La lettre de mission fixe le cadre de l’expertise : elle définit l’objet, les ouvrages et zones concernés, les documents attendus, les mesures, les investigations comprises ou exclues, le contenu du rapport, les honoraires et les délais. Ce guide détaille chaque rubrique pour qu’une mission privée ou judiciaire reste claire, proportionnée et compréhensible.
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- Pourquoi la lettre de mission constitue-t-elle une étape essentielle ?
- La lettre de mission est-elle obligatoire ?
- Quelle différence existe-t-il entre une lettre de mission privée et une mission judiciaire ?
- Que doit contenir l’objet précis de la mission ?
- Pourquoi faut-il poser des questions techniques plutôt que demander une conclusion prédéterminée ?
- La mission doit-elle distinguer les constatations des conclusions attendues ?
- Comment identifier les ouvrages concernés ?
- Une expertise portant sur un désordre localisé comprend-elle automatiquement tout le bâtiment ?
- Faut-il distinguer les ouvrages examinés et les ouvrages simplement observés ?
- Comment définir les parties à visiter ?
- La toiture est-elle automatiquement visitée ?
- Comment traiter les zones dangereuses ou difficiles d’accès ?
- Quels documents le client doit-il transmettre avant la visite ?
- La liste des documents doit-elle être personnalisée ?
- Quand les documents doivent-ils être transmis ?
- Que se passe-t-il lorsque certains documents ne sont pas disponibles ?
- L’expert doit-il vérifier l’authenticité de chaque document ?
- Les pièces doivent-elles être annexées intégralement au rapport ?
- Quelles mesures doivent être prévues dans la lettre de mission ?
- Faut-il indiquer les appareils utilisés ?
- Les mesures sont-elles toujours comprises dans le forfait de visite ?
- Qu’est-ce qu’une investigation non destructive ?
- Une inspection non destructive permet-elle de tout diagnostiquer ?
- Qu’est-ce qu’un sondage destructif ?
- Les sondages destructifs sont-ils compris dans une expertise courante ?
- Que doit prévoir la mission lorsqu’un sondage destructif est envisagé ?
- L’expert réalise-t-il personnellement les sondages ?
- Qui doit autoriser un sondage destructif ?
- Comment organiser le recours à un spécialiste ?
- L’expert principal peut-il déléguer sa mission à un spécialiste ?
- Une étude spécialisée est-elle comprise dans les honoraires de l’expert ?
- Comment prévoir les réunions contradictoires ?
- Qui identifie les parties à convoquer ?
- La préparation des convocations est-elle incluse dans la mission ?
- Une seule réunion contradictoire est-elle toujours suffisante ?
- Que doit prévoir la mission au sujet du rapport écrit ?
- Quel contenu peut être prévu pour un rapport complet ?
- Le client peut-il exiger une modification du rapport ?
- Le rapport doit-il répondre à toutes les affirmations des parties ?
- Le rapport constitue-t-il une garantie de résultat ?
- L’estimation financière doit-elle être expressément prévue ?
- Quelle différence existe-t-il entre estimation indicative et devis ?
- Quels postes doivent être distingués dans l’estimation ?
- Une estimation peut-elle être impossible sans investigations complémentaires ?
- L’assistance après le rapport est-elle automatiquement comprise ?
- Pourquoi faut-il anticiper les suites possibles ?
- L’expert peut-il rédiger la mise en demeure à la place de l’avocat ?
- Comment les honoraires doivent-ils être présentés ?
- Que doit comprendre un forfait d’expertise ?
- Quels frais complémentaires peuvent être prévus ?
- L’expert peut-il engager librement des frais complémentaires ?
- Comment traiter les honoraires d’un spécialiste extérieur ?
- Comment les honoraires sont-ils fixés dans une expertise judiciaire ?
- La lettre de mission doit-elle fixer un délai prévisionnel ?
- Le délai peut-il être présenté comme une simple estimation ?
- Quels événements peuvent prolonger le délai ?
- Une mission urgente doit-elle être traitée différemment ?
- Quelles limites d’accès doivent être prévues ?
- L’expert doit-il déplacer les meubles et équipements ?
- Comment les exclusions doivent-elles être rédigées ?
- Quelle différence existe-t-il entre exclusion et limite technique ?
- La lettre de mission peut-elle être modifiée après la visite ?
- Le client peut-il limiter volontairement la mission ?
- Que faut-il prévoir lorsqu’un contrat est conclu à distance ?
- Quelle confidentialité s’applique au rapport d’expertise privé ?
- Le client peut-il transmettre librement le rapport ?
- Le rapport peut-il être publié sur internet ?
- Comment les données personnelles doivent-elles être traitées ?
- Combien de temps les dossiers peuvent-ils être conservés ?
- Le caractère contradictoire supprime-t-il la confidentialité ?
- Quels documents personnels ne doivent pas être transmis inutilement ?
- Comment la mission doit-elle traiter l’utilisation judiciaire du rapport ?
- Une lettre de mission peut-elle prévoir une assistance en justice ?
- Comment reconnaître une lettre de mission insuffisante ?
- Quelle structure de lettre de mission peut être retenue ?
- Quelles obligations peuvent être mises à la charge du client ?
- Que se passe-t-il si le client cache une information importante ?
- La mission peut-elle être interrompue par l’expert ?
- Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?
- Sources principales
Pourquoi la lettre de mission constitue-t-elle une étape essentielle ?
Une expertise sérieuse commence avant la visite.
La lettre de mission doit permettre au client et à l’expert de comprendre clairement :
- la question technique à résoudre ;
- les bâtiments et ouvrages concernés ;
- les zones qui seront inspectées ;
- les documents attendus ;
- les mesures prévues ;
- les investigations comprises ou exclues ;
- le contenu du rapport ;
- les honoraires ;
- les délais ;
- les limites de l’intervention.
Une mission imprécise crée un risque de désaccord sur ce que l’expert devait examiner, mesurer, chiffrer ou conclure.
Lorsqu’un professionnel contracte avec un consommateur, les caractéristiques essentielles du service, son prix et la date ou le délai d’exécution doivent notamment être communiqués de manière lisible et compréhensible avant la conclusion du contrat.
La lettre de mission est-elle obligatoire ?
Il est fortement recommandé de formaliser toute mission d’expertise par écrit.
Selon les circonstances, le document peut être intitulé :
- lettre de mission ;
- proposition d’intervention ;
- devis d’expertise ;
- convention d’expertise ;
- contrat de prestation ;
- ordre de mission.
Son intitulé importe moins que son contenu.
Il doit permettre d’identifier les engagements réciproques du client et du professionnel. Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi.
Quelle différence existe-t-il entre une lettre de mission privée et une mission judiciaire ?
Dans une expertise privée, la mission résulte du contrat conclu entre le client et l’expert.
Les parties définissent notamment :
- l’objet ;
- le périmètre ;
- les honoraires ;
- les délais ;
- le rapport ;
- les éventuelles prestations complémentaires.
Dans une expertise judiciaire, la mission est fixée par la décision du juge. Celle-ci expose les circonstances justifiant l’expertise, désigne le technicien, énonce les chefs de mission et fixe le délai de remise de l’avis.
L’expert judiciaire ne peut pas modifier seul sa mission. S’il rencontre une difficulté ou estime qu’une extension est nécessaire, il doit en informer le juge.
Que doit contenir l’objet précis de la mission ?
L’objet doit décrire la question confiée à l’expert.
Une formulation trop générale comme « Expertise complète de la maison » ne permet pas de savoir si l’intervention comprend :
- l’analyse de la structure ;
- la toiture ;
- les réseaux ;
- l’humidité ;
- la conformité contractuelle ;
- le chiffrage ;
- la valeur du bien ;
- l’assistance à un litige.
Une formulation précise peut indiquer : « Examiner les fissures affectant les façades et les pièces du rez-de-chaussée, rechercher leurs causes techniques probables, apprécier leur gravité apparente, identifier les investigations complémentaires et proposer les principes de réparation. »
Pourquoi faut-il poser des questions techniques plutôt que demander une conclusion prédéterminée ?
La mission ne doit pas imposer à l’expert de conclure :
- qu’une entreprise est responsable ;
- que le vendeur connaissait le défaut ;
- que le dommage est décennal ;
- qu’il existe un vice caché ;
- qu’un assureur doit indemniser ;
- que le bien a perdu une valeur déterminée.
Elle doit lui demander d’examiner les éléments techniques permettant d’éclairer ces questions. Par exemple :
- déterminer la nature des fissures ;
- rechercher leur antériorité probable ;
- examiner leur visibilité ;
- identifier les travaux nécessaires ;
- évaluer leurs conséquences sur l’usage ;
- apprécier leur incidence possible sur la valeur.
Même dans le cadre judiciaire, le technicien doit répondre aux points pour lesquels il a été commis et ne doit jamais porter d’appréciations d’ordre juridique.
La mission doit-elle distinguer les constatations des conclusions attendues ?
Oui. Elle peut prévoir successivement :
- l’analyse documentaire ;
- la visite ;
- les constatations ;
- les mesures ;
- l’analyse des causes ;
- l’appréciation de la gravité ;
- les investigations complémentaires ;
- les principes de réparation ;
- l’estimation indicative ;
- les limites.
Cette organisation évite que le rapport se limite à une série de photographies ou, à l’inverse, formule des conclusions sans exposer les faits qui les soutiennent.
Comment identifier les ouvrages concernés ?
La lettre de mission doit désigner précisément le bien :
- adresse ;
- type de bâtiment ;
- bâtiment ou cage concernée ;
- numéro de lot en copropriété ;
- niveaux ;
- dépendances ;
- terrain ;
- annexes ;
- parties communes éventuelles.
Elle doit ensuite préciser les ouvrages à examiner :
- fondations visibles ;
- murs porteurs ;
- façades ;
- planchers ;
- charpente ;
- couverture ;
- toiture-terrasse ;
- menuiseries ;
- balcons ;
- réseaux ;
- ventilation ;
- sous-sol ;
- vide sanitaire ;
- abords.
Une expertise portant sur un désordre localisé comprend-elle automatiquement tout le bâtiment ?
Non. Une mission portant sur une infiltration dans une chambre ne comprend pas nécessairement :
- l’inspection de toutes les façades ;
- l’analyse de l’ensemble de la toiture ;
- le contrôle complet de la plomberie ;
- l’examen structurel de l’immeuble ;
- l’expertise des autres appartements.
Il faut cependant prévoir un périmètre suffisamment large pour rechercher la cause. Une auréole localisée peut nécessiter l’examen :
- de la toiture ;
- de la façade ;
- du logement supérieur ;
- d’une gaine ;
- d’une terrasse ;
- d’une canalisation commune.
Faut-il distinguer les ouvrages examinés et les ouvrages simplement observés ?
Oui. La mission peut différencier deux catégories.
Les ouvrages faisant l’objet de l’analyse
Ils sont examinés dans le but de répondre aux questions de la mission.
Les ouvrages observés à titre de contexte
Ils sont regardés pour comprendre le fonctionnement général, sans faire l’objet d’une expertise complète.
Par exemple, lors d’une expertise de fissures, les réseaux d’eaux pluviales peuvent être observés pour rechercher une cause hydrique sans constituer un audit complet du réseau enterré.
Comment définir les parties à visiter ?
La lettre de mission doit préciser les espaces auxquels l’accès est prévu :
- pièces habitables ;
- combles ;
- sous-sol ;
- cave ;
- garage ;
- vide sanitaire ;
- toiture ;
- terrasse ;
- balcon ;
- jardin ;
- locaux techniques ;
- parties communes ;
- logements voisins.
Elle doit également préciser qui organisera les accès. Dans une copropriété, le propriétaire d’un lot ne peut pas garantir seul l’accès :
- à la toiture commune ;
- au logement supérieur ;
- à une gaine verrouillée ;
- à un local technique ;
- à un lot appartenant à un tiers.
La toiture est-elle automatiquement visitée ?
Non. L’accès à une toiture dépend notamment :
- de sa hauteur ;
- de sa pente ;
- du matériau ;
- des moyens d’accès ;
- des équipements de protection ;
- des conditions météorologiques ;
- de la fragilité de la couverture.
Une observation peut être réalisée depuis le sol, une fenêtre, un balcon, des combles ou au moyen d’un équipement adapté. La lettre de mission doit préciser si elle comprend :
- une simple observation à distance ;
- une inspection depuis un point accessible ;
- une visite en toiture par un professionnel équipé ;
- une inspection particulière organisée séparément.
Comment traiter les zones dangereuses ou difficiles d’accès ?
L’expert doit pouvoir interrompre ou refuser une inspection lorsque les conditions de sécurité ne sont pas réunies. La lettre de mission peut prévoir que ne seront pas inspectés sans organisation spécifique :
- les toitures sans accès sécurisé ;
- les combles fragiles ;
- les vides sanitaires trop exigus ;
- les locaux inondés ;
- les zones exposées à un risque électrique ;
- les ouvrages instables ;
- les zones susceptibles de contenir de l’amiante ;
- les lieux dépourvus d’autorisation d’accès.
La limite doit ensuite être mentionnée dans le rapport avec ses conséquences sur les conclusions.
Quels documents le client doit-il transmettre avant la visite ?
Selon la mission, les documents utiles peuvent comprendre :
- titre de propriété ;
- plans ;
- permis de construire ;
- notice descriptive ;
- marchés et devis ;
- factures ;
- étude géotechnique ;
- notes de calcul ;
- plans de structure ;
- comptes rendus de chantier ;
- procès-verbal de réception ;
- réserves et levées de réserves ;
- attestations d’assurance ;
- déclarations de sinistre ;
- rapports d’assurance ;
- expertises antérieures ;
- diagnostics immobiliers ;
- règlement de copropriété ;
- procès-verbaux d’assemblée générale ;
- photographies anciennes ;
- devis de réparation.

La liste des documents doit-elle être personnalisée ?
Oui. Une liste générique peut être annexée, mais la lettre de mission doit identifier les pièces déterminantes pour le dossier.
Pour des fissures, il peut notamment être demandé :
- l’étude de sol ;
- les plans de fondation ;
- les photographies du chantier ;
- les déclarations de sécheresse ;
- les réparations antérieures.
Pour une infiltration :
- les factures de toiture ;
- les recherches de fuite ;
- les plans des réseaux ;
- les déclarations de dégât des eaux ;
- les travaux d’étanchéité.
Pour une valeur vénale :
- le titre ;
- les surfaces ;
- les baux ;
- les charges ;
- la taxe foncière ;
- les travaux ;
- les servitudes ;
- les sinistres connus.
Quand les documents doivent-ils être transmis ?
La lettre de mission peut fixer une date limite avant la visite. Cette transmission préalable permet à l’expert :
- de comprendre la construction ;
- de préparer ses contrôles ;
- d’identifier les zones sensibles ;
- de comparer l’exécution aux plans ;
- de repérer les pièces manquantes ;
- d’éviter une seconde visite inutile.
Les documents communiqués après la visite peuvent nécessiter :
- une analyse complémentaire ;
- une révision du rapport ;
- une nouvelle visite ;
- un honoraire supplémentaire.
Que se passe-t-il lorsque certains documents ne sont pas disponibles ?
L’absence d’un document n’empêche pas toujours la visite. Elle peut néanmoins limiter la possibilité :
- d’identifier une structure cachée ;
- de vérifier le dimensionnement ;
- de dater les travaux ;
- d’établir la réception ;
- de contrôler les responsabilités ;
- de vérifier une assurance ;
- d’évaluer les réparations antérieures.
Le rapport doit distinguer :
- les documents examinés ;
- ceux qui ont été demandés mais non transmis ;
- les informations reposant uniquement sur les déclarations du client ;
- les conséquences de ces absences.
L’expert doit-il vérifier l’authenticité de chaque document ?
Il analyse normalement les pièces qui lui sont remises sans réaliser systématiquement une expertise documentaire ou une vérification auprès de chaque émetteur. Il doit néanmoins signaler :
- une incohérence de date ;
- une version incomplète ;
- un document illisible ;
- une absence de signature ;
- une contradiction manifeste ;
- une référence qui ne correspond pas au bâtiment.
Une mission particulière peut prévoir des vérifications complémentaires auprès :
- d’une mairie ;
- d’un assureur ;
- d’un bureau d’études ;
- d’une entreprise ;
- d’un syndic ;
- d’un notaire.
Les pièces doivent-elles être annexées intégralement au rapport ?
Pas nécessairement. Le rapport peut :
- dresser leur liste ;
- citer les passages utiles ;
- reproduire certains plans ou extraits ;
- annexer les documents essentiels.
L’annexion intégrale de centaines de pages peut alourdir le rapport sans améliorer l’analyse. Les pièces originales doivent toutefois rester identifiables afin de permettre leur consultation et leur communication dans un cadre contradictoire.
Quelles mesures doivent être prévues dans la lettre de mission ?
La mission doit préciser les mesures envisagées lorsqu’elles constituent un élément important de la prestation. Il peut notamment s’agir :
- de la largeur des fissures ;
- de niveaux ;
- de pentes ;
- de désaffleurements ;
- de températures ;
- d’humidité relative ;
- de températures de surface ;
- de valeurs comparatives d’humidité des matériaux ;
- de débits d’air indicatifs ;
- de dimensions ;
- de surfaces ;
- de distances.
La mention « mesures techniques » reste trop vague lorsque leur nature conditionne les conclusions.
Faut-il indiquer les appareils utilisés ?
Il est utile de préciser au minimum le type d’appareil ou de méthode prévu :
- fissuromètre ;
- niveau laser ;
- thermo-hygromètre ;
- humidimètre ;
- caméra thermique ;
- anémomètre ;
- endoscope ;
- télémètre.
Le rapport pourra ensuite indiquer :
- les conditions de mesure ;
- les unités ;
- les valeurs ;
- les limites d’interprétation.
La lettre de mission n’a pas besoin de devenir une notice technique, mais elle doit permettre au client de comprendre la nature des contrôles commandés.
Les mesures sont-elles toujours comprises dans le forfait de visite ?
Non. Une mission peut comprendre :
- quelques mesures ponctuelles ;
- une cartographie complète ;
- plusieurs séries de relevés ;
- une instrumentation sur plusieurs mois ;
- un suivi périodique.
Ces prestations n’impliquent ni le même temps ni le même matériel. Par exemple, mesurer ponctuellement une fissure le jour de la visite ne correspond pas à une mission de suivi instrumenté de son évolution.
Qu’est-ce qu’une investigation non destructive ?
Une investigation non destructive recherche des informations sans déposer ou détériorer volontairement l’ouvrage. Elle peut comprendre :
- l’observation visuelle ;
- la photographie ;
- la mesure dimensionnelle ;
- la thermographie ;
- les mesures comparatives d’humidité ;
- l’endoscopie par un accès existant ;
- le contrôle de niveau ;
- certains essais de fonctionnement ;
- l’examen des documents.
Elle n’offre pas toujours une vision complète des ouvrages cachés.
Une inspection non destructive permet-elle de tout diagnostiquer ?
Non. Elle ne permet pas nécessairement d’examiner :
- les fondations enterrées ;
- les armatures ;
- l’arrière d’un doublage ;
- l’intérieur d’un plancher fermé ;
- les réseaux encastrés ;
- l’étanchéité sous un revêtement ;
- l’état interne d’une charpente masquée ;
- les couches réelles d’un complexe de toiture.
La lettre de mission doit indiquer que les conclusions sont établies dans les limites des éléments visibles, accessibles, mesurables et documentés.
Qu’est-ce qu’un sondage destructif ?
Un sondage destructif implique une ouverture ou une dépose, même localisée. Il peut notamment consister à :
- ouvrir un doublage ;
- déposer une plinthe ;
- retirer un carrelage ;
- piquer un enduit ;
- ouvrir une toiture ;
- creuser au droit d’une fondation ;
- réaliser un carottage ;
- prélever un matériau ;
- déposer un élément de plancher.
Il doit répondre à une question précise et ne doit pas être réalisé « pour voir » sans protocole.
Les sondages destructifs sont-ils compris dans une expertise courante ?
Non, sauf mention expresse. Une mission d’inspection visuelle et instrumentée non destructive n’inclut pas automatiquement :
- la démolition ;
- la dépose ;
- les prélèvements ;
- l’évacuation des matériaux ;
- les protections ;
- la remise en état.
Ces opérations doivent être identifiées dans la lettre de mission ou faire l’objet d’un avenant.
Que doit prévoir la mission lorsqu’un sondage destructif est envisagé ?
Elle doit préciser :
- la zone ;
- l’objectif ;
- la personne qui réalisera l’ouverture ;
- les risques ;
- les autorisations ;
- les précautions ;
- la présence de l’expert ;
- les photographies ;
- les prélèvements ;
- la conservation des pièces ;
- la remise en état ;
- le coût.
Il faut également vérifier les risques particuliers :
- amiante ;
- plomb ;
- réseaux électriques ;
- canalisations ;
- étanchéité ;
- structure ;
- partie commune.
L’expert réalise-t-il personnellement les sondages ?
Pas nécessairement. Selon leur nature, ils peuvent être confiés :
- à une entreprise de bâtiment ;
- à un laboratoire ;
- à un géotechnicien ;
- à un plombier ;
- à un couvreur ;
- à une entreprise de recherche de fuite ;
- à un bureau d’études.
L’expert peut :
- définir la zone ;
- assister à l’ouverture ;
- constater les éléments découverts ;
- orienter les prélèvements ;
- intégrer les résultats dans son rapport.
Qui doit autoriser un sondage destructif ?
L’autorisation doit être donnée par la personne disposant du droit nécessaire sur l’ouvrage. Selon la situation, il peut s’agir :
- du propriétaire ;
- du maître de l’ouvrage ;
- du syndicat des copropriétaires ;
- du syndic dans les limites de ses pouvoirs ;
- du propriétaire du lot voisin ;
- du juge ;
- de l’assureur lorsque son accord est recherché pour la prise en charge.
Un occupant ne peut pas toujours autoriser seul une ouverture affectant la structure ou une partie commune.
Comment organiser le recours à un spécialiste ?
La lettre de mission doit indiquer si l’expert peut recommander ou solliciter :
- un géotechnicien ;
- un bureau d’études structure ;
- un thermicien ;
- un acousticien ;
- un laboratoire ;
- un spécialiste des bois ;
- un économiste de la construction ;
- un expert en évaluation immobilière.
Il faut préciser :
- qui le choisit ;
- qui le missionne ;
- qui le rémunère ;
- à qui il remet ses résultats ;
- si son coût est compris ;
- si l’accord préalable du client est nécessaire.
L’expert principal peut-il déléguer sa mission à un spécialiste ?
Il peut recourir à un spécialiste pour une question distincte, mais il doit conserver la responsabilité de son propre rapport et expliquer comment il utilise les résultats transmis.
Dans une expertise judiciaire, l’expert doit accomplir personnellement la mission confiée en raison de sa qualification. Il peut recueillir l’avis d’un autre technicien uniquement dans une spécialité distincte de la sienne et peut se faire assister sous son contrôle et sa responsabilité.
Une étude spécialisée est-elle comprise dans les honoraires de l’expert ?
Pas automatiquement. La lettre de mission doit distinguer :
- les prestations comprises ;
- les prestations optionnelles ;
- les honoraires des tiers ;
- les frais de laboratoire ;
- les frais de sondage ;
- les coûts de remise en état.
Aucun frais important ne devrait être engagé sans information et accord du client, sauf situation contractuellement prévue ou urgence nécessitant une décision immédiate clairement documentée.

Comment prévoir les réunions contradictoires ?
La lettre de mission doit préciser si l’expertise est :
- unilatérale ;
- amiable contradictoire ;
- commune aux parties ;
- préparatoire à une procédure ;
- réalisée en assistance d’une expertise judiciaire.
Pour une réunion contradictoire, elle peut préciser :
- les parties à convoquer ;
- la préparation des convocations ;
- le mode d’envoi ;
- les documents communiqués ;
- la durée prévue ;
- les investigations ;
- le compte rendu ;
- le traitement des observations.
Qui identifie les parties à convoquer ?
Le client transmet les informations dont il dispose. L’expert peut contribuer à identifier les intervenants techniquement concernés :
- entreprises ;
- constructeur ;
- maître d’œuvre ;
- bureau d’études ;
- vendeur ;
- syndic ;
- assureurs.
L’identification juridique complète des personnes à mettre en cause et la préservation des délais doivent être vérifiées avec un avocat lorsque le dossier présente un enjeu contentieux.
La préparation des convocations est-elle incluse dans la mission ?
Elle doit être mentionnée expressément. La prestation peut comprendre :
- la rédaction technique de l’objet ;
- la liste des pièces ;
- l’organisation de la réunion ;
- la relance des participants ;
- la préparation du dossier.
La lettre doit préciser si les convocations :
- sont envoyées par l’expert ;
- sont envoyées par le client ;
- sont validées par l’avocat ;
- font l’objet de frais postaux ou administratifs supplémentaires.
Une seule réunion contradictoire est-elle toujours suffisante ?
Non. Une seconde réunion peut être nécessaire après :
- une étude géotechnique ;
- une ouverture ;
- un essai ;
- la communication de documents ;
- un devis ;
- une réparation provisoire ;
- la découverte d’un nouveau désordre.
La mission doit indiquer si elle comprend :
- une seule réunion ;
- plusieurs réunions définies ;
- une facturation à la vacation ;
- un avenant en fonction des besoins.
Que doit prévoir la mission au sujet du rapport écrit ?
Elle doit préciser si le livrable comprend :
- un rapport complet ;
- une note technique ;
- un compte rendu ;
- une synthèse ;
- un tableau de réserves ;
- une estimation ;
- des annexes photographiques ;
- des plans annotés ;
- une réponse aux observations.
Le terme « rapport d’expertise » ne garantit pas à lui seul un contenu standardisé.
Quel contenu peut être prévu pour un rapport complet ?
Le rapport peut comprendre :
- le contexte ;
- la mission ;
- les personnes présentes ;
- les documents examinés ;
- les limites ;
- les constatations ;
- les photographies ;
- les mesures ;
- l’analyse ;
- les causes probables ;
- la gravité ;
- les investigations complémentaires ;
- les préconisations ;
- l’estimation éventuelle ;
- la conclusion.
Le contenu doit être adapté à la mission et non reproduit mécaniquement pour tous les dossiers.
Le client peut-il exiger une modification du rapport ?
Il peut signaler :
- une erreur de nom ;
- une erreur de date ;
- une photographie mal localisée ;
- un document oublié ;
- une déclaration incorrectement retranscrite ;
- une incohérence matérielle.
Il ne peut pas imposer une conclusion contraire aux constatations de l’expert. La mission peut prévoir :
- une phase de vérification factuelle ;
- un projet de rapport ;
- un délai d’observation ;
- une version définitive.
Dans une expertise contradictoire, toute observation susceptible d’influencer l’analyse doit être traitée loyalement et, selon l’organisation retenue, communiquée aux autres parties.
Le rapport doit-il répondre à toutes les affirmations des parties ?
Il doit répondre aux points utiles à la mission. Il n’a pas à reproduire :
- chaque échange ;
- les accusations personnelles ;
- les arguments sans lien technique ;
- les observations répétitives.
Dans l’expertise judiciaire, l’expert doit prendre en considération les observations et réclamations formulées dans les délais et mentionner la suite qui leur a été donnée.
Le rapport constitue-t-il une garantie de résultat ?
Non. L’expert s’engage à réaliser les diligences définies dans la mission avec la compétence et la prudence attendues. Il ne peut pas garantir :
- que la cause sera toujours démontrée sans sondage ;
- que l’autre partie acceptera le rapport ;
- que l’assureur indemnisera ;
- que le juge retiendra les conclusions ;
- que les travaux ne révéleront aucun aléa ;
- que le bien sera vendu à la valeur estimée.
La lettre de mission doit clairement distinguer le travail promis du résultat extérieur espéré par le client.
L’estimation financière doit-elle être expressément prévue ?
Oui. L’analyse technique d’un désordre n’inclut pas automatiquement le chiffrage des travaux. La lettre de mission doit préciser si l’expert fournira :
- une enveloppe indicative ;
- des prix unitaires ;
- un métré ;
- une analyse de devis ;
- un chiffrage détaillé ;
- une estimation de la perte de valeur ;
- aucun montant.
Quelle différence existe-t-il entre estimation indicative et devis ?
L’estimation indicative est établie à partir :
- d’ouvrages visibles ;
- d’hypothèses ;
- de ratios ;
- de prix unitaires ;
- de devis transmis ;
- d’un scénario de réparation.
Le devis est une offre d’entreprise correspondant à une prestation définie, avec ses quantités, conditions et prix. L’estimation de l’expert ne constitue pas un engagement à réaliser les travaux pour le montant annoncé.
Quels postes doivent être distingués dans l’estimation ?
Lorsque la mission le permet, il est utile de séparer :
- mesures conservatoires ;
- études ;
- sondages ;
- traitement de la cause ;
- travaux structurels ;
- étanchéité ;
- séchage ;
- déposes ;
- remises en état ;
- finitions ;
- maîtrise d’œuvre ;
- contrôles ;
- aléas ;
- TVA.
Cette présentation évite de confondre une simple reprise esthétique avec le coût complet d’une réparation durable.
Une estimation peut-elle être impossible sans investigations complémentaires ?
Oui. Il peut être impossible de chiffrer précisément :
- une reprise de fondation sans connaître sa profondeur ;
- une charpente sans ouvrir les habillages ;
- une étanchéité sans connaître le complexe existant ;
- une fuite enterrée sans localiser sa rupture ;
- une dégradation biologique sans connaître son extension.
Le rapport peut alors proposer :
- une fourchette ;
- plusieurs scénarios ;
- des prix unitaires ;
- les études nécessaires avant chiffrage définitif.
L’assistance après le rapport est-elle automatiquement comprise ?
Non. La lettre de mission doit préciser si les honoraires comprennent :
- un échange téléphonique ;
- une réunion de restitution ;
- la réponse à des questions simples ;
- l’analyse d’un devis ;
- la rédaction d’un courrier ;
- une réunion avec l’entreprise ;
- une contre-expertise ;
- l’assistance à l’avocat ;
- le contrôle des travaux.
Une mission qui s’achève à la remise du rapport doit le mentionner clairement.
Pourquoi faut-il anticiper les suites possibles ?
Un rapport peut entraîner :
- une demande d’investigation ;
- une mise en demeure ;
- une réunion contradictoire ;
- une déclaration d’assurance ;
- une étude structurelle ;
- une consultation d’entreprises ;
- un contrôle des reprises ;
- une procédure judiciaire.
La lettre de mission peut prévoir des prestations optionnelles afin que le client connaisse leur principe et leur mode de facturation sans être obligé de les commander immédiatement.
L’expert peut-il rédiger la mise en demeure à la place de l’avocat ?
Il peut fournir les éléments techniques et, selon sa mission, préparer un projet de courrier factuel. La qualification juridique, la stratégie, les délais et les demandes procédurales doivent être vérifiés par un professionnel du droit lorsque l’enjeu le justifie.
La lettre de mission doit distinguer :
- l’assistance technique ;
- la rédaction juridique ;
- la représentation du client.
Comment les honoraires doivent-ils être présentés ?
Ils peuvent être fixés :
- au forfait ;
- à l’heure ;
- à la vacation ;
- à la journée ;
- selon plusieurs phases ;
- selon la surface ou la complexité ;
- par combinaison de ces méthodes.
Le document doit indiquer :
- le montant hors taxes et toutes taxes comprises lorsqu’elles s’appliquent ;
- l’acompte ;
- le solde ;
- les modalités de paiement ;
- les prestations comprises ;
- les frais exclus ;
- les conditions d’annulation ;
- les dépassements possibles.
Lorsqu’un prix exact ne peut pas être fixé à l’avance, le prestataire doit pouvoir communiquer une méthode de calcul ou un devis suffisamment détaillé.
Que doit comprendre un forfait d’expertise ?
Le forfait devrait préciser :
- analyse documentaire dans une limite définie ;
- préparation ;
- déplacement ;
- durée indicative de visite ;
- mesures comprises ;
- photographies ;
- rédaction ;
- réunion de restitution éventuelle ;
- nombre de corrections factuelles ;
- frais administratifs.
La mention « expertise complète » sans description ne permet pas de vérifier ce que couvre réellement le prix.

Quels frais complémentaires peuvent être prévus ?
Ils peuvent notamment concerner :
- déplacement au-delà d’une zone ;
- péage ;
- stationnement ;
- hébergement ;
- réunion supplémentaire ;
- nouvelle visite ;
- sondage ;
- laboratoire ;
- spécialiste ;
- envoi recommandé ;
- reproduction importante ;
- urgence ;
- travail le soir ou le week-end ;
- assistance en expertise judiciaire ;
- analyse de nouveaux documents volumineux.
Leur principe et leur méthode de calcul doivent être annoncés.
L’expert peut-il engager librement des frais complémentaires ?
Il est préférable que tout coût non compris fasse l’objet :
- d’un devis ;
- d’un avenant ;
- d’une autorisation écrite ;
- ou d’un plafond préalablement accepté.
La lettre de mission peut prévoir une exception limitée pour les dépenses indispensables et peu importantes, mais cette faculté doit rester claire et proportionnée.
Comment traiter les honoraires d’un spécialiste extérieur ?
Trois organisations sont possibles.
Le client le missionne directement
Le spécialiste facture le client et reste responsable de sa prestation.
L’expert le sous-traite ou le missionne
Le contrat doit préciser les responsabilités, la facturation et les destinataires des résultats.
Les parties le missionnent conjointement
Cette solution peut être adaptée à une expertise contradictoire.
Dans tous les cas, il faut identifier :
- la spécialité ;
- la mission ;
- le coût ;
- les assurances ;
- la propriété des résultats ;
- leur utilisation dans le rapport.
Comment les honoraires sont-ils fixés dans une expertise judiciaire ?
Ils ne résultent pas d’une lettre de mission privée entre une partie et l’expert judiciaire. Une provision est généralement fixée par le juge. À la fin de la mission, le juge arrête la rémunération de l’expert en tenant notamment compte des diligences, du respect des délais et de la qualité du travail.
Les honoraires de l’expert-conseil qui assiste une partie restent distincts et relèvent d’un contrat privé.
La lettre de mission doit-elle fixer un délai prévisionnel ?
Oui. Le délai peut être indiqué pour :
- la visite ;
- la réunion contradictoire ;
- l’analyse ;
- la remise du projet ;
- la remise du rapport définitif.
Lorsqu’un professionnel fournit un service à un consommateur et que l’exécution n’est pas immédiate, la date ou le délai d’exécution fait partie des informations précontractuelles à communiquer.
Le délai peut-il être présenté comme une simple estimation ?
Oui, lorsque sa réalisation dépend d’éléments extérieurs. Il faut alors distinguer :
- un délai ferme ;
- un délai indicatif ;
- le point de départ du délai.
Par exemple : « Rapport transmis dans un délai indicatif de quinze jours ouvrés à compter de la visite et de la réception de l’ensemble des pièces nécessaires. »
Quels événements peuvent prolonger le délai ?
La lettre de mission peut prévoir :
- documents transmis tardivement ;
- impossibilité d’accès ;
- indisponibilité d’une partie ;
- nécessité d’une seconde visite ;
- investigation complémentaire ;
- attente d’un laboratoire ;
- recours à un spécialiste ;
- volume exceptionnel de pièces ;
- nouvelle pathologie découverte ;
- événement de force majeure.
L’expert doit informer le client lorsqu’un retard significatif devient prévisible.
Une mission urgente doit-elle être traitée différemment ?
Oui. Il faut distinguer :
- l’urgence de sécurité ;
- l’urgence probatoire ;
- l’urgence commerciale ;
- l’urgence imposée par une audience ou une expertise.
La lettre de mission peut prévoir :
- un constat rapide ;
- une note provisoire ;
- un rapport complet ultérieur ;
- une majoration d’urgence ;
- une limitation initiale du périmètre.
L’urgence ne doit pas conduire l’expert à affirmer une cause sans investigations suffisantes.
Quelles limites d’accès doivent être prévues ?
La mission peut mentionner que l’expertise reste subordonnée :
- à la remise des clés ;
- à la présence de l’occupant ;
- à l’autorisation du propriétaire ;
- à l’accès aux parties communes ;
- à l’absence d’encombrement ;
- à la sécurité ;
- aux conditions météorologiques ;
- à l’absence de matériaux dangereux non repérés.
Le client doit être invité à préparer l’accès aux zones déterminantes.
L’expert doit-il déplacer les meubles et équipements ?
La lettre de mission peut prévoir que seuls les éléments légers et mobiles seront déplacés avec l’accord du client. Ne sont généralement pas compris sans organisation spécifique :
- démontage de meubles ;
- dépose de cuisine ;
- déplacement d’un appareil lourd ;
- démontage d’un coffrage ;
- dépose de revêtement ;
- retrait d’un équipement fixé.
L’encombrement et les zones non visibles doivent être signalés dans le rapport.
Comment les exclusions doivent-elles être rédigées ?
Les exclusions doivent être précises et compréhensibles. Elles peuvent notamment concerner :
- absence de sondage destructif ;
- absence de calcul structurel ;
- absence d’étude géotechnique ;
- absence d’analyse de laboratoire ;
- absence de diagnostic réglementaire ;
- absence d’audit complet des installations ;
- absence d’examen des zones inaccessibles ;
- absence de qualification juridique définitive ;
- absence de garantie sur les assurances ;
- absence de maîtrise d’œuvre.
Une exclusion générale comme « l’expert n’est responsable de rien » serait incompatible avec l’objet même de la prestation et ne remplace pas une définition sérieuse des limites.
Quelle différence existe-t-il entre exclusion et limite technique ?
Une exclusion indique qu’une prestation n’est pas comprise. Exemple : « La mission ne comprend pas le dimensionnement d’un renforcement structurel. »
Une limite technique correspond à un obstacle rencontré pendant l’exécution. Exemple : « Le vide sanitaire prévu dans la mission n’a pas pu être inspecté en raison de l’absence d’accès. »
Les deux doivent apparaître clairement, mais ils ne répondent pas à la même situation.
La lettre de mission peut-elle être modifiée après la visite ?
Oui, par accord écrit. Un avenant peut être nécessaire lorsqu’apparaît :
- un nouveau désordre ;
- un nouveau bâtiment ;
- une partie supplémentaire ;
- une demande de chiffrage ;
- un sondage ;
- une réunion contradictoire ;
- une assistance judiciaire ;
- une étude de valeur.
L’expert ne doit pas étendre silencieusement son intervention puis facturer des prestations qui n’avaient pas été convenues.
Le client peut-il limiter volontairement la mission ?
Oui. Il peut commander uniquement :
- un constat ;
- une analyse documentaire ;
- une visite sans chiffrage ;
- un contrôle localisé ;
- une contre-expertise sur un point précis.
Le rapport doit alors rappeler que les conclusions ne portent pas sur les autres ouvrages ou questions. Une mission réduite ne doit pas être présentée comme une expertise générale du bâtiment.
Que faut-il prévoir lorsqu’un contrat est conclu à distance ?
Lorsqu’un consommateur conclut un contrat de prestation à distance ou hors établissement, il bénéficie en principe d’un droit de rétractation de quatorze jours à compter de la conclusion du contrat. La lettre de mission ou les documents contractuels doivent traiter, selon la situation :
- l’information sur ce droit ;
- le formulaire de rétractation ;
- la demande expresse de commencement anticipé ;
- les conséquences d’une exécution commencée avant la fin du délai.
Ce point doit être adapté au mode réel de conclusion du contrat et vérifié avec les conditions contractuelles du professionnel.
Quelle confidentialité s’applique au rapport d’expertise privé ?
La lettre de mission doit identifier :
- le donneur d’ordre ;
- les destinataires ;
- les personnes pouvant recevoir le rapport ;
- les modalités de communication aux assureurs, avocats ou entreprises ;
- les conditions de publication ;
- l’utilisation d’extraits ;
- l’anonymisation éventuelle.
Un rapport privé n’est pas nécessairement couvert par le même secret que les échanges entre un avocat et son client. Sa confidentialité doit donc être organisée contractuellement et tenir compte de son usage futur.
Le client peut-il transmettre librement le rapport ?
La mission doit préciser les usages autorisés. Le rapport peut notamment être destiné :
- au client ;
- à son avocat ;
- à son assureur ;
- à une entreprise ;
- au syndic ;
- à un notaire ;
- à une juridiction.
Il faut éviter :
- la diffusion publique hors contexte ;
- la modification du document ;
- la suppression des réserves ;
- la reproduction d’une conclusion isolée ;
- l’utilisation pour un autre bâtiment ou une autre finalité.
Une version communiquée à un tiers doit rester complète afin de ne pas dénaturer les conclusions.
Le rapport peut-il être publié sur internet ?
Une publication nécessite une attention particulière en raison :
- des données personnelles ;
- des adresses ;
- des photographies ;
- des plans ;
- des noms des entreprises ;
- des accusations éventuelles ;
- des informations sur le litige.
La lettre de mission peut interdire ou soumettre à accord préalable toute publication publique non anonymisée.

Comment les données personnelles doivent-elles être traitées ?
L’expert doit collecter uniquement les données nécessaires à la mission, informer les personnes de leur utilisation, limiter les accès et prévoir une durée de conservation adaptée. La CNIL rappelle les principes de finalité, de minimisation, de transparence, de durée limitée de conservation et de sécurité des données.
La lettre de mission ou la politique de confidentialité peut préciser :
- le responsable du traitement ;
- les finalités ;
- les destinataires ;
- la durée de conservation ;
- les droits des personnes ;
- les coordonnées du contact compétent.
Combien de temps les dossiers peuvent-ils être conservés ?
Il n’existe pas nécessairement une durée unique pour toutes les pièces d’une expertise privée. La durée doit être déterminée en fonction :
- de la finalité ;
- de la relation contractuelle ;
- des obligations comptables ;
- des délais de responsabilité ;
- d’une procédure en cours ;
- de la nécessité de défendre un droit.
Les données personnelles ne peuvent pas être conservées indéfiniment. La CNIL recommande de déterminer et documenter les durées selon l’objectif poursuivi, puis de supprimer, anonymiser ou archiver les données lorsqu’elles ne sont plus nécessaires.
Le caractère contradictoire supprime-t-il la confidentialité ?
Non, mais il implique que les pièces utiles aux opérations soient communiquées aux parties concernées. La lettre de mission doit expliquer que les documents transmis pour soutenir une position technique peuvent être communiqués dans le cadre :
- de la réunion ;
- des échanges entre experts ;
- d’une procédure ;
- d’un rapport contradictoire.
Le client doit signaler les documents contenant des informations sensibles ou étrangères au litige afin qu’une communication proportionnée puisse être organisée.
Quels documents personnels ne doivent pas être transmis inutilement ?
Il convient d’éviter de communiquer, sauf nécessité :
- documents médicaux sans lien ;
- données bancaires complètes ;
- pièces d’identité de tiers ;
- correspondances privées étrangères au dossier ;
- informations familiales inutiles ;
- données professionnelles confidentielles non pertinentes.
Le principe de minimisation impose de limiter la collecte aux informations adéquates, pertinentes et nécessaires.
Comment la mission doit-elle traiter l’utilisation judiciaire du rapport ?
Elle peut préciser que le rapport :
- constitue une expertise amiable privée ;
- peut être communiqué à un avocat ;
- peut être produit dans une procédure ;
- sera soumis à la discussion des parties ;
- ne lie pas le juge ;
- ne constitue pas une expertise judiciaire.
Le client ne doit pas présenter un rapport privé comme une décision de justice ou comme un rapport établi par un expert désigné par le tribunal.
Une lettre de mission peut-elle prévoir une assistance en justice ?
Oui. Cette assistance peut comprendre :
- analyse de l’assignation ;
- préparation technique ;
- participation aux réunions ;
- analyse des dires adverses ;
- notes destinées à l’avocat ;
- analyse du pré-rapport ;
- chiffrage ;
- contrôle des investigations.
Elle doit être distinguée de la mission initiale et faire l’objet d’honoraires adaptés.
Comment reconnaître une lettre de mission insuffisante ?
Plusieurs signes doivent alerter :
- objet réduit à « expertise du bien » ;
- absence de zones définies ;
- absence de livrable ;
- mesures non précisées ;
- honoraires sans prestations détaillées ;
- frais complémentaires illimités ;
- aucun délai ;
- aucune limite d’accès ;
- absence de distinction entre inspection et sondage ;
- promesse d’une conclusion juridique ;
- clause de confidentialité incompréhensible ;
- aucune indication sur les suites de la mission.
Quelle structure de lettre de mission peut être retenue ?
Une lettre de mission professionnelle peut être organisée selon les rubriques suivantes :
| Rubrique | Contenu attendu |
|---|---|
| Identité des parties | Client et professionnel, coordonnées et qualité |
| Contexte | Origine de la demande et objectif poursuivi |
| Objet | Question technique précise confiée à l’expert |
| Ouvrages et zones concernés | Bien, ouvrages examinés et parties à visiter |
| Documents attendus | Pièces à transmettre et date limite |
| Prestations comprises | Analyse, visite, mesures et rédaction |
| Mesures | Nature des relevés et méthodes prévues |
| Investigations exclues | Sondages, calculs ou études non compris |
| Recours aux spécialistes | Conditions et prise en charge |
| Organisation du contradictoire | Parties, convocations et réunions |
| Livrable | Type de rapport et annexes |
| Estimation éventuelle | Chiffrage indicatif ou analyse de devis |
| Assistance complémentaire | Prestations optionnelles après le rapport |
| Honoraires et frais | Montants, modalités et frais complémentaires |
| Calendrier | Délais fermes ou indicatifs |
| Obligations du client | Accès, documents et informations exactes |
| Limites et exclusions | Portée technique et obstacles prévisibles |
| Confidentialité et données | Destinataires et traitement des données |
| Résiliation ou annulation | Conditions et conséquences |
| Acceptation | Signature et date d’accord |
Quelles obligations peuvent être mises à la charge du client ?
La lettre de mission peut demander au client :
- de transmettre les informations exactes dont il dispose ;
- de signaler les urgences ;
- de remettre les documents ;
- d’organiser les accès ;
- d’informer les occupants ;
- de ne pas masquer les désordres ;
- de signaler les travaux imminents ;
- de déclarer les éléments dangereux ;
- de ne pas présenter une hypothèse comme un fait établi ;
- de régler les honoraires convenus.
L’expert reste responsable de sa propre méthode et ne doit pas reprendre sans contrôle les déclarations du client.
Que se passe-t-il si le client cache une information importante ?
Une information dissimulée peut fausser :
- la chronologie ;
- l’analyse ;
- la recherche de cause ;
- le choix des investigations ;
- le chiffrage ;
- la portée du rapport.
La lettre de mission peut prévoir que l’expert :
- complète son analyse ;
- formule une réserve ;
- suspend la mission ;
- établit un avenant ;
- met fin à son intervention si la confiance nécessaire disparaît.
La mission peut-elle être interrompue par l’expert ?
Oui, notamment en cas :
- de danger ;
- d’absence d’accès ;
- de documents essentiels non remis ;
- de conflit d’intérêts découvert tardivement ;
- de pression pour modifier les conclusions ;
- de non-paiement ;
- d’impossibilité technique ;
- de comportement empêchant une intervention normale.
Les conséquences financières et documentaires de cette interruption doivent être prévues contractuellement.
Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?
Check my House établit une proposition adaptée à la nature du bien, du désordre et à l’objectif du client. Selon le dossier, la lettre de mission peut prévoir :
- l’analyse documentaire ;
- l’inspection intérieure et extérieure ;
- l’examen des abords ;
- le relevé des désordres ;
- les mesures non destructives ;
- le relevé photographique ;
- l’analyse des causes techniques probables ;
- l’identification des investigations complémentaires ;
- les préconisations ;
- l’estimation indicative ;
- l’analyse de devis ;
- l’expertise amiable contradictoire ;
- l’expertise d’assuré ;
- l’assistance à une expertise judiciaire ;
- le contrôle des travaux de reprise ;
- certaines missions de valeur vénale selon la compétence requise.
La lettre de mission Check my House doit notamment préciser :
- le bien concerné ;
- les ouvrages examinés ;
- les zones prévues ;
- les documents attendus ;
- les mesures comprises ;
- les investigations exclues ;
- le contenu du rapport ;
- les honoraires ;
- les frais éventuels ;
- le délai prévisionnel ;
- les limites d’accès ;
- la portée technique de l’intervention.
Sauf mention expresse, une expertise visuelle et instrumentée non destructive ne comprend pas :
- les sondages ;
- les démolitions ;
- les calculs structurels ;
- l’étude géotechnique ;
- les analyses de laboratoire ;
- la maîtrise d’œuvre ;
- la qualification juridique définitive ;
- la garantie du résultat d’une procédure.
Lorsque le dossier nécessite des compétences complémentaires, Check my House peut recommander ou coordonner l’intervention :
- d’un géotechnicien ;
- d’un bureau d’études structure ;
- d’un laboratoire ;
- d’un économiste de la construction ;
- d’un spécialiste de la recherche de fuite ;
- d’un expert en évaluation immobilière ;
- d’un avocat ;
- d’un commissaire de justice.
La mission doit toujours rester proportionnée à la question posée. Elle doit permettre au client de savoir précisément ce que l’expert examinera, ce qu’il remettra et ce qui devra faire l’objet d’une intervention complémentaire.
Check my House vous accompagne grâce à notre assistance d’expertise judiciaire en immobilier.
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Sources principales
- Code de la consommation, article L. 111-1, relatif aux informations précontractuelles concernant les caractéristiques essentielles du service, le prix et le délai d’exécution.
- Code de la consommation, articles L. 221-5 à L. 221-7, relatifs aux informations applicables notamment aux contrats de services conclus à distance.
- Code de la consommation, article L. 221-18, relatif au délai de rétractation applicable aux contrats de prestation de services conclus à distance ou hors établissement.
- Code civil, article 1104, relatif à la négociation, à la formation et à l’exécution de bonne foi des contrats.
- Code de procédure civile, article 238, relatif aux limites de la mission du technicien et à l’interdiction de porter des appréciations juridiques.
- Code de procédure civile, article 265, relatif au contenu de la décision ordonnant une expertise judiciaire et à la définition des chefs de mission.
- Code de procédure civile, articles 275 et 276, relatifs à la transmission des documents et aux observations formulées par les parties pendant l’expertise judiciaire.
- Code de procédure civile, articles 278 et 279, relatifs au recours à un technicien d’une autre spécialité et aux difficultés ou extensions de mission.
- Justice.fr, informations relatives à l’expertise judiciaire, à la provision et à la fixation de la rémunération de l’expert par le juge.
- CNIL, principes de minimisation, de transparence, de sécurité et de durée limitée de conservation des données personnelles.