Le suivi d’une fissure vise à déterminer si elle continue de s’ouvrir, se referme, évolue de manière cyclique ou reste stable, et comment elle réagit aux saisons, aux pluies, à la sécheresse et à la température. Témoins en plâtre, jauges graduées, fissuromètres, capteurs électroniques, relevé photographique, nivellement, suivi topographique et mesures d’inclinaison apportent chacun une information différente, mais aucun indicateur isolé ne détermine à lui seul l’origine du désordre.

Cette FAQ, élaborée à partir des ressources de l’Agence Qualité Construction, du Cerema et des données publiques sur le retrait-gonflement des sols argileux, présente les dispositifs de suivi, la définition d’une durée et d’une fréquence adaptées, la distinction entre stabilité apparente et stabilité étayée, ainsi que le moment opportun pour engager les réparations. Elle aide à comprendre quand une étude géotechnique, une étude structurelle ou une expertise contradictoire deviennent nécessaires.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my house (cabinet d’expertise en bâtiment) depuis 2019.
Contenu à visée informative. Dernière mise à jour le 22 juillet 2026.

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Sommaire

Principes du suivi et sécurité

Pourquoi faut-il suivre une fissure ?

Le suivi vise à déterminer si une fissure :

  • continue à s’ouvrir ;
  • se referme partiellement ;
  • évolue de manière cyclique ;
  • se déplace par cisaillement ;
  • reste apparemment stable ;
  • s’accompagne d’une déformation globale du bâtiment ;
  • réagit aux saisons, aux pluies, à la sécheresse ou à la température.

Cette information contribue au diagnostic, au choix des investigations et à la définition des réparations.

Le suivi ne détermine toutefois pas automatiquement l’origine de la fissure. Une fissure peut évoluer en raison d’un mouvement de fondation, d’un retrait thermique, d’une déformation de plancher, d’une corrosion, d’une surcharge ou d’un mouvement entre matériaux différents. L’AQC rappelle que des causes différentes peuvent produire des fissurations similaires et que l’aspect visuel ne suffit pas toujours pour conclure.

Toutes les fissures doivent-elles être instrumentées ?

Non.

Une instrumentation est particulièrement utile lorsque :

  • la fissure paraît récente ;
  • son évolution est contestée ;
  • elle affecte un élément porteur ;
  • plusieurs causes restent possibles ;
  • un mouvement de fondation est suspecté ;
  • des travaux importants sont envisagés ;
  • une réparation a déjà échoué ;
  • le bâtiment se situe sur un terrain sensible ;
  • une expertise amiable ou judiciaire est en cours ;
  • il faut vérifier l’efficacité d’une mesure corrective.

Une fissure superficielle clairement liée au retrait stabilisé d’un enduit ne nécessite pas nécessairement le même suivi qu’une lézarde traversante affectant plusieurs niveaux.

Faut-il attendre le résultat du suivi lorsqu’un danger est suspecté ?

Non.

Le suivi ne doit jamais retarder une mise en sécurité lorsque sont observés :

  • une déformation importante ;
  • une rupture partielle ;
  • une fissure qui s’ouvre rapidement ;
  • un mur qui bascule ;
  • un plancher qui s’affaisse ;
  • une poutre fissurée transversalement ;
  • des bruits ou mouvements inhabituels ;
  • un risque de chute d’éléments ;
  • un garde-corps ou un balcon instable ;
  • une entrée d’eau menaçant une installation électrique.

Dans ce cas, il faut limiter l’accès, protéger les personnes et faire évaluer rapidement la structure. L’instrumentation vient ensuite compléter le diagnostic ou vérifier l’évolution après les mesures conservatoires.

Que faut-il faire avant de poser un dispositif de suivi ?

Il faut établir un état initial précis comprenant :

  • la localisation de la fissure ;
  • son tracé ;
  • sa longueur ;
  • sa largeur apparente ;
  • les matériaux concernés ;
  • son orientation ;
  • l’existence d’un désaffleurement ;
  • son caractère traversant ou non ;
  • les déformations associées ;
  • les conditions climatiques ;
  • la date et l’heure du relevé.

Il est également utile d’identifier les événements susceptibles d’influencer les mesures :

  • période de sécheresse ;
  • pluies récentes ;
  • gel ;
  • changement de chauffage ;
  • travaux ;
  • fuite ;
  • terrassement ;
  • abattage d’un arbre ;
  • modification des eaux pluviales.

Sans état initial fiable, il devient difficile de distinguer un mouvement réel d’une différence de méthode entre deux visites.

Comment choisir les fissures à suivre ?

Les fissures instrumentées doivent être représentatives du mécanisme suspecté.

Il peut être pertinent de sélectionner :

  • la fissure la plus ouverte ;
  • une fissure située près d’un angle ou d’une ouverture ;
  • une fissure correspondant à une déformation intérieure et extérieure ;
  • plusieurs fissures sur des façades différentes ;
  • une fissure proche d’une extension ;
  • une fissure affectant la liaison entre deux matériaux ;
  • une fissure dans une zone de fondation suspectée ;
  • une fissure de référence apparemment moins active.

Instrumenter une seule fissure parmi un réseau important peut être insuffisant. Le choix doit tenir compte de la géométrie générale des désordres et des hypothèses techniques.

Témoins en plâtre

Temoin en platre applique en travers d une fissure de mur

Qu’est-ce qu’un témoin en plâtre ?

Un témoin en plâtre est une petite bande de plâtre ou de matériau fragile appliquée en travers d’une fissure.

Il vise à indiquer qu’un mouvement relatif s’est produit lorsque le témoin se rompt.

Il présente plusieurs avantages :

  • coût limité ;
  • mise en œuvre simple ;
  • lecture visuelle rapide ;
  • possibilité de dater la pose.

Il doit être appliqué sur un support préparé et adhérent. La date et, si possible, une référence doivent être inscrites sur ou à proximité du témoin.

Un témoin en plâtre mesure-t-il l’ouverture de la fissure ?

Non.

Il peut seulement indiquer qu’une rupture s’est produite entre deux observations.

Il ne mesure pas précisément :

  • l’amplitude du mouvement ;
  • sa vitesse ;
  • son sens ;
  • une éventuelle fermeture ultérieure ;
  • un déplacement vertical ou horizontal ;
  • le nombre de cycles d’ouverture et de fermeture.

Pour quantifier l’évolution, une jauge graduée, un fissuromètre ou un capteur est plus adapté. L’AQC distingue précisément les dispositifs de simple observation des appareils permettant de mesurer ou d’enregistrer les déplacements.

Quelles sont les limites d’un témoin en plâtre ?

Un témoin peut se rompre en raison :

  • d’un mouvement de la fissure ;
  • du retrait propre du plâtre ;
  • d’une mauvaise adhérence ;
  • d’un choc ;
  • d’une vibration ;
  • d’une variation thermique ;
  • d’un support poussiéreux ou humide ;
  • d’un décollement local de l’enduit.

À l’inverse, il peut rester intact malgré un mouvement lorsque :

  • il est trop épais ;
  • il est suffisamment souple ;
  • il se décolle d’un côté sans rupture visible ;
  • le mouvement se produit hors de sa zone ;
  • la fissure se développe dans une autre direction.

Le témoin en plâtre constitue donc un indicateur rudimentaire, pas une preuve quantitative de stabilité ou d’aggravation.

Que signifie la rupture d’un témoin ?

La rupture indique qu’un changement est intervenu au droit du dispositif ou que le témoin lui-même a défailli.

Il faut examiner :

  • la forme de la rupture ;
  • l’adhérence de chaque côté ;
  • le déplacement des lèvres ;
  • la date de la dernière observation intacte ;
  • les conditions climatiques ;
  • les chocs ou travaux intervenus ;
  • l’évolution des fissures voisines.

Un témoin cassé ne permet pas, à lui seul, d’affirmer que le bâtiment subit un mouvement structurel important.

Il convient de le photographier avant toute manipulation, de relever la fissure, puis de poser un dispositif gradué si une quantification est nécessaire.

Peut-on reboucher ou remplacer immédiatement un témoin cassé ?

Il ne faut pas le supprimer avant d’avoir :

  • photographié son état ;
  • relevé la date ;
  • mesuré la fissure ;
  • vérifié son adhérence ;
  • noté les conditions du relevé ;
  • informé les parties lorsqu’une expertise contradictoire est en cours.

Un nouveau témoin peut être placé à proximité ou en remplacement, mais la continuité entre les deux périodes de suivi doit être clairement documentée.

Jauges graduées et fissuromètres

Jauge graduee fixee de part et d autre d une fissure

Qu’est-ce qu’une jauge graduée de fissure ?

Une jauge graduée est généralement constituée de deux parties fixées de part et d’autre de la fissure.

Le déplacement relatif est lu grâce à un quadrillage ou à des graduations.

Selon le modèle, elle peut permettre de suivre :

  • l’ouverture ;
  • la fermeture ;
  • un déplacement horizontal ;
  • un déplacement vertical ;
  • un cisaillement ;
  • parfois une rotation locale.

La jauge fournit une mesure plus exploitable qu’un témoin en plâtre, à condition d’être correctement fixée, lue et photographiée.

Comment poser une jauge graduée ?

La pose doit respecter plusieurs précautions :

  • support stable et suffisamment cohérent ;
  • position adaptée au mouvement recherché ;
  • fixation de chaque partie sur un côté distinct de la fissure ;
  • absence de collage reliant accidentellement les deux lèvres ;
  • lecture initiale immédiatement après la pose ;
  • photographie générale et rapprochée ;
  • repérage précis de l’emplacement ;
  • protection contre les chocs et les manipulations.

La jauge ne doit pas être fixée uniquement sur une couche d’enduit décollée si l’objectif est de suivre le mouvement de la maçonnerie sous-jacente.

Une jauge graduée donne-t-elle une mesure parfaitement précise ?

Non.

Sa précision réelle dépend :

  • de la qualité des graduations ;
  • du positionnement de l’œil ;
  • de la photographie ;
  • de la rigidité de la fixation ;
  • de la stabilité du support ;
  • de la température ;
  • de l’état de la jauge ;
  • du repositionnement lors de la lecture.

Une variation très faible doit être comparée à la résolution de la jauge et à l’incertitude de lecture avant d’être interprétée comme un mouvement réel.

Qu’est-ce qu’un fissuromètre ?

Le terme « fissuromètre » peut désigner plusieurs dispositifs.

Il peut s’agir :

  • d’une réglette ou carte servant à mesurer ponctuellement la largeur d’une fissure ;
  • d’un microscope gradué ;
  • d’un comparateur mécanique ;
  • d’une jauge fixe ;
  • d’un capteur mesurant l’ouverture dans le temps.

Le rapport doit donc préciser le type d’appareil utilisé et ne pas employer le seul mot « fissuromètre » sans expliquer son principe.

L’AQC recense différents matériels, du compte-fils aux jauges et capteurs électroniques, dont les performances et les usages ne sont pas équivalents.

Comment mesurer ponctuellement la largeur d’une fissure ?

La mesure peut être réalisée avec :

  • une carte graduée ;
  • un compte-fils ;
  • un microscope de fissure ;
  • une loupe graduée ;
  • un capteur optique adapté.

Il faut préciser :

  • le point exact de la mesure ;
  • la face examinée ;
  • la date ;
  • la température lorsque cela est pertinent ;
  • l’outil ;
  • l’unité ;
  • la largeur apparente relevée.

Une fissure n’a pas nécessairement la même largeur sur toute sa longueur. Il faut conserver un repère fixe pour comparer les mesures successives.

Pourquoi faut-il repérer exactement le point de mesure ?

Une différence de quelques centimètres peut conduire à mesurer une largeur différente sans que la fissure ait évolué.

Le repère peut être matérialisé par :

  • un trait fin ;
  • un numéro ;
  • une photographie annotée ;
  • une cote par rapport à un angle ;
  • une jauge fixe ;
  • un croquis.

La répétabilité du point est indispensable pour distinguer une véritable évolution d’une simple variation géométrique le long de la fissure.

Capteurs électroniques

Que mesurent les capteurs électroniques ?

Selon la technologie, un capteur peut enregistrer :

  • l’ouverture ;
  • la fermeture ;
  • un déplacement relatif ;
  • une inclinaison ;
  • une température ;
  • des vibrations ;
  • une déformation ;
  • plusieurs grandeurs simultanément.

Les capteurs de déplacement permettent un suivi continu ou à intervalles rapprochés. Ils peuvent révéler des cycles que des lectures mensuelles ne détecteraient pas.

Le Cerema utilise l’instrumentation et les capteurs de déplacement dans les programmes de surveillance renforcée afin de mieux connaître le comportement réel des ouvrages.

Quels sont les avantages des capteurs électroniques ?

Ils peuvent permettre :

  • une fréquence élevée de mesure ;
  • un enregistrement automatique ;
  • la détection de variations rapides ;
  • la comparaison avec la température ou la météo ;
  • la transmission à distance ;
  • la programmation d’alertes ;
  • une meilleure analyse des cycles.

Ils sont particulièrement utiles lorsque :

  • la fissure évolue rapidement ;
  • le site est difficile d’accès ;
  • le comportement thermique doit être distingué d’un mouvement structurel ;
  • un seuil de sécurité a été défini ;
  • une expertise nécessite des données continues.

Quelles sont les limites des capteurs électroniques ?

Les résultats peuvent être affectés par :

  • une mauvaise fixation ;
  • une dérive du capteur ;
  • la température ;
  • une panne d’alimentation ;
  • une perte de transmission ;
  • un choc ;
  • une infiltration ;
  • un mauvais réglage ;
  • une saturation de la plage de mesure ;
  • une absence de maintenance.

Un capteur local ne renseigne que sur la zone où il est installé. Il peut enregistrer précisément l’ouverture d’une fissure sans révéler une déformation survenue ailleurs dans le bâtiment.

Les données doivent être contrôlées, sauvegardées et interprétées par rapport à la précision et à l’incertitude du système.

Relevé photographique

À quoi sert un relevé photographique répétitif ?

Le relevé photographique permet de suivre :

  • l’allongement d’une fissure ;
  • l’apparition de ramifications ;
  • les dégradations des bords ;
  • la réapparition après réparation ;
  • les modifications des ouvrages voisins ;
  • l’évolution générale du réseau de fissures.

Pour être comparable, chaque campagne doit reproduire autant que possible :

  • le même cadrage ;
  • la même distance ;
  • le même angle ;
  • le même éclairage ;
  • la même échelle ;
  • la même définition ;
  • le même repère de localisation.

Une photographie prise de plus loin ou avec un objectif différent peut donner une impression d’ouverture différente sans mouvement réel.

Une photographie permet-elle de mesurer précisément une fissure ?

Pas nécessairement.

Une photographie peut être utilisée pour une mesure lorsque :

  • une échelle fiable est située dans le même plan ;
  • l’image possède une définition suffisante ;
  • la prise de vue est perpendiculaire ;
  • les déformations optiques sont maîtrisées ;
  • le protocole reste constant.

Une pièce de monnaie, un doigt ou un objet placé à une distance différente de la fissure ne constitue pas une échelle suffisamment fiable pour une mesure précise.

La photographie reste principalement un outil de documentation et de comparaison visuelle.

Pourquoi faut-il conserver les fichiers photographiques originaux ?

Les fichiers originaux permettent de conserver :

  • la résolution initiale ;
  • la date et l’heure ;
  • l’ordre des prises de vue ;
  • certaines métadonnées ;
  • une image non annotée ;
  • la possibilité de réaliser ultérieurement un agrandissement.

Les photographies intégrées dans un rapport peuvent être recadrées ou annotées, mais les originaux doivent être archivés, particulièrement lorsqu’un litige est possible.

Saisonnalité, durée et fréquence

Pourquoi réaliser des mesures saisonnières ?

Certaines fissures évoluent avec :

  • la température ;
  • la teneur en eau des sols ;
  • les périodes de sécheresse ;
  • la réhydratation ;
  • le chauffage ;
  • les variations d’humidité des matériaux ;
  • le fonctionnement saisonnier d’un ouvrage.

Les sols argileux se rétractent pendant les périodes sèches et peuvent gonfler lors de leur réhydratation. Leurs mouvements sont lents et peuvent produire une ouverture puis une fermeture partielle des fissures selon les saisons.

Une campagne réalisée uniquement en hiver ou uniquement en été peut donc donner une image incomplète du phénomène.

Un cycle annuel suffit-il à démontrer la stabilité ?

Pas toujours.

Pour un phénomène saisonnier, l’observation d’un cycle climatique complet constitue souvent un minimum utile. Elle permet de comparer une période sèche et une période humide.

Cependant, une année peut être :

  • exceptionnellement sèche ;
  • particulièrement pluvieuse ;
  • peu représentative ;
  • perturbée par des travaux ;
  • insuffisante pour un mouvement lent ;
  • dépourvue de l’événement déclenchant habituel.

Il n’existe donc pas de durée réglementaire universelle applicable à toutes les fissures.

Le suivi expérimental du procédé MACH sur des maisons affectées par le retrait-gonflement des argiles a notamment été analysé sur plusieurs années de sécheresse, ce qui illustre l’intérêt d’une observation longue pour certains phénomènes géotechniques.

Comment déterminer la durée adaptée au phénomène ?

La durée doit être définie selon :

  • la cause suspectée ;
  • la vitesse d’évolution ;
  • les saisons ;
  • la gravité ;
  • la stabilité de la structure ;
  • les travaux intervenus ;
  • la précision des appareils ;
  • l’existence d’archives antérieures.

Quelques exemples :

  • un mouvement rapide peut nécessiter des relevés quotidiens ou continus ;
  • un retrait thermique peut être observé sur plusieurs cycles de température ;
  • un tassement de fondation peut nécessiter plusieurs mois ou années ;
  • un phénomène lié aux argiles doit être observé sur des périodes sèches et humides ;
  • une réparation récente peut nécessiter un contrôle après plusieurs épisodes climatiques.

La durée doit être suffisamment longue pour tester l’hypothèse, mais elle ne doit jamais servir à différer une intervention urgente.

Quelle fréquence de relevé faut-il prévoir ?

Il n’existe pas de fréquence unique.

La fréquence peut être :

  • quotidienne ou continue en présence d’un risque évolutif rapide ;
  • hebdomadaire après une apparition récente ;
  • mensuelle pour une évolution lente ;
  • renforcée pendant un épisode de sécheresse ou de pluie ;
  • adaptée aux périodes de chauffage ;
  • complétée après un événement particulier.

Le calendrier doit être fixé dès le départ et modifié si le comportement observé l’exige.

Un intervalle trop long peut manquer un mouvement temporaire. Un relevé très fréquent avec un appareil peu précis peut, à l’inverse, produire de nombreuses variations non significatives.

Pourquoi faut-il relever les conditions climatiques ?

Une mesure de fissure doit pouvoir être rapprochée :

  • de la température intérieure ;
  • de la température extérieure ;
  • des pluies ;
  • du gel ;
  • de la sécheresse ;
  • de l’humidité ambiante ;
  • éventuellement de l’humidité du sol.

Les variations thermiques peuvent ouvrir et refermer certains joints ou fissures. Les alternances de sécheresse et de réhydratation peuvent influencer les fondations sur sols argileux.

Sans relevé climatique, une évolution cyclique peut être interprétée à tort comme une aggravation permanente ou une stabilisation.

Faut-il noter les événements survenus pendant le suivi ?

Oui.

Le tableau doit mentionner, le cas échéant :

  • travaux de voirie ;
  • terrassement ;
  • fuite ;
  • réparation des eaux pluviales ;
  • abattage ou élagage ;
  • sécheresse ;
  • fortes pluies ;
  • gel ;
  • changement de chauffage ;
  • démolition voisine ;
  • vibrations ;
  • reprise en sous-œuvre ;
  • réparation de la fissure.

Ces événements peuvent modifier le comportement du bâtiment et doivent être intégrés à l’interprétation.

Nivellement, topographie et inclinaison

Releve de nivellement et suivi topographique d un batiment

Qu’est-ce qu’un nivellement ?

Le nivellement consiste à mesurer les différences d’altitude entre plusieurs points.

Il peut être utilisé pour rechercher :

  • un tassement ;
  • un soulèvement ;
  • une déformation de plancher ;
  • une flèche ;
  • une différence entre plusieurs parties du bâtiment ;
  • l’évolution d’un point dans le temps.

Il peut être réalisé avec :

  • un niveau optique ;
  • un niveau numérique ;
  • un niveau laser adapté ;
  • un matériel topographique.

Le Cerema considère la topométrie comme un outil utilisable dans la surveillance, l’auscultation et le diagnostic, à condition de définir des repères et des points de mesure adaptés à la structure surveillée.

Une différence de niveau prouve-t-elle un tassement récent ?

Non.

Elle peut provenir :

  • d’un défaut initial de construction ;
  • d’une pente volontaire ;
  • d’une chape irrégulière ;
  • d’un plancher fléchi ;
  • d’un tassement ancien ;
  • d’un mouvement récent ;
  • d’une déformation du revêtement uniquement.

Pour démontrer une évolution, il faut comparer plusieurs campagnes à partir de repères stables et selon un protocole reproductible.

Comment choisir les points d’un nivellement ?

Les points doivent être choisis selon le mécanisme suspecté.

Ils peuvent être placés :

  • de part et d’autre d’une fissure ;
  • sur plusieurs façades ;
  • près des angles ;
  • sur les parties anciennes et nouvelles ;
  • au droit des murs porteurs ;
  • à proximité d’une zone de tassement ;
  • sur un point présumé stable servant de référence.

Le Cerema souligne que le paramètre et la direction de mesure doivent être adaptés au comportement de la structure et que la topométrie initiale constitue la référence des comparaisons ultérieures.

Qu’est-ce qu’un suivi topographique ?

Le suivi topographique consiste à mesurer dans le temps la position de points fixes afin de rechercher des déplacements :

  • verticaux ;
  • horizontaux ;
  • tridimensionnels ;
  • relatifs entre plusieurs parties d’un ouvrage.

Il peut mobiliser :

  • nivellement de précision ;
  • station totale ;
  • cibles fixes ;
  • repères scellés ;
  • méthodes photogrammétriques ;
  • autres techniques adaptées au site.

Il devient utile lorsque le simple suivi de l’ouverture des fissures ne suffit pas à comprendre le mouvement global.

Quelle est la différence entre suivi de fissure et suivi topographique ?

Le suivi de fissure mesure un déplacement très local entre ses deux lèvres.

Le suivi topographique recherche le déplacement global de points du bâtiment.

Une fissure peut rester presque constante alors que l’ensemble d’un mur se déplace. Inversement, une fissure peut s’ouvrir sous l’effet de variations thermiques sans déplacement global significatif du bâtiment.

Le regroupement de plusieurs moyens de mesure fournit donc généralement une analyse plus riche que l’utilisation d’un seul indicateur.

Quels repères utiliser pour un suivi topographique ?

Les repères doivent être :

  • stables ;
  • durables ;
  • protégés ;
  • précisément localisés ;
  • accessibles ;
  • adaptés à la précision recherchée ;
  • indépendants, autant que possible, de la partie susceptible de bouger.

Une référence placée sur le bâtiment en mouvement peut conduire à conclure à tort que les autres points sont stables.

Pour les suivis exigeant une précision importante, la conception du réseau de repères relève d’un géomètre ou d’un spécialiste de la topométrie.

Qu’est-ce qu’une mesure d’inclinaison ?

La mesure d’inclinaison cherche à déterminer la rotation ou l’écart par rapport à une référence verticale ou horizontale.

Elle peut concerner :

  • un mur ;
  • un poteau ;
  • un plancher ;
  • une façade ;
  • un élément de charpente ;
  • un ouvrage de soutènement.

Elle peut être réalisée avec :

  • un inclinomètre ponctuel ;
  • un niveau numérique ;
  • un capteur fixe ;
  • un système topographique.

Une mesure ponctuelle d’inclinaison prouve-t-elle qu’un mur bascule ?

Non.

Elle montre seulement que le mur présente une inclinaison à la date de la mesure.

Cette inclinaison peut être :

  • d’origine ;
  • liée à une tolérance de construction ;
  • ancienne et stabilisée ;
  • récente et évolutive ;
  • limitée à l’enduit ;
  • différente selon la hauteur.

La démonstration d’un basculement nécessite des mesures répétées, des références stables et une précision adaptée à l’amplitude recherchée.

Comment suivre une inclinaison dans le temps ?

Il faut conserver :

  • les mêmes points ;
  • la même hauteur ;
  • la même orientation ;
  • le même appareil ou un appareil comparable ;
  • le même mode de fixation ;
  • les conditions de température ;
  • un repère stable.

Les écarts doivent être comparés à la précision de l’appareil et à la répétabilité du protocole.

Une différence inférieure à l’incertitude de la mesure ne permet pas de démontrer un mouvement.

Combinaison des méthodes et traçabilité

Pourquoi faut-il utiliser plusieurs méthodes de suivi ?

Chaque méthode répond à une question différente :

  • le témoin signale une rupture ;
  • la jauge mesure un déplacement local ;
  • le capteur enregistre le mouvement dans le temps ;
  • la photographie documente l’aspect ;
  • le nivellement mesure les différences d’altitude ;
  • la topographie mesure les déplacements globaux ;
  • l’inclinomètre mesure une rotation.

Le diagnostic est renforcé lorsque plusieurs mesures indépendantes convergent.

Le Cerema définit la surveillance instrumentée comme un ensemble organisé d’examens et de mesures destiné à mieux connaître le comportement réel de l’ouvrage.

Comment construire un tableau de suivi ?

Le tableau peut comporter des colonnes telles que : date et heure, repère, largeur ou déplacement, température intérieure, température extérieure, pluie récente, observation et événement particulier.

Par exemple : le 15/07/2026 à 10 h, le repère F1 indique 1,20 mm, avec 22 °C intérieur, 26 °C extérieur, sans pluie, jauge intacte et aucun événement ; le 20/08/2026 à 9 h, le même repère F1 indique 1,45 mm, avec 21 °C intérieur, 29 °C extérieur, une sécheresse prolongée, une ouverture accrue et un sol très sec ; le 18/11/2026 à 11 h, le repère F1 indique 1,30 mm, avec 19 °C intérieur, 8 °C extérieur, des pluies régulières, une fermeture partielle et aucun événement particulier.

Les colonnes doivent être adaptées au phénomène.

Pour un capteur automatique, il faut également préciser :

  • la fréquence d’enregistrement ;
  • les périodes d’interruption ;
  • les changements de batterie ;
  • les anomalies de données ;
  • les réglages ou remplacements de matériel.

Qui doit effectuer les relevés ?

Les relevés simples peuvent être réalisés par l’occupant lorsqu’un protocole clair lui a été remis.

Il faut alors lui indiquer :

  • le point à lire ;
  • la position de l’œil ;
  • la fréquence ;
  • les photographies à prendre ;
  • les informations climatiques à noter ;
  • l’interdiction de toucher ou déplacer les jauges ;
  • la conduite à tenir en cas d’évolution rapide.

Pour un suivi structurel, topographique ou destiné à un litige, l’intervention régulière du professionnel est préférable afin d’assurer la cohérence, la traçabilité et l’interprétation.

Comment conserver la traçabilité des relevés ?

Il convient de conserver :

  • le tableau original ;
  • les photographies datées ;
  • les fichiers des capteurs ;
  • les courbes ;
  • les relevés climatiques ;
  • les références des appareils ;
  • les certificats ou contrôles métrologiques utiles ;
  • les rapports d’intervention ;
  • les événements survenus ;
  • les changements de jauges ou de repères.

Les corrections d’un tableau doivent rester identifiables. Dans un contexte contradictoire, les données brutes doivent être conservées séparément des graphiques ou interprétations.

Stabilisation et interprétation de l’évolution

Analyse du graphique d evolution d une fissure dans le temps

Une fissure qui ne bouge pas pendant trois mois est-elle stabilisée ?

Pas nécessairement.

Trois mois peuvent ne pas couvrir :

  • la saison sèche ;
  • la période de réhydratation ;
  • les écarts thermiques annuels ;
  • le fonctionnement du chauffage ;
  • un épisode de pluie significatif ;
  • la charge maximale de l’ouvrage ;
  • un mouvement lent des fondations.

Le suivi doit être adapté au phénomène suspecté.

Une absence de variation pendant une courte période permet seulement d’indiquer qu’aucun mouvement supérieur à la précision du dispositif n’a été détecté pendant cette période.

Qu’est-ce qu’une stabilisation apparente ?

Une stabilisation apparente correspond à l’absence de changement visible ou mesurable pendant une période donnée.

Elle peut résulter :

  • d’un véritable arrêt du mouvement ;
  • d’une phase temporaire d’équilibre ;
  • d’une saison peu sollicitante ;
  • d’un appareil insuffisamment précis ;
  • d’un mauvais positionnement de la jauge ;
  • d’une évolution située ailleurs ;
  • d’un mouvement global ne modifiant pas localement la fissure.

Elle doit donc être décrite avec prudence.

Qu’est-ce qu’une stabilisation démontrée ?

Une stabilisation peut être considérée comme mieux établie lorsque :

  • la cause a été identifiée ;
  • le phénomène déclencheur a été traité ou a cessé ;
  • la durée du suivi est adaptée ;
  • les saisons significatives ont été observées ;
  • plusieurs méthodes de mesure concordent ;
  • les appareils possèdent une précision suffisante ;
  • aucune déformation nouvelle n’apparaît ;
  • les fissures voisines restent également stables ;
  • les conditions climatiques et les événements ont été pris en compte.

Même dans ces conditions, il est préférable d’indiquer que la stabilité est constatée sur la période suivie plutôt que de garantir l’absence de tout mouvement futur.

Une fissure peut-elle s’ouvrir puis se refermer ?

Oui.

Des variations réversibles peuvent être liées :

  • aux températures ;
  • aux variations d’humidité des matériaux ;
  • à la sécheresse et à la réhydratation des sols ;
  • aux charges d’exploitation ;
  • au fonctionnement d’un ouvrage.

Une fermeture partielle ne signifie pas que le bâtiment a retrouvé son état initial. Des déformations résiduelles, pertes d’adhérence ou infiltrations peuvent subsister.

Le phénomène de retrait-gonflement des argiles se caractérise précisément par des variations liées à la teneur en eau du sol, avec des mouvements pouvant alterner selon les saisons.

L’ouverture maximale est-elle la seule donnée importante ?

Non.

Il faut également analyser :

  • la vitesse d’évolution ;
  • la fréquence des cycles ;
  • le sens du déplacement ;
  • la fermeture éventuelle ;
  • la température ;
  • les pluies ;
  • les déformations globales ;
  • l’apparition de nouvelles fissures ;
  • les conséquences sur les portes, fenêtres, planchers ou réseaux.

Une faible ouverture progressant régulièrement peut être plus significative qu’une fissure plus large, ancienne et stable.

Quel seuil d’évolution doit déclencher une alerte ?

Il n’existe pas de seuil universel applicable à toutes les fissures.

Le seuil dépend :

  • de la structure ;
  • du matériau ;
  • de l’emplacement ;
  • de la vitesse ;
  • de la fonction de l’élément ;
  • de la précision de l’appareil ;
  • des conséquences observées ;
  • des calculs du bureau d’études.

Pour un dispositif de surveillance renforcée, les seuils doivent être définis à l’avance par le spécialiste compétent et associés à des actions précises : contrôle, mise en sécurité, étaiement ou évacuation.

Le suivi permet-il d’identifier à lui seul la cause d’une fissure ?

Non.

Il renseigne sur le comportement, mais il doit être recoupé avec :

  • l’examen intérieur et extérieur ;
  • les plans ;
  • la structure ;
  • les fondations ;
  • le sol ;
  • les eaux ;
  • la végétation ;
  • les travaux antérieurs ;
  • les températures ;
  • les charges ;
  • les investigations géotechniques ou structurelles.

Une évolution saisonnière peut orienter vers une cause hydrique ou thermique, sans suffire à elle seule à démontrer précisément le mécanisme.

Réparations et moment adapté

Faut-il réparer les fissures avant la fin du suivi ?

Cela dépend du risque et de la nature des travaux.

Une intervention immédiate peut être nécessaire pour :

  • mettre l’ouvrage en sécurité ;
  • empêcher une chute ;
  • limiter une infiltration ;
  • protéger des armatures ;
  • étayer une structure ;
  • réparer une canalisation à l’origine du mouvement ;
  • supprimer une cause aggravante.

En revanche, une réparation uniquement esthétique réalisée pendant le suivi peut masquer la fissure, détruire les repères et empêcher l’observation.

Il faut donc distinguer :

  • les mesures conservatoires ;
  • le traitement de la cause ;
  • la réparation structurelle ;
  • la reprise d’étanchéité ;
  • la finition esthétique.

Quel est le moment adapté pour engager les réparations définitives ?

Les réparations définitives doivent généralement être engagées lorsque :

  • le diagnostic est suffisamment établi ;
  • la cause est supprimée ou maîtrisée ;
  • l’étendue du désordre est connue ;
  • la stabilité nécessaire à la technique retenue est vérifiée ;
  • les investigations structurelles ou géotechniques sont terminées ;
  • le programme de réparation est dimensionné ;
  • les preuves utiles ont été conservées.

Il n’est pas toujours nécessaire d’attendre une immobilité absolue.

Certaines techniques sont précisément conçues pour reprendre un mouvement, créer un joint ou renforcer une structure encore sollicitée. La solution doit alors être dimensionnée selon le comportement attendu.

Pourquoi ne faut-il pas simplement reboucher une fissure active ?

Un rebouchage rigide peut :

  • se fissurer à nouveau ;
  • déplacer la fissure ;
  • masquer l’évolution ;
  • empêcher la lecture des jauges ;
  • emprisonner de l’eau ;
  • donner une impression trompeuse de réparation.

La récidive ne signifie pas toujours que le produit est défectueux. Elle peut révéler que le mouvement du support n’a pas été traité ou que le système de réparation n’était pas adapté.

Peut-on réparer une fissure avant d’avoir identifié sa cause ?

Une mesure provisoire peut parfois être nécessaire pour limiter une entrée d’eau ou sécuriser la zone.

En revanche, une réparation définitive importante ne devrait pas être décidée sans avoir recherché :

  • le caractère structurel ou superficiel ;
  • le mouvement du support ;
  • la présence d’une infiltration ;
  • la corrosion ;
  • les fondations ;
  • les déformations ;
  • les interactions avec les joints.

L’AQC recommande de déterminer l’origine et la gravité de la fissuration avant de prescrire la réparation adaptée.

Faut-il poursuivre le suivi après les travaux ?

Oui, lorsque la pathologie ou la réparation le justifie.

Le suivi après travaux permet de vérifier :

  • l’arrêt ou la réduction du mouvement ;
  • l’efficacité d’un drainage ou d’une gestion des eaux ;
  • le comportement d’un confortement ;
  • la stabilité d’une reprise en sous-œuvre ;
  • la réapparition d’une fissure ;
  • le fonctionnement d’un joint ;
  • l’évolution des zones non réparées.

Il faut établir un nouvel état de référence après les travaux et conserver les données antérieures.

Rapport, graphiques et lecture globale

Comment présenter les résultats dans un rapport ?

Le rapport doit préciser :

  • les fissures suivies ;
  • les raisons de leur sélection ;
  • les appareils ;
  • les dates de pose ;
  • les valeurs initiales ;
  • la fréquence ;
  • les conditions climatiques ;
  • les incidents ;
  • les tableaux et graphiques ;
  • les limites ;
  • les conclusions ;
  • les suites recommandées.

Il faut séparer :

Le résultat mesuré : « La jauge F2 indique une ouverture supplémentaire de 0,35 mm entre le 15 juillet et le 30 septembre 2026. »

Le contexte : « Cette période correspond à un épisode de sécheresse prolongée. »

L’interprétation : « Cette évolution est compatible avec un mouvement sensible aux conditions hydriques, sans permettre à elle seule d’en déterminer l’origine précise. »

Comment représenter graphiquement les mesures ?

Un graphique peut placer :

  • le temps sur l’axe horizontal ;
  • l’ouverture ou le déplacement sur l’axe vertical.

Il peut être complété par :

  • la température ;
  • les précipitations ;
  • les périodes de sécheresse ;
  • les dates des travaux ;
  • les événements particuliers.

Les échelles doivent rester lisibles et ne pas exagérer artificiellement les variations.

Une variation de quelques centièmes de millimètre peut sembler spectaculaire si l’axe vertical est fortement agrandi, alors qu’elle reste comparable à l’incertitude de mesure.

Le suivi d’une seule fissure permet-il de conclure sur tout le bâtiment ?

Non.

La fissure instrumentée peut ne pas être représentative du déplacement global.

Il faut examiner en parallèle :

  • les autres fissures ;
  • les niveaux ;
  • l’inclinaison des murs ;
  • les ouvertures de portes et fenêtres ;
  • les planchers ;
  • les extensions ;
  • les réseaux ;
  • l’environnement.

Un suivi local doit être replacé dans une lecture générale du bâtiment.

Recours aux spécialistes

Quand faut-il demander une étude géotechnique ?

Une étude géotechnique est recommandée lorsque :

  • les fissures sont compatibles avec un mouvement de fondation ;
  • le bâtiment est situé sur un sol argileux ;
  • des tassements différentiels sont suspectés ;
  • une fuite enterrée a modifié le sol ;
  • une végétation importante est proche ;
  • un terrassement ou une modification des eaux est intervenu ;
  • une reprise en sous-œuvre est envisagée ;
  • le suivi met en évidence un mouvement saisonnier ou progressif.

Le suivi des fissures ne permet pas de déterminer la nature, la profondeur et l’état hydrique du sol.

Quand faut-il demander une étude structurelle ?

Une étude structurelle est recommandée lorsque :

  • une fissure affecte un élément porteur ;
  • un plancher ou une poutre se déforme ;
  • un mur présente un basculement ;
  • un balcon est fissuré ;
  • des armatures sont corrodées ;
  • une rupture ou une perte de section est suspectée ;
  • un renforcement doit être dimensionné ;
  • des seuils d’alerte doivent être définis.

Le bureau d’études structure peut déterminer les paramètres à mesurer, les emplacements des capteurs, les seuils et les actions à engager.

Quand faut-il demander une expertise contradictoire ?

Une expertise contradictoire est recommandée lorsque :

  • la cause est contestée ;
  • plusieurs entreprises peuvent être concernées ;
  • les réparations risquent de supprimer les preuves ;
  • une reprise structurelle est envisagée ;
  • les résultats du suivi sont discutés ;
  • une assurance est mobilisée ;
  • une procédure amiable ou judiciaire est probable.

Les jauges, témoins et capteurs ne doivent pas être déposés ou modifiés sans documentation préalable et, lorsque cela est possible, sans information des parties.

Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?

Check my House peut mettre en place ou superviser un suivi adapté aux fissures affectant un bâtiment.

La mission peut comprendre :

  • le relevé initial des fissures ;
  • leur localisation sur photographies ou croquis ;
  • la mesure de leur largeur ;
  • la pose de témoins ou jauges graduées ;
  • la définition d’un calendrier de relevés ;
  • la création d’un tableau de suivi ;
  • l’analyse des conditions climatiques ;
  • le relevé photographique répétitif ;
  • des mesures de niveau ou d’inclinaison selon la mission ;
  • l’analyse de l’évolution ;
  • la distinction entre stabilité apparente et stabilité suffisamment étayée ;
  • la préconisation d’un suivi électronique, topographique ou géotechnique ;
  • la définition des mesures conservatoires ;
  • l’analyse du moment adapté pour engager les réparations ;
  • la rédaction d’un rapport illustré ;
  • l’assistance lors d’une expertise amiable contradictoire.

Un suivi local de fissures ne remplace pas une étude de sol, une reconnaissance des fondations, une étude structurelle ou un suivi topographique de précision lorsque ces investigations sont nécessaires.

Check my House vous accompagne grâce à notre expertise fissures.

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Sources principales

  • Agence Qualité Construction, « Les matériels pour expertiser les fissures du béton », présentant les jauges, compte-fils et capteurs électroniques utilisés pour mesurer et suivre les fissures.
  • Agence Qualité Construction, « Mesurer les fissures », consacré au choix des appareils de mesure et de surveillance.
  • Agence Qualité Construction, « Fissures structurelles des maçonneries de maisons individuelles », fiche pathologie bâtiment mise à jour en janvier 2024.
  • Cerema, Instruction technique pour la surveillance et l’entretien des ouvrages, relative à l’auscultation, à la surveillance renforcée et au suivi par instrumentation.
  • Cerema, référentiel consacré à l’utilisation de la topométrie pour la surveillance, l’auscultation et le diagnostic.
  • Ministère de la Transition écologique et Géorisques, ressources consacrées aux mouvements lents et saisonniers liés au retrait-gonflement des sols argileux.
  • Cerema, retour d’expérience sur la surveillance par fissuromètres de maisons affectées par le retrait-gonflement des argiles dans le cadre du procédé MACH.

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