Formuler et suivre les réserves est une étape essentielle de la réception des travaux. Une réserve bien rédigée identifie précisément le défaut, sa localisation et la correction attendue ; son suivi organise la reprise, le contrôle et la levée. Ce guide détaille la rédaction, la localisation, les photographies, les différents types de réserves, la fixation des délais, la retenue de garantie de la loi du 16 juillet 1971, le contrôle des reprises, le procès-verbal de levée, la levée partielle, le refus de lever, les réserves non exécutées et la mise en demeure.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une réserve de réception ?
- Pourquoi la rédaction des réserves est-elle déterminante ?
- Une réserve équivaut-elle à une reconnaissance de responsabilité ?
- Qui formule les réserves ?
- Où les réserves doivent-elles figurer ?
- Quelles informations doivent figurer dans une réserve ?
- Comment numéroter les réserves ?
- Comment décrire le défaut ?
- Faut-il indiquer la correction attendue ?
- Pourquoi la localisation est-elle essentielle ?
- Comment localiser une réserve ?
- Quels repères employer ?
- Faut-il repérer physiquement la zone ?
- Quel est le rôle des photographies ?
- Une photographie remplace-t-elle la description ?
- Quelles vues réaliser ?
- Quelles précautions prendre pour les photographies ?
- Qu’est-ce qu’un travail inachevé ?
- Comment rédiger la réserve pour un travail inachevé ?
- Un travail inachevé peut-il empêcher la réception ?
- Faut-il réserver les documents manquants ?
- Quels défauts d’aspect peuvent être concernés ?
- Comment éviter une appréciation subjective ?
- Tous les défauts visibles justifient-ils une reprise ?
- Comment traiter une différence de teinte naturelle ?
- Qu’est-ce qu’une non-conformité ?
- Comment rédiger la réserve pour une non-conformité ?
- Faut-il accepter une compensation financière ?
- Quels dysfonctionnements relever ?
- Comment décrire le dysfonctionnement ?
- Une simple mise en marche suffit-elle à lever la réserve ?
- Qui fixe le délai de reprise ?
- Comment déterminer un délai raisonnable ?
- Quelles priorités distinguer ?
- Faut-il fixer une date unique pour toutes les réserves ?
- Que faire si l’entreprise refuse de convenir d’un délai ?
- Peut-on retenir librement le solde tant que les réserves ne sont pas levées ?
- Qu’est-ce que la retenue de garantie des marchés privés ?
- La retenue de garantie est-elle automatique ?
- Peut-on conserver la retenue sur son compte personnel ?
- Quand la retenue est-elle libérée ?
- Que doit contenir une opposition motivée ?
- La consignation vaut-elle levée des réserves ?
- Comment préparer le retour de l’entreprise ?
- Faut-il demander une méthode de reprise ?
- L’entreprise peut-elle reprendre sans informer les autres lots ?
- Comment protéger les ouvrages terminés ?
- Peut-on refuser une reprise provisoire ?
- Qui doit contrôler les travaux de reprise ?
- Le contrôle peut-il être réalisé uniquement sur photographies ?
- Que faut-il vérifier lors du contrôle de reprise ?
- Faut-il contrôler avant fermeture ?
- Quel essai réaliser pour contrôler une reprise ?
- Une reprise esthétique doit-elle être contrôlée immédiatement ?
- Pourquoi établir un document distinct pour la levée ?
- Que doit contenir le procès-verbal de levée ?
- Quelle formulation employer pour une levée complète ?
- La levée des réserves modifie-t-elle la date de réception ?
- Le silence du maître d’ouvrage vaut-il levée ?
- Qu’est-ce qu’une levée partielle ?
- Pourquoi ne faut-il pas lever entièrement une réserve partiellement traitée ?
- Peut-on créer des sous-réserves ?
- Une levée partielle libère-t-elle une partie de la somme consignée ?
- Dans quels cas le refus de lever est-il justifié ?
- Comment formaliser le refus de lever ?
- Le maître d’ouvrage peut-il refuser sans motif ?
- L’entreprise peut-elle demander une constatation judiciaire ?
- Que faire lorsque le désaccord est technique ?
- Quelle première démarche entreprendre face à des réserves non exécutées ?
- Quel moyen utiliser pour la mise en demeure ?
- Que permet l’article 1792-6 ?
- Que permet le droit commun du contrat ?
- Peut-on appeler immédiatement une autre entreprise ?
- Faut-il organiser une expertise contradictoire ?
- Que doit contenir le devis de remplacement ?
- Le délai d’un an doit-il être surveillé ?
- Peut-on ajouter de nouvelles réserves au procès-verbal après la réception ?
- Comment notifier un désordre révélé après la réception ?
- Faut-il les appeler réserves complémentaires ?
- Que se passe-t-il si le défaut était manifestement visible à la réception ?
- Quel tableau de suivi utiliser ?
- Quels statuts utiliser ?
- Qui met à jour le tableau ?
- Une réserve doit-elle disparaître du tableau lorsqu’elle est levée ?
- Procédure complète de suivi des réserves
- Tableau d’aide à la rédaction des réserves
- Signaux d’alerte dans le suivi des réserves
- Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
- Recommandations de Check my House
- À retenir
- Sources principales
Qu’est-ce qu’une réserve de réception ?
Une réserve est une observation formulée par le maître d’ouvrage au moment de la réception afin d’identifier un travail :
- inachevé
- mal exécuté
- non conforme au contrat
- détérioré
- non fonctionnel
- non essayé
- insuffisamment documenté
La réception peut être prononcée avec réserves lorsque l’ouvrage est globalement en état d’être accepté, mais que certaines prestations doivent encore être achevées ou corrigées.
La réserve ne reporte pas la réception de l’ensemble de l’ouvrage. Elle maintient expressément l’obligation de l’entreprise de traiter le point concerné.
L’article 1792-6 du Code civil prévoit que la garantie de parfait achèvement couvre, pendant un an à compter de la réception, les désordres signalés dans les réserves mentionnées au procès-verbal, ou par notification écrite lorsqu’ils se révèlent après la réception.
Pourquoi la rédaction des réserves est-elle déterminante ?
Une réserve imprécise peut rendre difficile :
- l’identification du défaut
- l’attribution à l’entreprise concernée
- le contrôle de la reprise
- la détermination du délai
- la preuve de l’inexécution
- l’intervention ultérieure d’une autre entreprise
- l’évaluation du coût de correction
Exemple insuffisant
Reprendre les finitions.
Cette formulation ne précise ni la pièce, ni l’ouvrage, ni le défaut, ni l’étendue, ni la correction attendue.
Exemple exploitable
Chambre 2, mur donnant sur le couloir : reprise de peinture visible sur environ 80 cm de largeur sous l’éclairage normal du plafonnier, avec différence de teinte et traces de rouleau. Préparer le support et uniformiser la finition sur la zone concernée.
La qualité d’une réserve dépend donc davantage de sa précision que de sa longueur.
Une réserve équivaut-elle à une reconnaissance de responsabilité ?
Non. La réserve établit l’existence d’un point non accepté en l’état.
Elle ne tranche pas nécessairement :
- la cause du défaut
- l’entreprise juridiquement responsable
- la répartition entre plusieurs intervenants
- la prise en charge par un assureur
- le montant du préjudice
Lorsque plusieurs lots peuvent être concernés, il faut distinguer la description objective du défaut, l’entreprise à laquelle une action est demandée et l’analyse ultérieure des responsabilités.
Exemple
Infiltration constatée au pied de la porte-fenêtre du séjour lors de l’essai d’arrosage. Origine à déterminer contradictoirement entre les lots menuiserie, façade et étanchéité.
Cette formulation préserve la preuve sans attribuer prématurément la cause à une seule entreprise.
Qui formule les réserves ?
Les réserves sont décidées par le maître d’ouvrage.
Il peut être assisté par :
- un maître d’œuvre
- un architecte
- un assistant à maîtrise d’ouvrage
- un expert bâtiment
- un bureau d’études pour une question spécialisée
L’entreprise peut présenter ses observations, contester le caractère du défaut, proposer une méthode de reprise ou demander un contrôle complémentaire. Elle ne peut pas supprimer unilatéralement une réserve décidée par le maître d’ouvrage.
Où les réserves doivent-elles figurer ?
Elles doivent être inscrites directement dans le procès-verbal de réception, ou dans une annexe expressément identifiée et incorporée au procès-verbal.
Le procès-verbal doit indiquer clairement :
Réception prononcée avec les réserves figurant dans l’annexe numérotée de R-001 à R-027, laquelle fait partie intégrante du présent procès-verbal.
Chaque page de l’annexe doit être datée, paginée, identifiable, rattachée au chantier et signée ou paraphée lorsque cela est possible.
Une liste de pré-réception antérieure ne remplace pas les réserves du procès-verbal. Tous les points non clôturés doivent être repris au moment de la réception.
Quelles informations doivent figurer dans une réserve ?
Une réserve efficace doit préciser au minimum :
- son numéro
- la localisation
- l’ouvrage concerné
- le défaut observé
- la correction attendue
- l’entreprise concernée
- le délai proposé
- les photographies ou documents associés

Comment numéroter les réserves ?
Une numérotation continue facilite le suivi :
- R-001
- R-002
- R-003
Lorsque plusieurs bâtiments, niveaux ou lots sont concernés, un préfixe peut être utilisé :
- ELEC-R-01
- SDB-R-02
- EXT-R-03
La numérotation ne doit pas être modifiée pendant le suivi. Une réserve clôturée conserve son numéro d’origine.
Comment décrire le défaut ?
La description doit rester factuelle, mesurable lorsque cela est possible, dépourvue d’exagération et compréhensible par une personne absente de la visite.
Décrire ce qui est observé
- fissure
- fuite
- rayure
- absence
- jeu
- déformation
- différence de teinte
- fonctionnement intermittent
- élément non raccordé
- mesure différente du plan
Éviter les qualifications non démontrées
Il faut éviter d’écrire sans expertise suffisante :
- danger certain d’effondrement
- vice décennal
- fraude
- défaut structurel majeur
- matériau impropre
Une formulation plus prudente peut être : fissure horizontale visible au-dessus de l’ouverture. Origine et incidence structurelle à vérifier avant reprise de finition.
Faut-il indiquer la correction attendue ?
Oui lorsque celle-ci est suffisamment identifiable.
Exemples
- remplacer le carreau cassé
- régler l’ouvrant
- reprendre le raccord et réaliser un nouvel essai
- compléter la peinture
- fournir la notice
- poser l’accessoire manquant
- reprendre la pente
Lorsque la méthode technique reste à étudier, il faut l’indiquer : rechercher l’origine de la fuite, soumettre une méthode de reprise et réaliser les travaux après validation du détail technique.
Le maître d’ouvrage ne doit pas imposer une réparation improvisée lorsqu’une étude est nécessaire.
Pourquoi la localisation est-elle essentielle ?
Une même catégorie de défaut peut exister à plusieurs endroits.
Une mention telle que : plusieurs défauts de peinture dans les chambres, ne permet pas de vérifier précisément les zones concernées, les reprises réalisées et les défauts qui subsistent.
Comment localiser une réserve ?
La réserve doit indiquer, selon le cas :
- bâtiment
- niveau
- pièce
- mur
- orientation
- axe
- élément
- hauteur
- distance par rapport à un repère
Exemple
Salle de bains, mur est, angle inférieur droit de la fenêtre, à environ 25 cm de l’appui.
Quels repères employer ?
- porte d’entrée
- baie
- angle de pièce
- équipement fixe
- trame du plan
- numéro de façade
- numéro de fenêtre
- numéro de circuit
- numéro de regard
Il faut éviter les repères provisoires qui disparaîtront après le nettoyage ou l’enlèvement des protections.
Faut-il repérer physiquement la zone ?
Cela peut être utile avec :
- une étiquette amovible
- un ruban non agressif
- un marquage temporaire
- une pastille numérotée
Le marquage ne doit pas tacher, arracher la peinture, détériorer le revêtement ou masquer le défaut.
Quel est le rôle des photographies ?
Elles complètent la description écrite en montrant :
- la nature du défaut
- son étendue
- son contexte
- l’état avant reprise
- l’état après reprise
Elles sont particulièrement utiles lorsque le défaut risque de disparaître, sera masqué par la correction, concerne une différence d’aspect, est difficile à localiser ou peut évoluer.
Une photographie remplace-t-elle la description ?
Non. Une photographie isolée peut être mal cadrée, difficile à localiser, trompeuse sur l’échelle ou insuffisante pour identifier le défaut.
Chaque photographie doit être reliée à une réserve numérotée.
Exemple
Voir photographies R-014-A, R-014-B et R-014-C.
Quelles vues réaliser ?
Vue générale
Elle situe le défaut dans la pièce ou sur la façade.
Vue intermédiaire
Elle montre l’ouvrage concerné.
Vue rapprochée
Elle détaille le défaut.
Vue avec mesure
Lorsque la dimension est importante, il faut utiliser une règle, un mètre, une jauge ou un niveau.
Quelles précautions prendre pour les photographies ?
- conserver les fichiers originaux
- ne pas modifier le contenu
- enregistrer la date
- nommer les fichiers
- maintenir une résolution suffisante
- réaliser les photographies sous un éclairage représentatif
Une macro-photographie ne doit pas être utilisée seule pour présenter comme majeur un défaut imperceptible dans les conditions normales d’utilisation.
Qu’est-ce qu’un travail inachevé ?
Il s’agit d’une prestation prévue mais non entièrement exécutée.
Exemples
- plinthe manquante
- appareil non raccordé
- joint non réalisé
- élément de mobilier absent
- peinture non achevée
- bouche de ventilation non posée
- accessoire sanitaire manquant
- façade non nettoyée
- document contractuel non remis
Comment rédiger la réserve pour un travail inachevé ?
La formulation doit identifier la prestation prévue, la partie manquante et le résultat attendu.
Exemple
Cuisine : crédence prévue au devis sur toute la longueur du plan de travail non posée. Réaliser la fourniture, la pose, les joints périphériques et le nettoyage.
Un travail inachevé peut-il empêcher la réception ?
Oui lorsqu’il est suffisamment important pour que l’ouvrage ne soit pas en état d’être accepté.
Lorsque l’inachèvement reste limité et que l’ouvrage est utilisable, la réception peut généralement être prononcée avec réserve.
Faut-il réserver les documents manquants ?
Oui lorsqu’ils font partie des obligations de l’entreprise.
Exemple
Remettre le procès-verbal d’essai de pression du réseau de chauffage, le plan de récolement et la notice de régulation.
Une installation peut être physiquement terminée tout en restant contractuellement inachevée faute de mise en service, de réglage, d’essai, de notice ou d’attestation.
Quels défauts d’aspect peuvent être concernés ?
- rayure
- choc
- différence de teinte
- coulure
- trace d’outil
- joint irrégulier
- coupe grossière
- défaut d’alignement
- tache
- éclat
- raccord visible
- variation anormale de brillance
Comment éviter une appréciation subjective ?
Il faut préciser la zone, la distance d’observation, l’éclairage normal, l’étendue, l’échantillon ou la finition de référence et l’incidence dans les conditions habituelles d’usage.
Exemple
Séjour, mur sud : différence de teinte visible à environ deux mètres sous l’éclairage permanent du local, entre la zone centrale et la reprise située près de la baie.
Tous les défauts visibles justifient-ils une reprise ?
Il faut tenir compte du contrat, du niveau de finition commandé, du matériau, de ses variations naturelles, des tolérances applicables et des conditions normales d’observation.
Une réserve ne doit pas exiger une perfection irréaliste, mais elle doit être maintenue lorsqu’un défaut réel dépasse le niveau contractuellement attendu.
Comment traiter une différence de teinte naturelle ?
Pour le bois, la pierre ou certains produits artisanaux, il faut comparer l’échantillon validé, la gamme de nuances annoncée, le calepinage, le mélange des lots et l’aspect général.
La variation naturelle ne couvre pas automatiquement un mélange de références, une mauvaise nuance, une pièce remplacée avec un produit différent ou une réparation très visible.
Qu’est-ce qu’une non-conformité ?
Une non-conformité correspond à un écart avec le devis, les plans, une notice, un avenant, un échantillon, une performance ou une prescription technique ou réglementaire applicable.
Exemples
- produit différent
- dimension incorrecte
- équipement moins performant
- mauvaise implantation
- épaisseur insuffisante
- nombre de prises réduit
- sens d’ouverture différent
- solution non validée
Comment rédiger la réserve pour une non-conformité ?
Il faut identifier ce qui était prévu, ce qui a été exécuté, l’écart constaté et la correction ou l’analyse attendue.
Exemple
Combles : isolation prévue au devis en deux couches pour une résistance thermique déclarée figurant au contrat. Produit et épaisseur visibles différents des documents validés. Fournir les justificatifs, vérifier la performance réellement obtenue et mettre l’ouvrage en conformité.
Faut-il accepter une compensation financière ?
Le maître d’ouvrage peut parfois choisir de conserver une non-conformité techniquement acceptable en contrepartie d’une moins-value, d’une garantie complémentaire ou d’une régularisation documentaire.
Cette décision doit être éclairée, techniquement justifiée, compatible avec la réglementation et écrite.
La levée d’une réserve ne doit jamais être obtenue par une simple promesse orale de remise commerciale.
Quels dysfonctionnements relever ?
- porte qui ferme mal
- volet ne répondant pas à la commande
- fuite
- chauffage non régulé
- ventilation insuffisante
- prise sans alimentation
- équipement bruyant
- évacuation lente
- pompe ne démarrant pas
- éclairage intermittent
- commande inversée
- alarme non fonctionnelle
Comment décrire le dysfonctionnement ?
Il faut préciser l’action réalisée, le comportement attendu, le comportement constaté, les conditions de l’essai, la fréquence et les éventuelles mesures.
Exemple
Salle d’eau : lors de l’ouverture simultanée de la douche et du lavabo, l’évacuation du receveur ralentit et une remontée d’eau apparaît autour de la bonde. Vérifier le réseau, corriger la cause et réaliser un nouvel essai contradictoire.
Une simple mise en marche suffit-elle à lever la réserve ?
Non lorsque la réserve concerne une performance, un débit, une température, une étanchéité, un équilibrage, un cycle complet ou un fonctionnement intermittent.
Le nouvel essai doit reproduire les conditions dans lesquelles le défaut a été observé.
Qui fixe le délai de reprise ?
L’article 1792-6 prévoit que le délai nécessaire aux réparations relevant de la garantie de parfait achèvement est fixé d’un commun accord entre le maître d’ouvrage et l’entrepreneur concerné.
Il est recommandé de fixer le délai dans le procès-verbal, dans une annexe, ou dans un planning de reprise signé ou accepté après la réception.
Comment déterminer un délai raisonnable ?
Il faut tenir compte :
- de la gravité
- de l’urgence
- des approvisionnements
- du temps de séchage
- de la nécessité d’une étude
- des interventions des autres lots
- de l’usage des locaux
- du délai annuel de parfait achèvement
Quelles priorités distinguer ?
Intervention immédiate
Pour un danger, une fuite, un défaut électrique, une instabilité, une absence de fermeture ou une aggravation rapide.
Intervention rapide
Pour un équipement essentiel non fonctionnel, une pièce inutilisable, une infiltration, une ventilation défaillante ou un chauffage absent.
Intervention programmée
Pour une finition, un réglage, un remplacement esthétique ou une remise documentaire.
Faut-il fixer une date unique pour toutes les réserves ?
Pas nécessairement. Il est souvent préférable de prévoir une date pour les mesures urgentes, une date pour les travaux principaux, une date pour les essais et une date pour la visite de levée.
Quelle formulation employer ?
Les réserves R-001 à R-006 devront être reprises au plus tard le 15 septembre 2026. Les réserves R-007 et R-008, soumises à l’approvisionnement d’un élément spécifique, devront être corrigées avant le 30 septembre 2026. Une visite contradictoire est fixée au 2 octobre 2026.
Que faire si l’entreprise refuse de convenir d’un délai ?
Il faut lui notifier un délai raisonnable en motivant l’urgence, l’usage, la nature de la correction et les échanges déjà intervenus.
En cas d’inexécution, une mise en demeure devra ensuite être adressée avant d’envisager l’exécution par un tiers.
Peut-on retenir librement le solde tant que les réserves ne sont pas levées ?
Non de manière générale et arbitraire.
Il faut vérifier le contrat, l’exigibilité du solde, la nature des réserves, le régime juridique particulier de l’opération, l’existence d’une retenue de garantie et les modalités de consignation prévues.
Le fait que des réserves subsistent ne permet pas toujours de conserver sans formalité l’intégralité d’une somme pourtant exigible.
Inversement, une entreprise ne doit pas demander le paiement comme si l’ouvrage était intégralement achevé lorsque des prestations facturées restent réellement inachevées.
Qu’est-ce que la retenue de garantie des marchés privés ?
Lorsqu’elle a été contractuellement prévue dans un marché privé entrant dans le champ de la loi du 16 juillet 1971, la retenue de garantie peut atteindre au maximum 5 % des acomptes.
Elle est destinée à garantir l’exécution des travaux nécessaires à la satisfaction des réserves formulées lors de la réception.
La somme retenue doit être consignée auprès d’un consignataire accepté par les parties ou, à défaut, désigné par le président du tribunal compétent. L’entreprise peut substituer à la retenue une caution personnelle et solidaire répondant aux conditions du texte.
La retenue de garantie est-elle automatique ?
Non. Elle doit être prévue contractuellement.
Il ne faut pas confondre :
- une retenue de garantie régulière
- une correction d’une situation de travaux
- une somme non exigible
- une retenue destinée à compenser un préjudice
- une consignation spécifique prévue par un contrat particulier
Peut-on conserver la retenue sur son compte personnel ?
La loi de 1971 prévoit une consignation entre les mains d’un consignataire, sauf caution de remplacement. Une simple conservation de la somme par le maître d’ouvrage ne correspond donc pas nécessairement au mécanisme légal de la retenue de garantie.
Quand la retenue est-elle libérée ?
À l’expiration d’un an à compter de la réception, les sommes consignées ou la caution sont en principe libérées, même en l’absence de mainlevée, sauf opposition motivée notifiée au consignataire ou à la caution en raison de l’inexécution des obligations de l’entreprise. Une opposition abusive peut entraîner des dommages et intérêts.
Que doit contenir une opposition motivée ?
Elle doit identifier :
- le marché
- la réception
- les réserves non exécutées
- les mises en demeure
- les preuves
- le coût ou la nature des travaux restant dus
- la demande de maintien de la consignation ou de la caution
Une opposition générale telle que : certaines réserves restent en cours, peut être insuffisante.
La consignation vaut-elle levée des réserves ?
Non. Elle constitue une garantie financière.
Les réserves restent ouvertes tant que les travaux ne sont pas exécutés, tant que leur exécution n’est pas constatée, ou tant qu’une décision judiciaire n’intervient pas.
Comment préparer le retour de l’entreprise ?
Avant son intervention, il faut définir :
- les réserves concernées
- la méthode de reprise
- la date
- la durée
- l’accès
- les protections
- les essais
- les travaux induits
- le nettoyage
Faut-il demander une méthode de reprise ?
Oui lorsque la correction affecte la structure, affecte l’étanchéité, traverse plusieurs lots, risque de masquer la cause, peut dégrader des ouvrages voisins, nécessite un produit différent ou modifie une performance.
Exemple
Pour une infiltration, la méthode doit préciser la cause retenue, les éléments déposés, le traitement, les produits, les raccords, le temps de séchage, l’essai final et la remise en état.
L’entreprise peut-elle reprendre sans informer les autres lots ?
Pas lorsque leur présence ou leur validation est nécessaire.
Une reprise peut nécessiter un plombier, un étancheur, un carreleur, un électricien, un menuisier, un peintre ou un bureau d’études.
Comment protéger les ouvrages terminés ?
L’entreprise doit prévoir :
- protection des sols
- protection du mobilier
- confinement des poussières
- maintien de la ventilation
- coupure des réseaux
- évacuation des déchets
- nettoyage final
Peut-on refuser une reprise provisoire ?
Oui lorsqu’elle consiste uniquement à masquer le défaut, ajouter du mastic sans traiter la cause, repeindre une zone encore humide, reboucher sans tester, immobiliser temporairement un équipement destiné à fonctionner ou poser une finition sur un support instable.
La reprise doit permettre une correction durable et contrôlable.
Qui doit contrôler les travaux de reprise ?
Selon le point concerné :
- maître d’ouvrage
- maître d’œuvre
- expert
- bureau d’études
- fabricant
- entreprise ayant réalisé la reprise
- autre lot concerné par l’interface
Le contrôle peut-il être réalisé uniquement sur photographies ?
Les photographies peuvent permettre un premier suivi, mais elles ne suffisent pas toujours.
Une visite est recommandée lorsque la réserve concerne l’étanchéité, la structure, un fonctionnement, une différence d’aspect importante, un défaut récurrent, une prestation qui sera masquée ou un coût élevé.
Que faut-il vérifier lors du contrôle de reprise ?
- la réserve traitée est-elle la bonne ?
- la cause a-t-elle été supprimée ?
- la méthode validée a-t-elle été respectée ?
- les matériaux sont-ils conformes ?
- les ouvrages voisins ont-ils été protégés ?
- l’aspect final est-il acceptable ?
- les essais sont-ils satisfaisants ?
- les documents ont-ils été remis ?
- un nouveau désordre a-t-il été créé ?

Faut-il contrôler avant fermeture ?
Oui lorsque la reprise sera masquée par un doublage, un carrelage, un plafond, un remblai, une peinture, un meuble ou un revêtement.
Un point d’arrêt doit être prévu avant fermeture.
Quel essai réaliser pour contrôler une reprise ?
Il doit être adapté à la réserve.
| Réserve | Contrôle de reprise |
|---|---|
| Fuite d’alimentation | Mise en pression |
| Évacuation défectueuse | Mise en eau et essai d’écoulement |
| Ventilation insuffisante | Mesure de débit ou de pression |
| Chauffage déséquilibré | Mise en température et relevés |
| Menuiserie mal réglée | Essais d’ouverture et verrouillage |
| Infiltration | Essai d’arrosage défini |
| Défaut électrique | Mesures et essai fonctionnel |
| Peinture | Contrôle après séchage sous éclairage normal |
Une reprise esthétique doit-elle être contrôlée immédiatement ?
Il faut parfois attendre le séchage, la polymérisation, la stabilisation de la teinte, le nettoyage ou la remise en température du local.
Une peinture encore humide ou un joint frais ne permet pas toujours de conclure.
Pourquoi établir un document distinct pour la levée ?
La levée des réserves doit être clairement séparée du procès-verbal initial de réception, du compte rendu d’intervention, de la facture et d’un simple échange verbal.
Le document prouve les travaux réalisés, la date du contrôle, les réserves clôturées, celles qui restent ouvertes et les observations des parties.
L’article 1792-6 prévoit que l’exécution des travaux demandés au titre de la garantie de parfait achèvement est constatée d’un commun accord ou, à défaut, judiciairement.
Que doit contenir le procès-verbal de levée ?
Identification
- chantier
- maître d’ouvrage
- entreprise
- procès-verbal de réception
- date de réception
- date de contrôle
Participants
- personnes présentes
- entreprises convoquées
- absences
Réserves examinées
Pour chaque numéro : rappel de la réserve, travail réalisé, essai, résultat, décision.
Décisions possibles
- levée
- levée partielle
- maintien
- transformation en nouvelle observation
- contrôle différé
Signatures
- maître d’ouvrage
- entreprise
- maître d’œuvre ou expert dans sa qualité

Quelle formulation employer pour une levée complète ?
La réserve R-012 est levée après remplacement du siphon, reprise du raccordement et essai d’écoulement réalisé contradictoirement sans fuite visible.
Quelle formulation éviter ?
Tout est bon.
Cette mention ne permet pas d’identifier la réserve, l’essai, la zone ni la date.
La levée des réserves modifie-t-elle la date de réception ?
Non. La date de réception reste celle du procès-verbal initial.
La levée ne fait pas repartir un nouveau délai général d’un an, de deux ans ou de dix ans.
Le silence du maître d’ouvrage vaut-il levée ?
Non automatiquement.
L’ANIL rapporte une jurisprudence selon laquelle le simple fait que les réserves ne soient plus mentionnées dans un décompte définitif ne démontre pas une renonciation non équivoque du maître d’ouvrage. L’entreprise doit pouvoir établir que les travaux de reprise ont été exécutés.
Qu’est-ce qu’une levée partielle ?
Une réserve est partiellement levée lorsque :
- une partie seulement de la correction est achevée
- certaines zones sont conformes et d’autres non
- le fonctionnement est rétabli, mais la finition reste à reprendre
- les travaux sont réalisés, mais l’essai reste insatisfaisant
- un document a été remis, mais reste incomplet
Pourquoi ne faut-il pas lever entièrement une réserve partiellement traitée ?
Une levée totale ferait disparaître la trace du point restant.
Il faut décrire précisément ce qui est accepté, ce qui reste ouvert, le nouveau délai et le contrôle attendu.
Exemple
Réserve R-021 partiellement levée : les trois portes des chambres ont été réglées et fonctionnent correctement. La porte du bureau présente toujours un frottement au sol et reste réservée jusqu’à nouvelle intervention.
Peut-on créer des sous-réserves ?
Oui.
Exemple
- R-021-A : portes des chambres, levée
- R-021-B : porte du bureau, maintenue
Cette méthode facilite le suivi lorsque la réserve initiale regroupait plusieurs éléments.
Une levée partielle libère-t-elle une partie de la somme consignée ?
Cela dépend du contrat, du mécanisme financier utilisé, de l’accord des parties et du caractère divisible de la garantie.
Toute libération partielle doit être formalisée et ne doit pas compromettre la garantie financière nécessaire pour les réserves restantes.
Dans quels cas le refus de lever est-il justifié ?
Lorsque le travail n’est pas exécuté, la correction est incomplète, le défaut subsiste, l’essai échoue, la reprise a créé un nouveau défaut, le produit utilisé n’est pas conforme, l’aspect reste insuffisant, les documents manquent ou la durabilité n’est pas démontrée.
Comment formaliser le refus de lever ?
Le document doit préciser la réserve concernée, les travaux observés, le résultat du contrôle, le motif du maintien, les mesures ou photographies, la nouvelle action attendue et le délai.
Exemple
La réserve R-009 n’est pas levée. Malgré la reprise du joint périphérique de la fenêtre, une infiltration demeure visible lors de l’essai d’arrosage du 22 septembre 2026. L’entreprise doit rechercher la cause et soumettre une nouvelle méthode de réparation avant toute finition intérieure.
Le maître d’ouvrage peut-il refuser sans motif ?
Il doit pouvoir justifier son refus. Un refus arbitraire ou fondé sur une exigence nouvelle étrangère au marché peut être contesté.
Réserve non corrigée
Le refus de levée est justifié par le défaut initial.
Nouvelle demande
Le maître d’ouvrage demande une prestation qui n’était pas comprise dans la réserve ou le marché. Cette seconde demande peut nécessiter un avenant, une étude ou un nouveau prix.
L’entreprise peut-elle demander une constatation judiciaire ?
Oui. Lorsque les parties ne s’accordent pas sur l’exécution des reprises, l’article 1792-6 prévoit que celle-ci peut être constatée judiciairement.
Que faire lorsque le désaccord est technique ?
Il peut être nécessaire d’organiser une visite contradictoire, une mesure, un essai, une expertise amiable, une expertise judiciaire, un avis du fabricant ou un contrôle du bureau d’études.
Quelle première démarche entreprendre face à des réserves non exécutées ?
Lorsque le délai convenu est expiré, le maître d’ouvrage doit adresser une mise en demeure.
Elle doit préciser la réception, la liste des réserves, le délai initial, les travaux non exécutés, le nouveau délai impératif et les conséquences envisagées.
Exemple
Malgré l’expiration du délai fixé au procès-verbal de réception du 4 août 2026, les réserves R-003, R-007 et R-011 restent non exécutées. Je vous mets en demeure de les reprendre dans un délai de quinze jours à compter de la réception du présent courrier.

Quel moyen utiliser pour la mise en demeure ?
Il est recommandé d’utiliser un moyen permettant de prouver le contenu, la date d’envoi, la date de réception et le destinataire.
Selon le contexte : lettre recommandée avec avis de réception, lettre recommandée électronique ou acte de commissaire de justice.
Que permet l’article 1792-6 ?
En l’absence d’accord sur le délai ou lorsque les travaux ne sont pas exécutés dans le délai fixé, ils peuvent, après une mise en demeure restée infructueuse, être réalisés aux frais et risques de l’entrepreneur défaillant.
Que permet le droit commun du contrat ?
Après mise en demeure, le créancier peut, dans un délai et à un coût raisonnables, faire exécuter l’obligation par un tiers et demander au débiteur le remboursement des sommes engagées.
La destruction d’un ouvrage réalisé en violation du contrat requiert toutefois l’autorisation préalable du juge dans les conditions de l’article 1222 du Code civil.
Peut-on appeler immédiatement une autre entreprise ?
Il faut, hors urgence :
- constater l’inexécution
- mettre l’entreprise initiale en demeure
- laisser expirer le délai
- conserver les preuves
- obtenir un devis de reprise détaillé
- distinguer correction, amélioration et travaux nouveaux
- choisir une entreprise assurée et compétente
- contrôler les travaux de remplacement
Une intervention prématurée peut rendre difficile la démonstration du défaut, de l’inaction, du coût imputable et de la nécessité de la reprise.
Faut-il organiser une expertise contradictoire ?
Elle est recommandée lorsque le défaut est important, la cause est contestée, plusieurs entreprises sont impliquées, la reprise détruira les preuves, le coût est élevé, l’entreprise initiale nie la réserve ou un assureur doit être saisi.
Que doit contenir le devis de remplacement ?
Il doit distinguer la dépose, la protection, la correction du défaut, les travaux induits, les essais, la remise en état et le nettoyage.
Il ne doit pas inclure indistinctement des améliorations nouvelles que l’entreprise initiale n’avait pas à fournir.
Le délai d’un an doit-il être surveillé ?
Oui. La garantie de parfait achèvement court pendant un an à compter de la réception.
La mise en demeure, les démarches amiables et les négociations ne doivent pas conduire à négliger les délais d’action applicables.
Pour un litige important ou une entreprise défaillante, un avis juridique doit être recherché suffisamment tôt.
Peut-on ajouter de nouvelles réserves au procès-verbal après la réception ?
Le procès-verbal signé ne doit pas être modifié unilatéralement.
Les désordres qui se révèlent après la réception doivent être notifiés par écrit à l’entreprise pendant l’année de parfait achèvement. L’article 1792-6 place ces désordres révélés postérieurement dans le champ de la garantie lorsqu’ils sont signalés par notification écrite.
Comment notifier un désordre révélé après la réception ?
Le courrier doit préciser :
- date de réception
- date d’apparition
- localisation
- description
- photographies
- demande de visite
- délai de réponse
- demande de réparation
Faut-il les appeler réserves complémentaires ?
Il est juridiquement plus précis de parler de désordre signalé après réception ou de notification au titre de la garantie de parfait achèvement.
La réserve est normalement formulée au moment de la réception.
Que se passe-t-il si le défaut était manifestement visible à la réception ?
Un défaut apparent non réservé peut devenir difficile à faire reprendre. Il faut donc examiner attentivement le chantier lors de la réception et inscrire tous les écarts visibles.
Certaines règles spécifiques peuvent prévoir un délai complémentaire dans des contrats particuliers, notamment en matière de construction de maison individuelle. Elles ne doivent pas être transposées automatiquement à tous les marchés de rénovation. L’ANIL rappelle que les réserves doivent, en principe, être signalées précisément lors de la réception.
Quel tableau de suivi utiliser ?
Un tableau centralisé permet de suivre chaque réserve de son ouverture à sa levée.
| N° | Zone | Réserve | Entreprise | Délai | Intervention | Contrôle | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| R-001 | Séjour | Rayure vitrage | Menuiserie | 15/09 | Remplacement prévu | À contrôler | Ouverte |
| R-002 | Salle d’eau | Fuite siphon | Plomberie | 08/09 | Reprise réalisée | Essai conforme | Levée |
| R-003 | Extérieur | Descente non raccordée | Couverture | 12/09 | Partielle | Évacuation à finir | Partiellement levée |
| R-004 | Général | Plans manquants | Entreprise générale | 20/09 | Aucun envoi | Non contrôlable | Maintenue |
Quels statuts utiliser ?
- ouverte
- intervention planifiée
- correction en cours
- corrigée à contrôler
- levée
- partiellement levée
- maintenue
- mise en demeure
- confiée à un tiers
- soumise à expertise
Qui met à jour le tableau ?
Une personne unique doit centraliser le suivi :
- maître d’œuvre
- architecte
- assistant à maîtrise d’ouvrage
- maître d’ouvrage
- expert chargé d’une mission définie
Les entreprises doivent pouvoir consulter les points qui les concernent.
Une réserve doit-elle disparaître du tableau lorsqu’elle est levée ?
Non. Elle doit rester dans l’historique avec la date de levée, le document, l’essai et la preuve.
Procédure complète de suivi des réserves
- Rédiger la réserve au moment de la réception en précisant le défaut, la zone et l’action attendue.
- Numéroter et photographier en reliant chaque image au point correspondant.
- Identifier l’entreprise concernée sans trancher prématurément une responsabilité complexe.
- Fixer le délai d’un commun accord lorsque cela est possible.
- Notifier le procès-verbal à toutes les entreprises concernées, notamment celles qui étaient absentes mais régulièrement convoquées.
- Demander la méthode de reprise lorsque le point présente un enjeu technique.
- Programmer les interventions en coordonnant les accès, les protections et les autres lots.
- Instaurer un point d’arrêt avant toute fermeture d’une réparation.
- Réaliser les essais dans des conditions représentatives.
- Contrôler contradictoirement avec mesures et photographies.
- Décider réserve par réserve : levée, levée partielle, maintien.
- Établir le procès-verbal de levée sans modifier la date initiale de réception.
- Mettre en demeure si nécessaire lorsque le délai est dépassé.
- Préserver les preuves avant l’intervention d’un tiers.
- Faire exécuter par une autre entreprise si les conditions sont réunies, dans un délai et à un coût raisonnables.
- Traiter la retenue ou la consignation selon le contrat et le régime juridiquement applicable.
- Archiver le procès-verbal, les photographies, les courriers, les essais, les factures, les levées et les mises en demeure.
Tableau d’aide à la rédaction des réserves
Ce tableau résume, selon le type de réserve, la description à fournir et le contrôle de levée adapté.
| Type de réserve | Description à fournir | Contrôle de levée |
|---|---|---|
| Travail inachevé | Prestation manquante et localisation | Présence et achèvement |
| Défaut d’aspect | Nature, étendue et conditions d’observation | Contrôle après séchage et nettoyage |
| Non-conformité | Exigence contractuelle et écart réel | Mesure, référence ou justificatif |
| Dysfonctionnement | Action, comportement attendu et constaté | Nouvel essai fonctionnel |
| Fuite | Point d’apparition et conditions | Mise en pression ou mise en eau |
| Document absent | Document précis et lot concerné | Vérification du contenu |
| Équipement non réglé | Paramètre ou fonction concernée | Mise en service et mesures |
| Étanchéité | Zone, manifestation et protocole | Essai adapté et contrôle visuel |
Signaux d’alerte dans le suivi des réserves
Une vigilance particulière s’impose lorsque :
- les réserves sont formulées oralement
- elles ne figurent pas dans le procès-verbal
- l’annexe n’est pas identifiée
- les descriptions restent générales
- aucune localisation n’est donnée
- les photographies ne sont pas numérotées
- plusieurs défauts différents sont regroupés dans une seule réserve
- aucun délai n’est fixé
- l’entreprise affirme avoir terminé sans preuve
- la reprise est masquée avant contrôle
- un essai n’est pas renouvelé
- la levée est signée avant le séchage ou la mise en service
- une réserve est levée intégralement alors qu’une partie subsiste
- la retenue de garantie est pratiquée sans clause contractuelle
- les sommes retenues ne sont pas consignées dans les conditions applicables
- l’entreprise attend l’expiration de l’année de parfait achèvement
- aucune mise en demeure n’est envoyée
- une autre entreprise intervient avant le constat
- les travaux d’amélioration sont mélangés avec les reprises
- la date de réception est modifiée lors de la levée
Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
Les erreurs fréquentes consistent à :
- écrire uniquement sous réserve de reprises
- qualifier juridiquement le défaut sans preuve
- oublier les travaux inachevés
- ne relever que les défauts esthétiques
- accepter verbalement une correction
- lever une réserve sur photographie pour un défaut fonctionnel
- confondre retour de l’entreprise et reprise conforme
- lever une réserve avant l’essai
- ne pas contrôler les dommages créés par l’intervention
- utiliser la retenue de garantie comme une pénalité générale
- conserver arbitrairement l’intégralité du solde
- laisser les réserves ouvertes sans relance
- attendre la fin de la première année avant d’agir
- appeler une nouvelle entreprise sans mise en demeure
- détruire l’ouvrage défectueux sans conserver la preuve
- signer un procès-verbal global de levée alors que certains points subsistent
- considérer que le silence du maître d’ouvrage vaut levée
- oublier d’archiver le procès-verbal et les essais
Recommandations de Check my House
Recommandation 1 : rédiger une réserve comme une instruction contrôlable
Elle doit indiquer où, quoi, pourquoi, quelle correction et quel contrôle.
Recommandation 2 : associer trois photographies lorsque cela est utile
Une vue générale, une vue localisée et une vue détaillée.
Recommandation 3 : séparer les différentes catégories
Distinguer inachèvement, défaut d’aspect, non-conformité, dysfonctionnement et document manquant.
Recommandation 4 : fixer immédiatement le calendrier
Le procès-verbal doit être suivi d’une date d’intervention et d’une date de contrôle.
Recommandation 5 : exiger une méthode pour les reprises sensibles
Notamment pour l’étanchéité, la structure, l’humidité, les réseaux et les interfaces entre lots.
Recommandation 6 : ne jamais lever sans contrôle
La déclaration de l’entreprise ne remplace pas une vérification contradictoire.
Recommandation 7 : utiliser la levée partielle
Elle permet de clôturer les éléments réellement corrigés sans renoncer au traitement du solde.
Recommandation 8 : agir avant l’expiration des délais
Les réserves non exécutées doivent faire l’objet d’une mise en demeure et, si nécessaire, d’une expertise ou d’un recours avant que la situation ne se prescrive ou que les preuves disparaissent.
À retenir
Une réserve doit être écrite, précise, localisée, numérotée, photographiée lorsque cela est utile et assortie d’une correction attendue.
Elle peut concerner un travail inachevé, un défaut d’aspect, une non-conformité, un dysfonctionnement, un essai non réalisé ou un document manquant.
Les photographies complètent la description, mais ne la remplacent pas.
Le délai de reprise doit être fixé avec l’entreprise et adapté à l’urgence, à la complexité, aux approvisionnements et aux essais nécessaires.
Une retenue de garantie n’est pas automatique. Lorsqu’elle est contractuellement prévue et relève de la loi du 16 juillet 1971, elle est limitée à 5 %, doit être consignée et peut être remplacée par une caution conforme.
Le retour de l’entreprise ne vaut pas levée de la réserve. La reprise doit être complète, conforme, durable, essayée et sans dommage pour les ouvrages voisins.
La levée doit être établie par un procès-verbal distinct indiquant, réserve par réserve, les travaux réalisés, les essais, la décision et la date.
Une réserve peut être partiellement levée. La partie restant à corriger doit demeurer précisément identifiée.
Le maître d’ouvrage peut refuser de lever une réserve lorsque le défaut subsiste ou lorsque la correction est insuffisante. Son refus doit cependant être motivé et ne pas introduire une exigence nouvelle étrangère au contrat.
Le silence ne vaut pas automatiquement levée des réserves.
Lorsque les reprises ne sont pas exécutées dans le délai convenu, une mise en demeure doit être adressée. Après une mise en demeure infructueuse, les travaux peuvent, sous les conditions applicables, être confiés à une autre entreprise aux frais et risques de l’entreprise défaillante.
Enfin, la levée des réserves ne modifie pas la date initiale de réception et ne fait pas repartir les délais généraux des garanties légales.
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Nous contacterSources principales
- Code civil, article 1792-6 : réserves, garantie de parfait achèvement, fixation des délais, exécution aux frais et risques de l’entreprise défaillante et constat de la levée.
- Code civil, articles 1221 et 1222 : exécution forcée en nature et intervention d’un tiers après mise en demeure.
- Loi du 16 juillet 1971, article 1 : retenue de garantie contractuelle, plafond de 5 %, consignation et caution de remplacement.
- Loi du 16 juillet 1971, article 2 : libération après un an et opposition motivée en cas d’inexécution.
- ANIL, réception des travaux : rédaction précise des réserves et fixation écrite du délai de réparation.
- ANIL, jurisprudence relative à la levée : absence de renonciation non équivoque et nécessité pour l’entreprise de justifier l’exécution des reprises.
- Institut national de la consommation, vérification contradictoire des corrections et établissement d’un document attestant la levée des réserves.