Les investigations destructives et les études complémentaires interviennent lorsque l’inspection visuelle et les mesures non destructives ne suffisent plus à comprendre l’origine d’un désordre. Ouvrir un doublage, sonder une fondation, carotter un béton ou prélever un matériau permet d’accéder à ce qui reste caché, mais chaque intervention altère l’ouvrage et doit donc être préparée, justifiée et documentée.
Cette FAQ présente les principales méthodes intrusives, les études spécialisées mobilisables (géotechnique, structure, thermique, ventilation, acoustique), les précautions liées à l’amiante et aux autres matériaux dangereux, ainsi que les règles d’autorisation, de contradictoire et de remise en état. L’objectif est d’aider à décider quand une investigation destructive est utile, qui doit la conduire et comment en exploiter les résultats sans en tirer de conclusions plus larges que la zone réellement examinée.
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- Principes des investigations destructives (5)
- Ouverture de doublage (4)
- Sondage de fondation (4)
- Carottage et prélèvement de béton (6)
- Recherche de ferraillage (3)
- Analyses de sels et prélèvements fongiques (6)
- Sondage de charpente et bois porteur (3)
- Essais d’arrosage et de mise en eau (5)
- Tests fumigènes et essais sur réseaux (7)
- Études géotechniques et études structure (6)
- Études thermiques, ventilation et acoustique (7)
- Amiante et matériaux dangereux (4)
- Autorisations et copropriété (4)
- Investigations contradictoires et traçabilité (9)
- Remise en état, rapport et suites (9)
- L’intervention de Check my House
- Sources principales
Principes des investigations destructives
Qu’est-ce qu’une investigation destructive ?
Une investigation destructive consiste à ouvrir, percer, carotter, déposer ou prélever une partie d’un ouvrage afin d’accéder à un élément qui ne peut pas être correctement examiné par une simple inspection visuelle.
Elle peut notamment permettre :
- d’observer l’arrière d’un doublage ;
- de reconnaître une fondation ;
- de vérifier la composition d’un plancher ;
- de rechercher des armatures ;
- de prélever du béton, du mortier, du bois ou un isolant ;
- d’examiner une étanchéité cachée ;
- de contrôler l’état d’un réseau encastré ;
- d’identifier une contamination fongique ;
- de caractériser un matériau en laboratoire.
Certaines méthodes sont seulement semi-destructives, car elles produisent une altération limitée, comme un petit percement endoscopique ou un sondage ponctuel du bois.
Le Cerema recommande de définir le programme d’auscultation à partir des objectifs du diagnostic, des pathologies suspectées et des incidences possibles des investigations sur l’ouvrage.
Pourquoi les investigations destructives ne doivent-elles pas être réalisées au hasard ?
Chaque ouverture doit répondre à une question technique précise.
Avant d’intervenir, il faut notamment déterminer :
- ce que l’on cherche ;
- pourquoi la zone choisie est représentative ;
- quelles hypothèses seront confirmées ou écartées ;
- quels réseaux ou matériaux dangereux peuvent être présents ;
- quelles conséquences l’ouverture peut avoir sur la structure ou l’étanchéité ;
- comment l’ouvrage sera protégé puis remis en état.
Une ouverture mal positionnée peut ne rien révéler tout en détériorant une membrane, une canalisation, une armature, un pare-vapeur ou un élément de finition.
Le programme doit donc préciser les emplacements, les dimensions, les méthodes, les intervenants, les mesures de sécurité, les prélèvements et les conditions de remise en état.
À quel moment faut-il passer d’une inspection non destructive à une investigation destructive ?
Une investigation plus intrusive peut être justifiée lorsque :
- plusieurs causes restent possibles ;
- la pathologie se situe derrière un parement ;
- la sécurité d’un élément porteur est incertaine ;
- une mesure non destructive révèle une anomalie sans en déterminer l’origine ;
- un isolant ou un bois peut être humide ;
- une étanchéité cachée doit être examinée ;
- un matériau doit être analysé ;
- la réparation envisagée est importante ;
- les responsabilités sont contestées ;
- les preuves risquent de disparaître pendant les travaux.
L’investigation destructive doit normalement intervenir après une première analyse visuelle, documentaire et instrumentale. Elle complète le diagnostic mais ne remplace pas le raisonnement technique.
Une ouverture destructive apporte-t-elle toujours une conclusion certaine ?
Non.
Elle renseigne uniquement sur la zone réellement ouverte.
Par exemple, une ouverture de doublage peut montrer un isolant sec à cet endroit sans exclure une humidification située :
- plus bas ;
- dans un angle ;
- autour d’une fenêtre ;
- près d’un réseau ;
- dans une autre travée ;
- derrière une partie non accessible.
Il peut être nécessaire de réaliser plusieurs sondages ciblés ou de compléter l’ouverture par des mesures, des essais et une analyse de laboratoire.
Le rapport doit distinguer ce qui a effectivement été observé dans l’ouverture et ce qui reste supposé pour les parties non examinées.
Qui doit définir le programme d’investigations ?
Le programme doit être défini par le professionnel compétent au regard de la pathologie concernée.
Selon la situation, il peut associer :
- un expert en bâtiment ;
- un bureau d’études structure ;
- un géotechnicien ;
- un laboratoire ;
- un bureau d’études thermiques ;
- un spécialiste de la ventilation ;
- un acousticien ;
- un expert en pathologie du bois ;
- une entreprise de recherche de fuite ;
- une entreprise qualifiée pour le risque amiante.
Le Cerema recommande d’adapter les méthodes, les matériels, les conditions d’intervention et l’échantillonnage aux caractéristiques de l’ouvrage et aux objectifs du diagnostic.
Ouverture de doublage
En quoi consiste une ouverture de doublage ?
L’ouverture de doublage consiste à déposer localement une plaque, un panneau, une plinthe, un isolant ou une autre finition afin d’observer la paroi et les éléments dissimulés.
Elle peut permettre de contrôler :
- l’état du mur support ;
- la présence d’eau ;
- l’état de l’isolant ;
- les moisissures ;
- les ossatures ;
- la continuité d’un pare-vapeur ;
- les réseaux ;
- les traces de ruissellement ;
- la présence de sels ;
- l’état d’un bois incorporé.
L’emplacement doit être choisi à partir de la forme du désordre, des mesures d’humidité, des plans et du trajet probable de l’eau.
Quelles précautions prendre avant d’ouvrir un doublage ?
Il faut notamment rechercher :
- les câbles électriques ;
- les conduites d’eau ;
- les réseaux de chauffage ;
- les gaines de ventilation ;
- les éléments porteurs ;
- les membranes d’étanchéité à l’air ;
- les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante ;
- la présence éventuelle de moisissures importantes.
L’alimentation électrique ou hydraulique concernée doit être mise en sécurité lorsque l’intervention présente un risque.
Les photographies doivent être prises :
- avant l’ouverture ;
- pendant chaque phase de dépose ;
- après exposition de la paroi ;
- avant la fermeture.
Les matériaux déposés peuvent devoir être conservés lorsqu’un litige est en cours.
Quelle dimension doit avoir une ouverture de doublage ?
Il n’existe pas de dimension universelle.
L’ouverture doit être assez grande pour :
- observer réellement la cavité ;
- mesurer l’humidité ;
- vérifier l’état des matériaux ;
- introduire un appareil ;
- prélever un échantillon ;
- permettre un séchage ou une réparation si nécessaire.
Une ouverture trop petite peut conduire à une conclusion insuffisante. Une dépose trop étendue peut être inutilement coûteuse ou faire disparaître des preuves.
La dimension doit donc être proportionnée à la question technique et aux contraintes de remise en état.
Peut-on refermer immédiatement un doublage après l’ouverture ?
Pas systématiquement.
Avant fermeture, il faut vérifier :
- que la cause de l’humidité est supprimée ;
- que les matériaux sont suffisamment secs ;
- que les moisissures ou matériaux dégradés ont été traités ;
- que les réseaux sont réparés ;
- que les photographies et prélèvements nécessaires ont été réalisés ;
- que les parties ont pu examiner la zone en cas de procédure contradictoire ;
- que la membrane ou l’étanchéité à l’air pourra être reconstituée.
Une fermeture trop rapide peut masquer une infiltration persistante ou enfermer des matériaux encore humides.
Sondage de fondation

Qu’est-ce qu’un sondage de fondation ?
Un sondage de fondation consiste à dégager localement le terrain afin d’observer la géométrie et l’état d’une fondation existante.
Il peut permettre de déterminer :
- la profondeur d’assise ;
- la largeur apparente ;
- la nature de la fondation ;
- son décalage par rapport au mur ;
- l’état du béton ou de la maçonnerie ;
- la présence d’une semelle ;
- l’existence d’un soubassement ;
- la nature du terrain au contact ;
- la présence d’eau ou de racines.
Le sondage ne permet pas nécessairement de connaître le ferraillage interne ni la géométrie de la fondation sur toute sa longueur.
Où faut-il réaliser un sondage de fondation ?
L’emplacement doit être défini en fonction :
- des fissures ;
- des déformations ;
- des plans disponibles ;
- des changements de niveau ;
- des extensions ;
- de la topographie ;
- des réseaux ;
- des zones de tassement suspectées ;
- des contraintes d’accès.
Il peut être utile de comparer plusieurs zones, par exemple une partie fissurée et une partie apparemment stable.
Un sondage unique ne permet pas toujours d’établir que toutes les fondations sont identiques.
Un sondage de fondation peut-il déstabiliser le bâtiment ?
Oui, s’il est mal dimensionné ou mal exécuté.
Les risques comprennent :
- le déchaussement de la fondation ;
- la décompression du terrain ;
- l’effondrement de la fouille ;
- une arrivée d’eau ;
- la rupture d’un réseau ;
- un tassement local ;
- une atteinte à l’étanchéité enterrée ;
- la déstabilisation d’un mur voisin.
Il ne faut pas excaver arbitrairement sous la fondation ni ouvrir une grande longueur de mur sans méthode définie.
Selon la profondeur, le terrain et la structure, le sondage doit être organisé par un géotechnicien, un bureau d’études structure ou une entreprise spécialisée.
Quelles informations faut-il relever lors d’un sondage de fondation ?
Le relevé peut comprendre :
- la profondeur du terrain intérieur et extérieur ;
- la profondeur du pied de fondation ;
- sa largeur ;
- sa hauteur ;
- sa nature ;
- son état apparent ;
- la nature des différentes couches de sol ;
- l’humidité ;
- les racines ;
- les réseaux ;
- les fissures ;
- les photographies avec échelle ;
- un croquis coté.
La remise en terre doit également être documentée, notamment la nature et le compactage du matériau de remblai.
Carottage et prélèvement de béton
Qu’est-ce qu’un carottage ?
Le carottage consiste à prélever un cylindre de matériau à l’aide d’une couronne adaptée.
Il peut être réalisé dans :
- le béton ;
- une maçonnerie ;
- une chape ;
- un mortier ;
- une pierre ;
- un revêtement de chaussée ou de sol.
Le prélèvement peut servir à déterminer :
- l’épaisseur ;
- la composition ;
- la résistance ;
- la porosité ;
- la profondeur de carbonatation ;
- la présence de chlorures ;
- la stratification ;
- l’état d’une réparation ;
- la qualité d’un collage.
Les prélèvements et analyses de matériaux font partie des moyens mobilisables dans un programme d’auscultation et de diagnostic.
Un carottage fragilise-t-il la structure ?
Il peut localement réduire la section du matériau et couper une armature si son emplacement n’est pas correctement préparé.
Avant le carottage, il faut notamment vérifier :
- la fonction de l’élément ;
- les sollicitations ;
- l’épaisseur ;
- le ferraillage probable ;
- les réseaux ;
- le diamètre du prélèvement ;
- le nombre de carottes ;
- les distances aux rives et aux fissures ;
- la méthode de rebouchage.
Un carottage dans une poutre, un poteau, un balcon ou une dalle fortement sollicitée doit être autorisé et positionné par un bureau d’études structure.
Comment choisir l’emplacement d’un carottage de béton ?
L’emplacement doit être représentatif tout en évitant autant que possible :
- les armatures principales ;
- les zones d’ancrage ;
- les réservations ;
- les bords ;
- les fissures non recherchées ;
- les zones de concentration d’efforts ;
- les réseaux incorporés.
Selon l’objectif, il peut être nécessaire de prélever :
- dans une zone dégradée ;
- dans une zone saine de comparaison ;
- à plusieurs profondeurs ;
- sur plusieurs éléments.
Le nombre de prélèvements doit permettre une interprétation pertinente sans multiplier inutilement les atteintes à l’ouvrage.
Quelles précautions prendre lors du prélèvement de béton ?
Il faut notamment :
- repérer les armatures ;
- identifier la carotte dès son extraction ;
- noter son orientation ;
- mesurer son diamètre et sa longueur ;
- photographier le trou et le prélèvement ;
- protéger la carotte ;
- éviter un dessèchement ou une contamination inadaptés ;
- respecter les conditions demandées par le laboratoire ;
- reboucher avec un matériau compatible.
Le prélèvement doit être accompagné d’une fiche précisant son emplacement, l’élément concerné, la date et l’objectif de l’analyse.
Quelles analyses peuvent être réalisées sur une carotte de béton ?
Selon le programme, le laboratoire peut notamment rechercher :
- la résistance à la compression ;
- la masse volumique ;
- la porosité ;
- la profondeur de carbonatation ;
- la teneur en chlorures ;
- la composition pétrographique ;
- une réaction interne ;
- l’adhérence entre couches ;
- la profondeur d’une altération ;
- la qualité d’un béton de réparation.
Les résultats doivent être interprétés avec :
- l’âge du béton ;
- les plans ;
- les conditions d’exposition ;
- les charges ;
- la position du prélèvement ;
- les résultats des autres essais.
Un résultat de laboratoire ne détermine pas, à lui seul, la capacité portante complète de l’ouvrage.
Peut-on déterminer la résistance du béton avec un seul prélèvement ?
Une seule carotte fournit une information localisée.
Elle peut être influencée par :
- l’emplacement ;
- la direction de prélèvement ;
- la présence de granulats ;
- la fissuration ;
- les conditions de conservation ;
- les dimensions de l’échantillon ;
- l’hétérogénéité du béton.
L’évaluation de la résistance globale doit reposer sur un programme d’échantillonnage adapté et sur une interprétation structurelle. Le Cerema rappelle que l’évaluation d’un ouvrage existant doit prendre en compte son fonctionnement réel et ne peut pas se résumer à l’application mécanique des règles destinées aux ouvrages neufs.
Recherche de ferraillage
Qu’est-ce qu’une recherche de ferraillage ?
La recherche de ferraillage vise à repérer les armatures présentes dans un élément en béton.
Elle peut utiliser :
- un pachomètre électromagnétique ;
- un radar ;
- une radiographie ou gammagraphie dans certains cas ;
- une ouverture localisée ;
- une comparaison avec les plans.
Elle peut permettre d’estimer :
- la position des aciers ;
- leur direction ;
- leur espacement ;
- leur profondeur d’enrobage ;
- la présence de plusieurs nappes ;
- l’emplacement à éviter pour un carottage.
Le Cerema utilise différentes méthodes d’auscultation pour examiner l’intérieur des structures en béton et contribuer à leur diagnostic.
Une recherche électromagnétique détermine-t-elle précisément le diamètre des armatures ?
Pas toujours.
La précision peut être perturbée par :
- des armatures proches les unes des autres ;
- plusieurs nappes ;
- une profondeur importante ;
- des objets métalliques voisins ;
- la géométrie de l’élément ;
- l’appareil utilisé ;
- l’absence d’étalonnage sur l’ouvrage.
Une ouverture localisée peut être nécessaire lorsque le diamètre, l’état ou la perte de section de l’acier doivent être vérifiés avec précision.
Le repérage du ferraillage suffit-il à vérifier la conformité structurelle ?
Non.
Il faut également connaître :
- le diamètre réel des aciers ;
- leur continuité ;
- leur ancrage ;
- leur nuance ;
- leur état de corrosion ;
- la résistance du béton ;
- les charges ;
- la géométrie de l’élément ;
- les conditions d’appui.
Le repérage fournit des données utiles à l’étude structurelle, mais il ne constitue pas à lui seul un calcul de capacité portante.
Analyses de sels et prélèvements fongiques

Pourquoi réaliser une analyse de sels ?
Une analyse de sels peut être utile lorsque les matériaux présentent :
- des efflorescences ;
- un poudrage ;
- un décollement d’enduit ;
- une humidité persistante ;
- des taches en pied de mur ;
- une hygroscopicité importante ;
- une dégradation de la pierre ou de la brique.
Elle peut rechercher notamment :
- les nitrates ;
- les sulfates ;
- les chlorures ;
- d’autres composés selon le contexte.
L’analyse aide à caractériser la contamination. Elle ne détermine pas automatiquement l’origine de l’eau ni la date à laquelle les sels ont été introduits.
Comment prélever un matériau pour une analyse de sels ?
Le prélèvement doit être organisé selon un profil représentatif.
Il peut être pertinent de prélever :
- à plusieurs hauteurs ;
- à plusieurs profondeurs ;
- dans une zone dégradée ;
- dans une zone de comparaison ;
- sur le support plutôt que seulement sur la peinture ;
- dans différents matériaux constituant le mur.
Les outils doivent être propres et les prélèvements conditionnés séparément.
Chaque échantillon doit être identifié avec :
- la date ;
- la localisation ;
- la hauteur ;
- la profondeur ;
- le matériau ;
- l’état visible ;
- la photographie correspondante.
La présence de nitrates prouve-t-elle une remontée capillaire ?
Non.
Les nitrates peuvent orienter l’analyse, mais leur présence ne suffit pas à démontrer le mécanisme hydrique actuel.
Ils peuvent notamment être liés :
- à l’usage ancien des locaux ;
- à des matières organiques ;
- à des terres ou remblais ;
- à des eaux contaminées ;
- à une ancienne humidification.
L’analyse doit être recoupée avec le profil d’humidité, les niveaux extérieurs, les réseaux, la composition du mur et les autres causes possibles.
En quoi consiste un prélèvement fongique ?
Le prélèvement fongique vise à recueillir un fragment de champignon, de bois ou de matériau contaminé afin de permettre une identification spécialisée.
Il peut concerner :
- un mycélium ;
- une fructification ;
- des cordons ;
- une pourriture du bois ;
- une moisissure ;
- un matériau présentant une contamination cachée.
Le prélèvement peut être analysé par observation macroscopique, microscopique ou, dans certains cas, par une méthode biologique ou moléculaire.
Pourquoi l’identification visuelle d’un champignon peut-elle être insuffisante ?
L’apparence varie selon :
- le stade de développement ;
- l’humidité ;
- la lumière ;
- le support ;
- l’état de conservation ;
- les traitements déjà appliqués.
Plusieurs champignons lignivores ou moisissures peuvent présenter des aspects voisins.
L’analyse spécialisée peut donc être nécessaire pour confirmer l’espèce. Elle ne remplace cependant pas l’évaluation de l’humidité, de l’étendue cachée et de la résistance résiduelle des bois.
Comment conserver un prélèvement fongique ?
Il faut suivre les instructions du laboratoire avant le prélèvement.
Il convient notamment de préciser :
- la localisation ;
- la nature du support ;
- les conditions d’humidité ;
- la profondeur ;
- l’aspect initial ;
- les traitements déjà réalisés ;
- la date de prélèvement.
Un échantillon mal conditionné peut se dessécher, se dégrader ou être contaminé par d’autres organismes.
Dans un litige, il peut être utile de constituer plusieurs échantillons identifiés et scellés.
Sondage de charpente et bois porteur
Qu’est-ce qu’un sondage de charpente ?
Le sondage de charpente vise à évaluer l’état interne ou superficiel d’une pièce de bois.
Il peut comprendre :
- une mesure d’humidité ;
- un sondage au poinçon ;
- une ouverture locale ;
- un prélèvement ;
- un percement de faible diamètre ;
- une mesure de résistance au percement ;
- une endoscopie ;
- l’examen d’un assemblage ;
- le dégagement d’un appui encastré.
Il peut permettre de rechercher :
- une pourriture ;
- des galeries d’insectes ;
- une perte de section ;
- une humidité cachée ;
- une fissure profonde ;
- un assemblage dégradé.
Un sondage au tournevis suffit-il à évaluer une poutre ?
Non.
Il peut révéler une surface tendre ou dégradée, mais il ne permet pas de déterminer précisément :
- la section saine restante ;
- la résistance mécanique ;
- la profondeur de l’attaque ;
- l’état de toute la longueur ;
- la capacité de l’assemblage ;
- la charge admissible.
Une pièce porteuse altérée peut nécessiter un relevé géométrique, des sondages complémentaires et une vérification par un bureau d’études structure.
Quelles précautions prendre lors du sondage d’un bois porteur ?
Il faut éviter :
- de réduire excessivement la section ;
- de percer un assemblage critique ;
- d’endommager une zone d’appui ;
- de couper une liaison métallique ;
- de disperser une contamination fongique ;
- de masquer l’état initial avant expertise.
Le professionnel doit préciser l’emplacement, le diamètre, la profondeur et le nombre de sondages.
Les orifices doivent ensuite être traités ou protégés selon la fonction de l’ouvrage et le programme de réparation.
Essais d’arrosage et de mise en eau
Qu’est-ce qu’un essai d’arrosage ?
Un essai d’arrosage consiste à appliquer de l’eau de manière contrôlée sur une zone afin de rechercher ou de reproduire une infiltration.
Il peut concerner :
- une façade ;
- une fenêtre ;
- un solin ;
- une toiture ;
- une couvertine ;
- un balcon ;
- un joint ;
- un bardage.
L’essai doit être progressif et sectorisé.
Il faut généralement commencer par les parties basses, puis remonter, afin d’éviter de mouiller simultanément plusieurs origines possibles.
Comment organiser un essai d’arrosage exploitable ?
Le protocole doit préciser :
- les zones testées ;
- leur ordre ;
- le débit ;
- la durée ;
- la pression éventuelle ;
- les délais d’observation ;
- les personnes surveillant la face intérieure ;
- les photographies ;
- les conditions météorologiques ;
- les critères d’arrêt.
Il ne faut pas reproduire des conditions artificiellement beaucoup plus sévères que l’exposition normale sans expliquer l’objectif de l’essai.
Un résultat positif doit être rapproché de la zone sollicitée et du temps écoulé avant l’apparition de l’eau.
Un essai d’arrosage négatif exclut-il une infiltration ?
Non.
L’infiltration peut nécessiter :
- du vent ;
- une pluie oblique ;
- une saturation prolongée ;
- un épisode plus intense ;
- une mise en charge ;
- une température particulière ;
- un trajet d’eau lent.
L’essai peut également ne pas avoir sollicité exactement le point défectueux.
Un résultat négatif signifie seulement que l’infiltration n’a pas été reproduite dans les conditions du protocole.
Qu’est-ce qu’un essai de mise en eau ?
La mise en eau consiste à retenir temporairement ou à faire circuler une quantité déterminée d’eau sur un ouvrage.
Elle peut concerner :
- un receveur ;
- un siphon ;
- une terrasse ;
- un balcon ;
- une toiture-terrasse ;
- une évacuation ;
- un bassin ;
- une étanchéité.
L’essai doit être adapté à la capacité portante, à la hauteur admissible et au mode normal de fonctionnement de l’ouvrage.
Une mise en eau peut-elle être dangereuse ?
Oui.
L’eau représente une charge importante. Une hauteur de quelques centimètres sur une grande surface peut ajouter plusieurs centaines de kilogrammes ou plusieurs tonnes.
Avant une mise en eau importante, il faut vérifier :
- la structure ;
- les relevés ;
- les seuils ;
- les évacuations ;
- les trop-pleins ;
- la possibilité d’une vidange rapide ;
- les locaux situés en dessous ;
- les installations électriques ;
- le risque d’aggravation.
Un essai ne doit pas être improvisé sur un balcon, une terrasse ou une toiture dont la capacité portante est incertaine.
Tests fumigènes et essais sur réseaux
Qu’est-ce qu’un test fumigène ?
Un test fumigène utilise une fumée visible et adaptée afin de visualiser le déplacement de l’air ou de rechercher une communication entre plusieurs volumes.
Il peut notamment servir à examiner :
- les fuites d’air ;
- le tirage d’un conduit ;
- le balayage d’une ventilation ;
- une communication entre une gaine et un logement ;
- une fuite sous un complexe d’étanchéité dans certains protocoles ;
- le trajet d’un réseau d’évacuation.
L’AQC présente notamment l’utilisation d’un fumigène injecté sous une chape pour rechercher une perforation d’étanchéité.
Quelles précautions prendre avant un test fumigène ?
Il faut notamment vérifier :
- la compatibilité du produit avec les locaux ;
- les détecteurs de fumée ;
- les alarmes incendie ;
- les personnes sensibles ;
- la ventilation ;
- les appareils à combustion ;
- le risque de contamination des surfaces ;
- l’autorisation du propriétaire ou de l’exploitant ;
- l’information des occupants.
Le produit employé doit être prévu pour cet usage. Il ne faut pas utiliser une combustion improvisée produisant des gaz toxiques ou des suies.
Un test fumigène prouve-t-il l’étanchéité à l’eau ?
Non.
Il peut montrer une communication, une fuite d’air ou un chemin possible.
L’eau et l’air ne se déplacent pas nécessairement de la même manière, notamment en raison :
- de la gravité ;
- de la pression ;
- de la capillarité ;
- de la viscosité ;
- de la saturation des matériaux ;
- de la taille des ouvertures.
Le résultat doit donc être interprété en fonction du phénomène recherché.
En quoi consiste la mise en pression d’un réseau ?
La mise en pression consiste à isoler un réseau puis à vérifier sa capacité à conserver une pression déterminée pendant un protocole défini.
Elle peut concerner :
- l’eau froide ;
- l’eau chaude ;
- le chauffage ;
- un plancher chauffant ;
- un réseau extérieur ;
- certains circuits techniques.
Les réseaux intérieurs doivent faire l’objet d’essais de fonctionnement adaptés avant réception, notamment pour vérifier leur comportement et leur absence de fuite apparente.
Quelles précautions prendre avant une mise en pression ?
Il faut notamment :
- identifier le matériau et le procédé ;
- connaître la pression admissible ;
- isoler les appareils sensibles ;
- vérifier les vannes ;
- utiliser un manomètre adapté ;
- stabiliser la température ;
- purger l’air lorsque le protocole l’exige ;
- sécuriser les raccords ;
- définir la durée ;
- éviter toute surpression.
Une pression excessive peut endommager le réseau ou ses équipements et créer une fuite qui n’existait pas auparavant.
Une baisse de pression prouve-t-elle une fuite dans une canalisation encastrée ?
Non.
Elle peut également provenir :
- d’une vanne ;
- d’un raccord accessible ;
- d’une soupape ;
- d’un purgeur ;
- d’un appareil ;
- d’un manomètre ;
- d’une variation thermique ;
- d’air restant dans le réseau.
Il faut isoler progressivement les différents secteurs pour réduire la zone de recherche.
Comment contrôle-t-on une évacuation qui ne fonctionne pas sous pression ?
Le contrôle peut comprendre :
- une mise en eau limitée ;
- un essai d’écoulement ;
- un colorant compatible ;
- une inspection vidéo ;
- une obturation temporaire d’un tronçon ;
- un contrôle de niveau ;
- un examen des raccords ;
- une mesure de pente.
Les essais de fonctionnement des évacuations visent notamment à vérifier le bon écoulement du réseau jusqu’à son raccordement.
Études géotechniques et études structure

Qu’est-ce qu’une étude géotechnique complémentaire ?
Une étude géotechnique analyse le sol, l’eau souterraine et leurs interactions avec les fondations ou les ouvrages enterrés.
Dans le cadre de désordres existants, elle peut comprendre :
- l’analyse des études antérieures ;
- la reconnaissance des fondations ;
- des sondages de sol ;
- des essais pressiométriques ;
- des essais au pénétromètre ;
- des prélèvements ;
- des analyses de laboratoire ;
- la pose de piézomètres ;
- l’étude des circulations d’eau ;
- l’analyse des arbres, réseaux et terrassements ;
- la définition de principes de confortement.
La norme NF P 94-500 classe les différentes missions d’ingénierie géotechnique et précise leur contenu et leurs limites.
Qu’est-ce qu’une mission géotechnique G5 ?
La mission G5 correspond à un diagnostic géotechnique portant sur un ou plusieurs éléments géotechniques spécifiques, notamment lorsqu’un ouvrage existant présente des désordres.
Elle peut être utilisée pour analyser :
- un tassement ;
- un glissement ;
- un retrait-gonflement des argiles ;
- une instabilité de talus ;
- des fondations insuffisantes ;
- une interaction entre sol, eau et végétation ;
- les conditions d’un confortement.
Le Cerema réalise notamment des missions G5 associant reconnaissances du terrain, essais, analyses, modélisations et propositions de confortement.
Une étude géotechnique ancienne suffit-elle pour analyser un désordre actuel ?
Pas nécessairement.
Une étude ancienne peut avoir été réalisée :
- avant la construction ;
- avec un objectif différent ;
- avec un nombre limité de sondages ;
- avant une modification des abords ;
- avant une fuite ;
- avant une sécheresse importante ;
- sans reconnaissance des fondations réellement exécutées.
Elle constitue une pièce utile, mais le géotechnicien doit déterminer si des investigations complémentaires sont nécessaires.
Qu’est-ce qu’une étude structure ?
Une étude structure vise à analyser le fonctionnement, la résistance et la stabilité d’un ouvrage.
Elle peut comprendre :
- le relevé géométrique ;
- l’analyse des plans ;
- la reconnaissance des matériaux ;
- le repérage des armatures ;
- des carottages ;
- des essais mécaniques ;
- l’évaluation des charges ;
- une modélisation ;
- un recalcul ;
- la vérification des appuis et assemblages ;
- la définition d’un renforcement ;
- le dimensionnement d’un étaiement.
L’évaluation d’une structure existante doit tenir compte de son état réel, de ses matériaux, de ses transformations et de son fonctionnement observé.
Quand faut-il solliciter un bureau d’études structure ?
Son intervention est recommandée lorsque :
- une fissure affecte un élément porteur ;
- une poutre ou un plancher se déforme ;
- une fondation doit être dégagée ;
- un balcon présente une flèche ou une corrosion importante ;
- une armature a perdu de la section ;
- une charpente est altérée ;
- une ouverture doit être créée dans un mur ;
- un carottage concerne un élément fortement sollicité ;
- un renforcement ou une reprise en sous-oeuvre est envisagé ;
- la mise en sécurité doit être dimensionnée.
L’expert en bâtiment peut constater et orienter, mais il ne doit pas se substituer au calcul du bureau d’études lorsque la capacité portante doit être vérifiée.
Une étude structure détermine-t-elle l’origine géotechnique des fissures ?
Pas toujours.
Le bureau d’études structure analyse les effets sur le bâtiment et son comportement mécanique.
Lorsque le mouvement provient potentiellement du sol, il faut coordonner :
- le géotechnicien ;
- le bureau d’études structure ;
- l’expert chargé de la synthèse ;
- éventuellement l’hydrogéologue ou le spécialiste des réseaux.
Le géotechnicien caractérise le sol et les interactions avec les fondations. Le bureau d’études vérifie les sollicitations et dimensionne les éventuelles reprises.
Études thermiques, ventilation et acoustique
Qu’est-ce qu’une étude thermique complémentaire ?
Une étude thermique peut analyser :
- les déperditions ;
- la composition de l’enveloppe ;
- les ponts thermiques ;
- les températures de surface ;
- le fonctionnement du chauffage ;
- les besoins énergétiques ;
- le confort d’hiver et d’été ;
- les conséquences de différents scénarios de travaux.
Elle peut s’appuyer sur :
- les plans ;
- les caractéristiques des matériaux ;
- des relevés sur site ;
- la thermographie ;
- les consommations ;
- des simulations.
Un audit énergétique comprend une analyse de l’existant et des recommandations de travaux, mais il ne remplace pas automatiquement un diagnostic des pathologies d’humidité ou de structure.
Quand faut-il réaliser une étude hygrothermique ?
Une analyse hygrothermique est particulièrement utile lorsque les travaux risquent de modifier les transferts de chaleur et d’humidité, notamment pour :
- une isolation intérieure sur mur ancien ;
- une paroi humide ;
- une toiture complexe ;
- un mur comportant plusieurs couches peu perméables ;
- un doublage avec bois incorporés ;
- un bâtiment exposé à la pluie battante ;
- une rénovation énergétique présentant des condensations.
Les travaux HUMIBATex et HYGROBA montrent que l’analyse doit considérer simultanément les propriétés thermiques et hydriques des matériaux, les conditions climatiques et les possibilités de séchage.
Une étude thermique suffit-elle à diagnostiquer des moisissures ?
Non.
Les moisissures peuvent dépendre simultanément :
- des températures de surface ;
- de l’humidité intérieure ;
- de la ventilation ;
- d’une infiltration ;
- des usages ;
- de la nature des matériaux ;
- de la durée d’exposition.
L’étude thermique doit être recoupée avec un contrôle de ventilation, des mesures hygrométriques et une recherche de fuite ou d’infiltration lorsque les indices le justifient.
Qu’est-ce qu’une étude de ventilation ?
Une étude de ventilation vise à vérifier :
- le principe du système ;
- les entrées et sorties d’air ;
- les débits ;
- les pressions ;
- l’équilibrage ;
- les transferts entre les pièces ;
- l’état des conduits ;
- le rejet extérieur ;
- le niveau sonore ;
- la compatibilité avec l’usage et les appareils à combustion.
Elle peut comprendre :
- une inspection visuelle ;
- des mesures aux bouches ;
- une mesure de pression ;
- des tests fumigènes ;
- une inspection des conduits ;
- une analyse du dimensionnement ;
- un enregistrement de l’humidité.
Le protocole Ventilation RE2020 associe vérifications fonctionnelles et mesures pour apprécier la performance réelle des systèmes de ventilation mécanique.
Une feuille de papier tenue par une bouche suffit-elle à valider une ventilation ?
Non.
Elle montre uniquement qu’une aspiration existe au moment du test.
Elle ne renseigne pas suffisamment sur :
- le débit réel ;
- l’équilibrage ;
- les pertes de charge ;
- l’état des conduits ;
- la conformité des entrées d’air ;
- le fonctionnement des autres bouches ;
- les différents régimes de fonctionnement.
Une étude sérieuse nécessite des appareils et un protocole adaptés au type d’installation.
Qu’est-ce qu’une étude acoustique ?
Une étude acoustique analyse la transmission ou la production des bruits dans le bâtiment.
Elle peut concerner :
- les bruits aériens entre locaux ;
- les bruits de choc ;
- les équipements ;
- les bruits extérieurs ;
- les vibrations ;
- la réverbération ;
- les défauts de désolidarisation ;
- les transmissions latérales.
Elle peut comprendre :
- des mesures sonométriques ;
- l’utilisation d’une source sonore normalisée ;
- une machine à chocs ;
- des mesures vibratoires ;
- l’examen des parois et liaisons ;
- une modélisation ;
- l’analyse des conditions de mesure.
Le laboratoire acoustique du CSTB réalise des essais et des mesures adaptés aux matériaux, équipements et composants du bâtiment.
Une mesure acoustique ponctuelle suffit-elle à conclure ?
Pas toujours.
Le résultat peut dépendre :
- du bruit de fond ;
- de l’occupation ;
- du fonctionnement des équipements ;
- des portes et fenêtres ;
- de la période de la journée ;
- du point de mesure ;
- de la durée ;
- de la calibration du matériel ;
- de la nature du bruit.
Une nuisance intermittente peut nécessiter un enregistrement de longue durée ou plusieurs campagnes.
La mesure doit être comparée au référentiel applicable, au contrat et à la date de construction ou de rénovation.
Amiante et matériaux dangereux
Pourquoi faut-il réaliser un diagnostic amiante avant certains sondages ?
Une ouverture, un percement, un carottage, une dépose ou un prélèvement peut libérer des fibres lorsqu’il affecte un matériau contenant de l’amiante.
Avant une opération susceptible d’exposer des travailleurs, le donneur d’ordre, le maître d’ouvrage ou le propriétaire doit faire rechercher l’amiante dans le périmètre concerné et transmettre les informations utiles aux entreprises.
Les matériaux susceptibles d’être concernés peuvent notamment comprendre :
- enduits ;
- colles ;
- dalles de sol ;
- conduits ;
- plaques ;
- calorifugeages ;
- mastics ;
- joints ;
- flocages ;
- peintures ou revêtements spécifiques.
La date du bâtiment constitue un indice, mais elle ne remplace pas le repérage adapté à l’opération.
Le dossier technique amiante suffit-il avant une investigation destructive ?
Pas nécessairement.
Le dossier technique amiante, le dossier amiante des parties privatives ou un ancien diagnostic peuvent fournir des informations utiles. Ils ne couvrent pas toujours :
- tous les matériaux ;
- toutes les couches ;
- la zone exacte à percer ;
- les matériaux cachés ;
- le programme précis des travaux.
L’INRS rappelle que l’entreprise doit demander le repérage avant travaux ou les documents permettant d’identifier les matériaux amiantés dans la zone de son intervention.
Peut-on commencer un sondage en attendant les résultats amiante ?
Non lorsque l’opération présente un risque d’exposition non maîtrisé.
L’intervention doit être reportée ou adaptée jusqu’à ce que :
- le repérage soit disponible ;
- les prélèvements aient été analysés ;
- le mode opératoire soit défini ;
- les intervenants soient compétents et équipés ;
- la gestion des déchets soit organisée.
Une découverte fortuite d’un matériau suspect doit entraîner l’arrêt de l’intervention et la sécurisation de la zone.
Faut-il rechercher d’autres matériaux dangereux avant les sondages ?
Oui, selon l’âge et la nature du bâtiment.
Les précautions peuvent notamment concerner :
- le plomb ;
- les fibres minérales ;
- les poussières de silice ;
- les produits chimiques ;
- les moisissures importantes ;
- les bois traités ;
- les réseaux de gaz ;
- les installations électriques.
Le programme d’intervention doit intégrer les risques propres au matériau et à la technique de sondage.
Autorisations et copropriété
L’autorisation du propriétaire est-elle obligatoire ?
Une investigation destructive ne doit pas être réalisée sans l’accord de la personne habilitée à autoriser l’atteinte à l’ouvrage.
L’accord devrait préciser :
- les emplacements ;
- les dimensions ;
- la nature des sondages ;
- les risques ;
- les responsabilités ;
- les conditions de sécurité ;
- la conservation des prélèvements ;
- la remise en état ;
- la prise en charge financière.
Un locataire ne doit pas autoriser seul une dépose importante ou un carottage affectant le bien sans vérifier les pouvoirs dont il dispose.
Qui autorise une investigation dans une copropriété ?
Il faut d’abord identifier si la zone appartient :
- à une partie privative ;
- à une partie commune ;
- à une partie commune à jouissance privative ;
- à un équipement commun traversant une partie privative.
Le règlement de copropriété doit être examiné.
Les décisions relatives aux travaux affectant les parties communes ou les équipements de la copropriété relèvent en principe de la copropriété et sont prises selon les règles applicables en assemblée générale.
Le gros oeuvre, le sol, certaines gaines et les équipements communs sont présumés communs dans le silence ou la contradiction des titres.
Un copropriétaire peut-il faire carotter seul un mur porteur situé dans son appartement ?
Pas sans vérifier le statut du mur et obtenir les autorisations nécessaires.
Un mur porteur peut appartenir au gros oeuvre et constituer une partie commune même s’il se situe à l’intérieur du lot.
Le carottage peut également affecter :
- la résistance ;
- le ferraillage ;
- l’acoustique ;
- la sécurité incendie ;
- des réseaux communs.
Il faut normalement saisir le syndic et déterminer si une autorisation de l’assemblée générale est requise.
Le syndic peut-il organiser une investigation urgente ?
Le syndic doit être informé lorsque les parties communes, la sécurité ou la conservation de l’immeuble sont concernées.
Les modalités exactes dépendent :
- de l’urgence ;
- de l’étendue de l’investigation ;
- du coût ;
- de la nature des parties affectées ;
- des pouvoirs donnés au syndic ;
- des décisions déjà prises.
Une mesure strictement nécessaire à la mise en sécurité ne doit pas être retardée par une procédure incompatible avec l’urgence. L’état initial doit néanmoins être documenté et les copropriétaires informés selon les règles applicables.
Investigations contradictoires et traçabilité

Qu’est-ce qu’une investigation contradictoire ?
Une investigation contradictoire permet aux différentes parties concernées :
- d’être informées ;
- d’assister aux opérations ;
- de présenter leurs observations ;
- de proposer des emplacements ;
- d’examiner les prélèvements ;
- de discuter le protocole ;
- de recevoir les résultats.
Elle est particulièrement importante lorsque :
- la responsabilité est contestée ;
- des preuves vont être détruites ;
- une entreprise ou un assureur est mis en cause ;
- des prélèvements de laboratoire sont prévus ;
- une réparation urgente doit suivre immédiatement.
Une investigation doit-elle toujours être contradictoire ?
Non, notamment lorsqu’elle est réalisée dans le cadre d’un entretien courant ou d’un diagnostic sans litige.
Elle est toutefois fortement recommandée lorsque les résultats sont susceptibles d’être utilisés contre une partie ou lorsque l’intervention modifiera irréversiblement l’état de l’ouvrage.
Une investigation non contradictoire n’est pas automatiquement dépourvue de valeur. Sa portée peut cependant être discutée par une partie qui n’a pas pu assister aux opérations ni contrôler les prélèvements.
Comment organiser la convocation des parties ?
La convocation doit préciser :
- la date ;
- l’heure ;
- le lieu ;
- l’objet ;
- les zones concernées ;
- les investigations prévues ;
- les entreprises ou laboratoires présents ;
- les équipements nécessaires ;
- les risques et restrictions d’accès ;
- les documents à transmettre.
Un délai raisonnable doit permettre à chaque partie de se faire assister.
En urgence, un délai réduit peut être justifié, mais les raisons doivent être conservées dans le dossier.
Faut-il faire valider le protocole avant les investigations ?
Oui lorsque l’intervention est complexe ou contradictoire.
Le protocole peut préciser :
- les hypothèses étudiées ;
- les emplacements ;
- l’ordre des opérations ;
- la technique ;
- le nombre de prélèvements ;
- la répartition des échantillons ;
- le laboratoire ;
- les essais demandés ;
- les mesures de sécurité ;
- les critères d’interruption ;
- la remise en état.
Cette validation limite les contestations ultérieures sur la représentativité ou la conservation des échantillons.
Comment assurer la traçabilité des prélèvements ?
Chaque prélèvement doit comporter une identification unique.
La fiche de prélèvement peut indiquer :
- le dossier ;
- la date et l’heure ;
- le bâtiment ;
- la pièce ;
- l’ouvrage ;
- l’emplacement exact ;
- la profondeur ;
- l’orientation ;
- l’outil utilisé ;
- le préleveur ;
- les personnes présentes ;
- le conditionnement ;
- la destination du prélèvement.
Les photographies doivent montrer l’échantillon avant extraction, après extraction et après conditionnement.
Qu’est-ce que la chaîne de conservation ?
La chaîne de conservation décrit les personnes ayant détenu, transporté, stocké ou transmis le prélèvement jusqu’au laboratoire.
Elle peut être importante dans un litige pour démontrer que l’échantillon :
- correspond bien à la zone déclarée ;
- n’a pas été remplacé ;
- n’a pas été contaminé ;
- a été conservé dans des conditions adaptées ;
- a été remis au bon laboratoire.
Le niveau de formalisation doit être proportionné à l’importance technique et juridique de l’analyse.
Faut-il constituer plusieurs échantillons ?
Cela peut être utile lorsque :
- l’analyse est contradictoire ;
- une contre-analyse est possible ;
- le laboratoire peut consommer ou détruire l’échantillon ;
- plusieurs méthodes doivent être appliquées ;
- le produit ou le matériau est contesté.
Les échantillons doivent provenir d’une zone homogène ou leur différence doit être clairement expliquée.
Ils peuvent être répartis entre les parties ou conservés sous scellés.
Qui choisit le laboratoire ?
Le laboratoire doit être choisi selon :
- le matériau ;
- l’analyse recherchée ;
- ses compétences ;
- ses méthodes ;
- ses accréditations lorsque celles-ci sont pertinentes ;
- les quantités de matériau nécessaires ;
- les délais ;
- les conditions de transport.
Le choix doit intervenir avant le prélèvement afin d’éviter un échantillon inutilisable ou insuffisant.
Le laboratoire doit-il connaître le contexte du désordre ?
Oui, mais les informations doivent être transmises sans orienter abusivement le résultat.
Le laboratoire peut avoir besoin de connaître :
- la nature supposée du matériau ;
- son âge ;
- son exposition ;
- la pathologie ;
- la localisation ;
- les analyses demandées ;
- les valeurs de référence.
Il faut distinguer le résultat analytique du laboratoire et l’interprétation globale du désordre, qui relève de l’expert ou du bureau d’études compétent.
Remise en état, rapport et suites
Qui doit remettre en état les zones sondées ?
Cette question doit être définie avant les investigations.
Il faut préciser :
- l’entreprise chargée du rebouchage ;
- la nature du matériau utilisé ;
- la remise en état provisoire ou définitive ;
- les délais ;
- la prise en charge financière ;
- les garanties ;
- la restitution de l’étanchéité, de l’isolation ou de la résistance au feu.
L’entreprise chargée du sondage ne possède pas nécessairement les compétences nécessaires pour reconstituer une membrane, un parement patrimonial, une étanchéité ou un élément structurel.
La remise en état peut-elle être immédiate ?
Pas toujours.
La zone peut devoir rester ouverte pour :
- une visite contradictoire ;
- un séchage ;
- une analyse complémentaire ;
- une réparation du réseau ;
- une observation de l’évolution ;
- une seconde campagne de prélèvement ;
- la validation d’un bureau d’études.
Une protection provisoire doit alors empêcher :
- l’accès dangereux ;
- l’entrée d’eau ;
- la dispersion de poussières ;
- la chute de matériaux ;
- l’aggravation de la pathologie.
Comment reboucher un carottage ?
Le rebouchage doit être adapté :
- au support ;
- à la fonction de l’élément ;
- à l’exposition ;
- à la résistance attendue ;
- à l’étanchéité ;
- à la protection des armatures ;
- au comportement thermique ou acoustique.
Un simple remplissage superficiel peut être insuffisant si le carottage traverse :
- une paroi coupe-feu ;
- une étanchéité ;
- une paroi acoustique ;
- une structure ;
- une membrane d’étanchéité à l’air.
La solution doit être définie avant le percement.
Comment remettre en état un doublage ouvert ?
La remise en état peut nécessiter :
- le remplacement de l’isolant ;
- la reconstitution du pare-vapeur ;
- le traitement des raccords ;
- la réparation de l’ossature ;
- la pose d’une nouvelle plaque ;
- le traitement des joints ;
- la reprise de peinture ;
- le rétablissement de l’étanchéité à l’air.
Il faut éviter de refermer une paroi lorsque la cause du désordre reste active ou que les matériaux conservés sont encore humides.
La remise en état fait-elle disparaître les preuves ?
Elle peut effectivement rendre impossible un nouvel examen.
Avant fermeture ou réparation, il faut conserver :
- les photographies ;
- les croquis ;
- les mesures ;
- les prélèvements ;
- les pièces déposées ;
- les rapports ;
- l’identité des personnes présentes ;
- les observations contradictoires.
Lorsque la situation le permet, les parties doivent être informées avant la disparition définitive de la zone examinée.
Que doit contenir le rapport d’investigations ?
Le rapport doit notamment préciser :
- l’objectif ;
- les hypothèses étudiées ;
- les documents examinés ;
- les autorisations obtenues ;
- les personnes présentes ;
- les risques préalablement vérifiés ;
- les emplacements ;
- les techniques employées ;
- les appareils et réglages ;
- les prélèvements ;
- les photographies ;
- les résultats ;
- les observations des parties ;
- les limites ;
- les conclusions ;
- les investigations ou études restant nécessaires ;
- les conditions de remise en état.
Le rapport doit distinguer les observations réalisées sur place des résultats de laboratoire et des interprétations techniques.
Comment exprimer le niveau de certitude après des investigations destructives ?
Une investigation destructive n’impose pas automatiquement une conclusion certaine.
Le rapport peut distinguer :
Cause établie
L’ouverture, l’essai ou le prélèvement met directement en évidence le mécanisme.
Cause très probable
Les investigations montrent plusieurs indices concordants, mais une incertitude résiduelle demeure.
Cause probable
Le résultat est compatible avec l’hypothèse principale sans exclure totalement une autre origine.
Cause possible
Le sondage révèle un élément pertinent mais insuffisant pour conclure.
Cause non déterminée
Les investigations réalisées ne permettent pas d’identifier la cause.
Il est préférable de reconnaître une incertitude que de tirer une conclusion plus large que la zone réellement examinée.
Une étude complémentaire prescrit-elle automatiquement les travaux ?
Non.
Une étude peut fournir :
- un diagnostic ;
- des résultats de mesures ;
- des hypothèses ;
- des principes de réparation ;
- des recommandations.
La définition complète des travaux peut nécessiter une mission distincte comprenant :
- le dimensionnement ;
- les plans ;
- les matériaux ;
- le phasage ;
- les notes de calcul ;
- les contrôles ;
- le suivi de l’exécution.
Il faut donc vérifier si le document constitue seulement un diagnostic ou une véritable étude de conception et d’exécution.
Quand faut-il engager les travaux après les investigations ?
Les travaux peuvent être engagés lorsque :
- la cause est suffisamment identifiée ;
- l’étendue est connue ;
- les risques sont évalués ;
- les études nécessaires sont terminées ;
- les autorisations sont obtenues ;
- les preuves sont conservées ;
- le programme de réparation est défini ;
- les interfaces entre les corps d’état sont organisées.
Les mesures de sécurité ou la réparation d’une fuite active peuvent intervenir immédiatement, sans attendre la fin de toutes les études, lorsqu’elles sont nécessaires pour éviter une aggravation.
L’intervention de Check my House
Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?
Check my House peut intervenir pour définir, organiser et suivre les investigations complémentaires nécessaires au diagnostic d’un désordre.
Selon la mission, l’intervention peut comprendre :
- l’analyse préalable du bâtiment ;
- la définition des hypothèses ;
- le choix des zones à ouvrir ;
- la rédaction d’un programme d’investigations ;
- la localisation photographique des sondages ;
- l’organisation contradictoire ;
- la coordination avec une entreprise, un laboratoire ou un bureau d’études ;
- l’assistance lors des ouvertures ;
- le relevé des fondations, matériaux ou réseaux visibles ;
- le suivi des prélèvements ;
- l’analyse des résultats ;
- la définition des études géotechniques, structurelles, thermiques, acoustiques ou de ventilation nécessaires ;
- la conservation des preuves ;
- l’analyse de la remise en état ;
- la rédaction d’un rapport illustré ;
- l’assistance lors d’une expertise amiable contradictoire.
Check my House ne se substitue pas au laboratoire, au géotechnicien, au bureau d’études structure, au diagnostiqueur amiante, à l’acousticien ou au spécialiste de la ventilation lorsque leurs compétences et leurs moyens spécifiques sont nécessaires.
Check my House vous accompagne grâce à notre expertise fissures.
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Sources principales
- Cerema, méthodologie relative à la définition et à la réalisation des programmes d’auscultation, de prélèvement et d’analyse des ouvrages.
- Cerema, ressources consacrées aux études géotechniques et aux missions G1, G2, G4 et G5.
- AFNOR, NF P 94-500 relative aux missions d’ingénierie géotechnique, à leur classification et à leurs limites.
- Cerema, ressources relatives à l’évaluation structurale des ouvrages existants et aux méthodes d’auscultation des structures en béton.
- Cerema, protocole de vérification et de mesure des systèmes de ventilation.
- CSTB, Laboratoire acoustique du bâtiment européen et essais de caractérisation acoustique des matériaux, équipements et ouvrages.
- Cerema et CSTB, guides HUMIBATex et HYGROBA relatifs au comportement hygrothermique des parois existantes.
- INRS, prévention du risque amiante et obligations préalables aux interventions sur des matériaux susceptibles d’en contenir.
- Code du travail et arrêté du 16 juillet 2019 relatifs au repérage de l’amiante avant certaines opérations dans les immeubles bâtis.
- ANIL, règles de décision applicables aux travaux affectant les parties communes ou les équipements d’une copropriété.
- Agence Qualité Construction, essais de fonctionnement des réseaux d’eau et des évacuations des bâtiments.