Le contrôle des situations de travaux et du budget consiste à vérifier, à chaque demande de paiement, que la somme réclamée correspond réellement à des travaux exécutés, conformes et mesurés. Cette FAQ explique comment distinguer une situation, un acompte et une facture, comment apprécier l’avancement physique et financier, comment vérifier les quantités, les matériaux, la TVA et les retenues, et comment actualiser le budget afin d’éviter le surpaiement et de conserver un solde suffisant pour achever le chantier.
Sommaire
- Pourquoi contrôler chaque demande de paiement ?
- Quelle différence entre une situation, un acompte et une facture ?
- Le paiement d’une situation vaut-il réception des travaux ?
- Qui contrôle la situation ?
- La validation du maître d’œuvre engage-t-elle toujours le maître d’ouvrage ?
- Préparer un tableau financier de référence
- Pourquoi séparer les sommes engagées et les sommes payées ?
- Contrôler le pourcentage d’avancement
- Comment apprécier l’avancement d’un poste ?
- Vérifier les quantités réellement exécutées
- Contrôler les matériaux livrés
- Travaux non conformes
- Travaux non terminés
- Intégrer les avenants
- Déduire les acomptes déjà versés
- Retenues contractuelles
- Contrôler les factures
- Vérifier la TVA
- Suivre l’écart par rapport au budget
- Établir la prévision du coût final
- Conserver les justificatifs nécessaires aux aides
- Refuser ou corriger une situation de manière motivée
- Prévenir le risque de surpaiement
- Méthode complète de contrôle d’une situation
- Signaux d’alerte
- Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
- Recommandations de Check my House
- À retenir
- Sources principales
Pourquoi contrôler chaque demande de paiement ?
Une situation de travaux est un document par lequel une entreprise demande le paiement d’une partie de son marché en fonction de l’avancement déclaré.
Elle peut être établie :
- chaque mois
- à l’achèvement d’une phase
- selon un échéancier contractuel
- après la livraison de certaines fournitures
- avant l’émission d’une facture d’acompte
Le contrôle ne doit pas se limiter à vérifier le montant total demandé. Il faut rapprocher la situation :
- du devis accepté
- des avenants signés
- des travaux réellement exécutés
- des quantités mesurées
- de la conformité des ouvrages
- des acomptes déjà payés
- des retenues prévues au contrat
- du taux de TVA applicable
- du budget restant
- du coût prévisionnel d’achèvement
Une situation mal contrôlée peut conduire à payer :
- des travaux non exécutés
- des prestations incomplètes
- des ouvrages non conformes
- des matériaux non livrés
- des quantités comptées deux fois
- des avenants non acceptés
- un taux de TVA incorrect
- une avance déjà déduite lors d’une précédente situation
La vérification doit donc répondre à trois questions :
- Quelle valeur conforme a réellement été produite ?
- Combien a déjà été payé ?
- Le montant restant permettra-t-il encore d’achever et de reprendre le chantier ?
Quelle différence entre une situation, un acompte et une facture ?
Situation de travaux
Elle présente généralement :
- le montant du marché
- les postes de travaux
- l’avancement antérieur
- l’avancement cumulé
- le montant de la période
- les avenants
- les retenues
- le montant demandé
Elle constitue une demande de valorisation de l’avancement.
Acompte
L’acompte est un paiement partiel imputé sur le prix total du marché. Il peut être versé :
- à la commande
- au démarrage
- lors d’une livraison
- selon l’avancement
Facture d’acompte
Elle constitue le document de facturation correspondant à la somme exigée.
Une facture doit notamment identifier les parties, porter un numéro unique, indiquer la date de la prestation ou du versement de l’acompte et détailler les quantités, prestations, prix unitaires, taux de TVA et montants HT et TTC.
Facture finale
Elle récapitule normalement :
- le prix total
- les avenants
- les acomptes déjà facturés
- les paiements
- le solde
- les retenues éventuelles
Le paiement d’une situation vaut-il réception des travaux ?
Non. Le paiement d’un acompte ou la validation d’une situation ne constitue pas automatiquement :
- une réception
- une acceptation définitive de la qualité
- une renonciation à signaler un désordre
- une validation de tous les ouvrages cachés
- une approbation du décompte final
La situation constate un avancement financier à une date donnée. La réception intervient séparément, lorsque le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage avec ou sans réserve.
Qui contrôle la situation ?
Selon l’organisation du chantier :
- le maître d’ouvrage
- le maître d’œuvre
- l’architecte
- l’économiste de la construction
- l’entreprise générale pour ses sous-traitants
- l’assistant à maîtrise d’ouvrage
- l’expert bâtiment intervenant dans sa mission
Le contrat doit préciser :
- qui reçoit la situation
- qui vérifie les quantités
- qui propose le montant à payer
- qui autorise le paiement
- le délai de contrôle
- la procédure de contestation
La validation du maître d’œuvre engage-t-elle toujours le maître d’ouvrage ?
La portée de son intervention dépend de sa mission et de son mandat. Il peut être chargé :
- de vérifier l’avancement
- d’établir une proposition de paiement
- de viser les situations
- de contrôler les métrés
Le maître d’ouvrage reste toutefois le payeur et doit conserver une vision claire :
- du montant contractuel
- des avenants
- des sommes déjà versées
- du reste à payer
- des risques budgétaires
Préparer un tableau financier de référence
Quel budget prendre comme point de départ ?
Il faut distinguer plusieurs montants.
Marché initial
Somme des devis ou contrats acceptés au commencement.
Avenants acceptés
Modifications signées ayant une incidence financière.
Budget contractuel actualisé
Il correspond à : marché initial plus avenants acceptés moins prestations supprimées et moins-values acceptées.
Budget prévisionnel global
Il peut comprendre, en plus des marchés :
- études
- diagnostics
- honoraires
- autorisations
- assurances
- travaux préparatoires
- relogement
- protections
- raccordements
- frais de chantier
- provision pour imprévus
- essais
- nettoyage
- mobilier ou équipements restant à commander
Coût final prévisionnel
Il correspond à la meilleure estimation du coût total à terminaison, en intégrant :
- contrats signés
- avenants
- risques connus
- travaux restant à consulter
- dépassements probables
- honoraires complémentaires
- travaux induits
- taxes
Quel tableau établir ?
| Élément | Budget initial | Modifications acceptées | Prévision finale | Payé |
|---|---|---|---|---|
| Études et diagnostics | ||||
| Démolition | ||||
| Gros œuvre | ||||
| Couverture et étanchéité | ||||
| Menuiseries | ||||
| Isolation et cloisons | ||||
| Plomberie et chauffage | ||||
| Électricité | ||||
| Revêtements et peinture | ||||
| Mobilier fixe | ||||
| Honoraires | ||||
| Imprévus | ||||
| Total |
Pourquoi séparer les sommes engagées et les sommes payées ?
Somme engagée
Elle résulte d’un contrat ou d’un avenant accepté, même si elle n’a pas encore été facturée.
Somme facturée
Elle a fait l’objet d’une situation ou d’une facture.
Somme payée
Elle a réellement été débitée et doit être rapprochée :
- de la facture
- de sa date
- de sa référence
- du compte bancaire
- du reçu éventuel
Somme prévisionnelle
Elle correspond à un risque ou à une dépense probable qui n’est pas encore contractuellement engagée.
Le budget ne doit pas paraître disponible simplement parce qu’une dépense future n’a pas encore été commandée.
Contrôler le pourcentage d’avancement
Qu’est-ce que l’avancement physique ?
L’avancement physique correspond à la part réellement exécutée d’un ouvrage. Il doit être apprécié à partir :
- des quantités posées
- des phases terminées
- des contrôles réalisés
- des essais
- de l’état de finition
- des prestations encore nécessaires
Qu’est-ce que l’avancement financier ?
L’avancement financier correspond au pourcentage du prix facturé. Il peut être différent de l’avancement physique lorsque :
- le prix d’un poste inclut beaucoup de fournitures
- une phase coûteuse intervient au début
- des matériaux sont stockés
- la répartition du prix entre les postes est déséquilibrée
- une ligne forfaitaire regroupe plusieurs opérations
Pourquoi ne faut-il pas se limiter au pourcentage global ?
Une entreprise peut annoncer un chantier réalisé à 70 %. Ce chiffre peut masquer :
- une structure achevée mais aucune finition commencée
- des équipements payés mais non livrés
- des travaux principaux réalisés avec de nombreuses reprises
- des postes survalorisés au début du chantier
- des essais et réglages non encore réalisés
Il faut contrôler l’avancement ligne par ligne.

Comment apprécier l’avancement d’un poste ?
Poste décomposable
Exemple : 100 m² de carrelage. Le contrôle peut porter sur :
- surface réellement posée
- joints réalisés
- plinthes posées
- nettoyage
- reprises restant à faire
Poste par étapes
Exemple : installation de chauffage. La valorisation peut distinguer :
- Étude et plans
- Fourniture du matériel
- Pose des réseaux
- Pose des équipements
- Raccordements
- Mise en service
- Réglage
- Remise des documents
Poste forfaitaire difficilement mesurable
Il peut être apprécié selon des jalons convenus :
- non commencé
- approvisionné
- partiellement exécuté
- techniquement achevé
- essayé
- réceptionnable
Exemple de décomposition
| Poste | Valeur du poste | Avancement déclaré | Avancement retenu |
|---|---|---|---|
| Réseaux plomberie | 10 000 € | 80 % | 70 % |
| Appareils sanitaires | 6 000 € | 50 % | 30 % |
| Essais et réglages | 1 000 € | 50 % | 0 % |
| Dossier final | 500 € | 0 % | 0 % |
L’avancement retenu doit être justifié par les constats réalisés.
L’approvisionnement permet-il de valoriser 100 % d’un poste ?
Non lorsque le poste comprend encore :
- la pose
- les raccordements
- les essais
- les réglages
- les finitions
- la mise en service
- la documentation
Le prix doit être réparti de manière cohérente entre fourniture et exécution.
Vérifier les quantités réellement exécutées
Quelles quantités contrôler ?
Selon les travaux :
- mètres carrés
- mètres linéaires
- mètres cubes
- unités
- kilogrammes
- heures lorsque le contrat le prévoit
- nombre d’équipements
- nombre de percements
- nombre de points électriques
- nombre de fenêtres
- longueurs de réseaux
Comment effectuer le mesurage ?
Le relevé doit préciser :
- la zone
- la date
- l’unité
- les dimensions
- les déductions
- les plans utilisés
- l’état brut ou fini
- les personnes présentes
Il peut être appuyé par :
- un croquis
- un plan annoté
- des photographies
- un tableau
- un relevé numérique
Faut-il mesurer les travaux qui deviendront cachés ?
Oui, avant leur fermeture. Cela concerne notamment :
- isolation
- membranes
- réseaux
- remblais
- étanchéité
- ferraillage
- renforcements
- canalisations enterrées
Après fermeture, la vérification peut devenir difficile ou imposer des sondages.
Comment traiter les prix unitaires ?
Pour chaque ligne, il faut vérifier la quantité réellement exécutée multipliée par le prix unitaire contractuel. Il faut également contrôler :
- l’unité
- les arrondis
- les déductions
- les coefficients
- les éventuelles quantités minimales
- les révisions de prix prévues au contrat
Comment traiter un forfait ?
Un forfait n’est pas payé selon des quantités inexistantes, mais son avancement doit néanmoins correspondre à une prestation réelle. Il peut être décomposé en sous-phases pour faciliter le contrôle.
Que faire si les quantités sont contestées ?
Il faut organiser :
- un mesurage contradictoire
- une visite
- un relevé signé ou commenté
- une réponse ligne par ligne
Les travaux ne doivent pas être masqués avant la vérification lorsqu’un désaccord subsiste.
La partie qui réclame le paiement doit pouvoir établir l’obligation et les prestations dont elle demande le règlement ; celle qui affirme avoir payé doit pouvoir justifier son paiement.

Contrôler les matériaux livrés
Les matériaux livrés sont-ils automatiquement payables ?
Non. Leur valorisation dépend :
- du contrat
- de l’échéancier
- de leur identification
- de leur affectation au chantier
- de leur conformité
- de leur état
- de leur stockage
- des garanties relatives à leur propriété
Quels éléments vérifier ?
- bon de livraison
- fournisseur
- référence
- quantité
- numéro de lot
- date
- lieu de stockage
- état des emballages
- conformité au devis
- validation d’une éventuelle substitution
- conditions de conservation
- protection contre le vol et les intempéries
Les matériaux doivent-ils être présents sur le chantier ?
Le contrat peut prévoir une valorisation de matériaux :
- livrés sur le chantier
- stockés dans un entrepôt identifié
- fabriqués spécialement pour l’opération
Lorsque les matériaux ne sont pas visibles sur place, il faut demander des preuves supplémentaires :
- facture fournisseur
- photographies
- certificat de stockage
- étiquetage au nom du chantier
- inventaire
- assurance
- conditions de mise à disposition
Quels matériaux ne doivent pas être valorisés ?
Notamment les matériaux :
- non commandés
- non conformes
- détériorés
- mal stockés
- non affectés au chantier
- déjà facturés dans une précédente situation
- retournables et non sécurisés
- correspondant à une substitution non acceptée
Comment éviter un double comptage ?
Lorsque des matériaux ont été payés lors de leur livraison, leur valeur ne doit pas être ajoutée une seconde fois lors de la pose. La situation suivante doit transférer la valeur du poste des matériaux approvisionnés vers le poste de l’ouvrage exécuté, sans augmenter artificiellement le total cumulé.
Faut-il payer la totalité d’un matériau avant son incorporation ?
La prudence s’impose lorsque :
- l’entreprise connaît des difficultés financières
- le matériau peut être déplacé
- il n’est pas spécialement fabriqué
- sa propriété n’est pas claire
- il n’est pas assuré
- sa conformité n’est pas vérifiée
Un paiement anticipé important doit être encadré par le contrat et par des justificatifs précis.
Travaux non conformes
Un ouvrage non conforme doit-il être valorisé ?
Un ouvrage manifestement non conforme ne doit pas être valorisé comme s’il était achevé et conforme. Il faut distinguer :
Non-conformité mineure corrigible sans dépose importante
Une valeur partielle peut éventuellement être retenue, en conservant le coût nécessaire à la correction.
Non-conformité affectant la fonction ou la sécurité
Le poste peut être exclu de la valorisation jusqu’à la reprise.
Ouvrage devant être entièrement déposé
Il ne représente pas une valeur utile équivalente au poste contractuel achevé.
Quelles non-conformités peuvent justifier une correction de la situation ?
- mauvais matériau
- mauvaise référence
- épaisseur insuffisante
- dimension incorrecte
- ouvrage incomplet
- absence d’essai
- défaut d’étanchéité
- installation non raccordée
- performance non démontrée
- produit non validé
- travail ne respectant pas les plans
La correction de la situation est-elle une retenue de garantie ?
Non. Il faut distinguer :
Correction de valorisation
La somme n’est pas reconnue parce que la prestation déclarée n’est pas exécutée ou n’est pas achevée.
Retenue liée à une non-conformité
Une somme est provisoirement non payée dans l’attente d’une reprise, selon le contrat et la gravité du défaut.
Retenue de garantie
Elle répond à un régime spécifique et ne doit pas être confondue avec les deux situations précédentes.
Peut-on réduire unilatéralement le prix ?
La réduction définitive du prix pour exécution imparfaite obéit au régime de l’article 1223 du Code civil : elle suppose notamment une mise en demeure et, avant paiement complet, une notification suivie d’une acceptation écrite de l’entreprise ; si le prix a déjà été payé et qu’aucun accord n’est trouvé, la réduction peut être demandée au juge. Il ne faut donc pas présenter une réduction définitive du prix comme une simple correction comptable dépourvue de formalisme.
Peut-on suspendre un paiement ?
L’article 1219 du Code civil permet de refuser d’exécuter sa propre obligation lorsque l’autre partie n’exécute pas la sienne et que cette inexécution est suffisamment grave. Une suspension doit être proportionnée et solidement justifiée.
Le maître d’ouvrage doit éviter :
- une suspension globale pour un défaut mineur
- une retenue sans explication
- un montant manifestement supérieur à l’enjeu
- le non-paiement de prestations conformes et non contestées
Travaux non terminés
Comment valoriser une prestation partiellement achevée ?
Il faut examiner tout ce qui reste nécessaire pour rendre l’ouvrage :
- conforme
- fonctionnel
- utilisable
- propre
- réglé
- documenté
Exemple : menuiserie posée
Elle n’est pas totalement achevée si restent :
- calfeutrement
- réglage
- habillage
- finition
- nettoyage
- essai de fonctionnement
- fourniture des clés
Exemple : installation de chauffage
Elle n’est pas totalement achevée si restent :
- mise en eau
- purge
- équilibrage
- réglage
- mise en service
- notice
- essai
Les petites finitions représentent-elles toujours une faible valeur ?
Non. Leur montant direct peut être limité, mais leur exécution peut nécessiter :
- le retour d’une équipe
- un échafaudage
- une dépose
- une reprise d’un autre lot
- un nettoyage
- un nouvel essai
La valeur restant à payer doit donc rester suffisante pour obtenir l’achèvement.
Peut-on valoriser un poste à 95 % lorsqu’il n’est pas fonctionnel ?
Cette pratique doit être évitée lorsque les derniers 5 % conditionnent :
- la mise en service
- l’étanchéité
- la sécurité
- l’usage
- la conformité réglementaire
Le pourcentage doit refléter la valeur utile réellement obtenue, pas seulement le temps passé.
Intégrer les avenants
Quels avenants doivent être intégrés ?
Uniquement ceux qui sont :
- précisément décrits
- chiffrés
- acceptés par les personnes habilitées
- applicables à la période concernée
Comment les présenter ?
La situation doit séparer :
- marché initial
- avenant n° 1
- avenant n° 2
- moins-values
- total actualisé
Faut-il intégrer un avenant non signé ?
Non comme une somme définitivement commandée. Il peut être mentionné dans une rubrique de proposition en attente de validation. Il ne doit pas être ajouté au total exigible.
Comment traiter une partie seulement exécutée ?
L’avenant doit être valorisé selon son propre avancement, comme le marché initial. Le fait qu’il ait été accepté ne signifie pas que son prix est immédiatement intégralement payable.
Comment traiter une prestation remplacée ?
La situation doit faire apparaître :
- la moins-value du poste supprimé
- la nouvelle prestation
- l’écart net
Il faut éviter de facturer simultanément l’ancienne solution et la solution de remplacement.
Déduire les acomptes déjà versés
Quels paiements recenser ?
- acompte à la commande
- avance de démarrage
- situations précédentes
- paiement direct éventuel
- achat de matériaux
- dépôt
- règlement d’un avenant
- paiement d’une facture d’acompte
Quel tableau tenir ?
| Date | Facture | Objet | Montant TTC | Mode de paiement |
|---|---|---|---|---|
| Acompte commande | ||||
| Situation n° 1 | ||||
| Avenant n° 1 | ||||
| Situation n° 2 |
Comment calculer la somme de la période ?
La logique doit être : montant cumulé reconnu à la date du contrôle, moins montant cumulé déjà facturé ou payé, égale montant nouveau éventuellement exigible.
Quels risques rechercher ?
- acompte initial non déduit
- situation précédente oubliée
- même acompte déduit deux fois
- paiement effectué mais non enregistré
- facture annulée toujours comptabilisée
- avoir non déduit
- montant HT comparé à un paiement TTC
- paiement d’un avenant intégré une seconde fois au marché
Faut-il conserver les preuves bancaires ?
Oui. Le dossier doit comprendre :
- factures
- reçus
- relevés
- références des virements
- chèques encaissés
- avoirs
- courriels d’accusé de réception
Retenues contractuelles
Qu’est-ce qu’une retenue contractuelle ?
Le contrat peut prévoir qu’une partie d’un paiement n’est libérée qu’après une étape déterminée. Il faut distinguer :
- retenue de garantie
- retenue pour travaux non achevés
- retenue pour absence de documents
- pénalité
- correction d’une situation
- compensation contractuellement ou légalement justifiée
Ces mécanismes ne sont pas interchangeables.
Quel est le régime de la retenue de garantie dans les marchés privés de travaux ?
Lorsqu’elle est contractuellement prévue dans un marché privé entrant dans le champ de la loi du 16 juillet 1971, la retenue de garantie peut représenter au maximum 5 % des acomptes. Elle doit être consignée auprès d’un consignataire accepté par les parties, sauf remplacement par une caution personnelle et solidaire conforme. Elle a pour objet de garantir l’exécution des travaux nécessaires à la levée des réserves formulées à la réception.
Peut-on retenir librement 5 % sur toutes les factures ?
Non. Il faut vérifier :
- si la retenue est prévue au contrat
- si le marché entre dans le champ du dispositif
- si les sommes sont consignées
- si une caution a été fournie
- si le taux ne dépasse pas le plafond
Une retenue de 5 % conservée directement sur le compte du maître d’ouvrage sans respecter les conditions légales ne doit pas être confondue avec une retenue de garantie régulière.
Quand est-elle libérée ?
À l’expiration d’une année à compter de la réception, les sommes consignées ou la caution sont libérées, sauf opposition motivée notifiée selon les conditions de l’article 2 de la loi.
La retenue de garantie couvre-t-elle tous les litiges ?
Non. Elle ne doit pas servir indistinctement à couvrir :
- les retards
- les pénalités
- les travaux supplémentaires contestés
- un préjudice non chiffré
- un litige étranger aux réserves de réception
Peut-on prévoir d’autres retenues ?
Leur validité et leur mise en œuvre dépendent :
- du contrat
- de leur objet
- de leur proportionnalité
- du droit applicable
Toute retenue doit être :
- identifiée
- motivée
- chiffrée
- notifiée
- distincte de la retenue légale de garantie
Contrôler les factures
Quelles mentions vérifier ?
Une facture doit notamment comporter :
- date d’émission
- numéro unique
- date de la prestation ou de l’acompte
- identité de l’entreprise
- identité du client
- désignation précise
- quantité
- prix unitaire HT
- taux de TVA
- total HT
- total TTC
- date ou délai de paiement
Quels rapprochements effectuer ?
La facture doit correspondre :
- au devis
- à la situation acceptée
- aux avenants
- au taux de TVA applicable
- à la période
- au montant réellement exigible
- aux acomptes antérieurs
Quels défauts doivent provoquer une demande de correction ?
- adresse de chantier incorrecte
- client incorrect
- numéro absent
- description trop vague
- absence de quantité
- mauvais taux de TVA
- total incohérent
- acompte non déduit
- avenant non identifié
- prestation non commandée
- référence d’entreprise différente
- absence de ventilation entre plusieurs taux de TVA
Une facture globale portant la seule mention de travaux suivant devis est-elle suffisante ?
Elle peut être insuffisante pour :
- contrôler les quantités
- justifier une aide
- vérifier le taux de TVA
- distinguer les équipements
- prouver les performances
- identifier les travaux réellement réalisés
Il est recommandé d’exiger un détail cohérent avec :
- le devis
- les lots
- les matériaux
- les performances
- les surfaces
- les références
Vérifier la TVA
Quels taux peuvent être rencontrés ?
À la date du 4 août 2026, les travaux réalisés dans les logements peuvent relever, selon leur nature et les conditions applicables :
- du taux normal de 20 %
- du taux réduit de 10 % pour certains travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien
- du taux réduit de 5,5 % pour certaines prestations de rénovation énergétique
Quelles conditions générales vérifier ?
Les taux réduits concernent notamment les logements :
- affectés à l’habitation
- achevés depuis plus de deux ans
- sous réserve que les travaux ne concourent pas, par leur nature ou leur ampleur, à la production d’un immeuble neuf
Les taux réduits s’appliquent aux travaux et équipements réalisés et facturés par l’entreprise. Lorsqu’un particulier achète directement l’équipement, cet achat reste normalement au taux de 20 %, même si la prestation de pose peut relever d’un taux réduit.
Quels travaux peuvent relever du taux de 10 % ?
Sous réserve des conditions fiscales :
- amélioration
- transformation
- aménagement
- entretien
- certaines fournitures indispensables incorporées aux travaux
- certains équipements intégrés au bâti
Quels travaux peuvent relever du taux de 5,5 % ?
Selon les critères fiscaux en vigueur, certaines prestations portant notamment sur :
- l’isolation thermique
- certains systèmes de chauffage utilisant une énergie renouvelable
- certaines ventilations performantes
- le calorifugeage
- la régulation du chauffage
- la production d’eau chaude sanitaire éligible
La qualification doit être vérifiée prestation par prestation.
Peut-on appliquer un seul taux à toute la rénovation ?
Pas nécessairement. Une même facture peut devoir distinguer :
- les prestations à 5,5 %
- les prestations à 10 %
- les prestations à 20 %
Les différents taux doivent apparaître clairement par ligne.
Quelle formalité s’applique depuis le 1er mars 2025 ?
Depuis cette date, le client certifie au moyen d’une mention portée sur le devis ou la facture que les conditions d’application du taux réduit sont remplies. L’ancienne attestation normale ou simplifiée n’est plus exigée dans ce cadre.
Quels points vérifier avant paiement ?
- ancienneté du logement
- usage d’habitation
- nature exacte des travaux
- fourniture par l’entreprise
- distinction entre rénovation et production d’immeuble neuf
- ventilation des taux
- mention requise
- cohérence entre devis et facture
Qui est responsable du taux ?
L’entreprise facture et collecte la TVA, mais le client doit fournir ou certifier les informations nécessaires lorsqu’une condition dépend du logement. En cas de doute important, une confirmation fiscale ou comptable doit être demandée avant le règlement.

Suivre l’écart par rapport au budget
Quels écarts mesurer ?
Écart d’engagement
Différence entre le budget initial et le montant total des contrats et avenants signés.
Écart de paiement
Différence entre le montant théoriquement exigible et le montant déjà payé.
Écart prévisionnel
Différence entre le budget disponible et le coût final estimé.
Écart par lot
Il permet d’identifier précisément :
- le lot en dépassement
- le lot en économie
- les transferts de budget
- les travaux encore non chiffrés
Pourquoi ne faut-il pas compenser silencieusement les lots ?
Une économie sur la peinture ne doit pas masquer automatiquement un dépassement structurel. Chaque écart doit conserver :
- sa cause
- son responsable
- son incidence
- sa décision
Quel registre tenir ?
| Référence | Origine | Lot | Montant | Accepté | Incidence finale |
|---|---|---|---|---|---|
| AV-01 | Demande client | Électricité | Oui | ||
| AV-02 | Imprévu | Structure | Oui | ||
| RIS-03 | Humidité à étudier | Plâtrerie | Estimation | Non | |
| MV-01 | Prestation supprimée | Carrelage | Oui |
Quand actualiser le budget ?
- à chaque situation
- à chaque avenant
- après une découverte imprévue
- après une modification de planning
- après la consultation d’un lot restant
- après un sinistre
- avant toute décision importante
Établir la prévision du coût final
Qu’est-ce que le coût à terminaison ?
Il s’agit de l’estimation du coût total nécessaire pour achever le chantier, comprenant :
- travaux exécutés
- travaux restant contractuellement dus
- avenants
- risques connus
- reprises
- prestations oubliées
- honoraires complémentaires
- essais
- protections
- nettoyage
- frais induits par le délai
Comment l’établir ?
Le calcul peut être présenté ainsi : coût contractuel actualisé, plus travaux probables non encore contractualisés, plus coût prévisible des risques et reprises, plus honoraires et frais complémentaires, égale coût final prévisionnel.
Quelles dépenses ne faut-il pas oublier ?
- investigations
- bureau d’études
- maîtrise d’œuvre complémentaire
- contrôle technique
- raccordements
- frais de concessionnaires
- location d’échafaudage prolongée
- gardiennage
- chauffage ou séchage provisoire
- remise en état des parties communes
- évacuation des déchets
- nettoyage final
- relogement
- stockage de mobilier
- essais complémentaires
- reprise des finitions
Comment traiter les aides ?
Il faut distinguer :
Aide demandée
Son obtention n’est pas certaine.
Aide accordée
Une décision d’attribution a été reçue, sous réserve du respect des conditions.
Aide versée
Le paiement a effectivement été encaissé.
Une aide attendue ne doit pas être soustraite du besoin de trésorerie comme si elle était déjà disponible.
Quel indicateur surveiller ?
Le montant restant à payer doit rester compatible avec :
- la valeur des travaux restant à exécuter
- le coût des reprises
- le coût des essais
- les documents restant à remettre
- les risques identifiés
Lorsque presque tout le marché est payé alors qu’une part importante des travaux reste à réaliser, le maître d’ouvrage perd un levier financier et s’expose à un coût d’achèvement supérieur au solde disponible.

Conserver les justificatifs nécessaires aux aides
Pourquoi faut-il préparer les justificatifs pendant le chantier ?
Les aides à la rénovation imposent souvent des conditions concernant :
- l’entreprise
- la qualification RGE
- les caractéristiques du produit
- les performances
- la date d’engagement
- la date d’achèvement
- le contenu des factures
- la conformité de la réalisation
Une facture trop vague ou une modification non déclarée peut compromettre le paiement de l’aide.
Quels documents conserver ?
Selon le dispositif :
- devis accepté
- décision d’attribution
- facture détaillée
- justificatifs d’acomptes
- preuve de paiement
- attestation RGE
- fiches techniques
- déclarations de performance
- références des produits
- surfaces ou quantités
- photographies
- audit énergétique
- attestation sur l’honneur
- procès-verbal de réception
- rapport d’accompagnement
- coordonnées et SIRET de l’entreprise
Quelles informations sont demandées pour le paiement de MaPrimeRénov’ ?
Les guides officiels de France Rénov’ indiquent notamment que la demande de paiement intervient après l’achèvement des travaux et nécessite de renseigner la date d’achèvement, le numéro SIRET de l’entreprise et la date de la facture, puis de transmettre les documents demandés selon le parcours concerné.
Que vérifier sur les factures destinées à une aide ?
- adresse exacte
- identité du bénéficiaire
- SIRET
- qualification de l’entreprise
- date
- nature des travaux
- marque et référence
- performance
- épaisseur
- surface
- quantité
- coût HT et TTC
- taux de TVA
- distinction des travaux éligibles et non éligibles
Quelle vigilance pour les certificats d’économies d’énergie ?
Le dispositif CEE repose sur des conditions de preuve relatives notamment :
- à l’identité du bénéficiaire
- à la réalisation de l’opération
- au rôle actif et incitatif antérieur du demandeur
- aux dates d’engagement et d’achèvement
- aux attestations sur l’honneur
- aux critères de la fiche applicable
Les pièces justificatives relatives aux opérations standardisées doivent être archivées par le demandeur et peuvent être exigées lors d’un contrôle ; la durée d’archivage indiquée par l’administration est de six ans à compter de la délivrance du certificat.
Une substitution peut-elle compromettre une aide ?
Oui lorsqu’elle modifie :
- la performance
- la qualification du produit
- la surface
- le rendement
- la référence
- le domaine d’emploi
- le professionnel intervenant
Avant tout changement, il faut vérifier les conditions de l’aide et actualiser le dossier lorsque cela est admis.
Faut-il payer une situation non conforme pour préserver une aide ?
Non. Il faut plutôt demander à l’entreprise :
- une situation corrigée
- une facture conforme
- les informations techniques manquantes
- la correction des travaux
- les justificatifs nécessaires
Le paiement précipité ne régularise pas un dossier technique incomplet.
Refuser ou corriger une situation de manière motivée
Dans quels cas peut-on contester une situation ?
- pourcentage excessif
- quantité non exécutée
- matériaux non livrés
- ouvrage non conforme
- prestation non terminée
- avenant non accepté
- acompte non déduit
- retenue mal calculée
- TVA incorrecte
- facture incomplète
- double facturation
- travail déjà payé
- justificatifs absents
Comment répondre ?
Il faut envoyer une réponse écrite précisant :
- numéro de la situation
- date
- montant présenté
- montant retenu comme justifié
- lignes contestées
- raisons
- documents manquants
- corrections demandées
- montant éventuellement payable
- délai de réponse
Exemple de formulation
La situation n° 4 présente un montant TTC de 28 500 euros. Après contrôle, le montant reconnu s’élève à 21 300 euros TTC. Les 7 200 euros contestés correspondent à des menuiseries non livrées, à un avenant non signé et à la mise en service du chauffage non réalisée. Une situation rectifiée est demandée avant règlement.
Faut-il refuser toute la situation ?
Pas lorsque seule une partie est contestée et que le contrat permet d’isoler clairement la part non litigieuse. Il est généralement préférable de :
- identifier la part reconnue
- payer la somme non contestée lorsqu’elle est exigible
- motiver le solde non validé
- demander une nouvelle situation
Cette méthode limite :
- le conflit
- les pénalités contestées
- le risque d’arrêt injustifié
- l’accumulation d’erreurs
Quel délai respecter ?
Il faut appliquer :
- le délai contractuel
- la procédure de vérification
- la date d’exigibilité
- les règles particulières au contrat
Le refus ne doit pas être laissé sans réponse jusqu’à l’échéance du paiement.
Le refus doit-il être technique ou juridique ?
Il peut être :
- quantitatif
- technique
- contractuel
- fiscal
- documentaire
Il doit rester factuel et éviter les affirmations non démontrées.
Prévenir le risque de surpaiement
Qu’est-ce qu’un surpaiement ?
Il y a surpaiement lorsque les sommes versées excèdent la valeur utile et justifiée :
- des travaux conformes exécutés
- des matériaux régulièrement valorisables
- des prestations contractuellement exigibles
Quels signes doivent alerter ?
- paiement supérieur au pourcentage réel
- demande importante au démarrage
- prix concentré sur les premières phases
- matériaux facturés sans preuve
- acomptes non déduits
- avenants en attente intégrés
- non-conformités valorisées à 100 %
- postes non testés considérés comme achevés
- double facturation
- factures globales imprécises
- solde restant trop faible pour achever
- paiements très supérieurs à l’avancement global
Pourquoi un échéancier déséquilibré est-il dangereux ?
Un échéancier peut prévoir, par exemple :
- 50 % avant le commencement
- 40 % à mi-chantier
- 10 % à l’achèvement
Le maître d’ouvrage aurait alors payé 90 % du prix alors qu’une partie importante de la valeur et des risques subsiste. Il est préférable d’associer les paiements à :
- des étapes vérifiables
- des ouvrages achevés
- des essais
- des livraisons identifiées
- des documents remis
Quel test simple réaliser ?
À chaque situation, comparer les sommes payées et demandées avec la valeur des travaux conformes exécutés et avec le coût nécessaire pour terminer et reprendre. Un écart défavorable doit provoquer un contrôle renforcé.
Quels facteurs augmentent le risque ?
- entreprise en difficulté
- chantier retardé
- matériaux non livrés
- absence de maître d’œuvre
- avenants nombreux
- quantités imprécises
- travaux cachés sans photographie
- absence d’essais
- factures non détaillées
- confiance reposant uniquement sur des échanges oraux
Comment réduire le risque ?
- vérifier chaque situation
- mesurer
- photographier
- payer par virement identifiable
- ne pas payer un avenant non accepté
- demander les justificatifs de livraison
- conserver un solde compatible avec l’achèvement
- contrôler les essais
- tenir un tableau cumulatif
- actualiser le coût final
Méthode complète de contrôle d’une situation
Étape 1 : identifier le document
- entreprise
- lot
- numéro
- période
- date
- montant
Étape 2 : vérifier le marché de référence
- devis
- plans
- avenants
- moins-values
- prix unitaires
- TVA
Étape 3 : vérifier la situation précédente
- cumul antérieur
- montant payé
- retenues
- avoirs
- avances
Étape 4 : visiter le chantier
Contrôler chaque ligne significative.
Étape 5 : mesurer les quantités
Avant fermeture lorsque nécessaire.
Étape 6 : vérifier les matériaux
- présence
- références
- état
- stockage
- affectation
Étape 7 : examiner la conformité
Ne pas valoriser comme achevé ce qui doit être repris.
Étape 8 : vérifier l’achèvement technique
- raccordements
- essais
- réglages
- nettoyage
- documents
Étape 9 : contrôler les avenants
Uniquement les modifications acceptées.
Étape 10 : déduire les acomptes
Sans double comptage.
Étape 11 : appliquer les retenues prévues
En distinguant leur nature et leur fondement.
Étape 12 : vérifier la TVA
Par ligne lorsque plusieurs taux s’appliquent.
Étape 13 : calculer le montant reconnu
- HT
- TVA
- TTC
- retenues
- net à payer
Étape 14 : actualiser le budget
- engagé
- payé
- reste à payer
- risques
- coût final
Étape 15 : vérifier les justificatifs d’aides
Avant émission de la facture définitive.
Étape 16 : répondre par écrit
- acceptation
- correction
- refus partiel
- refus motivé
Étape 17 : classer les documents
- situation
- facture
- réponse
- preuve de paiement
- photographies
- relevés
Modèle de tableau de vérification
| Ligne | Marché actualisé | Cumul déclaré | Cumul reconnu | Déjà payé | Nouveau paiement |
|---|---|---|---|---|---|
| Démolition | |||||
| Gros œuvre | |||||
| Étanchéité | |||||
| Plomberie | |||||
| Électricité | |||||
| Revêtements | |||||
| Avenants | |||||
| Total HT | |||||
| TVA | |||||
| Total TTC | |||||
| Retenues | |||||
| Net à payer |
Signaux d’alerte
Une vigilance particulière s’impose lorsque :
- le pourcentage est donné uniquement de manière globale
- les quantités ne sont pas mesurables
- les travaux cachés ont déjà été fermés
- les matériaux sont facturés sans bon de livraison
- les produits ne correspondent pas au devis
- des matériaux stockés hors chantier ne sont pas identifiables
- les mêmes matériaux sont facturés lors de la livraison puis lors de la pose
- un ouvrage non conforme est valorisé à 100 %
- une installation non essayée est présentée comme achevée
- les finitions restantes sont sous-évaluées
- un avenant non signé apparaît dans la situation
- l’acompte initial n’est pas déduit
- le montant antérieur diffère de la situation précédente
- la retenue de garantie n’était pas prévue au contrat
- la retenue n’est pas consignée
- plusieurs taux de TVA sont regroupés sans détail
- les justificatifs d’aides ne correspondent pas aux travaux
- les paiements sont supérieurs à l’avancement réel
- le reste à payer paraît insuffisant pour terminer le chantier
Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
Les erreurs fréquentes consistent à :
- payer selon le temps écoulé plutôt que selon le travail exécuté
- considérer la livraison comme l’achèvement du poste
- accepter un pourcentage sans visite
- valoriser des travaux qui doivent être déposés
- payer entièrement un équipement avant sa mise en service
- oublier les essais et le dossier final
- payer un devis complémentaire non signé
- ne pas déduire les acomptes
- confondre retenue de garantie et retenue arbitraire
- retenir systématiquement 5 % sans consignation
- appliquer un seul taux de TVA à tous les travaux
- déduire du budget une aide non encore accordée
- accepter une facture trop vague pour les aides
- refuser toute la situation pour une erreur limitée
- ne pas motiver le refus
- ne pas payer la partie incontestée lorsqu’elle est exigible
- attendre la fin du chantier pour calculer le dépassement
- payer presque tout le marché avant les finitions et essais
Recommandations de Check my House
Recommandation 1 : contrôler l’avancement ligne par ligne
Un pourcentage global ne permet pas d’identifier les postes survalorisés.
Recommandation 2 : valoriser uniquement les ouvrages utiles et conformes
Un travail devant être entièrement repris ne doit pas être traité comme un ouvrage achevé.
Recommandation 3 : vérifier les fournitures avant leur paiement
La référence, la quantité, l’affectation et le stockage doivent être établis.
Recommandation 4 : déduire systématiquement les paiements antérieurs
Le tableau financier doit être cumulatif depuis l’origine du chantier.
Recommandation 5 : distinguer toutes les retenues
Il faut séparer :
- correction de situation
- retenue liée à une anomalie
- retenue de garantie
- pénalité
- réduction définitive du prix
Recommandation 6 : actualiser le coût final à chaque situation
Le budget doit intégrer les avenants, imprévus, travaux induits et dépenses restant à consulter.
Recommandation 7 : vérifier les justificatifs d’aides avant la facture finale
Les références, performances, surfaces, SIRET et qualifications doivent être cohérents avec le dossier d’aide.
Recommandation 8 : conserver un solde suffisant
Le montant restant à payer doit demeurer compatible avec :
- l’achèvement
- les réglages
- les essais
- les reprises
- la remise des documents
À retenir
Une situation de travaux ne doit pas être payée sur la seule base du pourcentage annoncé par l’entreprise. Le contrôle doit porter sur :
- l’avancement réel
- les quantités
- la conformité
- l’achèvement
- les matériaux livrés
- les avenants
- les acomptes
- les retenues
- la TVA
- le budget final
L’avancement physique doit être distingué de l’avancement financier. Les travaux non conformes, non terminés ou non essayés ne doivent pas être valorisés comme des ouvrages intégralement achevés.
Les matériaux livrés ne sont pas automatiquement payables. Leur valorisation doit être prévue ou admise par le contrat et accompagnée de preuves relatives à leur conformité, leur quantité, leur affectation, leur stockage et leur état.
Les acomptes déjà versés doivent être déduits du montant cumulé afin d’éviter tout double paiement. Seuls les avenants acceptés doivent être intégrés au montant contractuel actualisé.
La retenue de garantie des marchés privés, lorsqu’elle est contractuellement prévue et relève de la loi du 16 juillet 1971, est plafonnée à 5 % et doit être consignée ou remplacée par une caution conforme.
Les factures doivent détailler les prestations, les quantités, les prix HT, les taux de TVA et les montants TTC. Les taux de TVA de 5,5 %, 10 % ou 20 % doivent être appliqués selon la nature des travaux et les conditions fiscales. Depuis le 1er mars 2025, la certification permettant l’application des taux réduits est portée sur le devis ou la facture.
Le budget doit être actualisé à chaque situation en distinguant :
- coût contractuel
- sommes engagées
- sommes payées
- risques
- coût final prévisionnel
- aides demandées, accordées et versées
Les justificatifs nécessaires aux aides doivent être préparés pendant les travaux. Une facture imprécise, une entreprise non qualifiée pour l’opération concernée ou une substitution non documentée peuvent remettre en cause le versement.
Un refus de situation doit être motivé ligne par ligne. Il doit indiquer le montant reconnu, le montant contesté et les corrections attendues.
Enfin, le risque de surpaiement apparaît lorsque les sommes versées progressent plus rapidement que la valeur des travaux conformes et lorsque le solde restant devient insuffisant pour financer l’achèvement, les essais et les reprises.
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Nous contacterSources principales
- Code civil, articles 1219 et 1220, suspension de sa propre obligation en présence d’une inexécution suffisamment grave ou manifestement prévisible.
- Code civil, article 1223, réduction proportionnelle du prix en cas d’exécution imparfaite et formalisme applicable.
- Code civil, article 1353, charge de la preuve de l’obligation, de son exécution et du paiement.
- Loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, retenue de garantie dans les marchés privés de travaux, plafond de 5 %, consignation, caution de remplacement et libération après le délai légal.
- Ministère de l’Économie, mentions obligatoires des factures : identification, numéro, dates, désignation, quantités, prix, TVA et modalités de paiement.
- Direction générale des Finances publiques, taux de TVA applicables aux travaux dans les logements, conditions des taux de 5,5 % et de 10 % et formalité applicable depuis le 1er mars 2025.
- France Rénov’, informations et justificatifs requis pour demander le paiement de MaPrimeRénov’ après l’achèvement des travaux.
- Ministère de la Transition écologique, justificatifs, attestations, critères techniques et conservation des pièces dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie.