Avant d’arrêter les plans, le budget et les marchés, une rénovation suppose d’examiner le bâtiment tel qu’il est réellement. Cette FAQ détaille l’évaluation de l’état initial, ouvrage par ouvrage, de la structure aux finitions, en précisant ce qu’une inspection visuelle permet de constater, ce qu’elle ne permet pas de conclure et quelles investigations doivent être engagées avant la consultation des entreprises.
Sommaire
- Pourquoi faut-il évaluer le bâtiment avant de définir les travaux ?
- L’évaluation initiale est-elle un simple état des lieux ?
- Quels sont les objectifs de l’inspection initiale ?
- Comment présenter les constatations ?
- Comment préparer l’inspection ?
- L’inspection doit-elle porter uniquement sur les zones rénovées ?
- Évaluation de la structure générale
- Que faut-il examiner concernant la structure ?
- Toute fissure est-elle structurelle ?
- Quels signes justifient une étude structurelle ?
- Évaluation des fondations accessibles
- Peut-on contrôler les fondations pendant une inspection visuelle ?
- Que peut-on déduire de l’absence de fissure ?
- Quand faut-il étudier le sol et les fondations ?
- Évaluation des planchers
- Quels planchers faut-il examiner ?
- Quels signes faut-il rechercher ?
- Un plancher irrégulier est-il nécessairement dangereux ?
- Peut-on vérifier la résistance d’un plancher visuellement ?
- Évaluation des murs porteurs
- Comment reconnaître un mur porteur ?
- Que faut-il rechercher sur les murs porteurs ?
- Peut-on ouvrir un mur à partir d’un simple avis visuel ?
- Évaluation de la charpente
- Quels éléments de charpente faut-il examiner ?
- Quels désordres peuvent être recherchés ?
- L’état apparent du bois suffit-il ?
- Évaluation de la couverture
- Que faut-il contrôler sur la toiture ?
- Une toiture inspectée par temps sec peut-elle être déclarée étanche ?
- Évaluation des façades
- Quels éléments faut-il examiner ?
- Quels désordres peuvent être observés ?
- Peut-on diagnostiquer une façade depuis le sol ?
- Évaluation des menuiseries
- Que faut-il vérifier sur les fenêtres et les portes extérieures ?
- Une fenêtre récente est-elle nécessairement performante ?
- Pourquoi faut-il examiner la ventilation avant de remplacer les fenêtres ?
- Évaluation de l’étanchéité
- Quels ouvrages d’étanchéité faut-il examiner ?
- Quels signes peuvent révéler un défaut ?
- Une trace d’humidité permet-elle d’identifier immédiatement la cause ?
- Évaluation de l’isolation
- Comment évaluer l’isolation existante ?
- Que faut-il vérifier avant de conserver un isolant ?
- Peut-on connaître toute l’isolation sans ouvrir les parois ?
- Quelles règles s’appliquent lors du remplacement d’éléments ?
- Évaluation de la ventilation
- Que faut-il examiner ?
- Quels signes peuvent révéler une ventilation insuffisante ?
- Une feuille de papier devant une bouche suffit-elle pour contrôler une VMC ?
- Évaluation des réseaux électriques
- Quels éléments peuvent être observés ?
- Une inspection visuelle permet-elle de déclarer l’installation conforme ?
- Quand faut-il faire intervenir un électricien ?
- Évaluation de la plomberie
- Quels éléments faut-il examiner ?
- Quels essais peuvent être réalisés ?
- Une canalisation sans fuite apparente peut-elle être conservée ?
- Évaluation du chauffage
- Que faut-il contrôler ?
- Quels documents faut-il rechercher ?
- Peut-on choisir un nouveau chauffage avant d’évaluer l’enveloppe ?
- Quels risques particuliers faut-il examiner ?
- Évaluation de l’assainissement
- Que faut-il examiner en assainissement collectif ?
- Que faut-il examiner en assainissement non collectif ?
- Une inspection visuelle suffit-elle pour contrôler l’assainissement ?
- Évaluation des finitions
- Pourquoi examiner les finitions avant les travaux ?
- Quels signes faut-il rechercher ?
- Un défaut de finition est-il toujours superficiel ?
- Usure et vétusté
- Quelle est la différence entre usure et vétusté ?
- Comment apprécier la vétusté ?
- Faut-il remplacer tous les éléments anciens ?
- Comment intégrer la vétusté au programme ?
- Limites d’une inspection visuelle
- Que signifie une inspection visuelle ?
- Qu’est-ce qu’une inspection visuelle ne permet pas de vérifier ?
- Quelles zones peuvent rester non inspectées ?
- L’absence de désordre visible garantit-elle l’absence de défaut ?
- Quels diagnostics réglementaires ne doivent pas être confondus avec l’état initial ?
- Quand une inspection destructive est-elle nécessaire ?
- Comment organiser le rapport d’état initial ?
- Que doit contenir le rapport ?
- Exemple de tableau d’évaluation
- Comment hiérarchiser les conclusions ?
- Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
- Recommandations de Check my House
- À retenir
- Sources principales
Pourquoi faut-il évaluer le bâtiment avant de définir les travaux ?
L’évaluation de l’état initial consiste à examiner le bâtiment avant la conception définitive et avant la signature des marchés de travaux.
Elle permet notamment de déterminer les éléments suivants :
- Les ouvrages pouvant être conservés.
- Les éléments nécessitant une réparation.
- Les équipements devant être remplacés.
- Les désordres à diagnostiquer.
- Les risques pour les occupants et les intervenants.
- Les contraintes susceptibles d’affecter le projet.
- Les études et investigations complémentaires nécessaires.
- Les travaux à réaliser avant les aménagements et les finitions.
- Les incertitudes devant être intégrées aux contrats.
Cette évaluation constitue le point de départ technique du projet.
Sans état initial suffisamment précis, les travaux risquent d’être définis à partir d’hypothèses non vérifiées. Les entreprises peuvent alors découvrir, après les démolitions, des supports dégradés, des réseaux incompatibles, des infiltrations, des modifications anciennes ou des insuffisances structurelles qui n’avaient pas été intégrés au budget et au planning.
L’évaluation initiale est-elle un simple état des lieux ?
Non.
Un état des lieux décrit principalement ce qui est visible à une date donnée.
L’évaluation préalable à une rénovation doit aller plus loin. Elle doit rechercher les conséquences possibles des travaux envisagés sur le bâtiment existant.
Elle doit notamment répondre aux questions suivantes :
- Le bâtiment présente-t-il des désordres actifs ?
- Les ouvrages conservés sont-ils compatibles avec le projet ?
- Les supports peuvent-ils recevoir les nouveaux matériaux ?
- Les équipements existants disposent-ils d’une capacité suffisante ?
- Les réseaux devront-ils être déplacés ou remplacés ?
- Certaines parties doivent-elles être mises en sécurité ?
- Des études spécialisées sont-elles nécessaires ?
- Des ouvrages devront-ils être ouverts avant de finaliser les devis ?
- Les travaux envisagés risquent-ils d’aggraver un désordre existant ?
- Quelles constatations restent impossibles sans sondage ou démontage ?
Quels sont les objectifs de l’inspection initiale ?
L’inspection doit permettre de distinguer plusieurs catégories d’ouvrages.
Les ouvrages apparemment satisfaisants
Ils ne présentent pas, dans les conditions de la visite, d’anomalie apparente justifiant une intervention particulière.
Cette formulation ne signifie pas qu’ils sont exempts de tout défaut caché.
Les ouvrages vétustes mais encore utilisables
Ils peuvent être maintenus temporairement, sous réserve que leur état soit compatible avec l’usage futur et les autres travaux.
Les ouvrages à entretenir
Une opération d’entretien peut suffire à préserver leur fonctionnement ou leur durabilité.
Les ouvrages à réparer
Ils présentent un défaut localisé dont la cause et l’étendue doivent être déterminées.
Les ouvrages à remplacer
Leur état, leurs performances, leur incompatibilité avec le projet ou le coût de leur réparation peuvent justifier leur remplacement.
Les ouvrages à mettre en sécurité
Ils présentent un risque nécessitant une mesure immédiate, provisoire ou définitive.
Les ouvrages nécessitant une investigation
L’inspection visuelle ne permet pas de conclure avec une fiabilité suffisante.
Comment présenter les constatations ?
Chaque observation doit être qualifiée avec prudence. Il convient de distinguer quatre niveaux.
Le fait constaté
Il s’agit d’un élément directement observé ou mesuré, par exemple :
- Une fissure visible.
- Une trace d’humidité.
- Une déformation d’un plancher.
- Une tuile cassée.
- Une absence d’entrée d’air.
- Une corrosion apparente.
- Une température mesurée.
- Une protection électrique absente.
L’indice
Il s’agit d’un signe pouvant être associé à plusieurs causes, par exemple :
- Une auréole.
- Une odeur d’humidité.
- Une peinture cloquée.
- Un parquet déformé.
- Un salpêtre apparent.
- Un tassement localisé.
- Un bruit dans une canalisation.
L’hypothèse
Il s’agit d’une explication possible qui doit encore être vérifiée. Par exemple, une fissuration pourrait être liée à un mouvement différentiel entre l’extension et le bâtiment principal, hypothèse qui doit alors être vérifiée par l’analyse des fondations, de la liaison constructive et de l’évolution des fissures.
La conclusion technique
Elle doit être réservée aux situations dans lesquelles les constatations, les documents, les mesures et les investigations permettent de retenir une explication suffisamment étayée.
Une conclusion ne doit pas être présentée comme certaine lorsque les ouvrages déterminants sont cachés ou inaccessibles.
Comment préparer l’inspection ?
Avant la visite, il convient de réunir les documents disponibles :
- Les plans.
- Les études de sol.
- Les notes de calcul.
- Les diagnostics.
- Les factures.
- Les rapports d’expertise.
- Les déclarations de sinistre.
- Les plans de réseaux.
- Les notices des équipements.
- Les photographies de travaux antérieurs.
Il faut également connaître les informations suivantes :
- La date approximative de construction.
- Les extensions et transformations réalisées.
- Les travaux envisagés.
- Les désordres connus.
- Les périodes d’apparition des anomalies.
- Les réparations déjà effectuées.
- Les conditions d’occupation.
- Les zones inaccessibles.
- Les équipements qui pourront être mis en fonctionnement pendant la visite.
L’inspection doit-elle porter uniquement sur les zones rénovées ?
Non.
Les travaux peuvent avoir des conséquences sur des ouvrages situés en dehors de leur périmètre apparent. Par exemple :
- L’ouverture d’un mur peut affecter les charges des niveaux supérieurs.
- La création d’une salle d’eau peut concerner le plafond du niveau inférieur.
- Une isolation intérieure peut modifier le comportement hygrothermique de la façade.
- Le remplacement des fenêtres peut affecter le renouvellement de l’air.
- L’installation d’une pompe à chaleur peut solliciter l’alimentation électrique existante.
- L’aménagement de combles peut augmenter les charges sur le plancher et la charpente.
- Une extension peut modifier l’écoulement des eaux autour du bâtiment.
L’évaluation doit donc porter sur les ouvrages directement concernés et sur leurs principales interfaces.
Évaluation de la structure générale
Que faut-il examiner concernant la structure ?
L’examen structurel vise à repérer les signes pouvant révéler une insuffisance, une transformation mal maîtrisée ou un mouvement du bâtiment.
Le Code de la construction et de l’habitation prévoit qu’un bâtiment doit résister durablement, dans son ensemble et dans chacun de ses éléments, à son propre poids, aux charges climatiques et aux surcharges correspondant à son usage normal.
L’inspection peut notamment rechercher :
- Les fissures.
- Les lézardes.
- Les déformations.
- Les affaissements.
- Les défauts d’aplomb.
- Les désaffleurements.
- Les tassements.
- La corrosion des éléments métalliques.
- L’éclatement du béton.
- Le pourrissement du bois.
- Les modifications de murs ou de poutres.
- Les ouvertures créées sans renforcement visible.
- Les appuis insuffisants.
- Les charges ajoutées.
- Les travaux antérieurs non documentés.
Toute fissure est-elle structurelle ?
Non.
Une fissure peut affecter :
- Une peinture.
- Un enduit.
- Une cloison.
- Une jonction entre matériaux.
- Une maçonnerie.
- Un plancher.
- Un élément porteur.
Son importance ne peut pas être appréciée uniquement à partir de sa largeur.
Il faut également examiner :
- Sa localisation.
- Sa forme.
- Son orientation.
- Sa profondeur apparente.
- Les matériaux concernés.
- Son caractère traversant ou superficiel.
- Son évolution.
- Sa relation avec d’autres fissures.
- Les déformations associées.
- L’historique du bâtiment.
- Les travaux réalisés à proximité.
Un rebouchage antérieur peut rendre l’interprétation plus difficile.
Quels signes justifient une étude structurelle ?
Une étude spécialisée peut être nécessaire en présence des situations suivantes :
- Des fissures traversantes ou évolutives.
- Un affaissement.
- Une déformation importante.
- Un plancher instable.
- Une poutre altérée.
- Un poteau fissuré.
- Une corrosion affectant les armatures.
- Une ouverture créée dans un mur porteur.
- Un projet modifiant les charges.
- Une surélévation.
- Un aménagement de combles.
- Une suppression de mur.
- Un changement d’usage augmentant les charges d’exploitation.
- Un historique de mouvement de terrain.
L’étude peut nécessiter des relevés, des sondages, des notes de calcul, une analyse des matériaux ou une étude géotechnique.
Évaluation des fondations accessibles
Peut-on contrôler les fondations pendant une inspection visuelle ?
Les fondations sont généralement enterrées et ne sont donc pas directement visibles.
L’inspection peut toutefois porter sur les zones accessibles :
- Le sous-sol.
- La cave.
- Le vide sanitaire.
- Une fouille existante.
- Un regard.
- Un local technique.
- Une partie déchaussée.
- Un soubassement visible.
- Une fondation découverte lors d’un sondage autorisé.
L’examen peut rechercher :
- Les fissures.
- Le déchaussement.
- L’affouillement.
- Les défauts de continuité.
- La désagrégation.
- Une humidité importante.
- La corrosion.
- Un mouvement du soubassement.
- Les traces de reprises en sous-oeuvre.
- Les venues d’eau.
- La dégradation liée aux réseaux voisins.
Que peut-on déduire de l’absence de fissure ?
L’absence de fissure visible ne permet pas de déterminer :
- La profondeur des fondations.
- Leur largeur.
- Leur constitution.
- La qualité du sol.
- Leur capacité à recevoir une surélévation.
- Leur comportement en cas de modification importante des charges.
Ces informations nécessitent des documents fiables, des sondages, une étude structurelle ou une étude géotechnique adaptée.
Quand faut-il étudier le sol et les fondations ?
Une investigation peut être nécessaire lorsque le projet comprend :
- Une extension.
- Une surélévation.
- Une reprise en sous-oeuvre.
- Une création de sous-sol.
- Une modification importante des charges.
- Un terrassement proche du bâtiment.
- La création d’une piscine.
- Une intervention sur un mur de soutènement.
- Des travaux dans un secteur exposé aux mouvements de terrain.
- Le traitement de fissures potentiellement liées au sol.
L’absence d’étude ne doit pas être compensée par une simple majoration arbitraire des dimensions des ouvrages.
Évaluation des planchers
Quels planchers faut-il examiner ?
L’évaluation doit distinguer :
- Les planchers bois.
- Les planchers en béton.
- Les planchers métalliques.
- Les planchers mixtes.
- Les dallages sur terre-plein.
- Les planchers sur vide sanitaire.
- Les planchers sur cave.
- Les planchers de combles.
Quels signes faut-il rechercher ?
L’inspection peut porter sur :
- Une flèche visible.
- Une vibration.
- Une souplesse.
- Un grincement.
- Un affaissement.
- Une différence de niveau.
- Une fissuration.
- Une humidité.
- Un pourrissement.
- Une attaque d’insectes.
- Une corrosion.
- Un éclatement du béton.
- Un percement de solives ou de poutrelles.
- Une modification d’appuis.
- Des charges lourdes localisées.
- Un ancien conduit ou une trémie rebouchée.
- Une absence de protection dans les pièces humides.

Un plancher irrégulier est-il nécessairement dangereux ?
Non.
Une irrégularité peut être ancienne, stable et liée aux techniques de construction.
Elle peut toutefois devenir incompatible avec :
- Une cloison nouvelle.
- Un carrelage de grand format.
- Une douche à l’italienne.
- Une chape supplémentaire.
- Une bibliothèque lourde.
- Une baignoire remplie.
- Un équipement technique.
- L’aménagement de combles.
L’évaluation doit distinguer la gêne géométrique, l’état du support et la capacité structurelle.
Peut-on vérifier la résistance d’un plancher visuellement ?
Non.
L’inspection visuelle peut identifier des indices, mais elle ne permet généralement pas de connaître avec certitude :
- La section des éléments.
- Leur portée réelle.
- Leur qualité.
- Leur état dans les zones cachées.
- La composition complète du plancher.
- Les charges admissibles.
Une vérification structurelle est nécessaire lorsque le projet modifie sensiblement l’usage ou les charges.
Évaluation des murs porteurs
Comment reconnaître un mur porteur ?
Plusieurs indices peuvent orienter l’analyse :
- La position dans le bâtiment.
- La continuité entre les niveaux.
- L’épaisseur.
- La nature des matériaux.
- La présence de poutres ou de planchers venant en appui.
- Les plans d’origine.
- L’organisation des façades.
- La présence de fondations ou de soubassements correspondants.
Aucun de ces indices ne suffit isolément.
Une cloison épaisse n’est pas nécessairement porteuse et un mur relativement mince peut participer au contreventement ou au support d’un ouvrage.
Que faut-il rechercher sur les murs porteurs ?
L’examen peut porter sur :
- Les fissures.
- Le bombement.
- Le déversement.
- L’humidité.
- La désagrégation des joints.
- Les pierres ou briques altérées.
- Les ouvertures existantes.
- Les linteaux.
- Les appuis de poutres.
- Les reprises anciennes.
- Les percements de réseaux.
- Les saignées.
- La liaison avec les planchers.
- La liaison entre bâtiments de périodes différentes.
Peut-on ouvrir un mur à partir d’un simple avis visuel ?
Non.
Avant toute ouverture, il faut déterminer les éléments suivants :
- Le rôle du mur.
- La direction et la nature des charges.
- La constitution du plancher.
- Les appuis existants.
- Les ouvrages situés au-dessus.
- Les conditions d’étaiement.
- Les dimensions du renforcement.
- Les conséquences sur les fondations.
- Les éventuelles autorisations de copropriété.
- Les modalités d’exécution et de contrôle.
Une étude structurelle et une note de calcul peuvent être nécessaires.
Évaluation de la charpente
Quels éléments de charpente faut-il examiner ?
Lorsque l’accès est possible et sécurisé, il convient d’observer :
- Les fermes.
- Les pannes.
- Les chevrons.
- Les solives.
- Les entraits.
- Les arbalétriers.
- Les poteaux.
- Les assemblages.
- Les connecteurs métalliques.
- Les appuis dans les murs.
- Les éléments ajoutés ou supprimés.
- Les bois situés près des fuites ou des conduits.
Quels désordres peuvent être recherchés ?
L’inspection peut relever :
- Une déformation.
- Une flèche.
- Une rupture.
- Un fendage.
- Un écrasement d’appui.
- Un pourrissement.
- Une humidité.
- Des traces d’insectes xylophages.
- Des galeries.
- Une vermoulure.
- Des champignons.
- Une corrosion des connecteurs.
- Des assemblages ouverts.
- Des sections entaillées.
- Des pièces supprimées.
- Des renforts improvisés.
- Des traces d’échauffement près d’un conduit.
Les termites peuvent dégrader les bois et leurs dérivés au point d’affecter la résistance d’une construction. Dans les zones réglementées, un diagnostic termites répond à une obligation spécifique lors de la vente, mais son périmètre et sa date doivent être vérifiés avant de l’utiliser pour préparer des travaux.
L’état apparent du bois suffit-il ?
Non.
Un bois peut sembler sain en surface et présenter une dégradation interne ou localisée dans un appui encastré.
Selon les indices observés, des investigations peuvent comprendre :
- Un sondage mécanique.
- Une mesure d’humidité.
- Une ouverture localisée.
- Une identification biologique.
- Un calcul de résistance.
- Un contrôle des assemblages.
- Une vérification des appuis.
Évaluation de la couverture
Que faut-il contrôler sur la toiture ?
L’examen extérieur peut porter sur :
- Les tuiles.
- Les ardoises.
- Les bacs métalliques.
- Les membranes.
- Les faîtages.
- Les rives.
- Les noues.
- Les arêtiers.
- Les solins.
- Les abergements.
- Les fenêtres de toit.
- Les souches de cheminée.
- Les gouttières.
- Les chéneaux.
- Les descentes d’eaux pluviales.
- Les crochets et fixations.
- Les raccords avec les murs.
Depuis l’intérieur, il convient de rechercher :
- Les traces d’eau.
- Les auréoles.
- Les bois humides.
- Les isolants dégradés.
- La lumière traversante.
- La condensation.
- Les moisissures.
- Les défauts apparents de ventilation.
- Les reprises anciennes.
- Une sous-face de couverture altérée.
Une toiture inspectée par temps sec peut-elle être déclarée étanche ?
Non.
Une visite par temps sec ne permet pas d’observer le comportement de la toiture sous pluie, neige, vent ou ruissellement.
L’absence de trace visible le jour de la visite ne garantit pas l’absence d’infiltration intermittente.
Lorsque le risque le justifie, il peut être nécessaire de prévoir :
- Une inspection après pluie.
- Un essai d’arrosage localisé.
- Une mise en eau encadrée.
- Un contrôle des évacuations.
- Une ouverture localisée.
- Une recherche de fuite.
- Une vérification par un couvreur ou un étancheur.
Ces essais doivent être adaptés à l’ouvrage afin de ne pas créer de dommages supplémentaires.
Évaluation des façades
Quels éléments faut-il examiner ?
L’inspection des façades peut porter sur :
- Les fissures.
- Les enduits.
- Les joints.
- Les pierres.
- Les briques.
- Le béton.
- Les bardages.
- Les appuis de fenêtres.
- Les bandeaux.
- Les corniches.
- Les balcons.
- Les garde-corps.
- Les fixations.
- Les soubassements.
- Les points singuliers.
- Les raccords de toiture.
- Les évacuations d’eau.
- La végétation en contact avec les parois.
Quels désordres peuvent être observés ?
Il peut notamment être relevé :
- Un faïençage.
- Une fissuration.
- Un décollement.
- Un cloquage.
- Une désagrégation.
- Un farinage.
- Un éclatement.
- Une corrosion.
- Des efflorescences.
- Des coulures.
- Un défaut de joint.
- Une infiltration autour des ouvertures.
- Une remontée d’humidité dans les soubassements.
- Un élément présentant un risque de chute.
Peut-on diagnostiquer une façade depuis le sol ?
L’observation depuis le sol présente des limites importantes.
Elle ne permet pas toujours d’examiner :
- Les appuis supérieurs.
- Les couvertines.
- Les joints élevés.
- Les fixations de bardage.
- La face supérieure des balcons.
- Les microfissures.
- Les zones masquées par les avancées de toiture.
Selon la hauteur et les enjeux, il peut être nécessaire d’utiliser :
- Une nacelle.
- Un échafaudage.
- Un moyen d’accès sécurisé.
- Un appareil photographique à fort grossissement.
- Une caméra télescopique.
- Une investigation spécifique.
Évaluation des menuiseries
Que faut-il vérifier sur les fenêtres et les portes extérieures ?
L’inspection peut porter sur :
- L’état des cadres.
- La déformation.
- Le fonctionnement des ouvrants.
- Le verrouillage.
- La quincaillerie.
- Les joints.
- Le vitrage.
- La condensation entre vitrages.
- Le calfeutrement.
- Les appuis.
- Les bavettes.
- Les rejets d’eau.
- Les entrées d’air.
- Les raccords avec les façades.
- Les traces d’infiltration.
- La sécurité des vitrages dans les zones exposées.

Une fenêtre récente est-elle nécessairement performante ?
Non.
La performance dépend notamment :
- Du vitrage.
- Du cadre.
- De la qualité de la pose.
- Du traitement des raccords.
- De l’étanchéité à l’air.
- De la présence de ponts thermiques.
- De la protection solaire.
- De la ventilation du logement.
Une menuiserie performante mal posée peut présenter des infiltrations, des entrées d’air parasites ou des défauts de raccordement.
Pourquoi faut-il examiner la ventilation avant de remplacer les fenêtres ?
Le remplacement de fenêtres anciennes par des menuiseries plus étanches peut diminuer les entrées d’air parasites.
Si la ventilation n’est pas adaptée, cette modification peut favoriser :
- L’augmentation de l’humidité intérieure.
- La condensation.
- Les moisissures.
- Une dégradation de la qualité de l’air.
- Le mauvais fonctionnement de certains appareils utilisant l’air du local.
Le renouvellement de l’air constitue un objectif réglementaire propre aux bâtiments d’habitation.
Évaluation de l’étanchéité
Quels ouvrages d’étanchéité faut-il examiner ?
L’étanchéité peut concerner :
- Une toiture-terrasse.
- Une terrasse accessible.
- Un balcon.
- Une douche.
- Une salle de bains.
- Un mur enterré.
- Un sous-sol.
- Un joint de façade.
- Une menuiserie.
- Une traversée de canalisation.
- Un raccord de toiture.
- Un bassin.
- Un ouvrage de rétention.
Quels signes peuvent révéler un défaut ?
Il peut être observé :
- Des auréoles.
- Une peinture cloquée.
- Un décollement de revêtement.
- Une humidité mesurée.
- Des moisissures.
- Des coulures.
- Des efflorescences.
- Une odeur.
- Une corrosion.
- Un bois altéré.
- Un joint ouvert.
- Un relevé d’étanchéité insuffisant.
- Une évacuation obstruée.
- Une pente défavorable.
- Une stagnation d’eau.
Une trace d’humidité permet-elle d’identifier immédiatement la cause ?
Non.
Une même trace peut être liée à :
- Une infiltration.
- Une fuite.
- Une condensation.
- Une remontée capillaire.
- Une humidité résiduelle de travaux.
- Un défaut d’évacuation.
- Une pénétration latérale.
- Plusieurs causes combinées.
L’interprétation doit intégrer la position de la trace, son évolution, les conditions météorologiques, l’usage du local, la ventilation et la constitution des parois.
Évaluation de l’isolation
Comment évaluer l’isolation existante ?
L’évaluation peut s’appuyer sur :
- Les plans.
- Les factures.
- Les sondages.
- L’observation des combles.
- L’observation des doublages accessibles.
- L’épaisseur visible.
- Les caractéristiques des matériaux.
- Le diagnostic de performance énergétique.
- L’audit énergétique.
- Une thermographie réalisée dans des conditions adaptées.
- Des mesures de température.
- L’examen des ponts thermiques.
Le diagnostic de performance énergétique fournit des informations conventionnelles sur la performance énergétique et climatique du logement ainsi que sur ses équipements. Ses recommandations ont une valeur indicative. Il ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic exhaustif de l’état des isolants, de leur continuité ou de leur mise en oeuvre.
Que faut-il vérifier avant de conserver un isolant ?
Il convient notamment d’examiner :
- Sa nature.
- Son épaisseur.
- Son état.
- Son humidité.
- Son tassement.
- Sa continuité.
- Les zones manquantes.
- Les raccords avec les planchers et les menuiseries.
- La présence d’un pare-vapeur ou d’un frein-vapeur lorsqu’il est nécessaire.
- La compatibilité avec la paroi ancienne.
- La présence éventuelle d’animaux ou de nuisibles.
- Les risques liés aux matériaux avant intervention.
Peut-on connaître toute l’isolation sans ouvrir les parois ?
Non.
Une isolation placée derrière un doublage ne peut généralement pas être contrôlée de manière exhaustive sans sondage.
La thermographie peut mettre en évidence des écarts thermiques dans certaines conditions, mais elle ne permet pas systématiquement de déterminer la nature exacte, l’épaisseur ou l’état mécanique de l’isolant.
Quelles règles s’appliquent lors du remplacement d’éléments ?
Lorsque le maître d’ouvrage remplace ou installe certains éléments d’isolation ou équipements dans un bâtiment existant, des caractéristiques thermiques minimales peuvent être applicables aux parois, aux menuiseries et aux équipements de chauffage, d’eau chaude, de ventilation ou de refroidissement.
Ces exigences réglementaires ne dispensent pas de vérifier la compatibilité technique de la solution avec le bâtiment existant.
Évaluation de la ventilation
Que faut-il examiner ?
L’inspection de la ventilation peut porter sur :
- La présence d’un système.
- Le type de ventilation.
- Les entrées d’air.
- Les bouches d’extraction.
- Les passages sous les portes.
- Les conduits.
- Les caissons.
- Les sorties en toiture ou en façade.
- Les commandes.
- L’alimentation électrique.
- L’encrassement.
- Le bruit.
- Le sens des flux.
- L’entretien.
- Le rejet éventuel dans les combles.
- Les modifications réalisées par les occupants.
Quels signes peuvent révéler une ventilation insuffisante ?
Il peut notamment être observé :
- De la condensation sur les vitrages.
- Des moisissures dans les angles.
- Des odeurs persistantes.
- Une humidité élevée.
- Un décollement de peinture.
- De la condensation derrière les meubles.
- Des bouches obstruées.
- Des entrées d’air supprimées.
- Une absence de détalonnage des portes.
- Une extraction très faible.
- Un rejet dans un volume non ventilé.
La réglementation prévoit un objectif général de renouvellement de l’air dans les bâtiments d’habitation. Les dispositifs d’aération doivent également permettre, pour un logement occupé normalement, un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité adaptés au fonctionnement des équipements.
Une feuille de papier devant une bouche suffit-elle pour contrôler une VMC ?
Non.
Ce test peut seulement donner une indication grossière de la présence d’une aspiration.
Une évaluation plus fiable peut nécessiter :
- Une mesure de débit.
- Une mesure de pression.
- Une inspection des conduits.
- Un contrôle du caisson.
- Une vérification des entrées d’air.
- Un contrôle des rejets.
- Une analyse du dimensionnement.
- Un entretien ou un nettoyage.
Évaluation des réseaux électriques
Quels éléments peuvent être observés ?
Sans démontage dangereux, l’inspection peut notamment porter sur :
- Le tableau électrique.
- L’appareil général de coupure.
- Les dispositifs différentiels.
- Les protections des circuits.
- Le repérage.
- Les conducteurs apparents.
- Les prises.
- Les interrupteurs.
- Les appareillages cassés.
- Les mises à la terre visibles.
- Les liaisons équipotentielles apparentes.
- Les installations dans les pièces d’eau.
- Les rallonges permanentes.
- Les multiprises surchargées.
- Les câbles provisoires.
- Les équipements extérieurs.
- Les traces d’échauffement.
- Les modifications non terminées.
Une inspection visuelle permet-elle de déclarer l’installation conforme ?
Non.
Une conclusion de conformité ou de sécurité nécessite une mission adaptée, des compétences spécifiques et, selon l’objectif, des mesures et essais.
L’état réglementaire de l’installation intérieure d’électricité utilisé lors d’une vente ou d’une location vise à évaluer les risques susceptibles de compromettre la sécurité des personnes et des biens. Il porte sur des points déterminés de l’installation située en aval de l’appareil général de commande et de protection.
Une évaluation préalable à une rénovation doit également tenir compte :
- Des nouveaux équipements.
- De la puissance disponible.
- Des circuits à créer.
- De l’état des parties conservées.
- Des besoins de mise à la terre.
- De la compatibilité avec les pièces humides.
- Des possibilités de passage des câbles.
- Des besoins futurs.
Quand faut-il faire intervenir un électricien ?
Une vérification spécialisée est recommandée notamment en présence :
- D’une installation ancienne.
- D’un tableau incomplet.
- De conducteurs dégradés.
- De traces d’échauffement.
- D’équipements sans conducteur de protection.
- D’anomalies dans une pièce d’eau.
- De modifications multiples non documentées.
- D’une puissance insuffisante.
- D’un projet comprenant une pompe à chaleur, une cuisine électrique, une borne de recharge ou des équipements importants.

Évaluation de la plomberie
Quels éléments faut-il examiner ?
L’inspection peut porter sur :
- L’alimentation générale.
- Le compteur.
- Les vannes.
- Les canalisations visibles.
- Les raccords.
- Les évacuations.
- Les siphons.
- Les équipements sanitaires.
- La production d’eau chaude.
- La pression apparente.
- Le débit.
- Les traces de fuite.
- La corrosion.
- La condensation.
- Les bruits.
- La fixation des canalisations.
- L’accessibilité.
- Les matériaux apparents.
- Les réseaux abandonnés.
- Les traversées de planchers et de murs.
Quels essais peuvent être réalisés ?
Selon la mission et les possibilités d’accès :
- L’ouverture des robinets.
- Le contrôle des écoulements.
- L’observation simultanée de plusieurs appareils.
- La vérification des chasses d’eau.
- Le contrôle du compteur en l’absence de puisage.
- La mesure de pression.
- L’inspection caméra des évacuations.
- L’essai d’étanchéité.
- La recherche de fuite.
Ces essais doivent être autorisés et réalisés sans risque pour les ouvrages.
Une canalisation sans fuite apparente peut-elle être conservée ?
Oui, sous réserve d’évaluer les points suivants :
- Son matériau.
- Son âge estimé.
- Son état.
- Son accessibilité future.
- Sa capacité.
- Sa compatibilité avec les nouveaux équipements.
- Les raccords prévus.
- Le risque de devoir détruire des finitions neuves en cas de remplacement ultérieur.
Il peut être pertinent de remplacer un réseau vétuste pendant qu’il reste accessible, même s’il ne présente pas encore de fuite visible.
Évaluation du chauffage
Que faut-il contrôler ?
L’examen peut porter sur :
- Le générateur.
- La chaudière.
- La pompe à chaleur.
- Le poêle.
- Les conduits.
- Les radiateurs.
- Le plancher chauffant.
- Les circulateurs.
- La régulation.
- Les thermostats.
- L’alimentation énergétique.
- L’évacuation des produits de combustion.
- Les entrées d’air.
- L’entretien.
- Le bruit.
- La corrosion.
- Les fuites.
- L’équilibrage apparent.
- L’âge des équipements.
- La puissance installée.
Quels documents faut-il rechercher ?
Il convient de réunir :
- La facture d’installation.
- La notice.
- Le certificat de mise en service.
- Le contrat d’entretien.
- Les rapports d’entretien.
- L’attestation de ramonage.
- Le schéma hydraulique.
- L’étude de dimensionnement.
- Les garanties.
- Les relevés de consommation.
Peut-on choisir un nouveau chauffage avant d’évaluer l’enveloppe ?
Cette méthode est déconseillée.
Le besoin de chauffage dépend notamment :
- Des surfaces.
- De l’isolation.
- Des menuiseries.
- De la ventilation.
- Du climat.
- De l’usage.
- Des températures recherchées.
- Des déperditions pièce par pièce.
Lorsque l’isolation est modifiée, le besoin de puissance peut évoluer. Le dimensionnement doit être cohérent avec l’état final du projet et non uniquement avec l’état initial.
Quels risques particuliers faut-il examiner ?
Il convient notamment de vérifier :
- Les appareils utilisant l’air du local.
- Les entrées d’air.
- Les conduits de fumée.
- Les évacuations.
- La ventilation du local.
- La proximité de matériaux combustibles.
- Les risques de monoxyde de carbone.
- La compatibilité électrique.
- La stabilité du support.
- L’évacuation des condensats.
Les locaux recevant certains appareils de chauffage ou de production d’eau chaude utilisant un combustible doivent disposer de dispositifs adaptés d’entrée d’air et d’évacuation des produits de combustion.
Évaluation de l’assainissement
Que faut-il examiner en assainissement collectif ?
L’inspection peut porter sur :
- Le raccordement apparent.
- Les regards.
- Les collecteurs.
- La pente des évacuations.
- La ventilation des chutes.
- Les odeurs.
- Les engorgements.
- Les reflux.
- Les fissures.
- Les infiltrations.
- La séparation des eaux usées et des eaux pluviales lorsque le réseau l’exige.
- Les pompes de relevage.
- Les dispositifs antiretour.
- L’accessibilité pour l’entretien.
Les règles et contrôles peuvent varier selon le service local d’assainissement.
Que faut-il examiner en assainissement non collectif ?
Il convient notamment de rechercher :
- Le rapport du service public d’assainissement non collectif.
- La date du dernier contrôle.
- Le type d’installation.
- L’emplacement de la fosse.
- Le prétraitement.
- La ventilation.
- Le dispositif de traitement.
- Le rejet éventuel.
- Les regards.
- Les vidanges.
- L’entretien.
- Les prescriptions de travaux.
- Les signes de saturation.
- Les odeurs.
- Les remontées d’effluents.
- Une humidité anormale du terrain.
Les immeubles non raccordés au réseau public doivent disposer d’une installation d’assainissement non collectif entretenue par leur propriétaire et soumise aux contrôles prévus par les textes.
Une inspection visuelle suffit-elle pour contrôler l’assainissement ?
Non.
Une inspection spécialisée peut nécessiter :
- L’ouverture des regards.
- Un traçage.
- Une inspection caméra.
- Des essais d’écoulement.
- Un contrôle de conformité par le service compétent.
- Une vérification du dimensionnement.
- Une étude de sol et de filière.
- La localisation du dispositif.
Évaluation des finitions
Pourquoi examiner les finitions avant les travaux ?
Les finitions peuvent révéler l’état des supports et l’historique du bâtiment.
Il convient d’examiner :
- Les peintures.
- Les enduits.
- Les papiers peints.
- Les carrelages.
- Les faïences.
- Les parquets.
- Les sols souples.
- Les plinthes.
- Les joints.
- Les plafonds.
- Les menuiseries intérieures.
- Le mobilier intégré.
Quels signes faut-il rechercher ?
L’inspection peut relever :
- Des fissures.
- Des cloques.
- Des décollements.
- Des taches.
- Des moisissures.
- Une usure.
- Des rayures.
- Des impacts.
- Des joints ouverts.
- Des carreaux sonnant creux.
- Un parquet déformé.
- Des sols irréguliers.
- Des plafonds tachés.
- Des reprises localisées.
- Des différences de teinte.
- Des défauts masqués par du mobilier.
Un défaut de finition est-il toujours superficiel ?
Non.
Une finition dégradée peut résulter :
- De l’usure.
- D’un défaut de préparation.
- D’une humidité.
- D’un mouvement du support.
- D’une infiltration.
- D’une fuite.
- D’un défaut d’adhérence.
- D’une incompatibilité entre matériaux.
- D’une insuffisance structurelle.
Il ne faut pas programmer la réfection d’une finition avant d’avoir compris l’origine d’une dégradation anormale.
Usure et vétusté
Quelle est la différence entre usure et vétusté ?
L’usure correspond aux effets de l’utilisation d’un ouvrage ou d’un équipement.
La vétusté correspond à sa dégradation progressive liée à l’âge, au vieillissement des matériaux, à l’usage et à l’entretien.
Ces notions doivent être distinguées :
- D’un défaut de conception.
- D’une mauvaise exécution.
- D’un défaut d’entretien.
- D’un sinistre.
- D’un dommage accidentel.
- D’un usage anormal.
- D’une non-conformité.

Comment apprécier la vétusté ?
Elle ne peut pas être déterminée uniquement à partir de l’âge.
Il faut également tenir compte :
- De la qualité initiale.
- Des conditions d’exposition.
- De l’intensité d’utilisation.
- De l’entretien.
- Des réparations.
- De l’accessibilité.
- Des matériaux.
- De l’environnement.
- Des évolutions de l’usage.
Deux équipements installés la même année peuvent présenter des états très différents.
Faut-il remplacer tous les éléments anciens ?
Non.
Un ouvrage ancien peut être conservé lorsqu’il est :
- En état de fonctionnement.
- Compatible avec le projet.
- Réparable.
- Entretenable.
- Suffisamment performant pour l’objectif retenu.
- Sans danger identifié.
À l’inverse, un élément relativement récent peut nécessiter une reprise s’il est mal posé, inadapté ou dégradé.
Comment intégrer la vétusté au programme ?
Chaque ouvrage peut être classé parmi les catégories suivantes :
- Conservation sans intervention.
- Entretien.
- Réparation localisée.
- Amélioration.
- Remplacement pendant le chantier.
- Remplacement différé.
- Investigation préalable.
- Mise en sécurité immédiate.
Ce classement doit être associé à une justification et à un niveau de priorité.
Limites d’une inspection visuelle
Que signifie une inspection visuelle ?
Une inspection visuelle porte sur les éléments :
- Visibles.
- Accessibles.
- Observables dans les conditions de la visite.
- Examinables sans démontage destructif.
- Contrôlables sans déplacer des charges importantes.
- Accessibles sans mettre les personnes en danger.
Elle peut être complétée par des mesures non destructives, mais celles-ci restent limitées par la nature des appareils et les conditions d’utilisation.
Qu’est-ce qu’une inspection visuelle ne permet pas de vérifier ?
Elle ne permet généralement pas de connaître avec certitude :
- La profondeur des fondations.
- La composition des murs.
- L’état des éléments encastrés.
- L’état de toutes les canalisations.
- La continuité complète de l’isolation.
- La qualité des soudures ou des assemblages cachés.
- La présence de défauts derrière les doublages.
- La constitution des planchers.
- La résistance réelle des ouvrages.
- L’étanchéité sous les revêtements.
- L’état des réseaux enterrés.
- La conformité complète des installations techniques.
- L’évolution future d’une fissure.
- Le comportement du bâtiment dans toutes les conditions climatiques.
Quelles zones peuvent rester non inspectées ?
Il peut notamment s’agir :
- Des locaux fermés.
- Des combles sans accès.
- Des vides sanitaires trop bas ou dangereux.
- Des toitures non accessibles.
- Des façades en hauteur.
- Des réseaux enterrés.
- Des canalisations encastrées.
- Des parties masquées par le mobilier.
- Des ouvrages recouverts.
- Des parties communes non accessibles.
- Des équipements non mis en fonctionnement.
- Des installations coupées.
- Des zones présentant un risque d’amiante ou d’un autre matériau dangereux.
Toutes les zones non inspectées doivent être mentionnées dans le compte rendu.
L’absence de désordre visible garantit-elle l’absence de défaut ?
Non.
Un défaut peut être :
- Caché.
- Intermittent.
- Récent.
- Recouvert.
- Temporairement sec.
- Visible uniquement sous certaines conditions.
- Situé dans une zone inaccessible.
- Masqué par une réparation cosmétique.
La conclusion doit donc être limitée aux conditions et au périmètre de la visite.
Quels diagnostics réglementaires ne doivent pas être confondus avec l’état initial ?
Les documents suivants peuvent contribuer à l’analyse :
- Le diagnostic de performance énergétique.
- Le diagnostic électrique.
- Le diagnostic gaz.
- L’état amiante.
- Le diagnostic termites.
- Le contrôle d’assainissement.
- Le constat de risque d’exposition au plomb.
- L’état des risques.
Chacun répond à un objet et à un périmètre définis.
Ils ne constituent pas, individuellement ou collectivement, une expertise complète de la structure, de l’étanchéité, de la plomberie, de la couverture et de tous les supports.
Quand une inspection destructive est-elle nécessaire ?
Des sondages peuvent être justifiés lorsque la décision de conserver ou de transformer un ouvrage dépend d’informations cachées.
Ils peuvent notamment porter sur :
- La composition d’un mur.
- L’état d’une poutre.
- L’épaisseur d’un plancher.
- La présence d’une isolation.
- L’état d’une étanchéité.
- La corrosion d’armatures.
- L’humidité dans une paroi.
- La constitution d’un réseau.
- L’état d’un support sous carrelage.
- La présence de matériaux dangereux.
Avant toute opération pouvant exposer les travailleurs à l’amiante, le maître d’ouvrage, le donneur d’ordre ou le propriétaire doit faire réaliser une recherche préalable adaptée à la nature et au périmètre des travaux.
Les ouvertures exploratoires doivent être définies, sécurisées, documentées et rebouchées selon des modalités prévues à l’avance.
Comment organiser le rapport d’état initial ?
Le rapport doit permettre de retrouver, pour chaque ouvrage, ce qui a été constaté, ce qui reste incertain et ce qui doit être vérifié.
Que doit contenir le rapport ?
Il est recommandé d’y faire figurer les éléments suivants :
- L’objet de la mission.
- La date et les conditions de visite.
- Les personnes présentes.
- Les documents examinés.
- Les zones visitées.
- Les zones non accessibles.
- Les moyens utilisés.
- Les constatations par ouvrage.
- Les photographies localisées.
- Les mesures réalisées.
- Les hypothèses.
- Les investigations recommandées.
- Les travaux urgents.
- Les travaux à intégrer au programme.
- Les limites de la mission.
Exemple de tableau d’évaluation
| Ouvrage | État apparent | Anomalie observée | Conséquence possible | Vérification nécessaire | Priorité |
|---|---|---|---|---|---|
| Mur porteur du séjour | À préciser | Fissure diagonale | Mouvement ou reprise insuffisante à vérifier | Suivi, sondage et étude structurelle | Haute |
| Couverture nord | Usure avancée | Tuiles cassées et solin ouvert | Infiltration | Contrôle par un couvreur | Haute |
| Plancher de l’étage | Irrégulier | Flèche perceptible | Compatibilité avec une nouvelle salle d’eau à vérifier | Relevé et calcul structurel | Haute |
| Fenêtres | État moyen | Joints usés | Entrées d’air et infiltrations ponctuelles | Contrôle des raccords et de la ventilation | Moyenne |
| Tableau électrique | Ancien | Protections incomplètement identifiées | Sécurité et capacité à vérifier | Diagnostic par un électricien | Haute |
| Ventilation | Insuffisante | Bouches obstruées | Humidité et qualité de l’air | Mesure des débits | Haute |
| Peintures | Usées | Décollement localisé | Humidité possible | Mesures et recherche de cause | Moyenne |
Comment hiérarchiser les conclusions ?
Les anomalies peuvent être classées selon cinq niveaux.
Niveau 1 : danger ou mesure conservatoire
- Un risque d’effondrement.
- Un élément menaçant de chuter.
- Un risque électrique apparent.
- Une fuite importante.
- Un garde-corps dangereux.
- Un appareil de combustion présentant une situation préoccupante.
Niveau 2 : investigation avant conception
- Une fissuration inexpliquée.
- Un plancher déformé.
- Une humidité chronique.
- Des fondations inconnues avant surélévation.
- Un mur supposé porteur.
- Un réseau enterré non localisé.
Niveau 3 : travaux indispensables
- Une couverture dégradée.
- Un réseau fuyard.
- Une ventilation défectueuse.
- Un assainissement présentant des anomalies.
- Une menuiserie infiltrante.
Niveau 4 : amélioration recommandée
- Une isolation insuffisante.
- Un chauffage peu performant.
- Une régulation limitée.
- Un confort acoustique faible.
Niveau 5 : entretien ou finition
- Une peinture usée.
- Un joint vieillissant.
- Le réglage d’une porte.
- Le nettoyage d’une gouttière.
Quelles sont les principales erreurs à éviter ?
Les erreurs fréquentes consistent à :
- Établir le programme uniquement à partir de l’apparence des pièces.
- Confondre absence de défaut visible et bon état technique.
- Considérer toutes les fissures comme superficielles.
- Supprimer un mur sans étude.
- Ajouter des charges sur un plancher non vérifié.
- Conserver des canalisations inaccessibles sans examiner leur état.
- Remplacer les fenêtres sans vérifier la ventilation.
- Isoler un mur humide avant d’en déterminer la cause.
- Refaire les peintures avant de traiter les infiltrations.
- Installer un chauffage avant de calculer les besoins après rénovation.
- Se limiter au diagnostic de performance énergétique pour définir l’isolation.
- Utiliser un diagnostic de vente comme repérage amiante avant travaux.
- Déclarer une installation électrique conforme après une simple observation.
- Ne pas examiner les interfaces avec les parties communes.
- Ne pas mentionner les zones inaccessibles.
- Présenter une hypothèse comme une certitude.
- Chiffrer les travaux avant d’avoir réalisé les investigations déterminantes.
Recommandations de Check my House
Recommandation 1 : procéder du général vers le particulier
L’inspection doit commencer par les niveaux d’analyse suivants :
- Le terrain et l’environnement.
- La structure générale.
- L’enveloppe.
- Les ouvrages intérieurs.
- Les réseaux.
- Les équipements.
- Les finitions.
Cette méthode permet d’éviter de traiter les conséquences avant les causes.
Recommandation 2 : examiner les ouvrages par fonction
Il faut vérifier successivement :
- La stabilité.
- Le clos et le couvert.
- L’étanchéité.
- L’évacuation des eaux.
- Le renouvellement de l’air.
- La sécurité des réseaux.
- La production de chaleur.
- La salubrité.
- La performance.
- La finition.
Recommandation 3 : documenter l’état avant démolition
Il convient de conserver :
- Des photographies générales.
- Des photographies rapprochées.
- Les dimensions.
- Les relevés de fissures.
- Les mesures d’humidité.
- Les références des équipements.
- Les emplacements des réseaux.
- Les défauts déjà présents.
- Les zones non accessibles.
Recommandation 4 : ne pas masquer les incertitudes
Les mentions suivantes doivent être utilisées lorsque cela est nécessaire :
- Non visible.
- Non accessible.
- Non testé.
- Fonctionnement non vérifié.
- Composition inconnue.
- Origine à déterminer.
- Investigation nécessaire.
- Conclusion impossible sans sondage.
Recommandation 5 : réaliser les investigations avant les devis définitifs
Lorsque les résultats peuvent modifier fortement le projet, les investigations doivent être réalisées avant la consultation finale des entreprises. Cela concerne notamment :
- La structure.
- Les fondations.
- L’humidité.
- L’amiante.
- Les réseaux enterrés.
- La capacité électrique.
- L’assainissement.
- La composition des planchers.
- L’étanchéité existante.
Recommandation 6 : mettre à jour le programme après l’évaluation
Les résultats doivent être intégrés :
- Aux plans.
- Au descriptif.
- Au budget.
- Au planning.
- Aux diagnostics avant travaux.
- Aux marchés des entreprises.
- Au tableau des limites de prestation.
À retenir
L’évaluation de l’état initial permet de transformer une intention de rénovation en projet techniquement réaliste.
Elle doit porter sur :
- La structure.
- Les fondations accessibles.
- Les planchers.
- Les murs porteurs.
- La charpente.
- La couverture.
- Les façades.
- Les menuiseries.
- L’étanchéité.
- L’isolation.
- La ventilation.
- L’électricité.
- La plomberie.
- Le chauffage.
- L’assainissement.
- Les finitions.
- L’usure et la vétusté.
Une inspection visuelle permet d’identifier de nombreux indices, mais elle ne donne pas accès aux ouvrages enterrés, encastrés, recouverts ou inaccessibles.
Elle doit donc préciser ses limites et déclencher, lorsque cela est nécessaire, des mesures, des sondages, des essais ou des études spécialisés.
L’objectif n’est pas d’affirmer que tout a été contrôlé. Il est de distinguer ce qui a été constaté, ce qui reste incertain et ce qui doit être vérifié avant d’engager les travaux.
Sources principales
- Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles L. 131-1 à L. 131-3, stabilité et solidité, version en vigueur consultée en juillet 2026.
- Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles R. 153-1 à R. 153-8, renouvellement de l’air et prévention des intoxications au monoxyde de carbone, version en vigueur consultée en juillet 2026.
- Service Public, Direction de l’information légale et administrative, logement à louer décent en métropole, conditions relatives au clos, au couvert, aux réseaux, au chauffage et à l’aération, page consultée en juillet 2026.
- Service Public, Direction de l’information légale et administrative, diagnostic immobilier, état de l’installation intérieure d’électricité, vérifié le 16 juillet 2024, page consultée en juillet 2026.
- Service Public, Direction de l’information légale et administrative, diagnostic immobilier, diagnostic de performance énergétique, vérifié le 1er juillet 2025, page consultée en juillet 2026.
- Ministère de la Transition écologique, exigences réglementaires thermiques pour les bâtiments existants, page actualisée consultée en juillet 2026.
- Légifrance, Code du travail, article R. 4412-97, recherche d’amiante préalable aux opérations, version en vigueur consultée en juillet 2026.
- Service Public, Direction de l’information légale et administrative, diagnostic termites et autres insectes xylophages, vérifié le 7 juin 2024, page consultée en juillet 2026.
- Légifrance, Code de la santé publique, article L. 1331-1-1, entretien des installations d’assainissement non collectif, version en vigueur consultée en juillet 2026.
- Légifrance, Code de la santé publique, article L. 1331-11, contrôle des installations d’assainissement, version en vigueur consultée en juillet 2026.
Pour approfondir le sujet, découvrez nos expertises dédiées : Suivi des travaux de renovation et Reception de travaux de renovation.
Besoin d’un accompagnement personnalisé pour votre projet ?
Nous contacter