Pourquoi contrôler une maison pendant sa construction ?
Dans une construction neuve, attendre la remise des clés pour examiner l’ensemble du bâtiment n’est pas toujours pertinent. Certaines parties essentielles ne sont alors plus visibles.
Le principe d’un suivi technique est donc simple : contrôler un ouvrage lorsqu’il est accessible, avant la réalisation de l’étape suivante.
Identifier un écart avant qu’il ne soit masqué
Une visite peut notamment permettre de relever une différence avec les plans, une implantation à vérifier, une exécution irrégulière ou un détail nécessitant des justificatifs.
Le constat doit rester factuel. Une anomalie apparente ne suffit pas toujours pour conclure immédiatement à une malfaçon ni pour en déterminer l’origine. Selon sa nature, une analyse complémentaire, une note de calcul, une étude géotechnique ou l’avis d’un bureau d’études structure peut être nécessaire.
Conserver une trace technique des observations
À l’issue d’une visite de chantier, le livrable prend la forme d’un relevé ou d’un compte rendu reprenant les points observés et, lorsque cela est nécessaire, les demandes de vérification.
Cette trace aide le propriétaire à dialoguer avec le constructeur sur des éléments précis plutôt qu’à partir d’une impression générale.
Organiser les visites autour du chantier réel
Un suivi efficace n’impose pas nécessairement une présence continue. Il repose plutôt sur des contrôles positionnés avant les phases irréversibles ou difficilement accessibles.
Notre assistance CCMI permet de découvrir les principales visites pouvant être organisées pendant la construction.
Vous souhaitez identifier les contrôles pertinents pour votre chantier ? Découvrez les différentes étapes de l’assistance CCMI avant de choisir les visites adaptées à l’avancement de votre maison.
Les étapes à surveiller d’une maison individuelle
Lorsque la construction est réalisée sous Contrat de Construction de Maison Individuelle (CCMI), plusieurs stades offrent un intérêt technique particulier. Leur contenu doit cependant être adapté à la conception de la maison et aux documents disponibles.
Les fondations
C’est une phase particulièrement intéressante à examiner avant coulage ou avant que les ouvrages ne deviennent inaccessibles.
Selon l’avancement constaté, l’expert peut regarder notamment :
- la géométrie et l’implantation visibles des ouvrages ;
- les dispositions constructives accessibles ;
- le ferraillage encore observable ;
- les points singuliers ;
- la cohérence des travaux visibles avec les plans disponibles et les prescriptions techniques communiquées.
La nature et le dimensionnement des fondations ne doivent pas être déduits d’une simple observation. Lorsqu’une étude géotechnique ou une étude de structure existe, elle constitue une pièce importante pour interpréter les travaux.
Le soubassement et le gros œuvre
Une fois les fondations réalisées, l’attention porte notamment sur les murs, les planchers, les ouvertures, les chaînages visibles et les interfaces entre les différents éléments du gros œuvre.
À ce stade, il est encore possible d’observer de nombreuses parties qui seront ensuite masquées par les doublages, plafonds ou revêtements.
Une fissure éventuellement constatée est décrite par sa position, son tracé et ses caractéristiques accessibles. Son origine ou son caractère structurel ne doivent pas être affirmés sans éléments suffisants. Lorsqu’une fissuration justifie une investigation spécifique, une expertise fissures peut compléter le contrôle du chantier.
La mise hors d’eau et hors d’air
Cette phase correspond à un moment où la toiture et les menuiseries extérieures prennent une place importante dans le contrôle.
L’observation peut concerner les raccordements visibles, les menuiseries, les seuils, les jonctions, la couverture accessible et les points susceptibles d’avoir une incidence sur l’étanchéité.
L’expert n’effectue cependant pas une certification générale de l’étanchéité du bâtiment à partir d’une seule visite visuelle.
Les cloisons et les réseaux
Avant fermeture complète des parois, une visite peut permettre de confronter l’organisation intérieure aux plans et de repérer les équipements ou réseaux encore accessibles.
Dimensions, position des cloisons, ouvertures, attentes techniques ou emplacements d’équipements peuvent ainsi être vérifiés selon la mission convenue.
La chape et les finitions
Le contrôle est alors davantage orienté vers la planéité observable, les interfaces, les finitions et la préparation des ouvrages avant pose définitive des revêtements.
Chaque visite reste limitée aux parties accessibles le jour du rendez-vous. Un expert en bâtiment ne peut pas certifier ce qui est fermé, enterré ou dissimulé sans investigation adaptée.
Appels de fonds, pré-réception et réception : trois sujets à ne pas confondre
Le suivi technique prend une dimension particulière lorsqu’un appel de fonds correspond à un stade d’avancement du CCMI.
Les appels de fonds doivent correspondre à l’avancement prévu
Pour un CCMI avec fourniture de plan relevant du régime concerné, les pourcentages maximaux prévus aux différents stades sont notamment :
15 % à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 40 % à l’achèvement des murs, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air, puis 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie, de chauffage et de revêtements extérieurs.
Un contrôle technique peut aider à comparer le stade annoncé avec ce qui est réellement observable. Il ne se substitue cependant ni au contrat ni à une analyse juridique d’un désaccord sur le paiement.
La pré-réception prépare la dernière étape
La pré-réception n’est pas la réception juridique définie par le Code civil.
Elle permet d’examiner la maison avant le rendez-vous définitif et de dresser un relevé, une liste ou un compte rendu des défauts visibles, travaux inachevés ou écarts à clarifier.
C’est aussi le moment de relire les plans, la notice descriptive et les éventuels documents remis pendant le chantier.
La réception produit des effets juridiques
La réception est l’acte par lequel le maître d’ouvrage accepte les travaux avec ou sans réserves. Les réserves sont alors portées dans le procès-verbal de réception.
Elle constitue également le point de départ de plusieurs garanties légales : garantie de parfait achèvement pendant un an, garantie de bon fonctionnement d’au moins deux ans pour les éléments d’équipement concernés et responsabilité décennale pour les dommages répondant aux critères de gravité prévus par le Code civil, pendant dix ans à compter de la réception.
Dans un CCMI, la présence à la réception d’un professionnel entrant dans les catégories prévues par l’article L. 231-8 du Code de la construction et de l’habitation modifie également le régime particulier des vices apparents pouvant être dénoncés dans les huit jours après la remise des clés. Ce point mérite donc d’être anticipé avant le rendez-vous.
En cas de désaccord technique important avec le constructeur, une expertise contradictoire amiable peut constituer une étape distincte du simple suivi de chantier.
Construire à Saint-Quentin : vérifier le terrain et la parcelle, pas seulement la commune
Pour une maison neuve à Saint-Quentin, les informations communales apportent un contexte, mais elles ne remplacent jamais l’analyse du terrain réel.
Saint-Quentin est notamment comprise dans le périmètre du Plan de prévention des risques de la Vallée de la Somme, qui traite de phénomènes d’inondation liés notamment au débordement lent de cours d’eau, au ruissellement, aux coulées de boue et aux remontées de nappes.
Cette donnée ne signifie pas que chaque terrain de Saint-Quentin est soumis à la même exposition ou aux mêmes prescriptions. L’adresse et, lorsque nécessaire, la parcelle doivent être vérifiées.
Pour un projet concerné, cette vérification peut avoir des conséquences très concrètes : implantation et niveau du bâtiment, dispositions concernant les parties basses, gestion des eaux, accès ou prescriptions particulières du règlement applicable.
Sur le chantier, l’expert doit donc raisonner à partir du projet réel : terrain, plans, études disponibles, permis de construire et prescriptions applicables. Une donnée communale ne permet pas, à elle seule, de conclure sur la conformité d’une fondation ou sur le risque propre à une parcelle.
Qui sommes-nous ?
Check my House est un cabinet spécialisé dans l’expertise technique du bâtiment et de la construction auprès des particuliers.
Dans le cadre d’une maison en construction, notre rôle est d’apporter un regard indépendant au maître d’ouvrage. Nous examinons les ouvrages accessibles dans les limites de la mission convenue, relevons les anomalies observables et formulons les demandes de contrôle ou de justification qui apparaissent nécessaires.
Nous distinguons toujours trois niveaux : ce qui est effectivement constaté sur place, les causes qui peuvent être envisagées et les conclusions qui peuvent être établies à partir des éléments disponibles. Cette distinction évite de présenter une hypothèse comme un diagnostic acquis.
L’expert ne prend pas la direction du chantier à la place du constructeur et ne se substitue pas au bureau d’études lorsqu’un calcul structurel ou une étude géotechnique est requis.
Quel tarif prévoir pour un contrôle de construction ?
Pour une maison, nos missions d’expertise sont proposées à partir de 720 €.
Pour un appartement, le tarif est à partir de 590 €.
Le coût précis dépend de la nature de la mission. Un contrôle ponctuel à une étape du chantier et un accompagnement comportant plusieurs visites ne correspondent pas au même périmètre. Le devis doit donc préciser les phases contrôlées et le livrable prévu.
Avant une intervention, il est utile de transmettre les plans, la notice descriptive, les études disponibles et les documents correspondant à la phase concernée. Cela permet de préparer un contrôle plus ciblé.
Votre maison est en cours de construction à Saint-Quentin ? Demandez un devis en précisant l’étape actuelle du chantier et la date prévue de la prochaine intervention du constructeur.
FAQ sur le contrôle d’une maison en construction
L’expert peut-il entrer librement sur un chantier CCMI ?
Non. L’intervention doit tenir compte de l’organisation du chantier, de son accès et des règles de sécurité. Le rendez-vous doit être préparé avec les parties concernées. Le fait d’être maître d’ouvrage ne dispense pas de respecter les conditions d’accès au chantier.
Quelle différence entre l’expert et le conducteur de travaux ?
Le conducteur de travaux organise et suit l’exécution du chantier pour le constructeur ou l’entreprise qui l’emploie. L’expert mandaté par le propriétaire réalise une mission technique distincte : il observe, relève et conseille son client dans le périmètre convenu.
Peut-on faire contrôler seulement les fondations ?
Oui. Une mission peut être limitée à une étape particulière. Il faut surtout intervenir au bon moment, lorsque les ouvrages à examiner sont encore visibles.
Une visite permet-elle de dire qu’une maison est entièrement conforme ?
Non. Une visite porte sur les éléments accessibles et sur les contrôles compris dans la mission. Les ouvrages cachés, déjà recouverts ou nécessitant des essais spécialisés ne peuvent pas être certifiés sur la seule base d’une inspection visuelle.
Que faire si une anomalie est constatée avant le coulage du béton ?
Il est utile de la documenter précisément et de demander au constructeur les explications ou justificatifs nécessaires avant que l’ouvrage ne devienne inaccessible. Selon le sujet, l’avis du bureau d’études structure ou du géotechnicien peut être nécessaire.
L’expert peut-il imposer une réparation au constructeur ?
Non. L’expert établit des constats et apporte une analyse technique. Il ne dispose pas, par sa seule mission privée, d’un pouvoir lui permettant d’ordonner des travaux au constructeur. En cas de désaccord persistant, la suite peut relever d’une démarche amiable, assurantielle ou juridique.
Une étude de sol remplace-t-elle le contrôle des fondations ?
Non. L’étude géotechnique caractérise notamment le sol et fournit, selon sa mission, des données ou recommandations utiles au projet. Le contrôle de chantier consiste à examiner les ouvrages effectivement exécutés. Les deux démarches répondent à des objectifs différents.
Faut-il attendre la réception pour signaler un défaut ?
Pas nécessairement. Lorsqu’un défaut ou un écart est observé pendant le chantier, le documenter rapidement permet d’en discuter alors que l’ouvrage est parfois encore accessible. La réception reste toutefois une étape juridique spécifique au cours de laquelle les réserves doivent être examinées avec attention.
