
Ce que l’expert vérifie à chaque phase du chantier
Toutes les visites n’ont pas le même objectif. Une anomalie recherchée avant le coulage des fondations ne se contrôle pas de la même manière qu’un défaut de finition quelques jours avant la remise des clés.
Fondations : intervenir avant que les éléments soient masqués
Lorsque l’accès au chantier et son avancement le permettent, cette visite se programme avant que les éléments à examiner ne deviennent invisibles.
Le contrôle peut notamment porter sur l’implantation visible, la géométrie des ouvrages, les dispositions constructives accessibles, les armatures encore observables et la cohérence avec les documents disponibles. L’étude géotechnique, lorsqu’elle existe ou est requise, doit être rapprochée des dispositions prévues pour l’adaptation au sol.
Une visite visuelle ne permet toutefois pas de reconstituer ce qui a déjà été coulé ni de certifier des caractéristiques devenues inaccessibles.
Gros œuvre : regarder la structure dans son ensemble
Lorsque les murs, planchers et autres éléments porteurs sont réalisés, l’examen porte sur leur état apparent et leur cohérence avec les documents du projet.
L’expert observe notamment les aplombs, alignements, ouvertures, appuis, liaisons visibles et éventuels désordres. La couverture, les façades ou le vide sanitaire peuvent également être examinés selon l’état du chantier et les conditions d’accès.
L’apparition d’une fissure ne suffit jamais, à elle seule, à conclure à une instabilité. Sa localisation, sa géométrie, son contexte et, si possible, son historique doivent être étudiés.
Cloisons et second œuvre : vérifier avant les finitions
À ce stade, les volumes intérieurs prennent leur forme définitive. C’est le moment de comparer l’implantation des cloisons, les dimensions accessibles, les ouvertures et les principaux emplacements techniques avec les plans.
Les réseaux électriques, la plomberie, la ventilation, l’isolation et les menuiseries sont examinés dans la limite de ce qui reste visible et accessible. L’objectif n’est pas de certifier chaque installation, mais d’identifier les incohérences ou défauts apparents qui méritent une correction ou un contrôle spécialisé.
Chape, sols et supports
Avant la pose des revêtements, l’état des supports mérite une attention particulière : planéité apparente, fissuration, joints nécessaires, état périphérique et compatibilité visible avec le revêtement prévu.
Lorsque des caractéristiques techniques précises doivent être vérifiées, les documents de mise en œuvre et les mesures adaptées complètent le constat visuel.
Finitions et équipements
À l’approche de la fin du chantier, le contrôle se déplace vers les menuiseries, revêtements, équipements sanitaires, commandes électriques, chauffage, ventilation et finitions.
Le rôle de l’expert en construction est alors de distinguer un défaut d’aspect, un dysfonctionnement, un écart contractuel apparent et un point qui nécessite des investigations complémentaires.
Appels de fonds : contrôler l’avancement avant de payer
Dans un CCMI, les paiements sont liés à des stades précis d’avancement. Les pourcentages maximaux cumulés sont de 15 % à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 40 % à l’achèvement des murs, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air, puis 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie, de chauffage et de revêtements extérieurs.
Ces seuils sont des plafonds financiers. Ils ne signifient pas qu’un ouvrage est techniquement exempt de défaut dès que le stade correspondant est annoncé.
Le contrôle consiste donc d’abord à constater si le niveau d’avancement demandé est réellement atteint et à relever les anomalies visibles. Le propriétaire peut ainsi conserver une trace datée de la situation et adresser ses observations au constructeur.
Le CCMI ne peut pas interdire au maître d’ouvrage de visiter le chantier avant chaque échéance de paiement et avant la réception. Les conditions pratiques de présence d’un tiers ou d’un expert doivent néanmoins être organisées avec le constructeur, notamment pour respecter les règles d’accès et de sécurité.
Un expert en bâtiment peut vous aider à transformer une simple visite d’avancement en relevé technique structuré.
À Fresnes, adapter les contrôles au terrain et au projet autorisé
Fresnes, dans l’Yonne, est une commune rurale. Cette localisation ne permet cependant pas, à elle seule, de déduire la nature du sol sous une parcelle ni les contraintes précises applicables à une construction donnée.
Pour un chantier situé à Fresnes, les documents réellement utiles sont ceux du projet : permis de construire et éventuelles prescriptions, plans contractuels, notice descriptive, étude géotechnique lorsqu’elle est applicable ou disponible, plans d’exécution et documents concernant l’assainissement, les terrassements ou la gestion des eaux.
Une donnée cartographique à l’échelle de la commune ne doit pas être transformée en diagnostic du terrain. Pour les fondations notamment, l’analyse pertinente est celle du sol au droit du projet et des dispositions constructives effectivement prévues.
Il faut également rester attentif à l’environnement immédiat : pente du terrain, niveaux extérieurs, évacuation des eaux, remblais, raccordements et relation entre terrassement et ouvrage construit. Ces éléments peuvent modifier les points à contrôler sans permettre, à eux seuls, de conclure à une malfaçon.
Si des fissures apparaissent pendant ou après le chantier, une expertise fissures permet de caractériser le désordre avant d’envisager une technique de réparation.
Pré-réception, réception et garanties : ne pas confondre les étapes
La fin du chantier comporte deux moments très différents.
La pré-réception prépare la remise des clés
La pré-réception est une visite préparatoire. Elle n’est pas la réception juridique de l’ouvrage.
Elle permet de passer la maison en revue avant la date prévue pour la réception et d’établir un relevé ou un compte rendu des points à reprendre : finitions, fonctionnement apparent des équipements, menuiseries, revêtements, écarts visibles aux plans ou prestations restant inachevées.
Elle peut être particulièrement utile autour du stade correspondant à l’appel de fonds des 95 %, car la maison doit alors avoir atteint le niveau d’avancement prévu par le contrat pour cette échéance.
La réception est un acte juridique
La réception est l’acte par lequel le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage avec ou sans réserves. Les réserves sont consignées dans un procès-verbal de réception.
Lorsque le maître d’ouvrage réceptionne seul, sans le professionnel visé par les dispositions applicables au CCMI, il dispose de huit jours après la remise des clés consécutive à la réception pour dénoncer par écrit les vices apparents qu’il n’avait pas signalés le jour même.
Ce délai complémentaire ne s’applique pas lorsque le maître d’ouvrage est assisté à la réception par un professionnel répondant aux conditions prévues par le Code de la construction et de l’habitation. Il est donc essentiel de préparer cette visite avec précision.
En présence de réserves, une somme pouvant aller jusqu’à 5 % du prix convenu peut être consignée jusqu’à leur levée dans les conditions prévues par la réglementation.
Les garanties commencent à la réception
La garantie de parfait achèvement court pendant un an à compter de la réception. Elle concerne les désordres réservés au procès-verbal ainsi que ceux révélés après la réception et notifiés dans cette première année.
La garantie de bon fonctionnement porte pendant au moins deux ans sur les éléments d’équipement relevant de son champ d’application.
La responsabilité décennale concerne, pendant dix ans après la réception, les dommages répondant aux critères de gravité prévus par le Code civil, notamment lorsqu’ils compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Si un désaccord technique persiste avec le constructeur, une expertise amiable contradictoire peut permettre de confronter les constats avant d’envisager une procédure judiciaire.
Qui sommes-nous ?
Check my House est un cabinet spécialisé dans l’expertise en bâtiment et construction. Nos missions auprès des particuliers couvrent notamment le suivi technique de constructions, l’assistance CCMI, l’analyse de fissures ou d’humidité, l’inspection avant achat et les expertises liées aux désordres du bâtiment.
Sur un chantier de maison, l’expert apporte un regard technique indépendant du constructeur. Il observe les ouvrages accessibles, compare ses constatations avec les documents disponibles, photographie les anomalies utiles et les restitue dans un compte rendu adapté à la mission.
Cette intervention conserve des limites précises. Une inspection ne certifie pas l’intégralité du bâtiment et ne remplace ni une étude géotechnique ni un calcul de structure lorsqu’une caractérisation spécialisée est nécessaire. De même, une technique de reprise en sous-œuvre, par micropieux ou par injection ne doit pas être prescrite sans avoir suffisamment identifié la cause du désordre.
Tarifs pour l’accompagnement d’une construction
Pour une maison, nos prestations démarrent à 720 €.
Pour un appartement, le tarif de référence démarre à 590 €.
Le contenu exact de la mission dépend du stade du chantier, de la nature du contrôle demandé et des documents disponibles. Une visite des fondations n’a pas le même périmètre qu’une pré-réception ou qu’une assistance à la réception.
Pour obtenir une proposition adaptée à votre chantier de Fresnes, transmettez le stade actuel de la construction, la surface de la maison et la date de la prochaine visite ou de l’appel de fonds.
Demander un devis pour votre chantier à Fresnes
Questions fréquentes sur le contrôle d’un chantier
Peut-on faire intervenir un expert alors que les travaux ont déjà commencé ?
Oui. La mission est adaptée à l’état réel du chantier. Les éléments déjà recouverts ne pourront cependant pas toujours être contrôlés directement. Les photographies de chantier, plans, factures et comptes rendus antérieurs peuvent alors apporter un contexte utile.
Quels documents préparer avant la première visite ?
Prévoyez notamment le CCMI, les plans signés, la notice descriptive, le permis de construire, les éventuels avenants, l’étude géotechnique disponible et les échanges techniques concernant le stade à contrôler. Plus le dossier est précis, plus les constatations peuvent être rapprochées des engagements contractuels.
Un expert peut-il vérifier des fondations déjà coulées ?
Il peut observer les parties encore accessibles et examiner les documents ou photographies disponibles, mais il ne peut pas certifier visuellement un ferraillage ou une disposition devenue entièrement invisible. Des investigations complémentaires peuvent être nécessaires si un doute sérieux existe.
L’expert remplace-t-il une étude de sol ?
Non. L’expert peut examiner la cohérence entre le chantier, les désordres constatés et les documents disponibles. Une étude géotechnique caractérise le sol selon une mission spécifique. Les deux interventions n’ont ni le même objet ni les mêmes moyens.
Faut-il faire contrôler toutes les étapes ?
Pas nécessairement. Le nombre de visites dépend du projet, de son avancement et des enjeux. Les phases qui vont être masquées, les principaux appels de fonds et la préparation de la réception sont généralement des moments particulièrement intéressants pour programmer un contrôle.
Quelle différence entre un compte rendu de pré-réception et le procès-verbal de réception ?
Le compte rendu de pré-réception prépare la fin du chantier et liste les observations faites avant la réception. Le procès-verbal de réception est le document associé à l’acte juridique de réception. C’est sur ce procès-verbal que sont inscrites les réserves formulées le jour de la réception.
Que faire lorsqu’un défaut observé nécessite un calcul de structure ?
L’expert décrit d’abord le constat et précise les éléments qui empêchent de conclure. Lorsque la situation le nécessite, une étude structurelle ou une autre investigation spécialisée doit être réalisée avant de choisir une solution de réparation.
Peut-on qualifier une fissure d’évolutive après une seule visite ?
Non, sauf élément historique fiable permettant de démontrer son évolution. Une photographie isolée ou une mesure ponctuelle caractérise l’état observé à une date donnée. Pour parler d’évolution, il faut comparer des observations réalisées dans le temps ou disposer de données antérieures exploitables.