Une fissure est dite potentiellement structurelle lorsqu’elle peut traduire une déformation, une rupture ou un dysfonctionnement affectant un élément participant à la stabilité du bâtiment.

Elle peut concerner :

  • les fondations ;
  • un mur porteur ;
  • un voile ;
  • une poutre ;
  • un poteau ;
  • un plancher ;
  • un balcon ;
  • une charpente ;
  • un linteau ;
  • un appui ;
  • une liaison entre deux ouvrages.

Le terme « structurelle » ne doit pas être utilisé uniquement parce qu’une fissure paraît large ou impressionnante.

Une fissure devient plus préoccupante lorsqu’elle est associée à plusieurs indices :

  • apparition récente ou brutale ;
  • évolution mesurable ;
  • caractère traversant ;
  • désaffleurement ;
  • déformation de l’ouvrage ;
  • affaissement ;
  • multiplication des fissures ;
  • blocage simultané de plusieurs ouvertures ;
  • craquements inhabituels ;
  • chute de fragments ;
  • atteinte d’un élément porteur.

L’AQC rappelle que les fissures structurelles des maçonneries peuvent être traversantes et qu’elles peuvent résulter de causes multiples liées au fonctionnement de la paroi, aux fondations, aux planchers, aux liaisons ou aux points singuliers.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my house (cabinet d’expertise en bâtiment) depuis 2019.
Contenu à visée informative. Dernière mise à jour le 16 juillet 2026.

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Sommaire

Définir une fissure structurelle

Une fissure structurelle traduit un mouvement susceptible d’intéresser la structure porteuse, indépendamment de sa largeur.

(3 questions)

Qu’est-ce qu’une fissure structurelle ?

Une fissure structurelle affecte un ouvrage ou traduit un mouvement susceptible d’intéresser la structure porteuse.

Elle peut correspondre :

  • à une mise en traction du matériau ;
  • à une flexion excessive ;
  • à un cisaillement ;
  • à une perte d’appui ;
  • à un tassement différentiel ;
  • à une désolidarisation ;
  • à une poussée ;
  • à une corrosion d’armatures ;
  • à une modification du cheminement des charges.

Une fissure structurelle n’implique pas automatiquement un risque d’effondrement immédiat.

Elle peut être :

  • ancienne ;
  • stabilisée en apparence ;
  • de faible ouverture ;
  • compatible avec le fonctionnement calculé d’un ouvrage en béton armé ;
  • localisée à un point singulier.

Inversement, une fissure de faible largeur peut nécessiter une analyse urgente lorsqu’elle affecte :

  • un poteau ;
  • une poutre près de son appui ;
  • un balcon ;
  • un mur qui se déforme ;
  • une zone accompagnée de chute de matériaux.

La gravité dépend donc davantage de la cause, de l’évolution, de la localisation et des déformations que de la seule largeur.

Comment reconnaître une fissure potentiellement structurelle ?

Aucun signe isolé ne permet toujours de conclure. Cependant, certains indices doivent renforcer la vigilance.

La fissure affecte un élément porteur

Elle concerne notamment :

  • un mur porteur ;
  • une poutre ;
  • un poteau ;
  • un voile ;
  • un linteau ;
  • une dalle portée ;
  • un balcon ;
  • une fondation.

Elle traverse plusieurs matériaux

La fissure peut être visible :

  • dans l’enduit ;
  • dans les joints de maçonnerie ;
  • dans les briques ou blocs ;
  • à l’intérieur et à l’extérieur ;
  • dans le soubassement ;
  • dans les cloisons voisines.

Elle présente un désaffleurement

Les deux lèvres ne restent plus dans le même plan.

L’une peut être :

  • plus avancée ;
  • plus haute ;
  • inclinée ;
  • déplacée latéralement.

Elle s’accompagne d’une déformation

Il peut s’agir :

  • d’un mur bombé ;
  • d’un mur incliné ;
  • d’un plancher affaissé ;
  • d’une poutre fléchie ;
  • d’un balcon incliné ;
  • d’une baie devenue trapézoïdale.

Elle évolue

La fissure :

  • s’élargit ;
  • s’allonge ;
  • se ramifie ;
  • se réactive après réparation ;
  • varie selon les saisons ;
  • apparaît dans de nouvelles zones.

Plusieurs désordres apparaissent simultanément

Par exemple :

  • fissures de façade ;
  • portes bloquées ;
  • plinthes séparées du sol ;
  • carrelage fissuré ;
  • affaissement du dallage ;
  • craquements.

Cette association est souvent plus significative que l’aspect d’une fissure isolée.

Une fissure large est-elle nécessairement structurelle ?

Non.

Une ouverture importante peut affecter :

  • un enduit désolidarisé ;
  • un ancien raccord ;
  • un joint volontaire ;
  • la jonction entre une extension et une maison ;
  • un matériau de finition.

À l’inverse, une fissure fine peut affecter :

  • une poutre ;
  • un poteau ;
  • une armature corrodée ;
  • un appui ;
  • un balcon.

La largeur reste une donnée utile pour :

  • décrire ;
  • comparer ;
  • suivre l’évolution ;
  • choisir certains procédés de réparation.

Elle ne constitue pas, à elle seule, une échelle de gravité.

Fissures traversantes

Fissure traversante d un mur avec desaffleurement

Une fissure traversante affecte toute l’épaisseur d’un élément et mérite une inspection des deux faces.

(3 questions)

Qu’est-ce qu’une fissure traversante ?

Une fissure traversante affecte toute l’épaisseur d’un élément ou communique entre ses deux faces.

Elle peut être suspectée lorsque :

  • le tracé extérieur correspond au tracé intérieur ;
  • l’eau traverse le mur ;
  • un passage d’air est perceptible ;
  • une ouverture est visible dans toute l’épaisseur ;
  • une investigation localisée confirme la continuité.

Une fissure traversante peut favoriser :

  • les infiltrations ;
  • les entrées d’air ;
  • la corrosion ;
  • le gel dans certains matériaux ;
  • la perte de performance thermique ou acoustique ;
  • la dégradation des finitions intérieures.

L’AQC relève que certaines fissures structurelles de maçonnerie peuvent traverser les murs extérieurs et devenir une voie d’entrée d’eau.

Une fissure visible des deux côtés du mur est-elle toujours traversante ?

Pas nécessairement.

Deux fissures peuvent être proches sans constituer exactement la même rupture.

Il faut comparer :

  • leur hauteur ;
  • leur orientation ;
  • leurs extrémités ;
  • le système constructif ;
  • l’épaisseur du mur ;
  • la présence d’un doublage ;
  • les joints de maçonnerie.

Un sondage localisé peut être nécessaire pour confirmer la continuité.

Cependant, une correspondance précise entre une fissure intérieure et une fissure extérieure renforce l’hypothèse d’une atteinte du support.

Une fissure traversante est-elle toujours dangereuse ?

Non.

Elle peut être ancienne et stabilisée. Elle reste néanmoins plus significative qu’une fissure limitée à une peinture ou à un enduit.

Sa gravité dépend :

  • de l’élément concerné ;
  • du mouvement ;
  • de l’ouverture ;
  • du désaffleurement ;
  • des charges ;
  • des infiltrations ;
  • de l’évolution.

Une fissure traversante d’un mur porteur accompagnée d’un déversement n’a pas la même portée qu’une fissure traversante stabilisée dans un mur non porteur.

Évolution et ouverture rapide

Une ouverture rapide ou une évolution mesurable renforce fortement la vigilance.

(2 questions)

Pourquoi une ouverture rapide doit-elle alerter ?

Une fissure qui s’ouvre en quelques heures ou quelques jours peut révéler un événement récent ou un mécanisme accéléré.

Les causes possibles comprennent :

  • une perte d’appui ;
  • une surcharge ;
  • un terrassement voisin ;
  • une fuite importante ;
  • un affouillement ;
  • un glissement de terrain ;
  • une rupture locale ;
  • la défaillance d’un élément porteur ;
  • un tassement brutal.

Il faut noter immédiatement :

  • la date ;
  • l’heure approximative ;
  • l’ouverture ;
  • la longueur ;
  • les bruits associés ;
  • les travaux en cours ;
  • les conditions météorologiques ;
  • les autres désordres apparus.

Une évolution rapide accompagnée d’une déformation impose de privilégier la sécurité plutôt que la poursuite d’un simple suivi.

Comment savoir si une fissure s’ouvre rapidement ?

Il faut disposer d’éléments comparables :

  • photographies prises sous le même angle ;
  • règle ou jauge ;
  • repère fixe ;
  • mesures datées ;
  • témoignages concordants ;
  • comparaison avec une réparation récente.

Une appréciation visuelle peut être trompeuse lorsque :

  • la lumière change ;
  • la peinture s’écaille ;
  • l’enduit tombe ;
  • les mesures ne sont pas prises au même point ;
  • la fissure était auparavant masquée.

En présence d’un doute sérieux et d’autres signes de déformation, il ne faut pas attendre plusieurs semaines pour organiser une expertise.

Multiplication des fissures

Plusieurs fissures corrélées peuvent révéler un mouvement global du bâtiment.

(2 questions)

Que signifie la multiplication des fissures ?

L’apparition de plusieurs fissures peut révéler :

  • l’extension d’un mouvement ;
  • une redistribution des contraintes ;
  • un tassement différentiel ;
  • une déformation du plancher ;
  • un défaut de chaînage ;
  • un mouvement entre plusieurs volumes ;
  • un vieillissement généralisé d’un revêtement ;
  • un retrait important.

Il faut distinguer :

Un réseau superficiel

Il peut correspondre à :

  • un faïençage ;
  • un retrait d’enduit ;
  • un défaut de peinture ;
  • une dessiccation.

Plusieurs fissures structurées et corrélées

Elles peuvent apparaître :

  • aux angles des ouvertures ;
  • dans le soubassement ;
  • sur plusieurs façades ;
  • dans les cloisons ;
  • dans les sols ;
  • autour d’une extension.

La cohérence géométrique de ces fissures peut révéler un mouvement global.

Plusieurs fissures signifient-elles forcément que le bâtiment bouge ?

Non.

Un enduit mal mis en œuvre peut présenter un grand nombre de microfissures sans mouvement structurel.

L’hypothèse d’un mouvement général devient plus sérieuse lorsque la multiplication des fissures s’accompagne :

  • d’une évolution ;
  • d’un désaffleurement ;
  • de déformations ;
  • d’un blocage des menuiseries ;
  • d’un affaissement ;
  • de fissures traversantes ;
  • d’une correspondance intérieure et extérieure.

Le diagnostic doit toujours distinguer :

  • le nombre de fissures ;
  • leur organisation ;
  • leur profondeur ;
  • leur chronologie ;
  • les ouvrages affectés.

Déformations associées

Une déformation montre que la géométrie de l’ouvrage a changé, ce qui est plus significatif qu’une fissure plane.

(2 questions)

Pourquoi une déformation associée constitue-t-elle un signe important ?

Une fissure traduit une rupture locale. Une déformation montre que la géométrie de l’ouvrage a également changé.

Cette modification peut concerner :

  • l’aplomb ;
  • le niveau ;
  • la flèche ;
  • la pente ;
  • la rotation ;
  • le déplacement d’un appui.

Les déformations peuvent affecter :

  • le fonctionnement des portes et fenêtres ;
  • les cloisons ;
  • les revêtements ;
  • les réseaux ;
  • la stabilité ;
  • la capacité portante.

Une fissure avec désaffleurement ou déformation nécessite généralement une analyse plus approfondie qu’une fissure plane et stable.

Comment mesurer une déformation ?

Les moyens possibles comprennent :

  • niveau laser ;
  • fil à plomb ;
  • inclinomètre ;
  • règle ;
  • mesure de diagonales ;
  • relevé altimétrique ;
  • relevé topographique ;
  • mesure de flèche ;
  • suivi dans le temps.

Une mesure doit préciser :

  • le point de référence ;
  • la date ;
  • l’appareil ;
  • les conditions ;
  • l’incertitude.

Une photographie peut montrer une déformation apparente, mais elle ne permet pas toujours de la quantifier en raison :

  • de la perspective ;
  • de l’objectif ;
  • de l’angle de prise de vue ;
  • de l’absence d’échelle.

Murs qui bombent ou se déversent

Mur qui bombe et se deverse avec fissures

Bombement et déversement traduisent une déformation hors plan ou une inclinaison de la paroi.

(3 questions)

Que signifie un mur qui bombe ?

Un mur bombe lorsque sa surface se déforme hors de son plan initial.

Le bombement peut être provoqué par :

  • une poussée de terre ;
  • une pression d’eau ;
  • une perte de liaison ;
  • une désorganisation interne ;
  • une corrosion d’éléments métalliques ;
  • un défaut de contreventement ;
  • une surcharge ;
  • une maçonnerie dégradée.

Il peut concerner :

  • un mur de soutènement ;
  • un mur enterré ;
  • une façade ;
  • un mur ancien à plusieurs parements ;
  • une cloison.

Le bombement doit être examiné rapidement lorsqu’il :

  • progresse ;
  • s’accompagne de fissures ;
  • concerne un mur retenant des terres ;
  • présente des pierres ou blocs instables ;
  • surplombe un passage.

L’AQC décrit le bombement, le basculement partiel et l’effondrement comme des évolutions possibles de murs insuffisamment dimensionnés ou soumis à une mauvaise gestion des eaux et des poussées.

Quelle différence existe-t-il entre bombement et déversement ?

Bombement

La paroi se courbe localement ou globalement hors de son plan.

Déversement

Le mur s’incline dans son ensemble par rapport à la verticale.

Un mur peut présenter simultanément :

  • un bombement local ;
  • un déversement général ;
  • des fissures ;
  • une ouverture au pied ou en tête.

Le déversement peut résulter :

  • d’une poussée ;
  • d’une perte d’appui ;
  • d’un défaut de liaison ;
  • d’une fondation en rotation ;
  • d’une charpente exerçant des efforts horizontaux ;
  • d’une maçonnerie désorganisée.

Un mur ancien incliné est-il nécessairement dangereux ?

Non.

Certains murs présentent une inclinaison ancienne et stabilisée.

Il faut cependant vérifier :

  • si l’inclinaison évolue ;
  • si des fissures récentes sont apparues ;
  • si les planchers restent liés ;
  • si le pied du mur est stable ;
  • si la toiture exerce une poussée ;
  • si les matériaux se désagrègent ;
  • si des parties menacent de tomber.

Une seule visite peut permettre de constater l’inclinaison, mais pas toujours d’en déterminer l’ancienneté ou la stabilité.

Planchers affaissés

Un plancher affaissé peut relever d’un simple revêtement comme d’une atteinte structurelle.

(3 questions)

Que signifie un plancher affaissé ?

Un plancher affaissé présente une perte de niveau ou une déformation vers le bas.

Les signes possibles comprennent :

  • sol en cuvette ;
  • pente anormale ;
  • séparation entre plinthes et sol ;
  • cloisons fissurées ;
  • plafond inférieur fissuré ;
  • portes qui frottent ;
  • vibrations ;
  • craquements ;
  • différence de niveau entre pièces.

Les causes possibles comprennent :

  • une flexion excessive ;
  • une surcharge ;
  • une perte d’appui ;
  • une poutre insuffisante ;
  • des solives dégradées ;
  • une attaque biologique ;
  • une modification d’un mur porteur ;
  • un tassement des fondations ;
  • un affaissement du dallage.

Il faut d’abord déterminer si le désordre concerne :

  • le revêtement ;
  • la chape ;
  • le dallage ;
  • le plancher porté ;
  • sa structure ;
  • ses appuis.

Un sol en pente signifie-t-il que le plancher risque de s’effondrer ?

Non.

La pente peut être :

  • ancienne ;
  • liée à la construction ;
  • limitée à la chape ;
  • provoquée par un affaissement de dallage ;
  • liée à une déformation structurelle.

La situation devient plus préoccupante lorsqu’elle :

  • est récente ;
  • évolue ;
  • s’accompagne de fissures ;
  • affecte les poutres ou appuis ;
  • provoque des craquements ;
  • apparaît après la suppression d’un mur ;
  • concerne une structure en bois dégradée par l’humidité.

Une mesure de niveaux et une inspection de la structure sont alors nécessaires.

Quand un plancher affaissé impose-t-il une mise en sécurité ?

Une restriction d’accès ou une mise en sécurité rapide doit être envisagée lorsque :

  • l’affaissement est apparu brutalement ;
  • la déformation progresse ;
  • une poutre ou un appui est fissuré ;
  • des matériaux tombent au niveau inférieur ;
  • des solives sont cassées ou pourries ;
  • des craquements surviennent sous charge ;
  • un poteau ou un mur porteur a été supprimé ;
  • une surcharge inhabituelle est présente.

Il ne faut pas ajouter de charges ni installer un étaiement improvisé.

Un étai mal positionné peut :

  • poinçonner le plancher inférieur ;
  • déplacer les charges ;
  • provoquer une rupture secondaire ;
  • empêcher le mouvement nécessaire à la mise en sécurité.

Poutres et poteaux fissurés

Poutres et poteaux concentrent les charges ; leurs fissures exigent une analyse rapide.

(3 questions)

Comment analyser une poutre fissurée ?

Il faut relever :

  • le matériau ;
  • la portée ;
  • les appuis ;
  • les charges ;
  • la position des fissures ;
  • leur orientation ;
  • leur profondeur ;
  • la flèche ;
  • les éventuelles armatures visibles ;
  • les modifications réalisées.

Dans une poutre en béton, il faut notamment distinguer :

  • les fissures verticales de flexion ;
  • les fissures obliques près des appuis ;
  • les fissures liées au retrait ;
  • les fissures de corrosion ;
  • les défauts de reprise de bétonnage.

Dans une poutre en bois, il faut notamment examiner :

  • les fentes de séchage ;
  • la section restante ;
  • les appuis ;
  • les assemblages ;
  • l’humidité ;
  • les attaques biologiques ;
  • les fissures transversales.

Une fissure transversale dans une poutre bois ou une fissure oblique évolutive près de l’appui d’une poutre en béton justifie une évaluation rapide.

Une fente longitudinale dans une poutre bois est-elle toujours grave ?

Non.

Le bois peut se fendre dans le sens de ses fibres pendant le séchage.

La gravité dépend notamment :

  • de la profondeur ;
  • de la longueur ;
  • de sa position ;
  • de la section résiduelle ;
  • des assemblages ;
  • des appuis ;
  • des charges ;
  • de l’humidité ;
  • de l’évolution.

Une fente longitudinale sèche et ancienne ne s’analyse pas comme :

  • une rupture transversale ;
  • une perte d’appui ;
  • un bois ramolli ;
  • une section attaquée ;
  • une fissure accompagnée d’un affaissement.

Comment analyser un poteau fissuré ?

Un poteau est un élément particulièrement sensible parce qu’il concentre les charges verticales.

Il faut rechercher :

  • fissures verticales ;
  • fissures horizontales ;
  • fissures obliques ;
  • écrasement ;
  • éclatement ;
  • corrosion ;
  • déformation ;
  • désaxement ;
  • perte de section ;
  • défaut au pied ou en tête.

Une fissure de poteau doit être examinée rapidement lorsqu’elle :

  • est récente ;
  • s’ouvre ;
  • s’accompagne d’un éclatement ;
  • révèle les armatures ;
  • présente un écrasement ;
  • concerne l’appui d’une poutre ;
  • accompagne une déformation du plancher.

Une réparation esthétique ne doit pas être engagée avant d’avoir vérifié sa capacité portante et le cheminement des charges.

Balcons et chutes de fragments

Balcon en beton fissure avec armatures corrodees apparentes

Les balcons exposés à la corrosion et les chutes de fragments créent un danger immédiat pour les personnes.

(4 questions)

Pourquoi les balcons fissurés nécessitent-ils une vigilance particulière ?

Un balcon constitue un ouvrage saillant exposé :

  • aux intempéries ;
  • aux variations thermiques ;
  • à l’eau ;
  • au gel ;
  • à la corrosion ;
  • aux charges d’usage.

Dans un balcon en béton armé, les infiltrations par les fissures peuvent favoriser la corrosion des armatures. Le gonflement des produits de corrosion peut ensuite provoquer :

  • des fissures parallèles aux aciers ;
  • un soulèvement du béton ;
  • des éclatements ;
  • une perte d’enrobage ;
  • une diminution de section des armatures.

L’AQC identifie parmi les désordres graves des balcons la flexion excessive, les fissurations à la liaison avec la façade, la corrosion des armatures et, dans certains cas, l’effondrement.

Quels signes doivent alerter sur un balcon ?

Il faut notamment rechercher :

  • fissure à l’encastrement contre la façade ;
  • fissure en sous-face ;
  • fissures transversales ;
  • nez de balcon éclaté ;
  • coulures de rouille ;
  • armatures apparentes ;
  • pente ou affaissement ;
  • garde-corps instable ;
  • chute de fragments ;
  • infiltration dans le logement inférieur ;
  • bruit ou déplacement sous charge.

Un éclatement en nez de balcon laissant apparaître des armatures corrodées peut traduire une humidification excessive et un enrobage insuffisant.

Peut-on continuer à utiliser un balcon fissuré ?

La réponse dépend du désordre.

Une microfissure superficielle ancienne ne produit pas nécessairement une interdiction d’usage.

L’accès doit en revanche être suspendu par précaution lorsque le balcon présente :

  • une fissure évolutive à l’encastrement ;
  • un affaissement ;
  • des armatures fortement corrodées ;
  • une perte importante de béton ;
  • une instabilité du garde-corps ;
  • une chute de fragments ;
  • un déplacement perceptible ;
  • un doute sérieux sur sa stabilité.

La zone située sous le balcon doit également être protégée en cas de risque de chute de matériaux.

Que signifie une chute de fragments ?

La chute peut concerner :

  • un enduit ;
  • une pierre ;
  • une brique ;
  • un morceau de béton ;
  • un élément de corniche ;
  • un plafond ;
  • une partie de balcon.

Elle peut résulter :

  • d’un décollement de finition ;
  • de la corrosion ;
  • du gel ;
  • d’une infiltration ;
  • d’un défaut d’appui ;
  • d’une fissuration structurelle ;
  • d’une perte de cohésion.

Même lorsqu’elle concerne uniquement un revêtement, la chute depuis une hauteur crée un danger pour les personnes.

Il faut :

  • interdire la zone inférieure ;
  • photographier sans s’exposer ;
  • ne pas arracher les parties instables sans équipement ;
  • organiser une purge sécurisée si elle est nécessaire ;
  • examiner le support après mise en sécurité.

Le blocage simultané de menuiseries et les craquements peuvent accompagner un mouvement.

(4 questions)

Pourquoi le blocage simultané de plusieurs menuiseries est-il préoccupant ?

Une seule porte ou fenêtre peut être affectée par :

  • un réglage ;
  • un gonflement du bois ;
  • une quincaillerie défectueuse ;
  • une pose imparfaite.

Lorsque plusieurs menuiseries se bloquent dans une période rapprochée, il faut rechercher un mouvement de leur environnement :

  • déformation du mur ;
  • tassement ;
  • rotation de fondation ;
  • affaissement du plancher ;
  • déformation du linteau ;
  • mouvement d’une extension.

Les ouvertures doivent être examinées ensemble :

  • façade concernée ;
  • niveau ;
  • sens du frottement ;
  • fissures périphériques ;
  • forme de la baie ;
  • évolution saisonnière.

Une fenêtre bloquée peut-elle servir de témoin du mouvement ?

Elle constitue un indice, mais pas un instrument de mesure fiable.

Son fonctionnement dépend également :

  • des réglages ;
  • des paumelles ;
  • de la température ;
  • du vitrage ;
  • de l’humidité ;
  • de l’usure.

Elle doit être associée à des mesures :

  • d’aplomb ;
  • de niveau ;
  • de diagonales ;
  • de fissures ;
  • de déplacement du mur.

Les craquements sont-ils nécessairement structurels ?

Non.

Certains bruits proviennent du fonctionnement normal ou courant :

  • dilatation des réseaux ;
  • variation hygrométrique du bois ;
  • mouvement thermique d’une charpente ;
  • claquement d’un conduit ;
  • frottement d’un assemblage.

Les craquements deviennent plus préoccupants lorsqu’ils sont :

  • soudains ;
  • nouveaux ;
  • répétés ;
  • localisés dans un élément porteur ;
  • déclenchés par une charge ;
  • associés à une fissure ;
  • accompagnés d’un déplacement ;
  • suivis d’une chute de matériaux.

Il faut noter :

  • l’heure ;
  • la fréquence ;
  • la localisation ;
  • les personnes présentes ;
  • les charges ;
  • les conditions climatiques ;
  • les désordres simultanés.

Que faire en présence de craquements et d’une déformation visible ?

Il ne faut pas rester sous ou sur l’élément concerné pour tenter d’enregistrer le bruit.

Il convient de :

  • évacuer la zone ;
  • empêcher l’accès ;
  • supprimer les vibrations ou charges non indispensables uniquement si cela peut être fait sans risque ;
  • appeler les secours si une rupture paraît imminente ;
  • solliciter immédiatement un professionnel de la structure.

Les numéros 18 et 112 sont destinés aux situations de danger ou de détresse nécessitant l’intervention des secours.

Fissures anciennes réactivées

Une fissure ancienne peut se réactiver ; sa réapparition ne prouve pas toujours un mouvement actif.

(2 questions)

Qu’est-ce qu’une fissure ancienne réactivée ?

Une fissure ancienne peut sembler stabilisée pendant une période puis recommencer à bouger.

La réactivation peut être provoquée par :

  • une nouvelle sécheresse ;
  • une réhumidification du sol ;
  • une fuite ;
  • une modification des eaux pluviales ;
  • des travaux voisins ;
  • une surcharge ;
  • une modification structurelle ;
  • le vieillissement d’une réparation ;
  • des mouvements thermiques.

Les signes possibles comprennent :

  • rupture d’un ancien rebouchage ;
  • fissure apparaissant à côté de la reprise ;
  • bords frais ou nets ;
  • poussières récentes ;
  • nouvelle infiltration ;
  • évolution des mesures ;
  • blocage récent d’une ouverture.

Les variations hydriques des sols argileux peuvent provoquer des mouvements saisonniers et des fissures parfois importantes. Leur forme ne suffit cependant pas à établir automatiquement une origine géotechnique.

Une fissure réparée qui réapparaît prouve-t-elle que le bâtiment bouge encore ?

Pas toujours.

La réapparition peut résulter :

  • d’une réparation mal exécutée ;
  • d’un produit trop rigide ;
  • d’un support mal préparé ;
  • d’un défaut de trame ;
  • d’un retrait du matériau de reprise ;
  • d’une cause restée active.

Elle renforce néanmoins la nécessité de rechercher :

  • le mécanisme initial ;
  • le mouvement du support ;
  • l’étendue de la fissure ;
  • les événements survenus depuis la réparation.

Une succession de rebouchages ne constitue pas un suivi technique.

Mise en sécurité et évacuation

Face à un danger, la protection des personnes prime sur toute recherche de preuve.

(5 questions)

Quels signes imposent une mise en sécurité immédiate ?

Une mise en sécurité immédiate est justifiée lorsqu’un danger pour les personnes ne peut pas être raisonnablement écarté.

Les principaux signes comprennent :

  • mur qui bombe ou se déverse rapidement ;
  • ouverture brutale d’une fissure ;
  • poutre ou poteau présentant une rupture ou un écrasement ;
  • plancher s’affaissant rapidement ;
  • balcon déformé ou fortement corrodé ;
  • perte d’appui ;
  • chute de fragments ;
  • craquements associés à une déformation ;
  • séparation croissante entre deux éléments porteurs ;
  • vitrage ou garde-corps mis en instabilité ;
  • affaissement après suppression d’un mur porteur ;
  • effondrement local déjà commencé.

Le article L. 511-2 du Code de la construction et de l’habitation vise les bâtiments ou édifices qui n’offrent plus les garanties de solidité nécessaires à la sécurité des occupants ou des tiers. Les mesures administratives peuvent comprendre la réparation, la démolition, l’interdiction d’utiliser les lieux ou l’interdiction d’y accéder.

Quelle différence existe-t-il entre surveillance, mise en sécurité et évacuation ?

Surveillance

Elle consiste à suivre un phénomène ne présentant pas de danger immédiat identifié.

Elle peut comprendre :

  • jauges ;
  • mesures ;
  • photographies ;
  • nivellement ;
  • suivi saisonnier.

Mise en sécurité

Elle vise à éviter l’exposition au danger.

Elle peut comprendre :

  • interdiction d’accès ;
  • balisage ;
  • protection contre les chutes ;
  • suppression contrôlée des charges ;
  • étaiement conçu ;
  • purge sécurisée ;
  • bâchage ;
  • protection de la voie publique.

Évacuation

Elle consiste à faire quitter :

  • une pièce ;
  • un étage ;
  • une partie du bâtiment ;
  • l’ensemble du bâtiment.

Elle devient nécessaire lorsqu’un risque imminent ou suffisamment sérieux ne permet plus de maintenir les personnes dans les lieux en sécurité.

Qui décide de l’évacuation d’un bâtiment ?

En présence d’un danger immédiat, les occupants ne doivent pas attendre une décision administrative pour quitter la zone exposée et appeler les secours.

Dans le cadre de la police de la sécurité des immeubles, l’autorité compétente peut prescrire :

  • des travaux ;
  • une interdiction d’habiter ;
  • une interdiction d’utiliser ;
  • une interdiction d’accéder aux lieux ;
  • des mesures provisoires en urgence.

L’expert privé peut :

  • constater les signes ;
  • recommander une évacuation conservatoire ;
  • préconiser une interdiction d’accès ;
  • demander une étude urgente.

Il ne se substitue pas aux secours ni à l’autorité administrative.

Quels réflexes adopter devant un risque apparent d’effondrement ?

Il convient de :

  1. quitter calmement la zone concernée ;
  2. éloigner les personnes des façades, balcons et plafonds instables ;
  3. empêcher l’accès sans se mettre en danger ;
  4. appeler le 18 ou le 112 si une rupture paraît imminente ;
  5. prévenir le propriétaire, le syndic ou le gestionnaire ;
  6. ne pas toucher aux éléments fissurés ;
  7. ne pas installer un étaiement improvisé ;
  8. ne pas réintégrer avant avis compétent.

Les photographies et documents doivent être conservés, mais la recherche de preuves ne doit jamais retarder la protection des personnes.

Peut-on faire tomber soi-même les éléments prêts à chuter ?

Non, sauf opération mineure réalisée sans exposition au danger et sans risque pour la structure, ce qui reste rare dans une situation de doute.

Une purge peut :

  • déstabiliser une partie voisine ;
  • faire tomber des matériaux ;
  • exposer des armatures ;
  • supprimer un appui ;
  • modifier le cheminement des charges.

Elle doit être organisée avec :

  • protections ;
  • accès adaptés ;
  • zone neutralisée ;
  • personnel compétent ;
  • analyse du support.

Bureau d’études et investigations

Expert en batiment mesurant une fissure structurelle avec une jauge

Le bureau d’études structure détermine capacité portante, stabilité et renforcement à partir d’un dossier et d’investigations.

(5 questions)

Quand faut-il faire intervenir un bureau d’études structure ?

L’intervention d’un bureau d’études structure est recommandée lorsqu’il faut déterminer :

  • la capacité portante ;
  • la stabilité ;
  • le fonctionnement d’un élément porteur ;
  • les charges et leurs transferts ;
  • la résistance résiduelle ;
  • la nécessité d’un étaiement ;
  • le principe de renforcement ;
  • le dimensionnement des travaux.

Elle est particulièrement nécessaire en présence :

  • d’une poutre fissurée ;
  • d’un poteau fissuré ;
  • d’un balcon dégradé ;
  • d’un plancher affaissé ;
  • d’un mur qui se déverse ;
  • d’un linteau insuffisant ;
  • d’une ouverture créée dans un mur porteur ;
  • d’une perte de section des armatures ;
  • d’un appui endommagé ;
  • d’un risque d’effondrement.

Quelle différence existe-t-il entre l’expert en bâtiment et le bureau d’études structure ?

L’expert en bâtiment

Il peut notamment :

  • constater les désordres ;
  • établir leur chronologie ;
  • analyser les documents ;
  • relever les facteurs aggravants ;
  • identifier les hypothèses ;
  • définir les investigations nécessaires ;
  • recommander une mise en sécurité ;
  • préparer un dossier contradictoire.

Le bureau d’études structure

Il peut notamment :

  • modéliser l’ouvrage ;
  • déterminer les charges ;
  • vérifier les résistances ;
  • contrôler les appuis ;
  • calculer les armatures ;
  • dimensionner un étaiement ;
  • concevoir un renforcement ;
  • vérifier la stabilité provisoire et définitive.

Les deux interventions sont complémentaires.

Quelles informations transmettre au bureau d’études ?

Le dossier doit contenir, autant que possible :

  • plans de structure ;
  • plans de ferraillage ;
  • note de calcul initiale ;
  • étude de sol ;
  • plans architecturaux ;
  • photographies anciennes ;
  • relevé des fissures ;
  • mesures de déformation ;
  • historique des travaux ;
  • date d’apparition ;
  • charges ajoutées ;
  • réparations antérieures ;
  • photographies de chantier ;
  • description des appuis.

Lorsque ces documents manquent, le bureau d’études peut demander :

  • sondages ;
  • détection d’armatures ;
  • carottages ;
  • relevé géométrique ;
  • reconnaissance des fondations ;
  • essais sur les matériaux ;
  • étude géotechnique.

Quelles investigations structurelles peuvent être nécessaires ?

Selon la pathologie, il peut être envisagé :

  • mesure de l’ouverture des fissures ;
  • suivi par jauges ;
  • relevé topographique ;
  • mesure de flèche ;
  • contrôle d’aplomb ;
  • détection d’armatures ;
  • mesure d’enrobage ;
  • sondages ;
  • carottages ;
  • essais mécaniques ;
  • analyse de corrosion ;
  • reconnaissance des appuis ;
  • sondage de fondations ;
  • étude géotechnique ;
  • instrumentation dans le temps.

Le Cerema rappelle qu’un diagnostic structurel fiable doit partir de l’analyse du dossier, de l’identification des désordres critiques et d’un programme d’auscultation adapté aux questions à résoudre.

Une note de calcul peut-elle être établie sans sondage ?

Oui, lorsque les données existantes sont suffisamment fiables.

Cependant, des investigations deviennent nécessaires lorsque l’on ignore :

  • la section réelle ;
  • le ferraillage ;
  • les matériaux ;
  • les appuis ;
  • la profondeur des fondations ;
  • la perte de matière ;
  • les modifications réalisées.

Une note de calcul fondée sur des hypothèses doit les identifier clairement.

Une hypothèse optimiste non vérifiée peut conduire à surestimer la capacité de l’ouvrage.

Suivi, note de calcul et limites de la photo

Le suivi et la note de calcul ont leurs limites ; un diagnostic sur photographies seules reste insuffisant.

(4 questions)

Peut-on se contenter d’un suivi des fissures ?

Le suivi est utile lorsque :

  • aucun danger immédiat n’est identifié ;
  • l’évolution doit être objectivée ;
  • le phénomène peut être saisonnier ;
  • la stratégie de réparation dépend de la stabilisation.

Il est insuffisant lorsque :

  • la structure est déjà déformée ;
  • un appui est perdu ;
  • des fragments tombent ;
  • un poteau est écrasé ;
  • une poutre menace de rompre ;
  • un balcon est instable ;
  • le danger ne peut pas être écarté.

Une jauge ne met pas un bâtiment en sécurité.

Pourquoi un diagnostic établi uniquement sur photographies est-il limité ?

Une photographie peut être utile pour :

  • localiser approximativement le désordre ;
  • apprécier son orientation ;
  • comparer plusieurs dates ;
  • préparer une intervention ;
  • identifier une urgence évidente.

Elle ne permet généralement pas de vérifier de manière fiable :

  • la profondeur ;
  • le caractère traversant ;
  • la largeur exacte ;
  • le désaffleurement ;
  • l’aplomb ;
  • la flèche ;
  • la solidité du support ;
  • la présence d’un son creux ;
  • l’humidité interne ;
  • les armatures ;
  • les fondations ;
  • les appuis ;
  • l’environnement complet.

Elle peut également être trompeuse en raison :

  • de la perspective ;
  • du zoom ;
  • de l’éclairage ;
  • de l’absence d’échelle ;
  • du cadrage ;
  • de la compression du fichier ;
  • de la date inconnue ;
  • d’une retouche ;
  • d’une réparation masquant le tracé.

Peut-on déclarer une fissure structurelle à partir d’une photo ?

Une photographie peut permettre de dire qu’une fissure est potentiellement structurelle et qu’elle nécessite une inspection.

Elle ne permet généralement pas d’affirmer définitivement :

  • sa cause ;
  • son évolution ;
  • la capacité portante ;
  • la stabilité ;
  • la nécessité exacte des travaux ;
  • l’origine géotechnique ;
  • la responsabilité d’un intervenant.

Une formulation prudente serait :

« La fissure visible sur les photographies présente une orientation et une localisation susceptibles d’intéresser le support maçonné. Cette appréciation doit être confirmée par un constat sur site, un relevé complet et, selon les observations, des investigations structurelles. »

Quelles photographies sont utiles avant la visite ?

Il faut transmettre :

  • une vue générale du bâtiment ;
  • chaque façade ;
  • la zone concernée dans son contexte ;
  • une vue intermédiaire ;
  • un gros plan ;
  • une vue avec une règle ;
  • les fissures intérieures correspondantes ;
  • les sols et plafonds ;
  • les ouvertures voisines ;
  • les fondations ou soubassements visibles ;
  • les photographies anciennes.

Il est utile de préciser :

  • la date ;
  • l’orientation de la façade ;
  • la pièce ;
  • l’étage ;
  • les conditions météorologiques ;
  • l’évolution constatée.

Méthode d’inspection et erreurs à éviter

L’examen doit porter sur l’ensemble du bâtiment et éviter les erreurs d’appréciation courantes.

(2 questions)

Pourquoi faut-il examiner l’ensemble du bâtiment ?

Une fissure visible peut n’être qu’une manifestation locale d’un phénomène plus général.

L’inspection doit rechercher :

  • les autres fissures ;
  • les déformations ;
  • le fonctionnement des menuiseries ;
  • les niveaux de sol ;
  • les extensions ;
  • les eaux pluviales ;
  • les travaux voisins ;
  • les fondations accessibles ;
  • les réparations anciennes.

Sans cet examen, il existe un risque de confondre :

  • une fissure d’enduit avec une fissure structurelle ;
  • un défaut local avec un tassement général ;
  • une fissure stabilisée avec un mouvement actif ;
  • une conséquence avec sa cause.

Quelles erreurs faut-il éviter ?

Il faut notamment éviter :

  • de juger la gravité uniquement selon la largeur ;
  • de rassurer à partir d’une seule photographie ;
  • de qualifier toute fissure traversante de danger imminent ;
  • d’attendre l’évolution lorsqu’une déformation est déjà visible ;
  • de poser une jauge sur un ouvrage menaçant de tomber ;
  • de charger un plancher affaissé ;
  • d’utiliser un balcon présentant une perte d’enrobage importante ;
  • de purger un poteau ou une poutre sans étude ;
  • de réaliser un étaiement improvisé ;
  • de reboucher avant d’avoir documenté ;
  • de confondre suivi et mise en sécurité ;
  • de prescrire des travaux structurels sans note de calcul.

Tableau des niveaux de vigilance

Situation observéeNiveau de vigilanceDémarche recommandée
Microfissure isolée d’un enduit, sans évolutionModéréDocumentation et surveillance
Fissure récente sans déformationÀ examinerExpertise programmée rapidement
Fissure réapparaissant après réparationRenforcéRecherche de la cause et suivi
Fissure traversanteRenforcéInspection des deux faces et du support
Multiplication des fissuresRenforcéDiagnostic global du bâtiment
Plusieurs menuiseries bloquéesÉlevéRecherche d’un mouvement général
DésaffleurementÉlevéMesures et analyse structurelle
Mur bombé ou inclinéÉlevé à urgentMise à distance et étude rapide
Plancher affaissé et craquantUrgentInterdiction d’accès et étude structurelle
Poutre fissurée près d’un appuiUrgentLimitation des charges et bureau d’études
Poteau fissuré ou éclatéUrgentMise en sécurité immédiate
Balcon fissuré avec corrosionUrgentInterdiction d’usage et protection inférieure
Chute de fragmentsUrgentNeutralisation de la zone
Ouverture brutale avec déformationDanger potentiel immédiatÉvacuation conservatoire et secours
Craquements suivis d’un déplacementDanger potentiel immédiatQuitter la zone et appeler les secours

Comment Check my House peut intervenir ?

Selon la mission confiée, Check my House peut notamment :

  • relever les fissures ;
  • examiner leur orientation et leur répartition ;
  • rechercher leur caractère traversant apparent ;
  • relever les désaffleurements ;
  • observer les déformations ;
  • contrôler le fonctionnement des menuiseries ;
  • examiner les poutres, poteaux, balcons et planchers accessibles ;
  • établir une chronologie ;
  • analyser les plans et travaux antérieurs ;
  • identifier les signes d’urgence ;
  • recommander une mise en sécurité ;
  • proposer un programme de suivi ;
  • orienter vers un bureau d’études structure ;
  • préparer les investigations complémentaires ;
  • analyser les solutions de reprise.

L’expert en bâtiment peut notamment indiquer :

  • si une fissure semble superficielle ou potentiellement structurelle ;
  • si les signes justifient une intervention urgente ;
  • quelles causes techniques doivent être examinées ;
  • quels spécialistes doivent intervenir ;
  • quelles preuves doivent être conservées.

Il ne doit pas :

  • garantir la stabilité à partir d’une inspection visuelle ;
  • déterminer la capacité portante sans calcul ;
  • exclure un risque sur la seule base de photographies ;
  • dimensionner un étaiement hors de sa compétence ;
  • déclarer une fissure stabilisée après une seule observation ;
  • prononcer définitivement les responsabilités juridiques ;
  • garantir la qualification judiciaire de vice caché.

Check my House vous accompagne grâce à notre expertise fissures.

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Sources techniques et juridiques principales

Sources techniques et juridiques

  • Agence Qualité Construction, Fissures structurelles des maçonneries de maisons individuelles, pluralité des causes, caractère éventuellement traversant et risque d’infiltration.
  • Agence Qualité Construction, Fissuration et effondrement des balcons, risques liés aux fissures, à l’eau, à la corrosion, aux armatures et aux liaisons avec la façade.
  • Agence Qualité Construction, Corrosion des armatures du béton armé, progression possible depuis les fissures et traces ocres jusqu’au détachement du béton et à l’apparition des aciers corrodés.
  • Cerema, Auscultations et diagnostics structurels, analyse préalable du dossier, identification des désordres critiques, définition d’un programme de mesures et interprétation des résultats.
  • Code de la construction et de l’habitation, articles L. 511-2 et suivants, sécurité des bâtiments qui n’offrent plus les garanties de solidité nécessaires et mesures pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’accès ou d’habiter.
  • Ministère de l’Intérieur, numéros d’urgence, appel du 18 ou du 112 lorsque des vies sont exposées à un danger immédiat.

Cette FAQ est fournie à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Son auteur n’est pas juriste. Pour toute décision engageant vos droits (signature, rétractation, contentieux), faites valider votre situation par un avocat, un notaire ou l’ADIL.

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