Les matériaux de construction, béton, acier, bois, pierre, brique, mortiers, plâtres, isolants, colles, mastics et résines, peuvent subir des altérations affectant leurs propriétés, leur aspect, leur durabilité ou leurs performances. Ces pathologies peuvent relever du vieillissement, de l’humidité, du gel, de la corrosion, d’une attaque biologique, d’une sollicitation mécanique excessive, d’une incompatibilité, d’un mauvais stockage, d’un défaut de fabrication, d’une mauvaise mise en œuvre ou d’un entretien insuffisant.
Cette FAQ, élaborée à partir des fiches pathologie de l’Agence Qualité Construction, des ressources de l’Institut technologique FCBA, des travaux du CSTB et du Laboratoire de recherche des monuments historiques, ainsi que des référentiels techniques applicables, aide à distinguer un vieillissement normal d’une dégradation anormale, à comprendre les mécanismes d’altération des principaux matériaux et à savoir quand une expertise ou des analyses de laboratoire deviennent nécessaires.
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- Généralités et diagnostic des pathologies
- Béton : fissures et éclatement
- Armatures et aciers : corrosion
- Bois : fissures, déformations et pourriture
- Maçonnerie, pierre et brique
- Mortier et plâtre
- Isolants
- Compatibilité des matériaux
- Stockage, produit et mise en œuvre
- Analyses, laboratoire et prélèvements
- Réparation, sécurité et expertise
- Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?
- Sources principales
Généralités et diagnostic des pathologies
Qu’est-ce qu’une pathologie des matériaux dans le bâtiment ?
Une pathologie des matériaux correspond à une altération affectant les propriétés, l’aspect, la durabilité ou les performances d’un matériau de construction.
Elle peut concerner :
- le béton ;
- l’acier ;
- le bois ;
- la pierre ;
- la brique ;
- les mortiers ;
- les plâtres ;
- les isolants ;
- les produits de finition ;
- les colles, mastics et résines ;
- les assemblages entre plusieurs matériaux.
La pathologie peut avoir pour origine :
- le vieillissement ;
- l’humidité ;
- le gel ;
- la corrosion ;
- une attaque biologique ;
- une sollicitation mécanique excessive ;
- une incompatibilité chimique ou physique ;
- un mauvais stockage ;
- un défaut de fabrication ;
- une mauvaise mise en œuvre ;
- un entretien insuffisant.
Le diagnostic doit être conduit à plusieurs échelles : le matériau, le composant, l’ouvrage et son environnement. Le CSTB rappelle que l’expertise en pathologie peut concerner aussi bien le bois, le béton et la pierre que les éléments complets dans lesquels ces matériaux sont intégrés.
Comment distinguer un vieillissement normal d’une dégradation anormale ?
Le vieillissement normal correspond à une évolution prévisible du matériau sous l’effet du temps, de son exposition et de son usage.
Il peut notamment se traduire par :
- une légère modification de teinte ;
- une patine ;
- un farinage limité d’une peinture ancienne ;
- de petites gerces de séchage du bois ;
- une oxydation superficielle stable ;
- une usure régulière ;
- un encrassement progressif ;
- une diminution graduelle des performances compatible avec la durée d’usage.
Une dégradation peut être considérée comme anormale lorsqu’elle est :
- prématurée ;
- rapide ;
- localisée sur une zone singulière ;
- disproportionnée par rapport à l’âge du bâtiment ;
- accompagnée d’une perte de résistance ;
- liée à une entrée d’eau ;
- associée à une erreur de conception ou de mise en œuvre ;
- incompatible avec les performances contractuellement annoncées ;
- susceptible de compromettre la sécurité ou l’usage.
L’âge du matériau ne suffit donc pas à qualifier le désordre. Il faut connaître son exposition, son entretien, son domaine d’emploi et les conditions dans lesquelles il a été mis en œuvre. Le CSTB réalise notamment des essais de durabilité fondés sur des vieillissements artificiels, des sollicitations physico-chimiques et des cycles d’endurance afin d’évaluer le comportement prévisible des produits.
Quels critères permettent d’évaluer une dégradation ?
L’examen doit notamment porter sur :
- l’âge de l’ouvrage ;
- la date d’apparition ;
- la vitesse d’évolution ;
- l’étendue ;
- la profondeur de l’altération ;
- l’exposition à l’eau, au soleil, au gel ou aux agents chimiques ;
- la fonction du matériau ;
- les charges supportées ;
- les réparations antérieures ;
- les documents techniques du produit ;
- les conditions d’entretien ;
- la présence d’autres désordres.
Un même défaut visuel peut avoir des conséquences très différentes. Une fissure superficielle dans une finition ne présente pas la même portée qu’une fissure traversant une poutre, un mur porteur ou un assemblage.
Béton : fissures et éclatement

Pourquoi un béton peut-il se fissurer ?
Le béton peut se fissurer en raison :
- du retrait ;
- d’un séchage trop rapide ;
- des variations thermiques ;
- d’une reprise de bétonnage ;
- d’une déformation sous charge ;
- d’un tassement des appuis ;
- d’une insuffisance ou d’un mauvais positionnement des armatures ;
- d’un défaut de conception ;
- d’une corrosion interne ;
- du gel ;
- d’une réaction chimique interne ;
- d’un mouvement de la structure.
Une fissure ne doit pas être qualifiée uniquement à partir de sa largeur. Son orientation, sa profondeur, sa localisation, son évolution et les déformations associées doivent être étudiées. L’AQC rappelle que les fissures structurelles des maçonneries et des ouvrages en béton peuvent résulter de sollicitations variées et devenir traversantes ou favoriser des infiltrations.
Toute fissure du béton révèle-t-elle une perte de solidité ?
Non. Certaines fissures sont principalement liées :
- au retrait de surface ;
- à la dessiccation du béton jeune ;
- à des variations thermiques ;
- à une reprise d’application ;
- à la finition.
Elles deviennent plus préoccupantes lorsqu’elles sont :
- traversantes ;
- évolutives ;
- accompagnées d’un déplacement ;
- situées dans une zone fortement sollicitée ;
- associées à une flèche ;
- présentes au droit d’un appui ;
- accompagnées de coulures de rouille ;
- reliées à un éclatement du béton ;
- compatibles avec un défaut structurel.
La qualification de la fissure nécessite parfois un relevé instrumenté, une mesure de profondeur, un examen des armatures et une étude structurelle.
Qu’est-ce qu’un éclatement du béton ?
L’éclatement correspond au détachement d’une partie du béton, généralement sous forme d’épaufrure, d’écaille ou de plaque.
Il peut être provoqué par :
- la corrosion des armatures ;
- un enrobage insuffisant ;
- un choc ;
- le gel ;
- une mauvaise qualité du béton ;
- une forte porosité ;
- un incendie ;
- une réaction interne ;
- une erreur de décoffrage ;
- un mouvement de la structure.
Lorsque l’éclatement expose les armatures, l’eau et l’oxygène peuvent les atteindre plus facilement et accélérer leur corrosion. L’AQC décrit une évolution caractéristique allant de fines fissures et traces ocres jusqu’au soulèvement et au détachement du béton d’enrobage.
Armatures et aciers : corrosion
Pourquoi les armatures en acier corrodent-elles dans le béton ?
Dans un béton sain et suffisamment alcalin, l’acier bénéficie normalement d’une protection chimique.
Cette protection peut être diminuée lorsque :
- la carbonatation atteint les armatures ;
- des chlorures sont présents ;
- le béton est fissuré ;
- l’enrobage est insuffisant ;
- le béton est trop poreux ;
- l’eau pénètre régulièrement ;
- les armatures sont très proches de la surface ;
- l’environnement est agressif.
La présence simultanée d’eau et d’oxygène permet alors le développement de la corrosion. L’AQC identifie notamment l’insuffisance d’enrobage, les défauts de mise en place des armatures et une porosité excessive du béton parmi les causes fréquentes.
Comment reconnaître une corrosion des armatures ?
Les indices possibles comprennent :
- des fissures suivant le tracé des aciers ;
- des traces de couleur ocre ou brune ;
- des coulures de rouille ;
- un décollement du béton ;
- des épaufrures ;
- des armatures visibles ;
- une perte de section ;
- un béton sonnant creux ;
- des fragments déjà tombés.
Les premiers signes visibles peuvent être limités alors que la corrosion se développe plus profondément. L’AQC indique que les fissures peuvent progressivement s’élargir, laisser suinter la rouille et aboutir à la mise à nu d’aciers fortement corrodés.
Une armature rouillée doit-elle toujours être remplacée ?
Non. La décision dépend notamment :
- de la perte de section ;
- de la fonction structurelle ;
- de la longueur affectée ;
- de l’état des ancrages ;
- de la continuité de l’acier ;
- des charges ;
- de la cause de la corrosion ;
- de la possibilité de traiter durablement l’entrée d’eau.
Une oxydation superficielle peut parfois être traitée dans le cadre d’une réparation adaptée. Une perte de section importante peut nécessiter :
- un complément d’armature ;
- un remplacement local ;
- un renforcement ;
- une reprise structurelle ;
- une justification par calcul.
Une simple application de mortier sur une armature encore corrodée ne constitue pas une réparation durable.
Comment réparer un béton éclaté par corrosion ?
La réparation peut comprendre :
- Le repérage de l’étendue des zones dégradées.
- La purge du béton non adhérent.
- Le dégagement suffisant des armatures.
- L’évaluation de leur section résiduelle.
- La préparation ou le traitement des aciers.
- Le remplacement ou le complément des armatures si nécessaire.
- La reconstitution de l’enrobage avec un produit compatible.
- Le traitement de la cause de l’entrée d’eau.
- La mise en place éventuelle d’une protection de surface.
La réparation doit éviter de créer une petite zone neuve très différente du béton existant, sans traiter la corrosion périphérique. La caractérisation mécanique des matériaux et la vérification de leur compatibilité peuvent nécessiter des essais spécialisés.
Un acier oxydé est-il nécessairement dangereux ?
Non. Il faut distinguer :
- une oxydation superficielle ;
- une corrosion active ;
- une perte de section ;
- une perforation ;
- une corrosion au droit d’un assemblage ;
- une corrosion cachée dans le béton, le bois ou un revêtement.
Une légère couche d’oxydation sur une pièce non structurelle ne présente pas la même portée qu’une corrosion affectant :
- un poteau ;
- une poutre ;
- une fixation de façade ;
- un garde-corps ;
- un assemblage de charpente ;
- un tirant ;
- une platine d’ancrage.
Le diagnostic doit examiner les faces masquées, les points de rétention d’eau, les soudures, les boulons et les interfaces avec les autres matériaux.
Pourquoi deux métaux différents peuvent-ils se corroder au contact l’un de l’autre ?
Deux métaux de nature différente peuvent former un couple électrochimique lorsqu’ils sont en contact en présence d’un électrolyte, par exemple de l’eau.
Le risque dépend notamment :
- de la nature des métaux ;
- de la surface relative des pièces ;
- de la présence d’humidité ;
- de la salinité ;
- de l’exposition ;
- de l’existence d’une couche isolante entre les matériaux.
La compatibilité entre fixations, profilés, couvertines, bardages et supports doit donc être vérifiée dans le système complet. Les documents techniques et évaluations des procédés permettent notamment de préciser les matériaux, fixations et conditions d’emploi compatibles.
Comment distinguer une oxydation superficielle d’une perte de section ?
Le contrôle peut comprendre :
- un nettoyage localisé ;
- une mesure d’épaisseur ;
- l’examen des piqûres ;
- le contrôle des soudures ;
- le démontage d’un assemblage ;
- une mesure ultrasonique ;
- une comparaison avec la section initiale ;
- un calcul de capacité résiduelle.
Une couche de rouille volumineuse peut masquer un métal fortement aminci. À l’inverse, une coloration superficielle peut être sans incidence mécanique significative.
Bois : fissures, déformations et pourriture

Pourquoi le bois se fissure-t-il ?
Le bois est un matériau hygroscopique. Il échange de l’humidité avec l’air et se déforme lorsque sa teneur en eau varie.
Le séchage peut provoquer :
- des gerces ;
- des fentes longitudinales ;
- des ouvertures radiales ;
- une torsion ;
- un gauchissement ;
- un retrait.
Ces manifestations ne constituent pas automatiquement un défaut structurel. Leur importance dépend de la section, de la profondeur, de la localisation et des efforts repris. Le FCBA rappelle que la maîtrise du séchage et de l’humidité est essentielle pour limiter les fissurations, déformations et dégradations des bois mis en œuvre.
Quand une fissure du bois devient-elle préoccupante ?
Une fissure doit être étudiée lorsqu’elle :
- traverse une partie importante de la section ;
- atteint un assemblage ;
- divise un appui ;
- se situe au droit d’une entaille ;
- s’accompagne d’un déplacement ;
- coupe les fibres transversalement ;
- concerne un collage de bois lamellé-collé ;
- est évolutive ;
- s’accompagne de pourriture ;
- réduit la section résistante.
Une fente suivant le fil dans une pièce de bois massif n’a pas la même signification qu’une rupture transversale ou une séparation de lamelles.
Pourquoi une pièce de bois peut-elle se déformer ?
Les déformations peuvent provenir :
- d’un séchage irrégulier ;
- d’un bois posé trop humide ;
- d’une reprise d’humidité ;
- d’un mauvais stockage ;
- d’une section insuffisante ;
- d’une surcharge ;
- du fluage ;
- d’un défaut d’assemblage ;
- d’une attaque biologique ;
- d’un défaut de contreventement.
Une déformation doit être analysée avec les charges, les portées, les appuis et l’humidité. Les ressources du FCBA consacrées aux pathologies du bois insistent sur la nécessité d’un diagnostic précis avant le traitement ou le remplacement.
Comment reconnaître un bois pourri ?
Les signes possibles comprennent :
- un bois mou ;
- une perte de masse ;
- un aspect cubique ou fibreux ;
- une surface qui s’effrite ;
- une coloration brune ou blanchâtre ;
- un mycélium ;
- des cordons ;
- une odeur ;
- une perte de résistance au sondage ;
- une déformation de l’ouvrage.
Les champignons lignivores ne se développent que lorsque le bois présente une humidité anormalement élevée pendant une durée suffisante. Le traitement doit donc porter sur la cause hydrique avant ou parallèlement au traitement biologique.
Un bois asséché retrouve-t-il automatiquement sa résistance ?
Non. Le séchage peut arrêter ou ralentir l’activité biologique, mais il ne reconstitue pas les fibres déjà détruites.
Il faut déterminer :
- la profondeur de l’attaque ;
- la section saine restante ;
- la fonction de la pièce ;
- les charges ;
- l’état des assemblages ;
- la nécessité d’un renforcement ;
- la possibilité de conserver la pièce.
Une analyse biologique ne remplace pas la vérification structurelle.
Maçonnerie, pierre et brique

Qu’est-ce qu’une maçonnerie désagrégée ?
Une maçonnerie désagrégée présente une perte de cohésion affectant :
- les blocs ;
- les briques ;
- les pierres ;
- les joints ;
- le remplissage interne ;
- les interfaces entre les éléments.
Elle peut se manifester par :
- des joints vidés ;
- des pierres descellées ;
- une surface pulvérulente ;
- des fissures ;
- une perte de matière ;
- des bombements ;
- une déformation ;
- une instabilité locale.
Les causes possibles comprennent :
- l’humidité ;
- les sels ;
- le gel ;
- l’érosion ;
- un mortier incompatible ;
- un défaut d’entretien ;
- des mouvements structurels ;
- des vibrations ;
- une mauvaise liaison entre les éléments.
Les fissures des maçonneries peuvent également résulter de mouvements des fondations, d’une mauvaise liaison entre les matériaux ou d’une exécution défectueuse.
Une maçonnerie ancienne doit-elle être rendue très rigide pour être consolidée ?
Pas automatiquement. Une maçonnerie ancienne peut être constituée de pierres ou briques relativement tendres associées à des mortiers souples et perméables.
Une réparation trop rigide peut :
- concentrer les contraintes ;
- empêcher certains mouvements ;
- favoriser la fissuration des pierres ou des briques ;
- modifier les transferts d’humidité ;
- déplacer les dégradations vers les matériaux les plus fragiles.
Les prescriptions du ministère de la Culture recommandent, dans le bâti ancien, de rechercher des mortiers compatibles avec la nature, la texture et le fonctionnement des maçonneries existantes.
Qu’est-ce qu’une pierre gélive ?
Une pierre est dite gélive lorsqu’elle est susceptible de se dégrader sous l’effet de cycles de gel et de dégel, notamment lorsqu’elle est suffisamment saturée en eau.
Les manifestations peuvent comprendre :
- des écailles ;
- une desquamation ;
- un éclatement ;
- une fissuration ;
- une perte de grains ;
- une fragmentation ;
- une perte progressive de matière.
La résistance au gel dépend :
- de la porosité ;
- de la distribution des pores ;
- de la saturation en eau ;
- de la nature minéralogique ;
- de l’exposition ;
- du nombre de cycles ;
- de l’orientation de la pierre ;
- des traitements appliqués.
Le Laboratoire de recherche des monuments historiques étudie les mécanismes d’altération des pierres et utilise notamment des cycles contrôlés de gel-dégel pour évaluer leur comportement.
Une pierre éclatée par le gel doit-elle être remplacée ?
Pas systématiquement. La solution dépend :
- de la profondeur de l’altération ;
- du rôle porteur ou décoratif de la pierre ;
- de la cohésion restante ;
- de l’étendue ;
- de la cause de l’humidification ;
- du risque de chute ;
- de la valeur patrimoniale ;
- de la compatibilité d’une réparation.
Les solutions peuvent comprendre :
- une purge limitée ;
- un rejointoiement ;
- une réparation ponctuelle ;
- un remplacement partiel ;
- une consolidation spécialisée ;
- un remplacement complet.
Un traitement hydrofuge ou consolidant ne doit pas être prescrit automatiquement. Le LRMH souligne la nécessité de caractériser la pierre, son altération et le comportement des produits avant leur application.
Pourquoi une brique peut-elle éclater ?
Une brique peut se dégrader sous l’effet :
- du gel lorsqu’elle est saturée ;
- de sels ;
- d’une infiltration prolongée ;
- d’un défaut de cuisson ou de fabrication ;
- d’un incendie ou d’une chaleur importante ;
- d’un choc ;
- d’un mortier trop rigide ;
- d’un traitement de surface inadapté ;
- d’une corrosion d’un élément voisin.
Les briques apparentes sont poreuses et leur comportement à la pluie dépend de la composition du mur, de l’exposition, de la durée d’humidification, des joints et de la capacité de séchage.
Une brique éclatée prouve-t-elle un défaut de fabrication ?
Non. L’altération peut résulter :
- d’une mauvaise adaptation du produit à l’exposition ;
- d’un stockage sous la pluie ;
- d’une pose en période de gel ;
- de joints défectueux ;
- d’un ruissellement ;
- d’un soubassement humide ;
- d’un produit de nettoyage agressif ;
- d’une propriété intrinsèque de la brique.
Pour mettre en cause le produit, il peut être nécessaire de comparer plusieurs briques, d’identifier le lot et de réaliser des essais de porosité, de résistance ou de tenue au gel.
Mortier et plâtre
Qu’est-ce qu’un mortier pulvérulent ?
Un mortier pulvérulent perd sa cohésion et se transforme progressivement en sable ou en poudre sous l’action d’un frottement ou d’une légère pression.
Les causes possibles comprennent :
- un dosage insuffisant en liant ;
- un excès d’eau ;
- un mauvais mélange ;
- une prise perturbée ;
- une dessiccation trop rapide ;
- une mise en œuvre par température défavorable ;
- le gel avant durcissement ;
- une humidité persistante ;
- une attaque par les sels ;
- une incompatibilité avec le support ;
- un vieillissement avancé.
Les désordres des enduits monocouches et mortiers sont notamment liés à la préparation du support, au dosage, au malaxage, à l’épaisseur, aux conditions climatiques et à la mise en œuvre.
Un mortier ancien qui s’effrite doit-il toujours être entièrement remplacé ?
Non. Une légère érosion de surface peut être compatible avec l’âge du matériau.
Il faut vérifier :
- la profondeur de l’altération ;
- la résistance des joints internes ;
- la stabilité des pierres ou briques ;
- l’humidité ;
- les sels ;
- la fonction porteuse ;
- la possibilité d’une reprise localisée.
Une dépose généralisée de joints encore fonctionnels peut endommager les arêtes des pierres et modifier inutilement le fonctionnement du mur.
Pourquoi un mortier au ciment peut-il être incompatible avec une pierre tendre ?
Un mortier très rigide et peu perméable peut présenter des caractéristiques très différentes de celles d’une pierre tendre ou d’un ancien mortier de chaux.
Il peut alors :
- concentrer les contraintes dans la pierre ;
- limiter le séchage par les joints ;
- favoriser l’éclatement des arêtes ;
- déplacer les cristallisations de sels ;
- rendre les réparations ultérieures plus difficiles.
Dans le bâti ancien, le ministère de la Culture recommande généralement de rechercher un mortier de chaux adapté à la pierre et aux anciens joints, plutôt que d’appliquer systématiquement un mortier de ciment.
Quels désordres peut présenter un plâtre humide ?
Un plâtre ou une plaque de plâtre humide peut présenter :
- un ramollissement ;
- une perte de cohésion ;
- un gonflement ;
- une déformation ;
- un effritement ;
- des auréoles ;
- un décollement de peinture ;
- des moisissures ;
- une corrosion des éléments métalliques associés ;
- une perte d’adhérence avec le support.
L’humidité peut provenir d’une fuite, d’une infiltration, d’une condensation, d’une remontée capillaire ou d’un support refermé trop tôt. Les infiltrations aux liaisons des menuiseries peuvent notamment provoquer le gonflement des enduits, plaques de plâtre, isolants et plinthes.
Un plâtre qui a été mouillé doit-il toujours être déposé ?
Non. La décision dépend :
- de la durée d’humidification ;
- de la quantité d’eau ;
- de la perte de dureté ;
- de la déformation ;
- de la contamination biologique ;
- de l’état du support ;
- de la possibilité de sécher la face cachée ;
- de la présence de sels.
Un plâtre revenu à un état sec et cohérent peut parfois être conservé. Un matériau ramolli, déformé, pulvérulent ou fortement contaminé doit généralement être déposé.
Pourquoi un enduit de plâtre extérieur peut-il se dégrader après une reprise ?
Une reprise partielle peut créer une interface entre deux mortiers présentant des retraits, des rigidités ou des perméabilités différents.
Les désordres possibles comprennent :
- fissuration à la limite de reprise ;
- cloquage ;
- perte d’adhérence ;
- humidité enfermée ;
- différence de comportement entre l’ancien et le nouveau revêtement.
L’AQC souligne que les revêtements peu perméables appliqués sur des façades en plâtre peuvent cloquer lorsque de l’eau reste enfermée derrière le film ou que les transferts de vapeur sont trop importants.
Isolants

Pourquoi un isolant peut-il se tasser ?
Le tassement peut résulter :
- d’une densité de pose insuffisante ;
- d’un mauvais maintien ;
- d’une insufflation mal réalisée ;
- d’une vibration ;
- d’une humidification ;
- d’un chargement non prévu ;
- d’une compression ;
- du choix d’un produit inadapté à son usage ;
- d’une déformation du support.
Le tassement peut créer :
- une diminution de l’épaisseur ;
- des zones non isolées ;
- des ponts thermiques ;
- une condensation ;
- une fissuration des ouvrages supportés ;
- un affaissement d’une chape ou d’un dallage.
L’AQC rapporte notamment des affaissements liés à l’utilisation d’un isolant compressible inadapté sous un dallage ou une chape.
Tous les isolants se tassent-ils de la même manière ?
Non. Le comportement dépend :
- de la nature de l’isolant ;
- de sa densité ;
- de son épaisseur ;
- de son classement mécanique ;
- du sens de pose ;
- de son maintien ;
- de l’usage de l’ouvrage ;
- de l’humidité ;
- des charges.
Un isolant destiné à être posé verticalement dans une ossature ne doit pas être évalué selon les mêmes critères qu’un isolant sous dallage ou qu’un produit soufflé en combles.
Quelles conséquences peut avoir un isolant mouillé ?
Selon sa nature, un isolant mouillé peut présenter :
- une perte temporaire ou durable de performance thermique ;
- un tassement ;
- une déformation ;
- une délamination ;
- une perte d’adhérence ;
- un développement biologique ;
- une humidification de l’ossature ;
- une corrosion des fixations ;
- un temps de séchage très long.
Tous les isolants ne réagissent pas de la même façon. Certains absorbent peu d’eau liquide, tandis que d’autres peuvent la retenir dans leurs pores, leurs fibres ou leurs interfaces. L’AQC identifie, dans les complexes de toiture et d’étanchéité, des pathologies liées à la stabilité dimensionnelle, au soulèvement, au poinçonnement, à la délamination et au comportement des isolants.
Un isolant mouillé retrouve-t-il ses performances après séchage ?
Pas systématiquement. Il faut vérifier :
- sa déformation ;
- son tassement ;
- son épaisseur ;
- sa cohésion ;
- la présence de moisissures ;
- l’état des parements ;
- la durée d’humidification ;
- les prescriptions du fabricant ;
- la possibilité réelle de séchage.
Un isolant peut sembler sec en surface alors que de l’eau subsiste dans son épaisseur ou aux interfaces.
Comment contrôler l’état d’un isolant caché ?
Les investigations peuvent comprendre :
- une mesure comparative ;
- une thermographie ;
- une caméra endoscopique ;
- une ouverture localisée ;
- un prélèvement ;
- une mesure d’épaisseur ;
- une pesée ;
- une analyse de teneur en eau ;
- un examen de la densité ou de la cohésion.
La thermographie peut repérer une anomalie de température, mais elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer si l’isolant est absent, tassé, mouillé ou mal posé.
Compatibilité des matériaux
Qu’entend-on par matériaux incompatibles ?
Des matériaux sont incompatibles lorsqu’ils ne peuvent pas fonctionner durablement ensemble dans la configuration prévue.
L’incompatibilité peut être :
- chimique ;
- électrochimique ;
- mécanique ;
- thermique ;
- hygrométrique ;
- dimensionnelle ;
- liée à l’adhérence ;
- liée à la perméabilité à la vapeur ;
- liée à la résistance ou à la rigidité.
L’AQC recommande de privilégier des systèmes complets et évalués afin de limiter les problèmes de compatibilité entre composants.
Quels exemples d’incompatibilité peut-on rencontrer ?
Il peut notamment s’agir :
- d’un mortier trop rigide sur une maçonnerie tendre ;
- d’une peinture appliquée sur un support trop alcalin ;
- de deux métaux formant un couple galvanique ;
- d’une colle incompatible avec un revêtement ;
- d’une résine appliquée sur un support humide ;
- d’un revêtement très fermé sur un mur devant sécher ;
- d’un mastic incompatible avec un plastique ou une pierre ;
- d’un isolant incompatible avec un produit bitumineux ;
- d’une fixation corrodable dans un environnement agressif ;
- d’un primaire et d’un enduit provenant de systèmes non compatibles.
L’AQC a notamment documenté un décollement de finition provoqué par une réaction de saponification entre une impression et un sous-enduit ciment fortement alcalin.
Une incompatibilité peut-elle apparaître plusieurs années après les travaux ?
Oui. Certaines réactions ou dégradations nécessitent :
- de l’eau ;
- des cycles thermiques ;
- un vieillissement des produits ;
- une diffusion lente ;
- une accumulation de contraintes ;
- des expositions répétées ;
- une corrosion progressive.
Le fait qu’un ouvrage ait tenu plusieurs années ne prouve donc pas que tous les matériaux étaient compatibles ni que la cause du désordre est récente.
Quelles réactions peuvent se produire entre des matériaux ?
Les réactions possibles comprennent notamment :
- corrosion électrochimique entre métaux ;
- saponification d’un revêtement ;
- réaction entre un liant et un produit de finition ;
- gonflement lié à la formation de sels ;
- altération d’une colle par les plastifiants ;
- dissolution ou migration de composants ;
- réaction entre granulats et matrice cimentaire ;
- corrosion accélérée par des chlorures ;
- dégradation d’un matériau sous l’effet d’un pH inadapté.
La nature exacte d’une réaction ne peut généralement pas être déterminée par un simple examen visuel. Des analyses chimiques, minéralogiques ou microscopiques peuvent être nécessaires.
Les produits d’un même chantier doivent-ils toujours provenir du même fabricant ?
Non. Toutefois, lorsque les produits forment un système évalué, par exemple une isolation thermique extérieure, un complexe d’étanchéité ou un procédé de collage, les composants prévus par le système doivent être respectés.
Le mélange non justifié de produits peut modifier :
- l’adhérence ;
- le séchage ;
- la souplesse ;
- la perméabilité ;
- la réaction chimique ;
- la garantie de performance.
Les Avis Techniques, documents techniques d’application et prescriptions du fabricant doivent être examinés. Le CSTB met à disposition des bases permettant d’identifier les évaluations et certifications des produits et procédés.
Stockage, produit et mise en œuvre
Quel rôle joue le stockage avant la pose ?
Un matériau peut être conforme lors de sa fabrication puis être dégradé avant sa mise en œuvre.
Les défauts de stockage peuvent comprendre :
- exposition à la pluie ;
- contact avec le sol ;
- absence de ventilation ;
- empilement inadapté ;
- déformation sous son propre poids ;
- exposition prolongée au soleil ;
- gel ;
- chocs ;
- contamination par des produits chimiques ;
- mélange de lots ;
- stockage hors des températures prescrites ;
- dépassement d’une date d’utilisation.
Les produits en bois, plaques, isolants, mortiers, mastics et résines ne présentent pas les mêmes exigences de stockage. Le FCBA insiste sur la maîtrise de l’eau et de l’humidité depuis la fabrication des composants jusqu’à leur mise en œuvre sur le chantier.
Quels matériaux sont particulièrement sensibles au mauvais stockage ?
Sont notamment sensibles :
- les bois et panneaux dérivés du bois ;
- les plaques de plâtre ;
- les isolants fibreux ;
- les sacs de mortier ou de plâtre ;
- les colles ;
- les mastics ;
- les membranes ;
- certains panneaux de façade ;
- les produits de traitement ;
- les briques ou pierres exposées au gel lorsqu’elles sont saturées.
Un sac de mortier ayant absorbé de l’humidité peut commencer à réagir avant son utilisation. Une plaque de plâtre stockée à plat sur un support irrégulier ou dans l’humidité peut se déformer. Un bois enfermé mouillé peut se rétracter ou favoriser un développement biologique après la pose.
Comment savoir si un matériau a été mouillé avant sa pose ?
Les indices possibles comprennent :
- emballages tachés ou dégradés ;
- déformations ;
- auréoles ;
- gonflement ;
- agglomération de produits en poudre ;
- traces de ruissellement ;
- moisissures ;
- corrosion des fixations ;
- teneur en eau élevée ;
- photographies de chantier ;
- conditions météorologiques et stockage observé.
L’absence de photographie ne permet pas de conclure que le stockage était correct. Des mesures ou prélèvements peuvent parfois révéler une humidification ancienne, mais pas toujours en déterminer la date exacte.
Comment distinguer un produit défectueux d’un défaut de mise en œuvre ?
Cette distinction est souvent difficile, car un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Un produit peut être défectueux en raison :
- d’une composition non conforme ;
- d’une résistance insuffisante ;
- d’une mauvaise stabilité dimensionnelle ;
- d’une porosité anormale ;
- d’un défaut de cuisson ;
- d’un défaut de collage industriel ;
- d’une contamination ;
- d’une variation de fabrication.
La mise en œuvre peut être défectueuse en raison :
- d’un support non préparé ;
- d’un dosage incorrect ;
- d’une température inadaptée ;
- d’un mauvais stockage ;
- d’une épaisseur insuffisante ;
- d’un mélange de produits ;
- d’un temps ouvert dépassé ;
- d’une fixation insuffisante ;
- du non-respect des délais de séchage ;
- d’un produit utilisé hors de son domaine d’emploi.
L’analyse doit comparer le produit posé avec un produit témoin, les fiches techniques, le lot de fabrication, les conditions de chantier et les prescriptions de mise en œuvre.
Un défaut généralisé prouve-t-il un défaut du produit ?
Non. Un défaut généralisé peut aussi résulter d’une même erreur reproduite sur tout le chantier, par exemple :
- mauvais primaire ;
- support humide ;
- dosage constant mais erroné ;
- température défavorable ;
- fixation insuffisante ;
- absence d’une couche ;
- produit mal stocké ;
- temps de séchage non respecté.
Inversement, une anomalie limitée à un lot de fabrication peut produire des désordres sur plusieurs zones mises en œuvre par des entreprises différentes.
Quels éléments faut-il conserver lorsqu’un produit est suspecté ?
Il est recommandé de conserver :
- les emballages ;
- les étiquettes ;
- le numéro de lot ;
- la date de fabrication ;
- la date limite d’utilisation ;
- les fiches techniques ;
- les déclarations de performances ;
- les factures ;
- les bons de livraison ;
- les photographies de stockage ;
- un échantillon non utilisé ;
- les pièces déposées ;
- les procès-verbaux d’essais ;
- les échanges avec le fabricant.
Un échantillon témoin non mis en œuvre peut être particulièrement utile pour comparer les caractéristiques du produit livré à celles du matériau en place.
Analyses, laboratoire et prélèvements
Quand une analyse de laboratoire devient-elle nécessaire ?
Une analyse peut être nécessaire lorsque :
- l’origine du désordre reste incertaine ;
- plusieurs causes sont possibles ;
- la résistance résiduelle doit être déterminée ;
- la composition du produit est contestée ;
- une réaction chimique est suspectée ;
- la présence de sels ou chlorures doit être mesurée ;
- une pierre ou une brique doit être caractérisée ;
- un bois ou un champignon doit être identifié ;
- un isolant doit être examiné ;
- une responsabilité industrielle est envisagée ;
- les travaux de réparation sont importants.
Le CSTB dispose de laboratoires permettant de caractériser les performances mécaniques, physiques et la durabilité de nombreux matériaux, notamment les bétons, mortiers, enduits, pierres, bois et produits de construction.
Quelles analyses peuvent être réalisées sur un béton ?
Selon le désordre, les investigations peuvent comprendre :
- carottage ;
- résistance à la compression ;
- examen pétrographique ;
- mesure de porosité ;
- profondeur de carbonatation ;
- dosage des chlorures ;
- repérage des armatures ;
- mesure de l’enrobage ;
- recherche de réactions internes ;
- analyse du ciment ou des granulats ;
- mesure de la corrosion ;
- essais d’adhérence des réparations.
Les résultats doivent être interprétés avec les plans, l’environnement, l’âge du béton et les sollicitations de l’ouvrage.
Quelles analyses peuvent être réalisées sur une pierre, une brique ou un mortier ?
Les analyses peuvent notamment porter sur :
- la composition minéralogique ;
- la porosité ;
- l’absorption d’eau ;
- la résistance mécanique ;
- la tenue au gel ;
- la présence de sels ;
- la granulométrie ;
- la nature du liant ;
- la profondeur de l’altération ;
- la compatibilité d’un produit de réparation ;
- l’origine d’une pierre.
Le pôle pierre du LRMH étudie les mécanismes d’altération, l’origine des pierres et les produits ou procédés destinés à leur traitement.
Quelles analyses peuvent être réalisées sur le bois ?
Les investigations peuvent comprendre :
- identification de l’essence ;
- mesure d’humidité ;
- identification d’un champignon ;
- identification d’un insecte ;
- examen microscopique ;
- analyse ADN dans certains cas ;
- mesure de densité ;
- essais mécaniques ;
- mesure de la section saine ;
- étude de collage ;
- recherche d’un produit de traitement.
Le FCBA propose des diagnostics et essais spécialisés portant sur les bois, les champignons, les moisissures, les insectes et les performances des matériaux.
Quelles analyses peuvent être réalisées sur un isolant ?
Selon sa nature, il peut être contrôlé par :
- mesure d’épaisseur ;
- mesure de masse volumique ;
- examen de la teneur en eau ;
- observation de la cohésion ;
- mesure de compression ;
- vérification de la stabilité dimensionnelle ;
- analyse thermique ;
- recherche de contamination biologique ;
- identification du produit ;
- comparaison avec un échantillon neuf.
L’interprétation doit tenir compte du domaine d’emploi. Un isolant de toiture, un isolant de façade et un isolant sous chape ne sont pas soumis aux mêmes sollicitations.
Comment réaliser un prélèvement exploitable ?
Un prélèvement doit être :
- représentatif ;
- précisément localisé ;
- photographié avant et après extraction ;
- identifié ;
- protégé contre la contamination ;
- conditionné selon les prescriptions du laboratoire ;
- accompagné d’informations sur le support et le désordre ;
- réalisé en quantité suffisante ;
- comparé, si possible, à une zone saine.
Dans un litige, il peut être nécessaire de réaliser le prélèvement contradictoirement et de conserver plusieurs échantillons scellés.
Une analyse de laboratoire donne-t-elle toujours la cause du désordre ?
Non. Elle peut identifier :
- une composition ;
- une résistance ;
- une contamination ;
- un mécanisme d’altération ;
- une incompatibilité ;
- un écart par rapport à une référence.
Elle ne permet pas toujours de déterminer seule :
- quand le désordre est apparu ;
- qui en est responsable ;
- les conditions exactes de mise en œuvre ;
- le trajet de l’eau ;
- les charges réellement appliquées ;
- l’entretien réalisé.
Les résultats doivent être intégrés à une analyse globale du chantier, des documents et de l’environnement.
Réparation, sécurité et expertise
Une réparation locale est-elle toujours suffisante ?
Non. Une réparation locale peut être adaptée lorsque :
- le défaut est clairement délimité ;
- sa cause est supprimée ;
- le matériau voisin est sain ;
- le support permet un raccord durable ;
- la fonction structurelle est conservée ;
- le produit de réparation est compatible.
Une reprise plus générale peut être nécessaire lorsque :
- le matériau est dégradé dans son épaisseur ;
- plusieurs zones sont atteintes ;
- la corrosion est étendue ;
- les matériaux sont incompatibles ;
- l’humidité persiste ;
- le produit est défectueux sur tout un lot ;
- les réparations ponctuelles ont déjà échoué ;
- la sécurité est compromise.
Pourquoi faut-il traiter la cause avant de réparer le matériau ?
Une réparation peut échouer si l’on ne supprime pas :
- l’entrée d’eau ;
- la condensation ;
- les sels ;
- le gel lié à la saturation ;
- la surcharge ;
- le défaut de fixation ;
- l’incompatibilité ;
- l’attaque biologique ;
- le mauvais drainage ;
- la corrosion active.
Un mortier neuf, une résine ou une peinture peuvent masquer temporairement le désordre sans rétablir la durabilité de l’ouvrage.
Comment choisir un matériau de réparation compatible ?
Il faut notamment comparer :
- la résistance mécanique ;
- la rigidité ;
- le retrait ;
- la dilatation thermique ;
- la porosité ;
- la perméabilité à la vapeur ;
- l’absorption d’eau ;
- l’adhérence ;
- la composition chimique ;
- la durabilité ;
- l’aspect.
Le matériau le plus résistant n’est pas automatiquement le plus adapté. Dans une maçonnerie ancienne, une réparation plus dure que le support peut reporter les contraintes et les dégradations vers les matériaux conservés.
Quand faut-il mettre l’ouvrage en sécurité ?
Une mise en sécurité est nécessaire lorsque la dégradation peut entraîner :
- une chute de béton, pierre, brique ou parement ;
- une rupture de fixation ;
- une instabilité de mur ;
- une rupture de poutre ;
- un affaissement de plancher ;
- une défaillance de garde-corps ;
- une chute d’un bardage ;
- un risque électrique lié à l’eau ;
- une exposition à des fibres ou poussières dangereuses.
Les mesures peuvent comprendre :
- le balisage ;
- l’interdiction d’accès ;
- un étaiement ;
- la dépose contrôlée des parties instables ;
- la pose d’un filet ;
- la mise hors charge ;
- une intervention urgente d’un spécialiste.
Quand faut-il demander une expertise des matériaux ?
Une expertise est recommandée lorsque :
- le vieillissement paraît anormalement rapide ;
- le béton éclate ;
- des armatures sont corrodées ;
- un acier a perdu de la section ;
- un bois porteur est fissuré, déformé ou pourri ;
- une maçonnerie se désagrège ;
- des briques ou pierres éclatent ;
- un mortier est pulvérulent ;
- un isolant est tassé ou mouillé ;
- une incompatibilité est suspectée ;
- le fabricant et l’entreprise se renvoient la responsabilité ;
- une analyse de laboratoire doit être organisée ;
- les travaux de remplacement sont importants.
L’expertise doit distinguer :
- les constatations visuelles ;
- les propriétés mesurées ;
- les causes possibles ;
- le vieillissement normal ;
- les défauts de fabrication ;
- les défauts de conception ;
- les défauts de stockage ;
- les erreurs de mise en œuvre ;
- les conséquences structurelles ;
- les analyses complémentaires.
Quelle intervention Check my House peut-il réaliser ?
Check my House peut intervenir pour analyser les dégradations affectant les matériaux d’un bâtiment.
La mission peut comprendre :
- l’analyse de l’historique ;
- l’examen des plans, factures et fiches techniques ;
- l’identification des matériaux visibles ;
- le relevé des fissures, déformations et pertes de matière ;
- l’examen de l’humidité et des entrées d’eau ;
- des mesures comparatives non destructives ;
- l’évaluation des risques de chute ou d’instabilité ;
- l’analyse des conditions de stockage et de mise en œuvre documentées ;
- la distinction entre vieillissement, défaut du produit et mauvaise mise en œuvre ;
- la définition des zones à sonder ou prélever ;
- la coordination avec un laboratoire ;
- l’analyse critique des solutions de réparation proposées ;
- la rédaction d’un rapport illustré ;
- l’assistance lors d’une expertise amiable contradictoire.
Une expertise visuelle et non destructive ne permet pas toujours de déterminer la composition chimique d’un matériau, la résistance résiduelle d’une structure, la profondeur d’une corrosion ou l’origine industrielle d’un défaut. Des prélèvements, essais de laboratoire, ouvertures localisées et calculs structurels peuvent être nécessaires.
Check my House vous accompagne grâce à notre expertise fissures.
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Sources principales
Sources techniques principales (citées à titre documentaire) :
- Agence Qualité Construction, ensemble des fiches « Pathologie bâtiment », 6e édition, janvier 2024.
- Agence Qualité Construction, « Corrosion des armatures du béton armé en façades des bâtiments ».
- Agence Qualité Construction, « Désordres des enduits monocouches » et « Pathologie des façades ».
- Agence Qualité Construction, « Bien choisir un produit de construction ».
- Institut technologique FCBA, « Pathologie des bois dans la construction » et ressources relatives à la gestion de l’humidité.
- CSTB, activités d’expertise, de caractérisation mécanique et d’évaluation de la durabilité des produits de construction.
- Laboratoire de recherche des monuments historiques, pôle scientifique Pierre.
- Ministère de la Culture, ressources techniques relatives aux maçonneries, pierres et enduits traditionnels.