Les mesures non destructives permettent de recueillir une information sur un matériau, un équipement ou un ouvrage sans le déposer ni altérer son fonctionnement : humidimètre, hygromètre, thermomètre de surface, caméra thermique, endoscope, niveau laser, inclinomètre, jauges de fissures, contrôle de ventilation, inspection vidéo des canalisations ou détection acoustique de fuite. Chaque appareil répond à une question précise, mais aucune mesure isolée ne constitue à elle seule un diagnostic.

Cette FAQ, élaborée à partir des ressources du Cerema, de l’Agence Qualité Construction, du CSTB et du Cofrac, présente le principe, l’intérêt et les limites de chaque méthode de mesure, l’importance de l’étalonnage et de l’incertitude, ainsi que la manière de présenter une donnée en distinguant clairement le constat, l’interprétation et la limite. Elle aide à comprendre quand une investigation destructive ou une campagne de mesures spécialisée devient nécessaire.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my house (cabinet d’expertise en bâtiment) depuis 2019.
Contenu à visée informative. Dernière mise à jour le 22 juillet 2026.

Pour être accompagné à chaque étape de votre projet, découvrez notre expertise contradictoire amiable proposée par Check my House.

Besoin d’un accompagnement personnalisé pour votre projet ?

Nous contacter Faire un devis automatique

Sommaire

Principes et choix des appareils

Qu’est-ce qu’une mesure non destructive dans le bâtiment ?

Une mesure non destructive permet de recueillir une information sur un matériau, un équipement ou un ouvrage sans procéder à sa dépose ni altérer sensiblement son fonctionnement.

Elle peut notamment aider à :

  • comparer plusieurs zones ;
  • repérer une anomalie ;
  • quantifier une déformation ;
  • localiser un réseau ;
  • mesurer une température ou une humidité ambiante ;
  • contrôler une pente ;
  • suivre une fissure ;
  • orienter une investigation complémentaire.

La mesure non destructive ne doit pas être confondue avec le diagnostic complet. Elle produit une donnée qui doit être replacée dans le contexte du bâtiment, confrontée aux constatations visuelles et recoupée avec d’autres informations.

Le Cerema rappelle qu’un programme d’auscultation doit être défini à partir des pathologies suspectées et des objectifs du diagnostic. Le choix des méthodes, des matériels et des conditions de mesure doit permettre de recueillir des données fiables avant leur interprétation globale.

Tous les appareils présentés comme non destructifs le sont-ils réellement ?

Non.

Certains appareils sont strictement non invasifs, par exemple :

  • la caméra thermique ;
  • l’hygromètre d’ambiance ;
  • le thermomètre infrarouge ;
  • le niveau laser ;
  • l’inclinomètre posé en surface.

D’autres méthodes sont plutôt faiblement intrusives :

  • l’humidimètre à pointes, qui laisse de petits trous ;
  • l’endoscope lorsqu’un percement est nécessaire ;
  • la caméra de canalisation lorsqu’un accès doit être créé ;
  • certaines jauges de fissure fixées par collage ou vissage.

La nature de l’intervention doit être précisée dans la mission. Un petit percement peut être techniquement limité tout en affectant une finition, une membrane, une étanchéité ou une preuve utile en cas de litige.

Comment choisir l’appareil adapté ?

Le choix doit partir de la question technique à résoudre.

Il faut notamment déterminer si l’on cherche à :

  • repérer une zone plus humide que les autres ;
  • mesurer l’humidité de l’air ;
  • évaluer la teneur en eau d’un bois ;
  • comparer des températures de surface ;
  • repérer une anomalie d’isolation ;
  • mesurer une déformation ;
  • vérifier une pente ;
  • contrôler un débit de ventilation ;
  • observer l’intérieur d’une canalisation ;
  • localiser une fuite probable.

L’appareil doit être adapté :

  • au matériau ;
  • à la grandeur recherchée ;
  • à la précision nécessaire ;
  • aux conditions du site ;
  • à la profondeur d’investigation ;
  • au niveau de certitude attendu.

Un appareil techniquement performant peut fournir une donnée sans utilité si la question initiale n’a pas été correctement définie.

Humidimètre capacitif

Mesure comparative d humidite avec un humidimetre sur un mur

Qu’est-ce qu’un humidimètre capacitif ?

Un humidimètre capacitif, également appelé humidimètre sans pointes ou appareil diélectrique, applique un champ électromagnétique à proximité de la surface.

Les variations des propriétés électriques du matériau permettent à l’appareil d’indiquer une valeur ou une classe d’humidité.

Il peut être utilisé pour comparer rapidement plusieurs zones sur :

  • un mur ;
  • une chape ;
  • un plafond ;
  • un panneau ;
  • un doublage ;
  • certains bois ;
  • certains matériaux minéraux.

Il présente l’avantage de ne pas percer le revêtement et de permettre une cartographie rapide.

Un humidimètre capacitif mesure-t-il directement la quantité d’eau dans le mur ?

Pas nécessairement.

Dans de nombreux usages du bâtiment, il fournit surtout une indication comparative dépendant des propriétés électriques du matériau.

La valeur peut être influencée par :

  • la densité ;
  • la composition ;
  • la présence de sels ;
  • les armatures ;
  • les montants métalliques ;
  • les canalisations ;
  • les câbles ;
  • l’épaisseur du matériau ;
  • les vides ;
  • la finition de surface ;
  • la profondeur réelle de la zone humide.

Une valeur de 80 relevée sur un appareil ne signifie donc pas automatiquement que le matériau contient 80 % d’eau.

L’AQC rappelle que la détection de l’humidité doit être associée à l’identification de sa source et que la mesure doit être interprétée en fonction du matériau, de la méthode et des conditions du bâtiment.

À quoi sert principalement l’humidimètre capacitif ?

Il est particulièrement utile pour :

  • comparer une zone suspecte à une zone présumée saine ;
  • suivre la répartition apparente d’une humidité ;
  • rechercher les limites d’une auréole ;
  • choisir les emplacements d’une investigation plus précise ;
  • suivre une évolution avec le même protocole ;
  • repérer une anomalie derrière une finition mince.

Son intérêt repose davantage sur la comparaison et la cartographie que sur l’interprétation isolée d’une valeur absolue.

Quelles précautions faut-il prendre avec un humidimètre capacitif ?

Il convient notamment de :

  • identifier le matériau mesuré ;
  • conserver le même réglage ;
  • nettoyer ou sécher la surface si nécessaire ;
  • éviter les zones comportant du métal ;
  • réaliser plusieurs mesures ;
  • comparer des matériaux identiques ;
  • noter précisément les emplacements ;
  • maintenir une pression et une orientation similaires ;
  • connaître la profondeur indicative d’investigation de l’appareil.

Comparer directement une plaque de plâtre, une brique, un béton et un bois à partir de la même échelle peut conduire à une conclusion erronée.

Les sels peuvent-ils perturber un humidimètre capacitif ?

Oui.

Les sels présents dans les matériaux peuvent modifier leur comportement électrique et augmenter la valeur affichée.

Une zone contenant des sels hygroscopiques peut donc présenter une indication élevée :

  • même après diminution de l’apport d’eau liquide ;
  • lorsque l’humidité de l’air augmente ;
  • sans que le cœur de la paroi soit saturé.

Une mesure électrique élevée ne permet pas de distinguer automatiquement :

  • l’eau liquide ;
  • l’humidité hygroscopique ;
  • une ancienne contamination saline ;
  • une fuite active.

Humidimètre à pointes et bois

Qu’est-ce qu’un humidimètre à pointes ?

Un humidimètre à pointes utilise deux électrodes introduites dans le matériau. Il mesure généralement une propriété électrique liée à la résistance ou à la conductivité entre les pointes.

Il est principalement utilisé pour les bois et certains matériaux compatibles.

Il peut aider à :

  • mesurer à une profondeur limitée ;
  • comparer la surface et une zone plus profonde ;
  • contrôler un bois de charpente ;
  • rechercher une zone localement humide ;
  • suivre le séchage d’un élément.

Il ne s’agit pas d’une méthode totalement non destructive, puisque les électrodes pénètrent dans le support.

L’humidimètre à pointes est-il fiable pour le bois ?

Il peut fournir une indication utile lorsque l’appareil est adapté et correctement réglé.

L’interprétation dépend notamment :

  • de l’essence du bois ;
  • de sa température ;
  • de la profondeur des électrodes ;
  • du sens des fibres ;
  • de la présence d’un traitement ;
  • de sels ou de produits chimiques ;
  • de la qualité du contact ;
  • de la plage de mesure de l’appareil.

Une mesure en surface peut être très différente de l’humidité située au cœur d’une pièce épaisse.

Comment mesurer l’humidité d’une pièce de bois épaisse ?

Selon l’objectif, il peut être nécessaire :

  • d’utiliser des électrodes isolées permettant une mesure à profondeur définie ;
  • de mesurer plusieurs faces ;
  • de comparer plusieurs profondeurs ;
  • d’éviter les zones proches d’une fixation métallique ;
  • de corriger la valeur selon l’essence et la température ;
  • de répéter la mesure à différents endroits.

Une mesure unique réalisée avec de petites pointes sur la surface d’une poutre ne permet pas de connaître avec certitude l’humidité de toute sa section.

Un humidimètre à pointes peut-il être utilisé sur un mur en maçonnerie ?

Certains appareils proposent des modes pour matériaux minéraux, mais leur lecture doit être interprétée avec prudence.

La valeur peut être fortement influencée par :

  • les sels ;
  • la nature du mortier ;
  • les joints ;
  • les éléments métalliques ;
  • la composition hétérogène du mur ;
  • la profondeur limitée des pointes.

Lorsque la teneur réelle en eau doit être quantifiée, un prélèvement et une méthode adaptée au matériau peuvent être nécessaires.

Hygromètre et humidité relative

Qu’est-ce qu’un hygromètre ?

Un hygromètre mesure l’humidité de l’air, généralement exprimée en humidité relative.

Les appareils utilisés dans le bâtiment associent souvent :

  • une mesure d’humidité relative ;
  • une mesure de température de l’air ;
  • un calcul du point de rosée ;
  • parfois un enregistrement dans le temps.

L’hygromètre peut aider à analyser :

  • une condensation ;
  • un défaut de ventilation ;
  • le séchage d’un chantier ;
  • le fonctionnement d’une cave ;
  • les conditions d’occupation ;
  • l’environnement d’un parquet ou d’un bois.

Les outils de suivi de l’AQC prévoient notamment des mesures continues de température et d’hygrométrie afin d’adapter l’aération, la ventilation ou la déshumidification pendant un chantier.

Qu’est-ce que l’humidité relative ?

L’humidité relative exprime le rapport entre la quantité de vapeur d’eau présente dans l’air et la quantité maximale que cet air pourrait contenir à la même température avant saturation.

Elle dépend donc fortement de la température.

Un même volume d’air peut voir son humidité relative augmenter lorsqu’il se refroidit, sans qu’une nouvelle quantité de vapeur d’eau ait été ajoutée.

Cette relation explique notamment pourquoi un air intérieur apparemment modérément humide peut atteindre la saturation au contact d’une paroi froide.

Une mesure ponctuelle d’humidité relative suffit-elle ?

Non.

L’humidité de l’air varie avec :

  • les douches ;
  • la cuisine ;
  • le séchage du linge ;
  • l’ouverture des fenêtres ;
  • le chauffage ;
  • le nombre d’occupants ;
  • la météo ;
  • le fonctionnement de la ventilation ;
  • le moment de la journée.

Une valeur relevée pendant quelques secondes ne représente pas nécessairement les conditions habituelles du logement.

Un enregistrement sur plusieurs jours peut être plus pertinent pour rechercher :

  • les pointes d’humidité ;
  • leur durée ;
  • la capacité de la ventilation à les évacuer ;
  • les périodes à risque de condensation ;
  • la relation avec les usages.

Où placer un hygromètre ?

L’appareil ne doit pas être placé sans réflexion :

  • directement contre une paroi froide ;
  • au-dessus d’un radiateur ;
  • devant une bouche de ventilation ;
  • dans un courant d’air ;
  • en plein soleil ;
  • juste à côté d’une douche ;
  • dans une zone inaccessible aux conditions réelles de la pièce.

Pour une comparaison, les capteurs doivent être placés à des emplacements représentatifs et décrits dans le rapport.

Température de surface

Qu’est-ce qu’un thermomètre de surface ?

Un thermomètre de surface mesure ou estime la température d’une paroi, d’un sol, d’un plafond ou d’un équipement.

Il peut fonctionner :

  • par contact ;
  • par rayonnement infrarouge sans contact.

Il est notamment utilisé pour :

  • rechercher une surface froide ;
  • comparer plusieurs zones ;
  • évaluer un risque de condensation ;
  • contrôler un plancher chauffant ;
  • repérer une canalisation chaude ;
  • vérifier une anomalie thermique.

Quelle est la différence entre température de l’air et température de surface ?

La température de l’air est mesurée dans l’ambiance.

La température de surface correspond à celle de la paroi.

Une pièce peut être chauffée à 20 °C alors qu’un angle de mur extérieur présente une température beaucoup plus basse.

Le risque de condensation dépend de la rencontre entre :

  • la température de la surface ;
  • la température de l’air ;
  • l’humidité relative de l’air.

Il est donc insuffisant de connaître uniquement la température générale de la pièce.

Comment utilise-t-on la température de surface pour rechercher un risque de condensation ?

Il est possible de comparer :

  • la température de la surface ;
  • le point de rosée calculé à partir de l’air intérieur.

Lorsque la température de surface est inférieure ou proche du point de rosée, une condensation peut se produire dans les conditions mesurées.

Cette comparaison ne prouve toutefois pas qu’une condensation est permanente. Il faut tenir compte :

  • des variations dans le temps ;
  • des usages ;
  • de la ventilation ;
  • du chauffage ;
  • des conditions extérieures ;
  • de l’emplacement exact de la mesure.

Quelles sont les limites d’un thermomètre infrarouge ?

La mesure peut être perturbée par :

  • l’émissivité du matériau ;
  • les reflets ;
  • les surfaces métalliques brillantes ;
  • le verre ;
  • la distance ;
  • la taille de la zone réellement mesurée ;
  • l’angle de visée ;
  • le soleil ;
  • une source de chaleur voisine.

Le point laser visible sur certains appareils ne représente pas nécessairement toute la surface intégrée dans la mesure. Plus l’appareil est éloigné, plus la zone mesurée peut être large.

Caméra thermique et thermographie

Expert realisant une thermographie avec une camera thermique

Qu’est-ce qu’une caméra thermique ?

Une caméra thermique représente les différences de rayonnement infrarouge émises par les surfaces et les traduit sous forme d’image thermique.

Elle peut aider à repérer :

  • des ponts thermiques ;
  • des défauts d’isolation ;
  • des fuites d’air dans certaines conditions ;
  • le tracé d’un plancher chauffant ;
  • des zones anormalement chaudes ou froides ;
  • certaines humidités par leurs effets thermiques ;
  • des hétérogénéités de matériaux ;
  • certains décollements.

La thermographie permet d’émettre des hypothèses sur le comportement thermique d’une paroi, mais elle ne révèle pas directement la composition ni la cause de chaque anomalie.

Une caméra thermique voit-elle l’humidité ?

Non.

Elle mesure ou estime des températures apparentes de surface.

Une zone humide peut présenter une température différente en raison :

  • de l’évaporation ;
  • d’une conductivité thermique différente ;
  • d’une inertie différente ;
  • d’une arrivée d’eau chaude ou froide.

La même anomalie thermique peut toutefois être provoquée par :

  • un défaut d’isolation ;
  • une canalisation ;
  • une infiltration d’air ;
  • un matériau différent ;
  • un rayonnement solaire ;
  • une ombre ;
  • une fixation métallique.

La caméra thermique peut orienter la recherche, mais elle ne permet pas à elle seule d’affirmer qu’une tache correspond à une fuite.

Quelles conditions sont nécessaires pour une thermographie exploitable ?

Les conditions dépendent de l’objectif, mais il faut notamment maîtriser :

  • l’écart de température ;
  • le chauffage du bâtiment ;
  • le rayonnement solaire ;
  • le vent ;
  • la pluie ;
  • les reflets ;
  • l’émissivité ;
  • la distance ;
  • les sources de chaleur internes ;
  • le moment de la journée.

Le Cerema souligne que la thermographie est une méthode non destructive rapide, mais qu’elle nécessite un matériel adapté, des conditions d’essai maîtrisées et un opérateur qualifié pour interpréter les images et éviter les pièges.

Peut-on réaliser une thermographie de façade en plein soleil ?

Une façade chauffée par le soleil peut présenter des différences de température liées :

  • à l’orientation ;
  • à la couleur ;
  • à l’ombre ;
  • aux matériaux ;
  • au stockage solaire ;
  • au vent.

Ces effets peuvent masquer ou imiter un défaut d’isolation.

Une thermographie destinée à analyser les déperditions est généralement plus exploitable lorsque les conditions thermiques et solaires sont adaptées à l’objectif de la mesure.

Une thermographie permet-elle de quantifier directement la performance de l’isolation ?

Pas dans le cadre d’une simple inspection visuelle.

Elle peut localiser des anomalies et comparer des zones, mais la détermination quantitative d’une résistance thermique nécessite un protocole plus complet, des capteurs adaptés, des conditions stabilisées et une analyse spécialisée.

Le projet MELODIE de l’AQC vise précisément à associer thermographie et mesures locales pour améliorer la précision des diagnostics thermiques in situ.

Pourquoi faut-il conserver les images thermiques originales ?

Une simple capture d’écran colorée ne contient pas toujours toutes les données utiles.

Il convient de conserver :

  • le fichier radiométrique original lorsque l’appareil le permet ;
  • l’image visible correspondante ;
  • l’échelle de température ;
  • les réglages d’émissivité ;
  • la distance ;
  • les températures intérieure et extérieure ;
  • l’heure ;
  • les conditions météorologiques ;
  • l’emplacement de la prise de vue.

Une palette de couleurs différente peut modifier la perception visuelle sans changer les températures réellement enregistrées.

Endoscope

Qu’est-ce qu’un endoscope ?

Un endoscope est une petite caméra montée à l’extrémité d’un câble rigide ou flexible.

Il permet d’observer une zone difficilement accessible, par exemple :

  • derrière un doublage ;
  • dans un faux plafond ;
  • dans une gaine ;
  • sous une baignoire ;
  • dans un coffrage ;
  • dans une cavité de plancher ;
  • derrière un bardage ;
  • dans certains conduits.

Il peut être introduit par :

  • une ouverture existante ;
  • une trappe ;
  • une prise déposée en sécurité ;
  • un petit percement ciblé.

Que peut montrer un endoscope ?

Il peut notamment révéler :

  • une présence d’eau ;
  • des traces de ruissellement ;
  • des moisissures ;
  • un isolant déplacé ;
  • une corrosion ;
  • un raccord déboîté ;
  • une membrane discontinue ;
  • un bois altéré ;
  • une accumulation de déchets ;
  • la composition apparente d’une cavité.

Il ne permet pas nécessairement de mesurer :

  • la résistance d’un matériau ;
  • l’humidité au cœur d’un élément ;
  • la profondeur d’une fissure ;
  • l’étendue complète de la pathologie ;
  • l’étanchéité réelle d’un assemblage.

Quelles sont les limites de l’endoscope ?

La vision peut être limitée par :

  • le faible diamètre de l’ouverture ;
  • la longueur du câble ;
  • les obstacles ;
  • l’angle de la caméra ;
  • le manque de lumière ;
  • les poussières ;
  • la condensation sur l’objectif ;
  • l’absence de repère de distance ;
  • la difficulté à orienter l’image.

Une image agrandie peut également donner une impression trompeuse sur la taille réelle du défaut.

L’emplacement, la direction et la profondeur d’introduction doivent être consignés.

Peut-on percer n’importe où pour introduire un endoscope ?

Non.

Avant tout percement, il faut rechercher :

  • les réseaux électriques ;
  • les canalisations ;
  • les tubes de chauffage ;
  • les membranes ;
  • l’étanchéité ;
  • les armatures ;
  • les matériaux dangereux ;
  • la fonction structurelle de la zone.

Un percement mal placé peut créer le désordre que l’on cherche à diagnostiquer.

En cas de litige, l’ouverture doit être autorisée et documentée.

Niveau laser et inclinomètre

Expert relevant un niveau et une pente avec un niveau laser

Qu’est-ce qu’un niveau laser ?

Un niveau laser projette un plan ou une ligne de référence horizontale ou verticale.

Il peut être utilisé pour :

  • comparer les niveaux d’un sol ;
  • relever une flèche ;
  • rechercher une déformation ;
  • vérifier un aplomb ;
  • contrôler une pente ;
  • mesurer une différence de hauteur ;
  • suivre un affaissement ;
  • établir un relevé géométrique.

Il ne mesure pas directement la cause de la déformation.

Un niveau laser peut-il prouver qu’un bâtiment s’est affaissé ?

Non, à partir d’une seule campagne de mesure.

Il peut montrer qu’une différence de niveau existe à la date du relevé.

Cette différence peut provenir :

  • d’un tassement ;
  • d’un défaut initial de réalisation ;
  • d’une pente volontaire ;
  • d’une chape irrégulière ;
  • d’un fléchissement ;
  • d’une déformation du revêtement ;
  • d’un support localement dégradé.

Pour démontrer une évolution, il faut disposer :

  • d’un repère stable ;
  • de mesures répétées ;
  • d’emplacements identiques ;
  • d’une précision connue ;
  • d’un protocole reproductible.

Quelles précautions faut-il prendre avec un niveau laser ?

Il faut notamment :

  • vérifier la stabilité du support de l’appareil ;
  • contrôler son auto-nivellement ;
  • éviter les vibrations ;
  • définir un repère de référence ;
  • relever les distances ;
  • vérifier la visibilité du faisceau ;
  • tenir compte de la portée et de la précision ;
  • distinguer la surface du revêtement de la structure réelle.

Un niveau posé sur un plancher lui-même déformé ne constitue pas nécessairement une référence stable pour le suivi du bâtiment.

Qu’est-ce qu’un inclinomètre ?

Un inclinomètre mesure l’angle ou l’inclinaison d’une surface par rapport à une référence.

Les modèles utilisés dans le bâtiment peuvent être :

  • mécaniques ;
  • électroniques ;
  • intégrés à un niveau ;
  • installés durablement pour suivre une rotation.

Ils peuvent aider à contrôler :

  • la pente d’un balcon ;
  • l’inclinaison d’un mur ;
  • la pente d’une canalisation accessible ;
  • la déformation d’une poutre ;
  • la rotation d’un ouvrage ;
  • l’aplomb d’un élément.

Une mesure d’inclinaison locale représente-t-elle toute la surface ?

Non.

Une dalle ou un balcon peut présenter :

  • une pente générale ;
  • des creux ;
  • des bosses ;
  • des déformations locales ;
  • plusieurs plans différents.

Un inclinomètre de petite longueur posé sur une zone irrégulière donne principalement la pente locale.

Pour connaître la pente générale, il peut être nécessaire de compléter par :

  • un niveau laser ;
  • une règle de longueur adaptée ;
  • plusieurs relevés ;
  • un plan de nivellement.

Comment suivre l’inclinaison d’un mur ?

Le suivi doit être réalisé :

  • aux mêmes points ;
  • dans la même orientation ;
  • avec la même référence ;
  • avec un appareil vérifié ;
  • dans des conditions comparables ;
  • sur une durée adaptée.

Une légère différence entre deux relevés peut provenir :

  • du repositionnement ;
  • de la rugosité ;
  • de la température ;
  • de la précision de l’appareil ;
  • de la stabilité du support.

Il faut comparer l’écart observé à l’incertitude réelle de la méthode avant de conclure à un mouvement.

Fissures, jauges et pentes

Comment mesure-t-on la largeur d’une fissure ?

La largeur apparente peut être mesurée avec :

  • un réglet gradué ;
  • une carte ou jauge de fissures ;
  • un compte-fils ;
  • un microscope de fissure ;
  • un capteur électronique ;
  • une jauge installée pour le suivi.

La mesure doit préciser :

  • le point exact ;
  • la date ;
  • la température si elle est pertinente ;
  • l’outil utilisé ;
  • l’unité ;
  • le support ;
  • la face examinée.

L’AQC recense plusieurs instruments permettant de mesurer une fissure ou de suivre son évolution, du compte-fils aux jauges et capteurs électroniques.

La largeur maximale d’une fissure suffit-elle à déterminer sa gravité ?

Non.

Il faut également examiner :

  • son orientation ;
  • sa longueur ;
  • sa profondeur ;
  • son évolution ;
  • le désaffleurement ;
  • les matériaux traversés ;
  • sa localisation dans l’ouvrage ;
  • la fonction de l’élément ;
  • les déformations associées ;
  • les entrées d’eau.

Une fissure fine située au droit d’un assemblage structurel peut être plus significative qu’une fissure plus large mais superficielle dans un revêtement.

L’AQC rappelle que l’apparence d’une fissure ne permet pas automatiquement d’en déduire l’origine et que plusieurs causes différentes peuvent produire des formes similaires.

Une jauge de fissure mesure-t-elle la cause du mouvement ?

Non.

Elle mesure un déplacement relatif au droit du point instrumenté.

Selon le modèle, elle peut renseigner sur :

  • l’ouverture ;
  • la fermeture ;
  • un cisaillement ;
  • parfois plusieurs directions.

Elle ne permet pas à elle seule de savoir si le mouvement provient :

  • des fondations ;
  • d’un retrait thermique ;
  • d’une déformation du plancher ;
  • d’une vibration ;
  • du séchage ;
  • de la structure ;
  • d’un mouvement du revêtement.

Le suivi doit être associé aux températures, aux pluies, aux travaux et aux autres observations.

Un témoin en plâtre est-il une mesure fiable ?

Un témoin peut indiquer qu’un mouvement s’est produit s’il se fissure.

Il présente toutefois des limites :

  • fragilité propre ;
  • retrait du plâtre ;
  • mauvaise adhérence ;
  • absence de mesure précise ;
  • impossibilité de connaître le sens du déplacement ;
  • risque de dégradation accidentelle ;
  • sensibilité aux variations thermiques.

Une jauge graduée ou un capteur est généralement plus exploitable pour quantifier une évolution.

Comment mesure-t-on une pente ?

Une pente peut être mesurée à l’aide :

  • d’un niveau à bulle ;
  • d’un inclinomètre ;
  • d’un niveau laser ;
  • d’une règle et de cales ;
  • d’un relevé topographique ;
  • d’un niveau numérique.

Elle peut être exprimée :

  • en pourcentage ;
  • en angle ;
  • en différence de hauteur sur une distance donnée.

Le rapport doit préciser la longueur de référence. Une différence de 5 mm n’a pas la même signification sur 20 cm et sur 5 mètres.

Pourquoi plusieurs appareils peuvent-ils donner des pentes différentes ?

Les écarts peuvent provenir :

  • de la longueur de l’outil ;
  • de la rugosité du support ;
  • du point de départ ;
  • de la zone mesurée ;
  • du réglage de zéro ;
  • de la précision ;
  • de la présence d’un revêtement ;
  • d’une déformation locale.

Il faut distinguer :

  • la pente du support structurel ;
  • la pente de la chape ;
  • la pente du revêtement ;
  • la pente de l’étanchéité ;
  • la pente d’écoulement réellement suivie par l’eau.

Une pente insuffisante prouve-t-elle automatiquement l’origine d’une infiltration ?

Non.

Elle peut favoriser :

  • la stagnation ;
  • une mise en charge ;
  • l’encrassement ;
  • la pénétration dans un joint.

Il faut néanmoins vérifier aussi :

  • l’étanchéité ;
  • les relevés ;
  • les évacuations ;
  • les fissures ;
  • les seuils ;
  • les joints ;
  • l’entretien.

Une mauvaise pente peut être un facteur aggravant sans constituer l’unique cause du désordre.

Contrôle de la ventilation

En quoi consiste un contrôle de ventilation ?

Le contrôle peut comprendre plusieurs niveaux :

  • examen visuel de l’installation ;
  • vérification du fonctionnement du ventilateur ;
  • contrôle des entrées d’air ;
  • vérification des passages entre les pièces ;
  • test indicatif d’aspiration ;
  • mesure de pression ;
  • mesure du débit aux bouches ;
  • contrôle de l’équilibrage ;
  • examen de la prise et du rejet d’air ;
  • inspection des conduits accessibles.

Le protocole Ventilation RE2020 développé avec l’appui du Cerema associe vérifications fonctionnelles et mesures afin d’apprécier la performance réelle des installations.

Le test avec une feuille de papier suffit-il à contrôler une VMC ?

Non.

Il peut montrer qu’une aspiration existe à un instant donné, mais ne permet pas de connaître :

  • le débit ;
  • la pression ;
  • l’équilibrage ;
  • l’état du conduit ;
  • la conformité du système ;
  • le fonctionnement aux différentes vitesses ;
  • la présence d’un débit excessif ou insuffisant.

Une bouche peut retenir une feuille tout en présentant un débit inadapté.

Quels appareils servent à mesurer la ventilation ?

Selon le système, il peut être utilisé :

  • un anémomètre ;
  • un cône ou une hotte de mesure ;
  • un débitmètre ;
  • un manomètre différentiel ;
  • un micromanomètre ;
  • un tachymètre ;
  • un générateur de fumée pour visualiser les flux ;
  • un appareil de contrôle des pressions.

Le matériel doit être adapté au type de bouche, au sens de circulation et à la plage de débit.

Quelles conditions doivent être précisées lors d’une mesure de ventilation ?

Il convient notamment de consigner :

  • la vitesse du ventilateur ;
  • la position des fenêtres ;
  • la position des portes ;
  • l’état des entrées d’air ;
  • le fonctionnement des hottes ;
  • le fonctionnement des appareils à combustion ;
  • l’état des filtres ;
  • la bouche mesurée ;
  • l’appareil utilisé ;
  • les conditions de montage de la hotte ou du cône.

La fiabilité des mesures aux bouches dépend du protocole et du matériel. Le projet PROMEVENT du Cerema a précisément étudié les méthodes destinées à fiabiliser l’évaluation des systèmes résidentiels.

Un débit insuffisant désigne-t-il automatiquement la cause du défaut ?

Non.

Il faut rechercher si l’insuffisance provient :

  • du ventilateur ;
  • d’une bouche ;
  • d’un conduit obstrué ;
  • d’un conduit écrasé ;
  • d’une fuite du réseau ;
  • d’un mauvais réglage ;
  • d’entrées d’air absentes ;
  • d’un transfert insuffisant entre les pièces ;
  • d’un filtre encrassé ;
  • d’une conception inadaptée.

Une mesure à une seule bouche ne permet pas toujours de conclure sur l’ensemble de l’installation.

Inspection vidéo et détection de fuite

Expert realisant une inspection video d une canalisation

Qu’est-ce qu’une inspection vidéo des canalisations ?

L’inspection vidéo consiste à introduire une caméra dans une canalisation accessible afin d’en observer l’intérieur.

Elle peut contribuer à repérer :

  • une fissure ;
  • un raccord déboîté ;
  • un joint ouvert ;
  • une obstruction ;
  • des racines ;
  • un écrasement ;
  • une déformation ;
  • une stagnation ;
  • un dépôt ;
  • un objet étranger ;
  • une modification de diamètre ;
  • une canalisation partiellement effondrée.

Elle peut être associée à une sonde de localisation permettant de rechercher la position de la caméra depuis la surface.

Une caméra de canalisation permet-elle de vérifier l’étanchéité du réseau ?

Pas toujours.

Un raccord peut sembler correctement assemblé tout en présentant une fuite lors d’une mise en charge.

Inversement, une trace ou un dépôt ne démontre pas nécessairement une perte d’étanchéité active.

L’inspection vidéo doit parfois être complétée par :

  • un essai d’écoulement ;
  • une mise en eau ;
  • un essai d’étanchéité ;
  • un colorant ;
  • une localisation en surface ;
  • un contrôle de pente ;
  • une excavation ciblée.

Les fiches d’essai de l’AQC distinguent le contrôle du bon écoulement des évacuations intérieures et extérieures de l’analyse détaillée des causes d’un défaut.

Quelles sont les limites d’une inspection vidéo ?

La qualité du contrôle peut être limitée par :

  • un diamètre insuffisant ;
  • des coudes ;
  • un réseau rempli d’eau ;
  • des dépôts ;
  • de la graisse ;
  • des racines ;
  • un accès impossible ;
  • une image sale ou embuée ;
  • l’absence de centrage ;
  • l’absence de localisation ;
  • une caméra ne montrant qu’une partie de la circonférence.

Une canalisation doit parfois être nettoyée avant l’inspection, sans que ce nettoyage fasse disparaître les indices nécessaires au diagnostic.

Une inspection vidéo permet-elle de mesurer la pente d’une canalisation ?

Pas avec précision dans toutes les configurations.

Une stagnation visible peut indiquer :

  • une contrepente ;
  • un affaissement ;
  • une obstruction ;
  • une déformation.

La pente réelle peut nécessiter :

  • un relevé altimétrique ;
  • une caméra équipée de capteurs adaptés ;
  • la localisation du tracé ;
  • l’ouverture des regards ;
  • un contrôle topographique.

La capacité d’une canalisation dépend notamment de son diamètre et de sa pente.

En quoi consiste une détection acoustique de fuite ?

Une fuite sur une canalisation sous pression peut produire un bruit ou des vibrations qui se propagent :

  • dans la canalisation ;
  • dans les murs ;
  • dans le sol ;
  • dans la dalle ;
  • au niveau des organes du réseau.

Des microphones, capteurs de contact ou corrélateurs peuvent aider à repérer une zone dans laquelle le signal est plus important.

La détection acoustique fonctionne-t-elle sur toutes les fuites ?

Non.

Son efficacité dépend :

  • du débit de fuite ;
  • de la pression ;
  • du matériau de la canalisation ;
  • de son diamètre ;
  • de sa profondeur ;
  • de la nature du sol ;
  • de la distance entre les points d’écoute ;
  • du bruit ambiant ;
  • de la présence de pompes ou d’équipements ;
  • de la continuité du réseau.

Les différentes méthodes de détection présentent des limites selon le matériau des canalisations, leur profondeur et l’environnement.

Une zone acoustiquement bruyante correspond-elle exactement au point de fuite ?

Pas nécessairement.

Le bruit peut être transmis ou amplifié par :

  • une fixation ;
  • une vanne ;
  • un raccord ;
  • un fourreau ;
  • un élément métallique ;
  • une cavité ;
  • la structure du bâtiment.

La détection acoustique délimite souvent une zone probable qui doit être recoupée avec :

  • le tracé du réseau ;
  • une mise en pression ;
  • une thermographie ;
  • un gaz traceur ;
  • une ouverture localisée.

Peut-on utiliser l’acoustique sur une évacuation gravitaire ?

La recherche acoustique classique est généralement plus pertinente sur une canalisation sous pression.

Une évacuation peut produire des bruits d’écoulement, de chute, de vibration ou de refoulement, mais leur interprétation est différente.

Le diagnostic d’une évacuation repose plus souvent sur :

  • des essais d’utilisation ;
  • une inspection vidéo ;
  • une mise en eau ;
  • un contrôle des siphons ;
  • l’examen des raccords ;
  • une vérification de pente.

Étalonnage, incertitude et fiabilité

Que signifie l’étalonnage d’un appareil ?

L’étalonnage consiste à comparer les indications d’un instrument à des références connues afin d’établir la relation entre la valeur affichée et la valeur de référence.

Il ne faut pas le confondre avec :

  • un simple allumage ;
  • une remise à zéro ;
  • un contrôle de batterie ;
  • une vérification visuelle.

Le Cofrac rappelle que les équipements ayant une influence significative sur le résultat d’une inspection doivent faire l’objet d’une maîtrise métrologique adaptée et que la traçabilité permet de relier les mesures à des références reconnues.

Tous les appareils doivent-ils être étalonnés par un laboratoire ?

Pas nécessairement selon la même procédure.

La maîtrise de l’appareil dépend :

  • du type de mesure ;
  • de son influence sur la conclusion ;
  • de la précision recherchée ;
  • des prescriptions du fabricant ;
  • du cadre contractuel ou réglementaire ;
  • de l’utilisation qualitative ou quantitative.

Une caméra utilisée pour repérer visuellement une différence de température ne présente pas les mêmes exigences qu’un appareil dont la valeur sert à conclure à une conformité contractuelle.

L’opérateur doit néanmoins pouvoir justifier que l’équipement est apte à l’usage prévu.

Quelle est la différence entre étalonnage et vérification ?

L’étalonnage établit les écarts entre l’appareil et une référence.

La vérification consiste à déterminer si l’appareil respecte des critères définis pour l’usage prévu.

Un appareil peut avoir été étalonné tout en présentant un écart trop important pour une mission particulière. Inversement, un contrôle intermédiaire peut confirmer que son fonctionnement reste compatible avec l’usage sans constituer un étalonnage complet.

Pourquoi faut-il contrôler les appareils avant la visite ?

Il convient notamment de vérifier :

  • l’état des batteries ;
  • les capteurs ;
  • le réglage de zéro ;
  • la date et l’heure ;
  • la propreté ;
  • les câbles ;
  • les mises à jour nécessaires ;
  • la cohérence avec une référence simple ;
  • la capacité de stockage ;
  • l’état des accessoires.

Un dysfonctionnement découvert après la visite peut rendre les résultats inutilisables ou imposer une nouvelle intervention.

Qu’est-ce que l’incertitude de mesure ?

Toute mesure comporte une marge d’incertitude.

Elle dépend notamment :

  • de l’appareil ;
  • du protocole ;
  • de l’opérateur ;
  • du positionnement ;
  • de l’environnement ;
  • de la répétabilité ;
  • de la stabilité de la grandeur mesurée ;
  • de l’étalonnage.

Une différence entre deux valeurs n’est significative que si elle dépasse raisonnablement la dispersion et l’incertitude de la méthode.

Le Cofrac rappelle qu’un mesurage fiable suppose une grandeur clairement définie, une procédure, un système adapté et la prise en compte des conditions de mesure.

Faut-il inscrire les caractéristiques de l’appareil dans le rapport ?

Lorsque la mesure soutient une conclusion importante, il est utile d’indiquer :

  • le type d’appareil ;
  • la marque ou la référence ;
  • le principe de mesure ;
  • le réglage utilisé ;
  • l’unité ;
  • la précision annoncée ;
  • la date de vérification ou d’étalonnage lorsqu’elle est pertinente ;
  • les conditions de mesure ;
  • les limites connues.

Cette transparence permet de comprendre la portée réelle du résultat et de reproduire le contrôle.

Bonnes pratiques et interprétation

Pourquoi faut-il répéter les mesures ?

La répétition permet de vérifier :

  • la stabilité de la valeur ;
  • la reproductibilité ;
  • l’absence d’erreur de positionnement ;
  • l’influence d’une anomalie locale ;
  • la cohérence entre plusieurs zones ;
  • l’évolution dans le temps.

Une valeur isolée peut être influencée par un défaut de contact, un élément métallique, un courant d’air ou une irrégularité de surface.

Pourquoi faut-il prévoir une zone de référence ?

Une zone présumée saine permet de comparer le comportement de matériaux similaires dans le même bâtiment.

Par exemple :

  • un mur humide peut être comparé à un mur de même nature non dégradé ;
  • une poutre suspecte à une pièce de même essence située dans un environnement sec ;
  • une zone froide à une partie comparable de la façade ;
  • une fissure à des relevés antérieurs au même point.

La zone de référence doit être réellement comparable. Comparer un mur en pierre à une cloison en plaques de plâtre n’a généralement pas de sens pour une mesure électrique d’humidité.

Pourquoi faut-il cartographier les mesures ?

Une cartographie permet d’observer :

  • une concentration ;
  • un gradient ;
  • une limite ;
  • une continuité ;
  • une relation avec un réseau ;
  • une relation avec le sol ;
  • une différence entre plusieurs faces ;
  • une évolution après traitement.

Elle est plus informative qu’un seul chiffre mentionné dans le rapport.

Les points doivent être repérés sur :

  • une photographie ;
  • un croquis ;
  • un plan ;
  • une grille de mesure.

Pourquoi faut-il relever les conditions ambiantes ?

La température et l’humidité relative peuvent influencer :

  • les matériaux ;
  • les capteurs ;
  • la condensation ;
  • la thermographie ;
  • les dimensions d’une fissure ;
  • les déformations du bois ;
  • les débits de ventilation ;
  • le séchage.

Le rapport doit autant que possible préciser les conditions :

  • intérieures ;
  • extérieures ;
  • météorologiques ;
  • d’occupation ;
  • de fonctionnement des équipements.

Une mesure non destructive peut-elle détecter un vice caché ?

Elle peut révéler un indice compatible avec un défaut caché, par exemple :

  • une anomalie thermique ;
  • une valeur d’humidité élevée ;
  • une déformation ;
  • une perte de débit ;
  • un bruit de fuite ;
  • une image anormale dans une canalisation.

Elle ne permet pas toujours de confirmer :

  • la nature exacte du défaut ;
  • sa profondeur ;
  • son étendue ;
  • son origine ;
  • sa date d’apparition ;
  • la responsabilité d’un intervenant.

Une ouverture, un prélèvement ou un essai spécialisé peut rester nécessaire.

Quand faut-il passer d’une mesure non destructive à une investigation destructive ?

Une ouverture ou un prélèvement peut être nécessaire lorsque :

  • plusieurs hypothèses restent possibles ;
  • la sécurité est en jeu ;
  • un élément structurel est suspecté ;
  • un isolant caché peut être mouillé ;
  • une fuite doit être réparée ;
  • une étanchéité doit être contrôlée ;
  • la composition est inconnue ;
  • une analyse de laboratoire est requise ;
  • les travaux envisagés sont importants.

L’investigation destructive doit être ciblée à partir des informations non destructives. Elle ne doit pas être réalisée au hasard.

Une mesure conforme exclut-elle tout désordre ?

Non.

Une mesure peut être normale :

  • en dehors de la période d’apparition ;
  • à côté de la zone réellement atteinte ;
  • après un séchage superficiel ;
  • lorsque l’équipement concerné est arrêté ;
  • lorsque la pluie n’a pas reproduit l’infiltration ;
  • si l’appareil n’est pas sensible à la profondeur du défaut.

Une absence d’anomalie mesurée doit être interprétée avec la chronologie et les limites du protocole.

Une mesure anormale prouve-t-elle une malfaçon ?

Non.

Une valeur anormale peut être compatible avec :

  • un défaut de mise en œuvre ;
  • une fuite ;
  • un vieillissement ;
  • une modification ultérieure ;
  • un défaut d’entretien ;
  • une condition d’usage ;
  • une caractéristique normale du matériau ;
  • une erreur de mesure.

La qualification de malfaçon suppose une analyse du contrat, du référentiel technique, de la cause et des conséquences.

Diagnostic global, présentation et recours

Pourquoi une mesure isolée ne constitue-t-elle pas un diagnostic ?

Parce qu’elle ne répond généralement qu’à une question limitée.

Par exemple :

  • un humidimètre indique une anomalie électrique, pas l’origine de l’eau ;
  • une caméra thermique montre une différence de température, pas nécessairement un défaut d’isolation ;
  • un hygromètre mesure l’air au moment du relevé, pas les conditions des semaines précédentes ;
  • un niveau laser révèle une différence de niveau, pas sa cause ;
  • une jauge mesure un mouvement local, pas le mécanisme structurel ;
  • une caméra de canalisation montre l’intérieur du réseau, sans toujours démontrer son étanchéité ;
  • une détection acoustique localise une zone probable, pas systématiquement la perforation exacte.

Le diagnostic résulte du recoupement entre :

  • l’historique ;
  • les documents ;
  • les constatations ;
  • les mesures ;
  • la localisation ;
  • les conditions du bâtiment ;
  • les hypothèses concurrentes ;
  • les investigations complémentaires.

Le Cerema définit l’auscultation comme un ensemble d’examens et de mesures destinés à fournir des données fiables, lesquelles doivent ensuite être synthétisées et interprétées pour contribuer au diagnostic.

Comment présenter une mesure dans un rapport ?

Chaque mesure importante devrait comporter :

  • son emplacement ;
  • sa date et son heure ;
  • l’appareil utilisé ;
  • le principe de mesure ;
  • l’unité ou l’échelle ;
  • les conditions ambiantes ;
  • la méthode ;
  • les valeurs comparatives ;
  • les limites ;
  • l’interprétation technique.

Il faut distinguer clairement :

La donnée : « L’humidimètre capacitif affiche une valeur de 92 unités sur la zone A et de 36 unités sur la zone de référence B. »

L’interprétation : « Cette différence met en évidence une anomalie électrique compatible avec une humidité plus importante dans la zone A. »

La limite : « La mesure ne permet pas de déterminer si cette anomalie résulte d’une fuite, de sels ou d’un élément métallique situé dans la paroi. »

Peut-on indiquer un niveau de certitude pour une mesure ?

Oui, mais il faut distinguer la certitude de la mesure et celle de l’interprétation.

Par exemple :

  • la température de surface mesurée peut être considérée comme fiable dans la précision de l’appareil ;
  • l’hypothèse selon laquelle cette température basse résulte d’un défaut d’isolation peut rester seulement probable ;
  • la conclusion selon laquelle ce défaut provoque les moisissures peut nécessiter d’autres données.

Le rapport ne doit pas présenter la précision numérique de l’appareil comme une certitude sur la cause du désordre.

Quelles erreurs fréquentes faut-il éviter ?

Les principales erreurs comprennent :

  • annoncer un pourcentage d’humidité sans connaître l’échelle ;
  • conclure à une fuite à partir d’une image thermique ;
  • comparer des matériaux différents ;
  • mesurer une fissure sans repérer le point ;
  • oublier les conditions de température ;
  • mesurer une pente sur une distance trop courte ;
  • contrôler une VMC avec une simple feuille ;
  • interpréter une image de canalisation sans tester le réseau ;
  • utiliser un appareil non vérifié ;
  • retenir uniquement la mesure qui confirme l’hypothèse initiale ;
  • ne pas mentionner les limites.

Quand faut-il demander une campagne de mesures spécialisée ?

Une intervention spécialisée est recommandée lorsque :

  • le désordre est intermittent ;
  • la sécurité structurelle est concernée ;
  • une fuite encastrée doit être localisée ;
  • les mesures précédentes sont contradictoires ;
  • une ventilation doit être vérifiée quantitativement ;
  • une déformation doit être suivie dans le temps ;
  • une thermographie doit être réalisée selon un protocole précis ;
  • un réseau enterré est concerné ;
  • les valeurs doivent servir dans un litige ;
  • une précision métrologique particulière est requise.

Le programme doit préciser :

  • les objectifs ;
  • les appareils ;
  • les points ;
  • la durée ;
  • la fréquence ;
  • les conditions ;
  • les critères d’interprétation.

Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?

Check my House peut utiliser des mesures non destructives dans le cadre d’une expertise bâtiment afin de compléter les constatations visuelles.

Selon la mission et les équipements disponibles, l’intervention peut comprendre :

  • des mesures comparatives d’humidité ;
  • des relevés de température et d’humidité relative ;
  • des températures de surface ;
  • une thermographie ;
  • une inspection endoscopique ;
  • des relevés de niveaux ;
  • des mesures de pente ;
  • des mesures de largeur de fissures ;
  • un contrôle indicatif ou quantitatif de la ventilation ;
  • l’analyse de rapports d’inspection vidéo ;
  • le suivi de l’évolution d’un désordre ;
  • la définition des investigations complémentaires.

Les mesures sont interprétées avec :

  • la chronologie ;
  • les documents ;
  • les conditions météorologiques ;
  • les usages ;
  • la composition des ouvrages ;
  • les autres causes possibles.

Une mission visuelle et non destructive ne remplace pas nécessairement :

  • une analyse de laboratoire ;
  • une mise en pression ;
  • une recherche de fuite spécialisée ;
  • une étude structurelle ;
  • une étude géotechnique ;
  • un prélèvement ;
  • une ouverture ciblée ;
  • un contrôle réglementaire réalisé selon un protocole spécifique.

Check my House vous accompagne grâce à notre expertise fissures.

Besoin d’un accompagnement personnalisé pour votre projet ?

Nous contacter Faire un devis automatique

Pour approfondir le sujet, découvrez nos expertises dédiées : Expertise malfacons et non-conformites et Expertise contradictoire amiable.

Sources principales

  • Cerema, ressources relatives aux programmes d’auscultation, au choix des méthodes, aux conditions de mesure et à l’interprétation des résultats.
  • Agence Qualité Construction, « Durabilité des bâtiments : comment bien détecter et mesurer l’humidité dans les matériaux ? ».
  • CSTB, « Identifier et traiter les pathologies de l’humidité dans les bâtiments », approche analytique associant observations, repérage et mesures.
  • Cerema, ressources consacrées à la thermographie infrarouge et aux conditions nécessaires à son interprétation.
  • Cerema, protocole de contrôle et de mesure des systèmes de ventilation et projet PROMEVENT.
  • Agence Qualité Construction, ressources consacrées aux instruments de mesure et de suivi des fissures.
  • Agence Qualité Construction, fiches d’essais de fonctionnement des évacuations intérieures et extérieures.
  • Cofrac, guides relatifs à l’étalonnage, à la traçabilité métrologique et à l’aptitude des équipements de mesure.

FAQ associées