La faisabilité structurelle d’un projet de rénovation ne se limite pas au choix d’une poutre. Elle consiste à vérifier que les travaux envisagés peuvent être réalisés sans compromettre la stabilité du bâtiment, ni pendant le chantier, ni après sa transformation. Cette FAQ détaille les vérifications à mener avant de supprimer une cloison, de créer une ouverture ou une trémie, de modifier un plancher, d’ajouter une mezzanine, de suspendre un équipement lourd ou de surélever une construction, ainsi que le rôle du bureau d’études structure, le contenu attendu d’une note de calcul et les précautions liées à l’étaiement.
Sommaire
- Qu’est-ce que la faisabilité structurelle d’un projet de rénovation ?
- Quand faut-il vérifier la structure ?
- Peut-on se fier uniquement aux plans existants ?
- Suppression d’une cloison
- Une cloison peut-elle être supprimée sans étude ?
- Quels indices faut-il examiner ?
- Quelles précautions prendre avant la dépose ?
- Identification d’un mur porteur
- Comment savoir si un mur est porteur ?
- Un mur intérieur est-il nécessairement privatif ?
- Peut-on déterminer le caractère porteur par un simple sondage ?
- Création d’une ouverture
- Pourquoi une ouverture modifie-t-elle le fonctionnement du mur ?
- Pourquoi les appuis sont-ils essentiels ?
- Faut-il vérifier les fondations ?
- Quelles conséquences faut-il examiner autour de l’ouverture ?
- Création d’une trémie
- Qu’est-ce qu’une trémie ?
- Quelles vérifications faut-il effectuer ?
- Qu’est-ce qu’un chevêtre ?
- Quels risques existent pendant l’ouverture ?
- Escalier
- La création d’un escalier est-elle uniquement une question d’aménagement ?
- Quelles informations faut-il définir ?
- Peut-on commander l’escalier avant l’étude de la trémie ?
- Modification de plancher
- Quelles modifications nécessitent une vérification ?
- Quels critères faut-il vérifier ?
- Peut-on percer une solive ou une poutre ?
- Création d’une mezzanine
- Une mezzanine ajoute-t-elle des charges importantes ?
- Quels supports faut-il contrôler ?
- Une mezzanine légère peut-elle être réalisée sans calcul ?
- Charges supplémentaires
- Quelles charges doivent être recensées ?
- Pourquoi les charges concentrées sont-elles importantes ?
- Changement de revêtement lourd
- Pourquoi le revêtement de sol peut-il avoir une incidence structurelle ?
- Quels risques faut-il examiner ?
- Peut-on poser du carrelage sur un plancher bois ?
- Équipements suspendus
- Quels équipements doivent faire l’objet d’une vérification ?
- Pourquoi le poids annoncé par le fabricant ne suffit-il pas ?
- Peut-on fixer un équipement lourd dans un doublage ?
- Surélévation
- Pourquoi une surélévation nécessite-t-elle une étude globale ?
- Quels ouvrages faut-il vérifier ?
- Une structure légère supprime-t-elle le besoin d’étude ?
- Quelles autorisations vérifier ?
- Renforcement
- Quand faut-il renforcer un ouvrage ?
- Quelles formes peut prendre le renforcement ?
- Un renforcement peut-il créer de nouveaux désordres ?
- Faut-il traiter la cause avant de renforcer ?
- Étaiement
- Qu’est-ce qu’un étaiement ?
- Pourquoi la simple pose de quelques étais est-elle insuffisante ?
- Que doit préciser le plan d’étaiement ?
- Quand faut-il arrêter les travaux ?
- Note de calcul
- Qu’est-ce qu’une note de calcul structure ?
- Que doit contenir une note de calcul ?
- La note de calcul doit-elle traiter l’existant et le neuf ?
- Une note de calcul ancienne peut-elle être réutilisée ?
- Une note de calcul non signée est-elle suffisante ?
- Plans d’exécution
- Quelle est la différence entre un plan de principe et un plan d’exécution ?
- Que doivent montrer les plans ?
- Qui établit les plans d’exécution ?
- Les plans de l’entreprise peuvent-ils remplacer l’étude du projet ?
- Intervention d’un bureau d’études structure
- Qu’est-ce qu’un bureau d’études structure ?
- Le recours à un bureau d’études structure est-il toujours obligatoire ?
- Quelle mission confier au bureau d’études ?
- Le bureau d’études doit-il visiter le bâtiment ?
- Faut-il faire revenir le bureau d’études après les démolitions ?
- Comment choisir un bureau d’études ?
- Coordination entre bureau d’études, entreprise et maître d’œuvre
- Qui est responsable de l’exécution ?
- Qui doit signaler une incohérence ?
- Méthode de vérification recommandée
- Tableau de vérification structurelle
- Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
- Recommandations de Check my House
- À retenir
- Sources principales
Qu’est-ce que la faisabilité structurelle d’un projet de rénovation ?
La faisabilité structurelle consiste à vérifier que les travaux projetés peuvent être réalisés sans compromettre les éléments suivants :
- La stabilité générale du bâtiment.
- La résistance des murs, poteaux, poutres et planchers.
- La stabilité des façades et de la toiture.
- La capacité des fondations.
- La sécurité des bâtiments voisins.
- La stabilité provisoire pendant les travaux.
- Le comportement durable de l’ouvrage après sa transformation.
Cette vérification ne doit pas porter uniquement sur la structure achevée. Elle doit également prendre en compte les phases transitoires pendant lesquelles un mur, un plancher ou une poutre peut être partiellement démoli, déchargé, renforcé ou soutenu provisoirement.
Le Code de la construction et de l’habitation prévoit que tout bâtiment est implanté, conçu et dimensionné de sorte qu’il résiste durablement, dans son ensemble et dans chacun de ses éléments, à l’effet combiné de son propre poids, des charges climatiques extrêmes et des surcharges d’exploitation correspondant à son usage normal. Le même principe s’applique aux structures provisoires et démontables pendant toute la durée de leur utilisation.
Quand faut-il vérifier la structure ?
Une vérification structurelle doit être envisagée dès que le projet prévoit l’une des interventions suivantes :
- La suppression d’une cloison dont le rôle n’est pas certain.
- Une intervention sur un mur porteur.
- La création ou l’agrandissement d’une ouverture.
- La création d’une trémie.
- La pose ou le déplacement d’un escalier.
- La modification d’un plancher.
- La création d’une mezzanine.
- Une augmentation des charges.
- La pose d’un revêtement lourd.
- L’installation d’un équipement suspendu important.
- L’aménagement de combles.
- Une surélévation.
- Une extension reliée au bâtiment existant.
- La reprise d’un ouvrage fissuré ou déformé.
- La suppression d’un poteau, d’une poutre ou d’un élément de contreventement.
- Une reprise en sous-œuvre.
Dans un bâtiment existant, l’analyse doit tenir compte de l’état réel des matériaux, des transformations anciennes, des dégradations, des défauts d’exécution et des différences entre les plans disponibles et les ouvrages effectivement construits. Les travaux européens consacrés à l’évaluation des structures existantes soulignent la nécessité d’intégrer la détérioration et les détails constructifs propres aux ouvrages anciens dans l’analyse.
Peut-on se fier uniquement aux plans existants ?
Non. Les plans disponibles peuvent correspondre aux situations suivantes :
- Un projet qui n’a pas été exécuté à l’identique.
- Une version ancienne.
- Une phase antérieure aux plans d’exécution.
- Un relevé commercial simplifié.
- Une configuration modifiée depuis.
- Une représentation incomplète des fondations, des appuis ou des assemblages.
Avant tout calcul, il convient de vérifier sur place les dimensions, les matériaux, les portées, les épaisseurs et les conditions d’appui déterminants.
Cette vérification peut nécessiter les opérations suivantes :
- Un relevé de l’existant.
- Une comparaison avec les plans.
- Des sondages.
- Des ouvertures exploratoires.
- Une reconnaissance des planchers.
- Une vérification des appuis.
- Une inspection des fondations accessibles.
- Une identification des matériaux.
- Une étude géotechnique lorsque le sol intervient dans la faisabilité.
- Une analyse des fissures et des déformations existantes.
Une note de calcul fondée sur des hypothèses non vérifiées doit identifier clairement ces hypothèses et les contrôles à réaliser avant l’exécution.
Suppression d’une cloison
La dépose d’une cloison est souvent la première opération envisagée dans un projet de rénovation. Elle mérite pourtant une vérification préalable, car une paroi d’apparence légère peut jouer un rôle structurel.
Une cloison peut-elle être supprimée sans étude ?
Une cloison clairement identifiée comme non porteuse peut parfois être déposée sans calcul structurel particulier. Cette conclusion doit toutefois être établie avant la démolition.
Une paroi apparemment légère peut en effet remplir l’une des fonctions suivantes :
- Supporter une partie d’un plafond.
- Contribuer au maintien latéral d’un autre ouvrage.
- Recevoir une poutre ou une solive.
- Dissimuler un poteau.
- Contenir des réseaux.
- Participer à la stabilité d’une cage d’escalier.
- Reprendre progressivement une charge à la suite de la déformation d’un plancher.
- Séparer des zones soumises à des exigences particulières de sécurité ou de protection contre l’incendie.
La seule mention du mot cloison sur un ancien plan ne constitue pas une preuve suffisante.
Quels indices faut-il examiner ?
Il convient notamment de vérifier les points suivants :
- La continuité de la paroi entre les niveaux.
- Son épaisseur.
- Sa constitution.
- La direction des solives ou des poutrelles.
- Les éléments venant en appui.
- Les charges situées au-dessus.
- La présence d’une poutre noyée.
- Les fissures ou compressions visibles.
- L’état du plancher supérieur.
- Les transformations anciennes.
- Les plans de structure.
Le fait qu’une paroi sonne creux ou soit constituée de briques minces ne suffit pas à exclure tout rôle structurel.
Quelles précautions prendre avant la dépose ?
Avant de démolir, il faut réaliser les opérations suivantes :
- Identifier la nature de la paroi.
- Repérer les réseaux.
- Vérifier l’absence de matériaux dangereux.
- Déterminer le sens de dépose.
- Protéger les ouvrages voisins.
- Contrôler l’apparition de mouvements.
- Prévoir un arrêt immédiat si une charge ou un appui inattendu est découvert.
Une dépose doit être suspendue si la paroi paraît comprimée, si le plafond se déforme ou si une fissuration nouvelle apparaît.
Identification d’un mur porteur
Distinguer un mur porteur d’une simple cloison de distribution constitue le point de départ de l’analyse structurelle. Cette identification repose sur un faisceau d’indices convergents.
Comment savoir si un mur est porteur ?
Un mur porteur transmet des charges provenant notamment des éléments suivants :
- Les planchers.
- La toiture.
- D’autres murs.
- Les poutres.
- Les poteaux.
- Les équipements.
- Les actions horizontales participant à la stabilité du bâtiment.
L’identification doit être fondée sur un ensemble d’indices et non sur un seul critère. Il faut notamment analyser les éléments suivants :
- La position du mur.
- Sa continuité verticale.
- Son épaisseur.
- Ses matériaux.
- Le sens des planchers.
- La présence de poutres.
- Les appuis observables.
- Les fondations ou soubassements correspondants.
- La stabilité transversale du bâtiment.
- Les plans d’origine.
- Les transformations antérieures.
Un mur intérieur est-il nécessairement privatif ?
Non. Dans une copropriété, un mur porteur, une dalle, un poteau ou une poutre peut relever des parties communes, même s’il se trouve à l’intérieur d’un lot privatif.
Le règlement de copropriété, l’état descriptif de division et les actes modificatifs doivent être consultés avant toute intervention.
L’autorisation donnée à certains copropriétaires d’effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble, et conformes à la destination de celui-ci, relève de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, qui exige la majorité des voix de tous les copropriétaires.
Peut-on déterminer le caractère porteur par un simple sondage ?
Un sondage peut révéler les informations suivantes :
- Le matériau.
- L’épaisseur.
- La présence d’une ossature.
- Un linteau.
- Une poutre.
- La direction de certains éléments.
Il ne permet pas toujours de déterminer à lui seul le cheminement complet des charges. L’identification peut nécessiter une analyse simultanée des ouvrages suivants :
- Les niveaux supérieurs.
- Le plancher.
- La charpente.
- Les appuis.
- Les murs inférieurs.
- Les fondations.
Création d’une ouverture
Ouvrir un mur porteur modifie le cheminement des charges dans le bâtiment. L’analyse doit porter sur l’élément de reprise, mais aussi sur ses appuis et sur la descente de charges jusqu’au sol.
Pourquoi une ouverture modifie-t-elle le fonctionnement du mur ?
Lorsqu’une ouverture est créée, les charges qui traversaient auparavant la partie supprimée doivent être reportées vers les côtés de l’ouverture.
Un élément de reprise peut être nécessaire, sous l’une des formes suivantes :
- Un linteau.
- Une poutre métallique.
- Une poutre en béton armé.
- Une poutre en bois ou en bois reconstitué.
- Un portique.
- Un ensemble de poteaux et de poutre.
- Un cadre de renforcement.
La solution dépend des paramètres suivants :
- La nature du mur.
- Son épaisseur.
- La largeur de l’ouverture.
- Les charges supérieures.
- La position des planchers.
- La présence d’ouvertures voisines.
- Les appuis disponibles.
- Les fondations.
- La stabilité du mur restant.
- Les exigences de déformation.
- Les conditions de mise en œuvre.
Pourquoi les appuis sont-ils essentiels ?
Une poutre ne fonctionne correctement que si ses charges peuvent être transmises à des appuis suffisamment résistants. Il faut vérifier les points suivants :
- La longueur et la qualité des appuis.
- La résistance de la maçonnerie.
- La présence de poteaux ou de renforts.
- Le risque d’écrasement local.
- La descente des charges jusqu’aux fondations.
- L’effet de la charge concentrée sur le plancher ou le mur inférieur.
Une poutre correctement dimensionnée peut provoquer un désordre si elle repose sur une maçonnerie insuffisante ou si les charges nouvelles ne sont pas reprises par les fondations.
Faut-il vérifier les fondations ?
Oui, lorsque la création de l’ouverture concentre des charges qui étaient auparavant réparties.
Le calcul doit examiner les situations suivantes :
- Les nouveaux appuis se trouvent au droit d’une fondation existante.
- Ils nécessitent un poteau.
- Ils nécessitent un massif ou une reprise en sous-œuvre.
- Ils peuvent transmettre les efforts au sol sans tassement excessif.
- Ils risquent de créer un tassement différentiel.
L’absence de fondation visible sous un appui ne doit pas conduire à supposer qu’elle existe ou qu’elle est suffisante.
Quelles conséquences faut-il examiner autour de l’ouverture ?
La faisabilité doit également intégrer les éléments suivants :
- Les canalisations et les câbles présents dans le mur.
- Les conduits de fumée.
- Les gaines.
- Les doublages.
- Les réseaux du niveau supérieur.
- Les planchers venant en appui.
- Les menuiseries proches.
- Les fissures existantes.
- La protection contre l’incendie.
- Les reprises d’enduit et de finition.
- La stabilité pendant la démolition.

Création d’une trémie
Une trémie interrompt des éléments de plancher. Sa création suppose de reprendre les charges de ces éléments et d’organiser la stabilité du plancher pendant les travaux.
Qu’est-ce qu’une trémie ?
Une trémie est une ouverture pratiquée dans un plancher pour permettre notamment les usages suivants :
- Le passage d’un escalier.
- L’installation d’un ascenseur.
- Le passage d’un conduit.
- La mise en place d’une gaine.
- La création d’une communication entre deux niveaux.
Créer une trémie implique généralement de couper ou de modifier certains éléments du plancher.
Quelles vérifications faut-il effectuer ?
Il faut déterminer les éléments suivants :
- La nature du plancher.
- Son sens de portée.
- Les éléments coupés.
- Les charges reprises.
- La position des poutres principales.
- Les appuis disponibles.
- Les dimensions de la trémie.
- Les chevêtres nécessaires.
- Les déformations admissibles.
- La stabilité des rives.
- Les réseaux incorporés.
- Le traitement du vide créé.
Qu’est-ce qu’un chevêtre ?
Le chevêtre est un élément destiné à reprendre les extrémités des solives, poutrelles ou autres éléments interrompus par la trémie et à transférer leurs charges vers les parties conservées.
Son dimensionnement dépend notamment des paramètres suivants :
- Le nombre d’éléments coupés.
- Leurs portées.
- Les charges permanentes.
- Les charges d’usage.
- La largeur de la trémie.
- Les assemblages.
- Les appuis.
La découpe d’une poutrelle, d’une solive ou d’un élément précontraint ne doit jamais être décidée sans analyse spécifique.
Quels risques existent pendant l’ouverture ?
Avant la pose complète des renforts, le plancher peut être localement instable. Il faut donc définir les points suivants :
- L’étaiement.
- L’ordre de découpe.
- La mise en place des chevêtres.
- Les moyens de levage.
- Les zones interdites.
- Les charges de chantier.
- Les protections contre les chutes.
- La fermeture provisoire du vide.
Escalier
La création d’un escalier engage la structure du plancher, les appuis et la géométrie de la trémie. Elle doit être coordonnée avec l’étude structurelle.
La création d’un escalier est-elle uniquement une question d’aménagement ?
Non. Elle peut affecter les éléments suivants :
- Le plancher.
- Les murs d’appui.
- La charpente.
- Les circulations.
- La stabilité des rives de trémie.
- Les garde-corps.
- La hauteur disponible.
- Les réseaux.
- La transmission des efforts aux supports.
Quelles informations faut-il définir ?
Le projet doit préciser les éléments suivants :
- Le type d’escalier.
- Sa largeur.
- Son implantation.
- Son poids.
- Ses points d’appui.
- Son mode de fixation.
- La taille de la trémie.
- La hauteur entre niveaux.
- L’échappée.
- Les garde-corps.
- Les finitions de rive.
- Les phases de pose.
L’escalier peut prendre appui sur l’un des supports suivants :
- Un plancher.
- Une dalle.
- Un mur.
- Une poutre.
- Un palier.
- Une structure indépendante.
Chacun de ces supports doit être vérifié.
Peut-on commander l’escalier avant l’étude de la trémie ?
Cette démarche est déconseillée. Les dimensions définitives de l’escalier doivent être coordonnées avec les éléments suivants :
- La structure de la trémie.
- Les niveaux finis.
- L’épaisseur des sols.
- La position des chevêtres.
- Les réservations.
- Les garde-corps.
- Les tolérances de pose.
Une modification tardive de la trémie peut rendre l’escalier commandé incompatible avec le bâtiment.
Modification de plancher
Un plancher existant a été dimensionné pour un usage donné. Toute modification de sa géométrie, de ses appuis ou de ses charges appelle une vérification.
Quelles modifications nécessitent une vérification ?
Il convient notamment d’étudier les interventions suivantes :
- La création d’une trémie.
- La suppression d’une partie de plancher.
- La modification des appuis.
- Le percement de solives ou de poutrelles.
- Le remplacement d’un plancher.
- L’ajout d’une chape.
- La création d’une salle d’eau.
- La mise à niveau d’un sol.
- La création d’un plancher chauffant.
- La pose d’une cloison lourde.
- L’installation d’un équipement important.
- Le changement d’usage d’un local.
Quels critères faut-il vérifier ?
La faisabilité structurelle ne porte pas uniquement sur le risque de rupture. Elle doit également examiner les points suivants :
- La flèche.
- Les vibrations.
- La fissuration.
- La déformation des cloisons.
- La compatibilité avec les revêtements.
- La stabilité au feu lorsque cette exigence s’applique.
- La transmission des charges.
- L’état des appuis.
- Les assemblages.
- Les ouvertures existantes.
Un plancher peut disposer d’une résistance suffisante tout en étant trop souple pour recevoir un carrelage, une cloison rigide ou certaines finitions sensibles.
Peut-on percer une solive ou une poutre ?
Un percement, une entaille ou une saignée peut réduire la résistance d’un élément. La faisabilité dépend des paramètres suivants :
- La position du percement.
- Son diamètre.
- La hauteur de l’élément.
- Sa proximité avec les appuis.
- Les efforts présents.
- Le matériau.
- L’existence d’autres percements.
- Les charges appliquées.
Les percements ne doivent pas être réalisés uniquement en fonction du passage souhaité pour les réseaux. Ils doivent être validés avant leur exécution lorsque l’élément participe à la structure.

Création d’une mezzanine
Une mezzanine crée un niveau supplémentaire et ajoute des charges au bâtiment existant. Ses appuis doivent être identifiés puis vérifiés jusqu’aux fondations.
Une mezzanine ajoute-t-elle des charges importantes ?
Une mezzanine ajoute les charges suivantes :
- Le poids de sa structure.
- Le poids du plancher.
- Les cloisons éventuelles.
- Les garde-corps.
- Les revêtements.
- Le mobilier.
- Les occupants.
- Les charges localisées.
Les règles européennes de calcul des structures distinguent notamment les poids propres, les charges d’exploitation, les actions climatiques, les actions pendant l’exécution et les actions accidentelles.
Quels supports faut-il contrôler ?
Il faut vérifier si la mezzanine repose sur l’un des supports suivants :
- Les murs existants.
- Des poteaux nouveaux.
- Un plancher inférieur.
- Une façade.
- Une structure indépendante.
- Des fondations nouvelles.
La pose de poteaux sur un plancher existant crée des charges concentrées. Le plancher et les ouvrages situés en dessous doivent être vérifiés.
Une mezzanine légère peut-elle être réalisée sans calcul ?
Le qualificatif de structure légère ne constitue pas un critère technique suffisant. Même une ossature métallique ou en bois relativement légère doit supporter les charges liées à son usage.
Le calcul doit également vérifier les points suivants :
- Les vibrations.
- La stabilité latérale.
- Les assemblages.
- Les ancrages.
- Les garde-corps.
- Le comportement des supports existants.
Charges supplémentaires
Avant toute modification, les charges ajoutées doivent être recensées de façon complète, y compris celles qui n’existent que pendant le chantier.
Quelles charges doivent être recensées ?
Avant toute modification, il faut établir un inventaire des charges ajoutées, en distinguant leur nature et leur durée d’application.
Charges permanentes
Elles comprennent notamment les éléments suivants :
- La structure neuve.
- Les chapes.
- Les revêtements.
- Les plafonds.
- Les doublages.
- Les cloisons.
- Les équipements fixes.
- L’étanchéité.
- L’isolation.
- Les remplissages.
Charges liées à l’usage
Elles correspondent notamment aux éléments suivants :
- Les occupants.
- Le mobilier.
- Le stockage.
- Les équipements mobiles.
- L’activité future.
- Les charges concentrées.
Charges climatiques ou environnementales
Elles peuvent comprendre les actions suivantes :
- La neige.
- Le vent.
- Les effets thermiques.
- L’eau accumulée.
- La poussée des terres.
Charges provisoires de chantier
Elles peuvent résulter des situations suivantes :
- Le stockage de matériaux.
- Les gravats.
- Les engins.
- Les étais.
- Les moyens de levage.
- Le béton frais.
- Les phases de démolition.
Les actions pendant l’exécution font partie des situations que les règles européennes de calcul des structures demandent de prendre en considération.
Pourquoi les charges concentrées sont-elles importantes ?
Une charge répartie sur une grande surface ne produit pas les mêmes effets qu’une charge appliquée sur quelques appuis. Des charges concentrées peuvent notamment être créées par les éléments suivants :
- Les poteaux.
- Les pieds de mezzanine.
- Une baignoire.
- Un ballon d’eau chaude.
- Un poêle.
- Un aquarium.
- Un coffre-fort.
- Une bibliothèque chargée.
- Un appareil technique.
- Un plan de travail en pierre.
- Une machine.
Il faut vérifier le plancher à l’endroit exact où la charge est appliquée, mais également la continuité de la descente de charges jusqu’aux fondations.
Changement de revêtement lourd
Le remplacement d’un revêtement de sol peut modifier sensiblement les charges permanentes d’un plancher. Le complexe complet doit être pris en compte.
Pourquoi le revêtement de sol peut-il avoir une incidence structurelle ?
Le remplacement d’un revêtement léger par un complexe plus lourd peut ajouter les éléments suivants :
- Une chape.
- Un mortier de scellement.
- Un carrelage.
- De la pierre naturelle.
- Un ragréage épais.
- Une forme de pente.
- Un système acoustique.
- Un plancher chauffant.
Le calcul doit prendre en compte l’ensemble du complexe et non uniquement le matériau visible.
Quels risques faut-il examiner ?
Une charge supplémentaire peut provoquer les désordres suivants :
- Une augmentation de la flèche.
- Une vibration accrue.
- Une fissuration.
- Un décollement du revêtement.
- Une déformation des cloisons.
- Une sollicitation excessive des appuis.
- Une aggravation de l’état d’un plancher déjà affaibli.
Un support ancien irrégulier ne doit pas être systématiquement remis à niveau par l’ajout d’une forte épaisseur de mortier sans vérification préalable.
Peut-on poser du carrelage sur un plancher bois ?
La possibilité dépend notamment des paramètres suivants :
- La résistance du plancher.
- Sa rigidité.
- Sa déformation.
- Ses vibrations.
- L’état des solives.
- L’humidité.
- La nature du support ajouté.
- Le format du carrelage.
- Le traitement des interfaces.
Une simple planéité satisfaisante ne permet pas de conclure à la compatibilité structurelle.
Équipements suspendus
Les équipements fixés en hauteur exercent des efforts sur leur support. La nature réelle de la paroi conditionne le mode de fixation à retenir.
Quels équipements doivent faire l’objet d’une vérification ?
Il peut notamment s’agir des équipements suivants :
- Des meubles hauts.
- Un ballon d’eau chaude.
- Une chaudière murale.
- Un sanitaire suspendu.
- Un radiateur lourd.
- Un écran ou un appareil de grande dimension.
- Un auvent.
- Un store.
- Une unité technique.
- Un équipement de levage.
- Un élément décoratif massif.
Pourquoi le poids annoncé par le fabricant ne suffit-il pas ?
Il faut également considérer les éléments suivants :
- Les efforts lors de l’utilisation.
- Les effets de levier.
- Les vibrations.
- Les chocs.
- Le remplissage en eau.
- Les efforts sur les fixations.
- La distance entre la charge et le mur.
- Le nombre d’ancrages.
- La qualité du support.
La fixation doit être adaptée au support réellement présent, qui peut être de l’une des natures suivantes :
- Du béton.
- De la maçonnerie pleine.
- De la maçonnerie creuse.
- De la pierre.
- Une ossature bois.
- Une cloison sur ossature.
- Un doublage.
Peut-on fixer un équipement lourd dans un doublage ?
Un doublage ne constitue pas toujours un support structurel. Selon l’équipement, il peut être nécessaire de prévoir les dispositions suivantes :
- Un bâti-support.
- Une ossature renforcée.
- Une traverse.
- Une fixation dans le mur porteur.
- Une structure indépendante.
- Des ancrages dimensionnés.
- Un support posé au sol.
Les renforts doivent être prévus avant la fermeture des parois.
Surélévation
Une surélévation modifie le poids, la géométrie et le comportement au vent du bâtiment. Elle appelle une étude structurelle globale et une vérification des autorisations.
Pourquoi une surélévation nécessite-t-elle une étude globale ?
Une surélévation augmente ou modifie les éléments suivants :
- Le poids total du bâtiment.
- Les charges sur les murs.
- Les efforts sur les poteaux et les poutres.
- Les charges sur les fondations.
- L’exposition au vent.
- Le comportement de la toiture.
- Les efforts horizontaux.
- La stabilité pendant les travaux.
- Les besoins de contreventement.
Elle peut également nécessiter la dépose temporaire de la toiture, laissant le bâtiment exposé aux intempéries et modifiant provisoirement sa stabilité.
Quels ouvrages faut-il vérifier ?
L’étude doit notamment porter sur les ouvrages suivants :
- Les fondations.
- Le sol.
- Les murs porteurs.
- Les poteaux.
- Les poutres.
- Les planchers.
- Les chaînages.
- Le contreventement.
- La charpente.
- Les liaisons entre l’ancien et le neuf.
- Les bâtiments mitoyens.
- Les phases d’étaiement.
- La stabilité des façades pendant la dépose.
Une structure légère supprime-t-elle le besoin d’étude ?
Non. Une ossature bois ou métallique peut réduire les charges par rapport à certaines solutions lourdes, mais elle ne dispense pas de vérifier les éléments suivants :
- La structure existante.
- Les fondations.
- Les appuis.
- Les liaisons.
- L’action du vent.
- Les déformations.
- La stabilité globale.
- Le comportement pendant les travaux.
Quelles autorisations vérifier ?
Une surélévation crée généralement de la surface et modifie l’aspect extérieur du bâtiment.
Les travaux exécutés sur une construction existante et ayant pour effet la création d’une surface de plancher ou d’une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés sont soumis à permis de construire. Dans les zones urbaines couvertes par un plan local d’urbanisme ou par un document d’urbanisme en tenant lieu, ce seuil est porté à quarante mètres carrés, sous les conditions prévues par le Code de l’urbanisme.
Pour une personne physique qui déclare vouloir édifier ou modifier une construction pour elle-même, la dispense de recours à un architecte ne s’applique qu’à une construction à usage autre qu’agricole dont la surface de plancher n’excède pas cent cinquante mètres carrés.
En copropriété, une surélévation nécessite également l’examen des droits à construire, de la propriété du toit, des parties communes et des décisions devant être prises par l’assemblée générale.
Renforcement
Le renforcement consiste à redonner à un ouvrage la capacité nécessaire au projet. Il doit être précédé de l’identification de la cause de l’insuffisance.
Quand faut-il renforcer un ouvrage ?
Un renforcement peut être nécessaire dans les situations suivantes :
- Les charges futures dépassent les capacités vérifiées.
- Un élément est dégradé.
- Une ouverture interrompt le cheminement des charges.
- Un plancher présente une rigidité insuffisante.
- Une pièce de charpente a perdu une partie de sa section.
- Les fondations sont insuffisantes.
- Une surélévation est envisagée.
- Un changement d’usage augmente les sollicitations.
- Une erreur ancienne doit être corrigée.
- Une structure doit être stabilisée avant travaux.
Quelles formes peut prendre le renforcement ?
Selon le matériau et l’ouvrage concernés, les solutions suivantes peuvent être envisagées :
- L’ajout d’une poutre.
- L’ajout d’un poteau.
- Le jumelage de solives.
- L’augmentation de section.
- La pose d’un plat métallique.
- La pose d’un profilé métallique.
- L’apport de béton armé complémentaire.
- Une reprise en sous-œuvre.
- La création d’un massif de fondation.
- La mise en place de micropieux.
- La pose de tirants.
- La création d’un contreventement.
- Le renforcement par matériaux composites.
- Le remplacement partiel d’un élément.
La solution doit être adaptée à la cause de l’insuffisance et à l’état du support.
Un renforcement peut-il créer de nouveaux désordres ?
Oui. Il faut notamment vérifier les points suivants :
- La compatibilité des rigidités.
- La transmission des efforts.
- Les déformations différentielles.
- Les appuis.
- Les ancrages.
- Le risque de corrosion.
- Le comportement au feu.
- L’humidité.
- Les interfaces entre matériaux.
- Les charges concentrées nouvelles.
Un renforcement très rigide placé à côté d’une structure souple peut modifier la répartition des efforts.
Faut-il traiter la cause avant de renforcer ?
Oui. Un renforcement ne doit pas être réalisé sans traiter, selon le cas, les causes suivantes :
- Une infiltration.
- Une fuite.
- Une corrosion.
- Une attaque biologique.
- Un tassement.
- Une surcharge.
- Un défaut d’appui.
- Une dégradation du sol.
- Un mouvement encore actif.

Étaiement
L’étaiement assure la stabilité de l’ouvrage pendant les phases transitoires. Il doit être conçu, mis en place et retiré selon un ordre défini.
Qu’est-ce qu’un étaiement ?
L’étaiement est une structure provisoire destinée à soutenir ou à stabiliser un ouvrage pendant une phase de travaux. Il peut servir aux fonctions suivantes :
- Reprendre temporairement un plancher.
- Soutenir une poutre.
- Stabiliser un mur.
- Maintenir une façade.
- Permettre la création d’une ouverture.
- Reprendre les charges pendant un renforcement.
- Sécuriser une zone déformée.
- Soutenir un coffrage.
La stabilité provisoire doit être étudiée avec la même attention que la stabilité finale. Le Code de la construction et de l’habitation impose expressément la résistance des structures provisoires et démontables pendant toute la durée de leur utilisation.
Pourquoi la simple pose de quelques étais est-elle insuffisante ?
Un étai ne peut fonctionner correctement que si les conditions suivantes sont réunies :
- Sa capacité est suffisante.
- Sa verticalité est maîtrisée.
- Son pied repose sur un support résistant.
- Sa tête reprend réellement l’ouvrage.
- Il est stabilisé contre le déplacement.
- Les charges sont réparties.
- Le plancher inférieur peut reprendre les efforts.
- Le serrage est contrôlé.
- Le désétaiement est organisé.
Un étai posé sur un plancher peut reporter la charge vers un niveau inférieur insuffisant. Il peut donc être nécessaire de prévoir une continuité d’étaiement jusqu’à un support vérifié.
Que doit préciser le plan d’étaiement ?
Il doit notamment indiquer les éléments suivants :
- Le nombre d’étais.
- Leur type et leur capacité.
- Leur implantation.
- Les entraxes.
- Les supports de répartition.
- Les niveaux repris.
- Le contreventement.
- L’ordre de mise en place.
- La précharge éventuelle.
- Les contrôles.
- Les conditions de maintien.
- L’ordre de désétaiement.
- Les interdictions de stockage.
- La réaction en cas de déplacement ou de fissuration.
Quand faut-il arrêter les travaux ?
Les travaux doivent être interrompus en présence de l’un des signes suivants :
- Un déplacement d’étai.
- Un enfoncement du support.
- Une fissure nouvelle.
- Un bruit de rupture.
- Une déformation rapide.
- Un désaffleurement.
- Un affaissement.
- Un mouvement du mur ou du plancher.
- Une découverte incompatible avec les hypothèses du calcul.
La zone doit être évacuée et sécurisée avant toute reprise.
Note de calcul
La note de calcul justifie le dimensionnement retenu. Elle doit exposer les hypothèses et les vérifications, et pas seulement le résultat.
Qu’est-ce qu’une note de calcul structure ?
La note de calcul est le document qui expose les hypothèses, le modèle et les vérifications ayant conduit au dimensionnement.
Elle ne doit pas se limiter à indiquer la référence d’un profil métallique ou la section d’une poutre.
Que doit contenir une note de calcul ?
Selon le projet, elle doit préciser les informations décrites ci-après.
Identification du projet
Cette partie comprend les informations suivantes :
- L’adresse.
- Le maître d’ouvrage.
- L’auteur.
- La date.
- L’indice.
- Les plans de référence.
- L’ouvrage concerné.
Description de l’existant
Cette partie décrit les éléments suivants :
- Les matériaux.
- Les dimensions.
- Les portées.
- Les appuis.
- L’état apparent.
- Les transformations connues.
- Les sondages réalisés.
- Les hypothèses restant à vérifier.
Charges prises en compte
Cette partie recense les charges suivantes :
- Les poids propres.
- Les revêtements.
- Les cloisons.
- Les équipements.
- Les charges d’usage.
- Les charges concentrées.
- Les charges climatiques.
- Les charges de chantier.
- Les situations accidentelles pertinentes.
Les règles européennes relatives aux actions sur les structures couvrent notamment le poids propre, les charges d’exploitation, le vent, la neige, les actions thermiques, les phases d’exécution et les actions accidentelles.
Vérifications
Cette partie justifie les points suivants :
- La résistance des éléments.
- Les déformations.
- La stabilité.
- Le flambement.
- Les assemblages.
- Les ancrages.
- Les appuis.
- Les maçonneries.
- Les fondations.
- Les supports inférieurs.
- Les phases provisoires.
- La compatibilité avec les ouvrages conservés.
Résultats
Cette partie précise les éléments suivants :
- Les dimensions des éléments.
- Les matériaux.
- Les profils.
- Les armatures.
- Les platines.
- Les assemblages.
- Les appuis.
- L’étaiement.
- Les prescriptions d’exécution.
- Les contrôles nécessaires.
La note de calcul doit-elle traiter l’existant et le neuf ?
Oui. Elle doit vérifier les ouvrages et les situations suivants :
- L’élément neuf.
- Les ouvrages existants sur lesquels il prend appui.
- Les éléments situés en dessous.
- Les fondations.
- Les liaisons entre les éléments.
- La stabilité provisoire.
- La stabilité finale.
Le calcul d’une poutre seule est insuffisant si ses appuis, ses assemblages ou ses fondations ne peuvent pas reprendre les efforts.
Une note de calcul ancienne peut-elle être réutilisée ?
Elle ne peut l’être que si elle correspond exactement aux éléments suivants :
- Le même bâtiment.
- Le même projet.
- Les mêmes dimensions.
- Les mêmes matériaux.
- Les mêmes charges.
- Les mêmes appuis.
- Le même état de l’existant.
Une note de calcul doit être révisée si un sondage révèle une constitution différente, si l’ouverture change de dimension ou si les charges sont modifiées.
Une note de calcul non signée est-elle suffisante ?
Le document doit permettre d’identifier clairement les éléments suivants :
- Son auteur.
- Sa compétence.
- Sa société.
- Sa date.
- Sa version.
- Sa mission.
- Les hypothèses.
- Les pièces examinées.
Une note anonyme ou constituée uniquement de résultats de logiciel ne permet pas d’identifier les responsabilités ni de comprendre les hypothèses retenues.
Plans d’exécution
Les plans traduisent le calcul en informations utilisables sur le chantier. Leur niveau de détail conditionne la qualité de la réalisation.
Quelle est la différence entre un plan de principe et un plan d’exécution ?
Ces deux documents n’ont pas le même objet ni le même niveau de précision.
Le plan de principe
Il présente l’organisation générale de la solution, notamment les éléments suivants :
- L’emplacement de la poutre.
- Le principe du renforcement.
- La position de la trémie.
- L’organisation générale des appuis.
Il peut être insuffisant pour permettre l’exécution.
Le plan d’exécution
Il doit fournir les informations nécessaires à la réalisation précise de l’ouvrage, notamment les suivantes :
- Les dimensions.
- Les niveaux.
- Les profils.
- Les sections.
- Les matériaux.
- Les armatures.
- Les platines.
- Les boulons.
- Les soudures.
- Les ancrages.
- Les longueurs d’appui.
- Les réservations.
- Les assemblages.
- Les tolérances.
- Le phasage.
- L’étaiement.
- Les protections.
Que doivent montrer les plans ?
Selon la nature des travaux, les documents suivants sont attendus :
- Le plan de l’état existant.
- Le plan de démolition.
- Le plan de structure projeté.
- Les coupes.
- Les détails d’appui.
- Les détails d’assemblage.
- Le plan d’étaiement.
- Le phasage.
- Le plan des fondations ou des reprises.
- Le repérage des profils et des armatures.
- Les prescriptions de protection contre la corrosion ou contre le feu.
- L’emplacement des contrôles.
Qui établit les plans d’exécution ?
Cela dépend des contrats. Ils peuvent être établis par les intervenants suivants :
- Le bureau d’études structure du maître d’ouvrage.
- Le bureau d’études de l’entreprise.
- Un ingénieur mandaté spécialement.
- Le fabricant pour certains composants, sous réserve d’une validation adaptée.
La mission de chacun doit être écrite. Il faut notamment déterminer les points suivants :
- Qui calcule.
- Qui dessine.
- Qui vérifie les plans de l’entreprise.
- Qui valide les modifications.
- Qui contrôle l’exécution.
- Qui met à jour les plans après une découverte.
Les plans de l’entreprise peuvent-ils remplacer l’étude du projet ?
Pas automatiquement. Un plan d’atelier ou de fabrication peut détailler un élément sans vérifier l’ensemble de la structure existante.
La responsabilité de la conception générale, du dimensionnement et des interfaces doit être attribuée clairement.

Intervention d’un bureau d’études structure
Le bureau d’études structure apporte la compétence nécessaire au dimensionnement et à la description des ouvrages porteurs. L’étendue de sa mission doit être définie par écrit.
Qu’est-ce qu’un bureau d’études structure ?
Un bureau d’études structure analyse, dimensionne et décrit les ouvrages participant à la stabilité du bâtiment. Sa mission peut porter sur les domaines suivants :
- Le béton.
- La maçonnerie.
- Le métal.
- Le bois.
- Les structures mixtes.
- Les fondations, en coordination avec un géotechnicien.
- Le renforcement d’ouvrages existants.
- Les structures provisoires.
Le recours à un bureau d’études structure est-il toujours obligatoire ?
Il n’existe pas d’obligation générale imposant de missionner un bureau d’études structure pour chaque petite modification intérieure.
En revanche, lorsque la sécurité ou la faisabilité dépend d’un calcul, d’une analyse des charges ou de la définition d’un phasage, le recours à un professionnel compétent devient techniquement nécessaire.
Il doit notamment être envisagé dans les situations suivantes :
- Une ouverture dans un mur porteur.
- La création d’une trémie.
- La modification d’une poutre ou d’un plancher.
- La création d’une mezzanine.
- Une surélévation.
- Une augmentation importante des charges.
- Un renforcement.
- Une reprise en sous-œuvre.
- Une fissuration ou une déformation structurelle.
- Une structure ancienne ou mal documentée.
- Des travaux affectant un immeuble mitoyen.
Quelle mission confier au bureau d’études ?
La mission doit préciser lesquelles des phases suivantes elle comprend.
Diagnostic
Cette phase peut comprendre les prestations suivantes :
- L’analyse documentaire.
- La visite.
- Les relevés.
- La reconnaissance de la structure.
- La définition des sondages.
- L’analyse des désordres.
Faisabilité
Cette phase peut comprendre les prestations suivantes :
- L’étude de plusieurs solutions.
- La vérification des principes.
- L’identification des contraintes.
- L’estimation des renforcements nécessaires.
Conception
Cette phase peut comprendre les prestations suivantes :
- Les hypothèses de charges.
- Les calculs.
- Le dimensionnement.
- Les plans de principe.
- Les prescriptions.
- La coordination avec l’architecte et le géotechnicien.
Exécution
Cette phase peut comprendre les prestations suivantes :
- La note de calcul définitive.
- Les plans d’exécution.
- Les détails.
- Le phasage.
- Le plan d’étaiement.
- La mise à jour après sondages.
Suivi
Cette phase peut comprendre les prestations suivantes :
- Le visa des plans de l’entreprise.
- La visite après ouverture.
- Le contrôle des appuis.
- Le contrôle des ferraillages ou des assemblages.
- L’avis avant désétaiement.
- L’analyse des modifications.
Une mission limitée à la faisabilité ne doit pas être présentée comme une mission complète d’exécution ou de contrôle.
Le bureau d’études doit-il visiter le bâtiment ?
Une visite est fortement recommandée pour une intervention sur une structure existante. Elle permet notamment de vérifier les points suivants :
- La concordance des plans.
- Les matériaux.
- Les appuis.
- Les fissures.
- Les transformations anciennes.
- L’accessibilité.
- Les contraintes d’exécution.
Lorsque certains éléments restent cachés, le bureau d’études doit définir les sondages nécessaires et identifier les hypothèses qui devront être confirmées avant les travaux.
Faut-il faire revenir le bureau d’études après les démolitions ?
Oui, lorsque l’ouverture révèle une situation différente de celle retenue dans l’étude. Il peut s’agir des découvertes suivantes :
- Un matériau différent.
- Un mur moins épais.
- Une fondation absente.
- Un appui dégradé.
- Une poutre non représentée.
- Une fissure cachée.
- Une canalisation.
- Un assemblage inattendu.
- Une corrosion ou une attaque biologique.
Les travaux ne doivent pas être adaptés oralement par l’entreprise sans mise à jour du calcul ou des plans lorsque la modification affecte la structure.
Comment choisir un bureau d’études ?
Il convient de vérifier les points suivants :
- Ses compétences dans le matériau concerné.
- Son expérience des bâtiments existants.
- La clarté de sa proposition.
- Les investigations comprises.
- Les livrables.
- Les délais.
- Les visites prévues.
- Les limites de mission.
- Son assurance professionnelle.
- La concordance entre les activités assurées et la mission confiée.
Coordination entre bureau d’études, entreprise et maître d’œuvre
La réussite d’une intervention structurelle repose sur une répartition claire des rôles entre le concepteur, l’exécutant et celui qui contrôle.
Qui est responsable de l’exécution ?
Le bureau d’études conçoit et dimensionne dans les limites de sa mission.
L’entreprise reste responsable de l’exécution de ses travaux, de ses méthodes et du respect des documents contractuels.
Le maître d’œuvre peut être chargé de coordonner les intervenants et de vérifier la conformité apparente des travaux aux documents du marché, selon l’étendue exacte de sa mission.
Les responsabilités ne doivent pas être laissées implicites.
Qui doit signaler une incohérence ?
Tout intervenant constatant une contradiction, une impossibilité ou une situation dangereuse doit la signaler avant de poursuivre. Il peut notamment s’agir des situations suivantes :
- Un appui insuffisant.
- Une dimension incompatible.
- Un profil indisponible.
- Un réseau traversant la zone.
- Une structure différente des plans.
- Une difficulté d’étaiement.
- Un risque pour le voisinage.
- Une fissure apparue pendant les travaux.
Une difficulté de chantier ne doit pas conduire à réduire un profil, à déplacer un appui ou à supprimer un renfort sans validation écrite.
Méthode de vérification recommandée
La démarche suivante permet d’aborder la faisabilité structurelle dans un ordre logique, du programme jusqu’à la conservation du dossier.
Étape 1 : définir le projet
Il faut préciser les éléments suivants :
- Les ouvrages supprimés.
- Les ouvrages conservés.
- Les ouvertures.
- Les charges nouvelles.
- L’usage futur.
- Les matériaux.
- Les équipements.
- Les contraintes architecturales.
Étape 2 : réunir les documents
Le dossier doit rassembler les pièces suivantes :
- Les plans.
- Les études.
- Les factures.
- Les diagnostics.
- Les rapports.
- Les autorisations.
- Les documents de copropriété.
Étape 3 : inspecter la structure
L’inspection porte sur les ouvrages suivants :
- Les murs.
- Les planchers.
- Les poutres.
- Les poteaux.
- La charpente.
- Les fondations accessibles.
- Les fissures.
- Les déformations.
- Les appuis.
Étape 4 : réaliser les sondages
Les sondages doivent renseigner les points suivants :
- La composition des murs.
- La structure du plancher.
- Les dimensions des éléments.
- Les matériaux.
- Les fondations.
- Les assemblages.
- L’état des appuis.
Étape 5 : déterminer les charges
Le recensement doit distinguer les situations suivantes :
- L’état existant.
- L’état projeté.
- Les charges permanentes.
- Les charges d’usage.
- Les charges concentrées.
- Les charges de chantier.
Étape 6 : calculer la solution
Le calcul doit porter sur les éléments suivants :
- L’élément neuf.
- Les supports existants.
- Les fondations.
- Les déformations.
- Les assemblages.
- Les phases provisoires.
Étape 7 : produire les documents d’exécution
Les livrables comprennent les documents suivants :
- La note de calcul.
- Les plans.
- Les détails.
- Le plan d’étaiement.
- Le phasage.
- Les prescriptions.
Étape 8 : vérifier après ouverture
Les hypothèses doivent être confirmées avant la pose définitive des renforcements.
Étape 9 : contrôler l’exécution
Il convient notamment de vérifier les points suivants :
- Les profils.
- Les sections.
- Les appuis.
- Les ancrages.
- Les assemblages.
- Les ferraillages.
- L’étaiement.
- La qualité des supports.
- Le respect du phasage.
Étape 10 : conserver le dossier
Le dossier final doit comprendre les pièces suivantes :
- La note de calcul mise à jour.
- Les plans d’exécution.
- Les plans de récolement.
- Les photographies.
- Les fiches techniques.
- Les procès-verbaux de contrôle.
- Les factures.
- Les attestations d’assurance.
- Le procès-verbal de réception.
Tableau de vérification structurelle
Le tableau ci-dessous récapitule, pour chaque type de projet, les points principaux à vérifier et les documents généralement attendus.
| Projet | Points principaux à vérifier | Documents recommandés |
|---|---|---|
| Suppression d’une cloison | Rôle réel, charges, plafond, réseaux | Relevé, sondages, avis structure en cas de doute |
| Ouverture dans un mur | Charges, poutre, appuis, fondations, étaiement | Note de calcul, plans et phasage |
| Création d’une trémie | Sens du plancher, éléments coupés, chevêtres | Relevé, note de calcul, plan de trémie |
| Nouvel escalier | Trémie, appuis, poids, fixations | Plans coordonnés structure et escalier |
| Modification de plancher | Résistance, flèche, vibrations, appuis | Sondages, calcul et détails |
| Mezzanine | Charges, poteaux, stabilité, fondations | Note globale et plans d’exécution |
| Revêtement lourd | Poids total du complexe, rigidité du support | Vérification du plancher |
| Équipement suspendu | Support, fixations, efforts de levier | Prescription d’ancrage et renfort |
| Surélévation | Sol, fondations, murs, vent, contreventement | Études structurelle et géotechnique |
| Renforcement | Cause, compatibilité, assemblages | Diagnostic, calcul et détails |
| Étaiement | Charges provisoires, supports, stabilité | Plan d’étaiement et phasage |
Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
Les erreurs les plus fréquentes sont les suivantes :
- Considérer une paroi comme non porteuse sur la seule base de son épaisseur.
- Démolir avant les sondages.
- Dimensionner uniquement la poutre sans vérifier ses appuis.
- Oublier les fondations.
- Créer une trémie sans analyser le sens du plancher.
- Couper une solive ou une poutrelle pour faire passer un réseau.
- Ajouter une chape lourde sans vérifier le plancher.
- Commander l’escalier avant de valider la trémie.
- Poser des poteaux de mezzanine sur un plancher non vérifié.
- Suspendre un équipement lourd dans un simple doublage.
- Considérer qu’une surélévation légère ne nécessite pas d’étude.
- Confier le dimensionnement uniquement à l’entreprise sans définir les responsabilités.
- Accepter une note de calcul sans plans d’exécution.
- Commencer les travaux à partir d’un plan de principe.
- Poser des étais sans vérifier le plancher inférieur.
- Retirer l’étaiement sans l’accord de la personne compétente.
- Modifier oralement un profil ou un appui.
- Ne pas mettre à jour l’étude après une découverte.
- Refermer les ouvrages avant les contrôles.
- Ne pas conserver les documents définitifs.
Recommandations de Check my House
Les recommandations suivantes résument la démarche que notre cabinet applique lors de l’examen de la faisabilité structurelle d’un projet.
Recommandation 1 : ne jamais commencer par la démolition
La première étape doit être l’identification du fonctionnement structurel du bâtiment.
La démolition ne doit intervenir qu’après validation des sondages, du phasage et de l’étaiement.
Recommandation 2 : vérifier le chemin complet des charges
La vérification doit suivre les efforts depuis l’ouvrage créé jusqu’au sol, selon la succession suivante :
- La charge ajoutée.
- La poutre ou le plancher.
- Les appuis.
- Le mur ou le poteau inférieur.
- La fondation.
- Le sol.
Recommandation 3 : vérifier les phases provisoires
Une structure peut être stable après travaux et dangereuse pendant la démolition.
Le plan d’étaiement et l’ordre d’exécution doivent être définis avant l’ouverture.
Recommandation 4 : faire confirmer les hypothèses après ouverture
Les matériaux et les dimensions réellement découverts doivent être comparés aux hypothèses du calcul.
Toute différence significative doit entraîner une validation ou une mise à jour.
Recommandation 5 : exiger des documents cohérents
La note de calcul, les plans et le devis doivent correspondre aux mêmes données :
- Les mêmes dimensions.
- Les mêmes profils.
- Les mêmes appuis.
- Les mêmes charges.
- Le même indice de projet.
Recommandation 6 : attribuer les responsabilités
Le contrat doit identifier les intervenants suivants :
- Le concepteur.
- L’auteur des calculs.
- L’auteur des plans.
- L’entreprise exécutante.
- La personne chargée du contrôle.
- La personne autorisant le désétaiement.
Recommandation 7 : ne pas masquer les ouvrages avant contrôle
Les appuis, les assemblages, les armatures, les ancrages et les renforts doivent être contrôlés avant la pose des habillages, des enduits ou des plafonds.
À retenir
La faisabilité structurelle ne consiste pas seulement à vérifier qu’une poutre peut remplacer un mur. Elle doit examiner les éléments suivants :
- Le fonctionnement général du bâtiment.
- Les charges existantes et futures.
- Les éléments supprimés.
- Les éléments créés.
- Les appuis.
- Les fondations.
- Les déformations.
- Les assemblages.
- Les phases provisoires.
- L’étaiement.
- Les conséquences sur les ouvrages voisins.
Une suppression de cloison, une ouverture, une trémie, une mezzanine, un revêtement lourd ou un équipement suspendu peuvent avoir des conséquences qui dépassent largement la zone visible des travaux.
Lorsque le projet affecte ou peut affecter un élément porteur, l’intervention d’un bureau d’études structure doit être organisée suffisamment tôt pour définir les sondages, établir les calculs, produire les plans d’exécution et contrôler les découvertes réalisées pendant le chantier.
L’entreprise ne doit pas adapter seule une solution structurelle lorsque les conditions réellement découvertes diffèrent de celles prévues.
Sources principales
- Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article L. 131-1, stabilité et solidité des bâtiments et des structures provisoires, version en vigueur depuis le 1er juillet 2021.
- Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles R. 131-5 à R. 131-7, définition et règles de sécurité applicables aux structures provisoires et démontables, version en vigueur depuis le 1er février 2025.
- Légifrance, loi 65-557 du 10 juillet 1965, article 25, autorisation des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur d’un immeuble en copropriété, version en vigueur depuis le 18 juin 2025.
- Légifrance, Code de l’urbanisme, article R. 421-14, travaux sur construction existante soumis à permis de construire, version en vigueur depuis le 1er janvier 2016.
- Légifrance, Code de l’urbanisme, article R. 431-2, dispense de recours à un architecte pour certaines personnes physiques, version en vigueur depuis le 23 juin 2019.
- Commission européenne, Centre commun de recherche, Eurocode 1, actions sur les structures, poids propres, charges d’exploitation, actions climatiques, actions pendant l’exécution et actions accidentelles.
- Commission européenne, Centre commun de recherche, évaluation et renforcement des structures existantes, 12 octobre 2021, prise en compte des dégradations, des données réelles et des détails constructifs des ouvrages existants.
Pour approfondir le sujet, découvrez nos expertises dédiées : Suivi des travaux de renovation et Reception de travaux de renovation.
Besoin d’un accompagnement personnalisé pour votre projet ?
Nous contacter