.

L’audit énergétique est-il un diagnostic technique complet du bâtiment ?

Non.

Il peut signaler des pathologies ou des contraintes affectant la rénovation énergétique, mais il ne remplace pas les études suivantes :

  • Une étude de structure.
  • Une étude géotechnique.
  • Un diagnostic humidité détaillé.
  • Une recherche de fuite.
  • Une étude de charpente.
  • Un repérage amiante avant travaux.
  • Une étude électrique.
  • Des plans d’exécution.

Les hypothèses de l’audit doivent être vérifiées lorsque les parois ou les équipements ne sont pas accessibles.

Quand l’audit est-il particulièrement utile ?

Il est recommandé dans les situations suivantes :

  • Une rénovation énergétique d’ampleur.
  • Une rénovation réalisée par étapes.
  • Un logement très consommateur.
  • Un remplacement simultané de l’isolation, du chauffage et de la ventilation.
  • Un projet visant une classe énergétique déterminée.
  • L’étude de plusieurs scénarios.
  • La mobilisation de certains dispositifs d’aide.

Pour une rénovation d’ampleur dans le cadre de MaPrimeRénov’, France Rénov’ indique qu’un audit énergétique est requis.

Investigations destructives

Certaines informations ne peuvent être obtenues qu’en déposant une partie d’ouvrage.

Qu’est-ce qu’une investigation destructive ?

Une investigation destructive nécessite la dépose, la découpe, le percement ou la démolition d’une partie d’ouvrage.

Elle peut notamment comprendre les opérations suivantes :

  • L’ouverture d’un doublage.
  • La dépose de carrelage.
  • Un carottage.
  • Un prélèvement de béton.
  • L’ouverture d’un plancher.
  • Une fouille au pied d’une fondation.
  • La dépose d’une partie de couverture.
  • Le dégarnissage d’un appui de poutre.
  • L’ouverture d’une étanchéité.
  • Le prélèvement d’un revêtement.
  • La découpe d’une canalisation hors service.

Quand est-elle justifiée ?

Elle est justifiée dans les situations suivantes :

  • L’information ne peut pas être obtenue autrement.
  • L’incertitude peut modifier fortement le projet.
  • La sécurité dépend de cette information.
  • Le coût du sondage reste proportionné au risque évité.
  • L’ouverture permettra de définir correctement les travaux.
  • Le désordre doit être constaté avant réparation.

Une investigation destructive ne doit pas être présentée comme une simple formalité. Elle peut créer des dommages, interrompre l’usage d’un local ou révéler des matériaux dangereux.

Quelles précautions faut-il prendre ?

Avant l’intervention, il convient de procéder aux vérifications suivantes :

  • Vérifier l’autorisation.
  • Repérer les réseaux.
  • Vérifier le risque amiante.
  • Identifier les éléments potentiellement porteurs.
  • Protéger les locaux.
  • Prévoir les coupures.
  • Définir la méthode.
  • Organiser l’évacuation des déchets.
  • Prévoir le rebouchage.
  • Photographier l’état initial.
  • Prévoir la conservation des preuves.
  • Informer les occupants.

Pendant l’intervention, les précautions suivantes doivent être respectées :

  • Limiter l’ouverture.
  • Photographier chaque couche.
  • Relever les dimensions.
  • Identifier les matériaux.
  • Conserver les prélèvements utiles.
  • Interrompre l’opération en cas de danger ou de découverte imprévue.

Après l’intervention, les opérations suivantes doivent être réalisées :

  • Sécuriser la zone.
  • Établir un compte rendu.
  • Mettre à jour les plans.
  • Réaliser un rebouchage provisoire ou définitif.
  • Adapter le programme de travaux.
etude de structure et reperage des reseaux sur les plans

Autorisation du propriétaire avant sondage

Toute investigation susceptible de dégrader un ouvrage suppose une autorisation préalable.

Faut-il obtenir l’accord du propriétaire ?

Oui. Lorsqu’une investigation implique une dégradation, une transformation, un prélèvement ou une ouverture dans le bâtiment, l’autorisation de la personne disposant des droits nécessaires sur l’ouvrage doit être obtenue avant l’intervention.

Le Code civil rappelle que la propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu que l’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.

Un expert, un maître d’oeuvre, un locataire, un acquéreur potentiel ou une entreprise ne doit pas décider seul de pratiquer un sondage destructif.

Sous quelle forme obtenir l’autorisation ?

Pour une ouverture ou un sondage destructif, une autorisation écrite est recommandée.

Elle doit préciser les éléments suivants :

  • L’identité du propriétaire.
  • L’adresse du bien.
  • La zone concernée.
  • La nature du sondage.
  • Ses dimensions maximales.
  • Son objectif.
  • La date prévue.
  • Le professionnel autorisé.
  • Les risques connus.
  • Les modalités de protection.
  • Le devenir des matériaux.
  • Le rebouchage prévu.
  • La prise en charge des coûts.
  • L’autorisation de réaliser des photographies et des prélèvements.

Une clause générale autorisant une visite ne vaut pas nécessairement autorisation de démolir ou de prélever des matériaux.

Quelles précautions prendre dans un logement loué ?

Le locataire est tenu de ne pas transformer les locaux et équipements loués sans l’accord écrit du propriétaire, sous réserve des régimes particuliers prévus par la loi.

Lorsque le sondage est demandé par le locataire, l’accord du bailleur doit donc être obtenu si l’intervention dépasse une simple vérification non destructive.

Lorsque le sondage est organisé par le propriétaire dans un logement occupé, les conditions d’accès, d’information, de protection et de remise en état doivent être définies avec l’occupant.

Quelles précautions prendre en copropriété ?

Il faut déterminer si l’investigation concerne les éléments suivants :

  • Une partie privative.
  • Une partie commune.
  • Un ouvrage privatif affectant une partie commune.
  • Un mur porteur.
  • Une dalle.
  • Une façade.
  • Une gaine.
  • Une canalisation collective.
  • Une terrasse ou une toiture commune.

L’autorisation du propriétaire du lot peut être insuffisante lorsque le sondage affecte un ouvrage commun ou la structure de l’immeuble.

Les autorisations requises doivent être obtenues avant l’ouverture.

Que faire en cas de litige ?

Lorsqu’un désordre est susceptible de faire l’objet d’un recours contre un vendeur, une entreprise, un assureur ou un autre intervenant, une investigation destructive peut faire disparaître une preuve.

Il est alors recommandé, selon les enjeux, de procéder de la manière suivante :

  • Informer les parties concernées.
  • Les convoquer.
  • Conserver un caractère contradictoire.
  • Photographier les opérations.
  • Conserver les éléments déposés.
  • Faire établir un constat.
  • Recueillir l’avis de l’avocat chargé du dossier.
  • Attendre, lorsque cela est nécessaire, une mesure d’expertise judiciaire.

Une urgence de sécurité ou une fuite active peut justifier une intervention rapide, mais les preuves doivent être conservées autant que possible.

Comment choisir le professionnel compétent ?

Les investigations relèvent de compétences distinctes qui doivent être identifiées avant la commande.

La même personne peut-elle réaliser toutes les investigations ?

Non.

Les compétences nécessaires peuvent relever de professionnels différents.

InvestigationProfessionnel susceptible d’intervenir
Relevé architecturalArchitecte, maître d’oeuvre ou géomètre selon la mission
Étude de structureBureau d’études structure
Étude géotechniqueBureau d’études géotechniques
Diagnostic humiditéExpert bâtiment ou spécialiste compétent
Diagnostic fissuresExpert bâtiment, bureau d’études structure ou géotechnicien selon la cause
Diagnostic charpenteCharpentier, bureau d’études bois ou spécialiste biologique
Recherche de fuiteEntreprise spécialisée, plombier, couvreur ou étancheur selon le réseau
ThermographieOpérateur compétent en thermographie du bâtiment
Audit énergétiqueAuditeur répondant aux qualifications applicables
Repérage amianteOpérateur répondant aux conditions réglementaires
Localisation de réseauxPrestataire de détection ou entreprise compétente

La lettre de mission doit préciser les qualifications attendues, les limites de l’intervention et les livrables.

Comment organiser l’ordre des investigations ?

Un ordre cohérent peut être le suivant :

  • Réunion des documents.
  • Visite technique générale.
  • Relevés dimensionnels.
  • Identification des risques et des matériaux.
  • Repérage amiante lorsque nécessaire.
  • Repérage des réseaux.
  • Investigations non destructives.
  • Sondages et ouvertures exploratoires.
  • Études structurelles et géotechniques.
  • Diagnostics spécialisés.
  • Mise à jour du programme.
  • Consultation définitive des entreprises.

Certaines études doivent être conduites simultanément.

Par exemple, un projet d’ouverture dans un mur peut nécessiter que le bureau d’études structure définisse lui-même les sondages nécessaires avant de réaliser ses calculs.

Que doit contenir le rapport d’investigation ?

Le rapport doit indiquer les éléments suivants :

  • Le donneur d’ordre.
  • L’adresse du bâtiment.
  • L’objet de la mission.
  • Les documents examinés.
  • La date des opérations.
  • Les personnes présentes.
  • Les zones visitées.
  • Les zones non accessibles.
  • Les méthodes employées.
  • Les appareils utilisés.
  • Les emplacements des sondages.
  • Les conditions de mesure.
  • Les constatations.
  • Les résultats.
  • Les photographies.
  • Les hypothèses.
  • Les limites.
  • Les conclusions.
  • Les investigations complémentaires.
  • Les mesures urgentes.
  • Les conséquences sur le projet.

Les plans doivent être mis à jour avec la position des sondages, des réseaux ou des anomalies relevés.

Comment intégrer les résultats au projet ?

Les investigations n’ont d’utilité que si leurs résultats sont repris dans les documents suivants :

  • Les plans.
  • Le programme.
  • Le descriptif.
  • Les études d’exécution.
  • Les devis.
  • Les marchés.
  • Le planning.
  • Le budget.
  • Le tableau des limites de prestation.
  • Les consignes de chantier.

Les exemples suivants illustrent ces conséquences :

  • Une humidité impose le traitement de sa cause avant la pose des doublages.
  • Une fondation insuffisante peut modifier le principe d’une extension.
  • Un réseau encastré peut déplacer une ouverture.
  • Un plancher insuffisant peut nécessiter un renforcement.
  • La présence d’amiante peut modifier la méthode, le coût et le calendrier.
  • Une isolation existante dégradée peut devoir être déposée.

Tableau de programmation des investigations

Le tableau suivant présente un exemple de programmation des investigations avant travaux.

Question à résoudreInvestigation possibleRésultat attenduConséquence sur le projet
Mur porteur ou cloisonPlans, sondage, étude structureFonction et composition du murSuppression, renforcement ou conservation
Capacité du plancherRelevé, ouverture, calculConstitution et capacitéRenforcement ou limitation des charges
Origine d’une humiditéMesures, inspection, recherche de fuiteCause probable ou établieTraitement avant finition
État d’une charpenteInspection, sondages, calculSections et état des boisRéparation, traitement ou remplacement
Présence d’un réseauPlans, détection, sondageLocalisation et profondeurAdaptation des percements
Composition d’une paroiOuverture exploratoireMatériaux et épaisseursChoix de l’isolation et des fixations
Risque géotechniqueÉtude de solModèle de sol et prescriptionsFondations et gestion des eaux
Performance énergétiqueAuditScénarios cohérentsProgrammation des travaux
Présence d’amianteRepérage avant travauxLocalisation et identificationMéthode d’intervention adaptée

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Les erreurs fréquentes consistent à commettre les manquements suivants :

  • Demander des devis définitifs avant les investigations déterminantes.
  • Réaliser des sondages sans objectif précis.
  • Se fier entièrement aux anciens plans.
  • Percer sans repérer les réseaux.
  • Ouvrir un mur sans analyse structurelle.
  • Réaliser le repérage amiante après les premiers percements.
  • Confondre un diagnostic de vente avec un diagnostic avant travaux.
  • Généraliser à tout le bâtiment le résultat d’un sondage unique.
  • Diagnostiquer l’humidité à partir d’un seul appareil.
  • Utiliser la thermographie sans tenir compte des conditions de mesure.
  • Réparer une fissure avant d’en rechercher la cause.
  • Appliquer une ancienne étude de sol à un projet différent.
  • Demander au géotechnicien de dimensionner seul la structure.
  • Demander au bureau d’études structure de conclure sur le sol sans étude adaptée.
  • Effectuer une ouverture sans autorisation écrite.
  • Oublier le rebouchage et la remise en état.
  • Détruire une preuve avant une expertise contradictoire.
  • Ne pas transmettre les résultats aux entreprises.
  • Conserver un devis fondé sur des hypothèses infirmées par les sondages.

Recommandations de Check my House

Recommandation 1 : commencer par les questions déterminantes

Il faut identifier les incertitudes susceptibles de modifier les éléments suivants :

  • La faisabilité.
  • La sécurité.
  • Le prix.
  • Le délai.
  • Les autorisations.
  • Le choix des entreprises.

Ces incertitudes doivent être traitées en priorité.

Recommandation 2 : privilégier une démarche progressive

La démarche peut commencer par des méthodes non destructives, puis être complétée par des ouvertures ciblées lorsque les premières constatations ne permettent pas de conclure.

Recommandation 3 : faire définir les sondages par le spécialiste concerné

Le bureau d’études structure doit pouvoir définir les ouvertures nécessaires à son analyse.

Le géotechnicien doit déterminer les reconnaissances de sol.

Le spécialiste de l’humidité doit choisir les mesures adaptées aux hypothèses à vérifier.

Recommandation 4 : obtenir les autorisations avant intervention

L’accord doit préciser la nature de l’ouverture, son emplacement, son coût et son rebouchage.

Les droits de la copropriété, de l’occupant et des tiers doivent être vérifiés.

Recommandation 5 : photographier toutes les étapes

Il convient de photographier les éléments suivants :

  • L’état avant ouverture.
  • Chaque couche déposée.
  • L’ouvrage découvert.
  • Les dimensions.
  • Les anomalies.
  • Les réseaux.
  • L’état après protection ou rebouchage.

Recommandation 6 : conserver les matériaux utiles

En présence d’un litige ou d’un matériau à identifier, les échantillons doivent être repérés, datés, conditionnés et conservés selon les besoins de l’analyse.

Recommandation 7 : mettre à jour tous les documents

Une découverte importante doit entraîner la modification des éléments suivants :

  • Les plans.
  • Les études.
  • Les quantités.
  • Les devis.
  • Les méthodes.
  • Les délais.
  • Les autorisations si nécessaire.

À retenir

Les diagnostics et investigations avant travaux permettent de transformer des hypothèses en informations techniques suffisamment fiables pour concevoir la rénovation.

Ils peuvent comprendre les opérations suivantes :

  • Une visite préalable.
  • Des relevés dimensionnels.
  • Des sondages.
  • Des ouvertures exploratoires.
  • Un repérage des réseaux.
  • Une étude de structure.
  • Une étude géotechnique.
  • Un diagnostic humidité.
  • Un diagnostic fissures.
  • Un diagnostic de charpente.
  • Une recherche de fuite.
  • Une thermographie.
  • Des mesures d’humidité.
  • Un audit énergétique.
  • Des investigations destructives.

Leur nature doit être adaptée au bâtiment et au projet.

Une investigation destructive doit être justifiée, autorisée, sécurisée et documentée. Elle doit être précédée des vérifications nécessaires concernant les réseaux, la structure et la présence éventuelle d’amiante.

L’objectif n’est pas de multiplier systématiquement les études. Il est de traiter, avant les marchés de travaux, les incertitudes susceptibles d’affecter la sécurité, la faisabilité, le coût ou la durabilité de la rénovation.

Sources principales

  • Légifrance, Code du travail, article R. 4412-97, recherche d’amiante préalable aux opérations comportant des risques d’exposition des travailleurs, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, arrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques à réaliser dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles L. 132-4 à L. 132-9, risques liés aux sols argileux, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles R. 132-3 à R. 132-8, prévention des risques liés aux sols argileux, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Géorisques, ministère chargé de la Transition écologique, page consacrée au retrait-gonflement des argiles, zonage et obligations applicables à certaines constructions ou extensions, consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de l’environnement, articles R. 554-20 à R. 554-23, mesures à prendre lors de l’élaboration de projets de travaux à proximité des réseaux, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article L. 126-28-1, audit énergétique réglementaire, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, décret 2022-780 du 4 mai 2022 relatif à l’audit énergétique, missions de l’auditeur, visite du logement et rapport de synthèse, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • France Rénov’, page consacrée à la réalisation d’un diagnostic de performance énergétique ou d’un audit énergétique, consultée le 29 juillet 2026.
  • France Rénov’, page consacrée au traitement du logement contre les risques sanitaires et à l’analyse de l’humidité, consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, Code civil, article 544, droit de propriété, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.
  • Légifrance, loi 89-462 du 6 juillet 1989, article 7, transformation des locaux loués et accord écrit du propriétaire, version en vigueur consultée le 29 juillet 2026.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my house (cabinet d’expertise en bâtiment) depuis 2019.

Contenu à visée informative. Dernière mise à jour le 29 juillet 2026.

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