La réussite d’un projet en CCMI dépend autant du terrain que de la maison envisagée. Un terrain présenté comme constructible peut néanmoins être affecté par une pente importante, un sol argileux, une servitude, un risque d’inondation, un accès difficile ou des réseaux éloignés.

Avant de signer le contrat, le maître d’ouvrage doit donc vérifier trois niveaux distincts : la maîtrise foncière, c’est-à-dire son droit d’acheter et de construire sur le terrain ; la constructibilité administrative au regard du PLU, des servitudes et des risques ; la faisabilité technique et financière réelle du projet.

Le constructeur doit disposer des informations nécessaires pour intégrer au contrat les travaux d’adaptation au sol, les raccordements et les équipements indispensables à l’utilisation de la maison. La notice descriptive doit préciser les travaux compris dans le prix et ceux que le maître d’ouvrage se réserve.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my house (cabinet d’expertise en bâtiment) depuis 2019.
Contenu à visée informative. Dernière mise à jour le 16 juillet 2026.

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Sommaire de la FAQ « Terrain, urbanisme et faisabilité du projet CCMI »

Maîtrise foncière et ordre des engagements

Faut-il être propriétaire du terrain avant de signer le CCMI ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà signé l’acte authentique d’acquisition.

Le maître d’ouvrage doit toutefois être propriétaire du terrain, titulaire d’un droit réel lui permettant de construire ou bénéficier d’une promesse de vente. Lorsque l’acquisition n’est pas encore définitive, le CCMI peut être conclu sous la condition suspensive de l’acquisition du terrain ou des droits permettant de construire.

Peut-on signer un CCMI sans avoir identifié le terrain ?

Non.

Le contrat doit désigner précisément le terrain destiné à recevoir la construction et mentionner le titre de propriété, les droits réels ou la promesse de vente dont bénéficie le maître d’ouvrage.

Une simple intention d’achat du terrain suffit-elle ?

Non.

Une intention, une réservation informelle ou une promesse orale ne suffit pas à établir les droits nécessaires. L’ANIL rapporte que l’absence de propriété, de droit réel ou de promesse de vente peut entraîner la nullité du CCMI.

Faut-il signer le terrain ou le CCMI en premier ?

Le projet peut être organisé de plusieurs façons, mais il est prudent de disposer au minimum d’une promesse de vente du terrain avant de signer le CCMI.

La promesse d’achat du terrain doit être sécurisée par des conditions suspensives adaptées, notamment l’obtention du financement et du permis de construire correspondant au projet. Le CCMI peut lui-même être conclu sous condition suspensive de l’acquisition définitive.

Peut-on acheter le terrain avant d’avoir étudié la faisabilité de la maison ?

Cela est possible, mais risqué.

Avant l’achat définitif, il est recommandé de vérifier :

  • les règles du PLU ;
  • les servitudes ;
  • les risques naturels ;
  • la forme et les limites de la parcelle ;
  • la pente ;
  • l’accès ;
  • la nature du sol ;
  • la présence des réseaux ;
  • les contraintes d’assainissement ;
  • la compatibilité du projet avec le terrain.

Une promesse de vente correctement rédigée permet de conditionner l’achat à l’obtention des autorisations ou aux résultats d’études déterminantes.

Le constructeur peut-il vendre lui-même le terrain ?

Dans un CCMI, le terrain appartient au maître d’ouvrage ou doit être acquis séparément.

Le constructeur peut mettre le prospect en relation avec un vendeur de terrain, mais il ne doit pas utiliser une séparation artificielle pour vendre en réalité un ensemble comprenant le terrain et la maison. Selon l’organisation réelle de l’opération, un montage associant la fourniture du terrain et de la construction peut relever d’un autre régime, notamment de la VEFA.

Le constructeur doit-il visiter le terrain avant de fixer son prix ?

Cette visite est fortement recommandée.

Elle lui permet d’apprécier les accès, la pente, la végétation, les constructions existantes, la position des réseaux et certaines contraintes apparentes. Elle ne remplace cependant ni une étude géotechnique ni un relevé topographique. L’ANIL recommande de présenter le terrain aux constructeurs consultés avant de comparer leurs propositions.

Le constructeur peut-il établir son offre uniquement à partir d’une photographie du terrain ?

Aucun texte général n’impose une méthode unique de visite préalable.

Toutefois, une offre établie sans examen suffisant du terrain augmente le risque d’omission concernant le terrassement, l’accès, les fondations, les soutènements, l’évacuation des terres et les raccordements. Le constructeur doit intégrer dans le prix convenu les adaptations nécessaires relevant du contrat.

Constructibilité et règles d’urbanisme

Consultation du plan local d'urbanisme PLU et du cadastre pour vérifier la constructibilité d'un terrain

Comment vérifier qu’un terrain est constructible ?

Il faut consulter :

  • le plan local d’urbanisme, ou PLU ;
  • la carte communale lorsque la commune en dispose ;
  • les servitudes d’utilité publique ;
  • les plans de prévention des risques ;
  • le règlement du lotissement, le cas échéant ;
  • un certificat d’urbanisme ;
  • les informations disponibles auprès de la mairie ou de l’intercommunalité.

Le Géoportail de l’urbanisme permet de rechercher les documents d’urbanisme et certaines servitudes applicables à une adresse ou à une parcelle. Lorsque les informations ne sont pas disponibles en ligne, il faut contacter l’autorité compétente.

Qu’est-ce qu’un certificat d’urbanisme d’information ?

Le certificat d’urbanisme d’information indique les règles d’urbanisme applicables au terrain, les limitations administratives au droit de propriété ainsi que le régime des taxes et participations d’urbanisme.

Qu’est-ce qu’un certificat d’urbanisme opérationnel ?

Le certificat d’urbanisme opérationnel indique, en plus des informations générales, si le terrain peut être utilisé pour l’opération envisagée et précise l’état des équipements publics existants ou prévus.

La demande doit décrire suffisamment le projet, notamment sa destination et sa localisation sur le terrain.

Un certificat d’urbanisme positif garantit-il l’obtention du permis de construire ?

Non.

Il indique que l’opération paraît réalisable au regard des éléments examinés, mais il ne remplace pas l’instruction complète du permis. Le projet final doit respecter les règles d’urbanisme, les servitudes et les prescriptions applicables. Le certificat d’urbanisme ne garantit pas non plus la faisabilité géotechnique, structurelle ou financière de la construction.

Combien de temps les informations du certificat d’urbanisme sont-elles stabilisées ?

Pendant dix-huit mois à compter de sa délivrance, une demande de permis ou une déclaration préalable bénéficie en principe du maintien des règles d’urbanisme, du régime des taxes et des limitations administratives mentionnées dans le certificat, sous réserve notamment des dispositions relatives à la sécurité et à la salubrité publiques.

Le PLU suffit-il pour connaître toutes les contraintes du terrain ?

Non.

Il faut aussi examiner :

  • les servitudes d’utilité publique ;
  • les plans de prévention des risques ;
  • les règles de lotissement ;
  • les contraintes liées aux monuments historiques ;
  • les réseaux ;
  • les prescriptions d’assainissement ;
  • les contraintes environnementales ;
  • les éventuelles obligations de débroussaillement.

Le Géoportail de l’urbanisme et Géorisques constituent des points de départ utiles, mais les informations doivent être vérifiées auprès des autorités compétentes.

Que faut-il vérifier dans le règlement du PLU ?

Il faut notamment vérifier :

  • la destination autorisée ;
  • l’implantation par rapport aux limites ;
  • l’emprise au sol ;
  • la hauteur ;
  • l’aspect des façades ;
  • la forme et la couleur de la toiture ;
  • les obligations de stationnement ;
  • les clôtures ;
  • les espaces végétalisés ;
  • les accès ;
  • la gestion des eaux pluviales.

Ces règles peuvent réduire la surface constructible ou imposer une architecture différente de celle initialement envisagée.

Une parcelle classée en zone urbaine est-elle toujours immédiatement constructible ?

Non.

La constructibilité peut dépendre de l’accès, de la desserte par les réseaux, des risques, des servitudes, de la forme de la parcelle ou de prescriptions particulières. Il faut donc éviter de conclure qu’un terrain est techniquement constructible sur la seule base de son classement en zone urbaine.

Une autorisation d’urbanisme valide-t-elle les fondations de la maison ?

Non.

Le permis de construire vérifie principalement la conformité du projet aux règles d’urbanisme. Il ne constitue pas une validation technique du dimensionnement des fondations, de la structure ou de l’adaptation au sol.

Le permis de construire garantit-il l’absence de servitude privée ?

Non.

Les autorisations d’urbanisme sont délivrées sous réserve du droit des tiers. Une servitude privée de passage, de canalisation ou de non-construction peut donc subsister même lorsque le permis est accordé.

Comment connaître les servitudes privées ?

Il faut examiner :

  • le titre de propriété ;
  • les actes antérieurs ;
  • l’état hypothécaire ;
  • le plan de bornage ;
  • les informations du notaire ;
  • les éventuelles conventions conclues entre propriétaires.

Une servitude visible sur le terrain doit également être signalée au notaire et au constructeur.

Une servitude peut-elle empêcher le projet ?

Oui.

Une servitude peut interdire de construire sur une partie du terrain, imposer un passage ou limiter l’implantation de la maison. Le projet doit être conçu en tenant compte de son emprise et de ses conditions d’exercice.

Bornage, cadastre et limites du terrain

Le plan cadastral fixe-t-il juridiquement les limites du terrain ?

Non.

Le plan cadastral a principalement une fonction fiscale et informative. Les surfaces et limites cadastrales ne suffisent pas toujours à déterminer précisément les limites de propriété. Un bornage réalisé par un géomètre-expert peut être nécessaire.

Le bornage est-il toujours obligatoire avant de construire ?

Non, hors situations particulières.

Tout propriétaire peut toutefois obliger son voisin au bornage des propriétés contiguës, les frais étant en principe communs.

Dans quels cas le bornage est-il obligatoire avant la vente ?

L’ANIL rappelle que le bornage est obligatoire pour la vente d’un terrain situé dans un lotissement ou dans certaines opérations d’aménagement, notamment une zone d’aménagement concerté.

Pourquoi faire borner un terrain hors lotissement ?

Le bornage permet de sécuriser :

  • l’implantation de la maison ;
  • les distances aux limites séparatives ;
  • les clôtures ;
  • les accès ;
  • les servitudes ;
  • les ouvrages de soutènement ;
  • les surfaces réellement disponibles.

Une erreur de limite peut entraîner une implantation non conforme ou un empiètement sur la propriété voisine.

Qui doit payer le bornage ?

Lorsque le bornage est réalisé entre propriétaires contigus sur le fondement de l’article 646 du Code civil, les frais sont en principe partagés.

Dans le cadre de la vente d’un lot de lotissement soumis à bornage obligatoire, le vendeur prend généralement en charge l’établissement de la délimitation nécessaire à la commercialisation.

Le constructeur doit-il vérifier les bornes avant l’implantation ?

Le constructeur doit implanter la maison conformément aux plans, au permis et aux limites du terrain.

Le maître d’ouvrage doit lui transmettre les documents fiables dont il dispose. En cas d’incertitude sur les limites, une intervention du géomètre-expert est recommandée avant l’implantation.

Qui est responsable d’une mauvaise implantation ?

La responsabilité dépend de l’origine de l’erreur :

  • plan de bornage erroné ;
  • piquetage incorrect ;
  • mauvaise lecture du plan ;
  • implantation non conforme au permis ;
  • borne déplacée ;
  • information incomplète fournie au constructeur.

Un constat et une analyse contradictoire sont nécessaires avant d’attribuer la responsabilité.

Faut-il faire vérifier l’implantation par un géomètre ?

Cette intervention est fortement recommandée lorsque :

  • la maison est proche des limites ;
  • le terrain est irrégulier ;
  • la pente est importante ;
  • les bornes sont absentes ou contestées ;
  • le règlement impose une implantation précise ;
  • un voisin conteste les travaux.

Terrain situé dans un lotissement

Quelles règles s’appliquent dans un lotissement ?

Il faut examiner :

  • le règlement du lotissement ;
  • le cahier des charges ;
  • le permis d’aménager ;
  • le plan de composition ;
  • le plan de bornage ;
  • les prescriptions architecturales ;
  • les conditions de raccordement ;
  • les règles du PLU.

Les règles du lotissement peuvent compléter ou restreindre les possibilités offertes par le PLU.

Le cahier des charges du lotissement peut-il contenir des obligations privées ?

Oui.

Il peut régir les relations entre colotis et prévoir des obligations relatives aux constructions, aux clôtures, aux espaces verts ou à l’usage des lots. Sa portée doit être étudiée avec le notaire lorsque le projet risque de contrevenir à une clause.

Peut-on acheter un lot avant la fin des équipements du lotissement ?

La vente des lots dépend de l’avancement des travaux d’aménagement, des autorisations délivrées et, dans certaines situations, des garanties mises en place par le lotisseur.

Il faut vérifier auprès du notaire si les voies, réseaux et équipements sont achevés ou garantis.

Qui prend en charge les raccordements dans un lotissement ?

Il faut distinguer :

  • les réseaux créés par le lotisseur jusqu’en limite de parcelle ;
  • les branchements entre ces attentes et la maison ;
  • les frais de compteurs et de mise en service ;
  • les éventuelles participations et taxes.

La notice descriptive du CCMI doit préciser ce qui est compris dans le prix et ce qui reste à la charge du maître d’ouvrage.

Risques naturels et environnementaux

Comment connaître les risques affectant le terrain ?

Il faut consulter Géorisques et l’état des risques fourni lors de la vente.

Les informations peuvent notamment concerner :

  • les inondations ;
  • les mouvements de terrain ;
  • le retrait-gonflement des argiles ;
  • les séismes ;
  • les risques miniers ;
  • les risques technologiques ;
  • le radon ;
  • la pollution des sols ;
  • le recul du trait de côte ;
  • les obligations légales de débroussaillement.

Géorisques est le portail public d’information sur les risques, développé par le ministère chargé de l’environnement en partenariat avec le BRGM.

Le vendeur doit-il fournir un état des risques ?

Oui, lorsque le bien est situé dans une zone concernée par l’obligation d’information.

Cette obligation s’applique également à la vente de certains terrains non bâtis. L’état des risques doit être remis dans les conditions prévues pour l’information des acquéreurs.

L’état des risques garantit-il que le terrain est sans danger ?

Non.

Il informe sur les risques répertoriés à partir des données disponibles. Il ne remplace pas une étude de terrain, une étude hydraulique, une étude géotechnique ou une analyse de pollution lorsque celles-ci sont nécessaires.

Comment vérifier le risque d’inondation ?

Il faut consulter :

  • Géorisques ;
  • le plan de prévention du risque inondation ;
  • le PLU ;
  • les informations communales ;
  • les repères de crues ;
  • les données relatives aux nappes et ruissellements ;
  • l’historique connu du terrain.

Une parcelle située hors d’une zone réglementaire peut néanmoins être exposée à des ruissellements locaux ou à une remontée de nappe.

Un terrain inondable peut-il rester constructible ?

Oui, dans certaines zones et sous certaines prescriptions.

Le règlement du plan de prévention peut imposer une cote de plancher, interdire un sous-sol, limiter l’emprise, imposer des matériaux ou prévoir des mesures de réduction de la vulnérabilité.

Comment vérifier la présence d’une ancienne activité polluante ?

Il faut consulter les bases disponibles sur Géorisques, les informations du vendeur, les documents d’urbanisme et, si nécessaire, faire réaliser une étude environnementale.

Une ancienne station-service, une activité industrielle, un remblai ou un dépôt peut justifier des investigations complémentaires.

Les arbres présents sur le terrain peuvent-ils affecter le projet ?

Oui. Ils peuvent :

  • gêner l’implantation ;
  • nécessiter une autorisation d’abattage ;
  • être protégés par le PLU ;
  • influencer les fondations sur un sol argileux ;
  • affecter les réseaux ;
  • créer des contraintes de voisinage.

Leur suppression éventuelle doit être vérifiée avant le dépôt du permis.

Retrait-gonflement des argiles et études géotechniques

Géotechnicien réalisant une étude de sol par sondage à la tarière sur un terrain argileux avant la construction

Qu’est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?

Le phénomène correspond aux variations de volume de certains sols argileux selon leur teneur en eau.

En période sèche, le sol peut se rétracter. Lorsqu’il se réhumidifie, il peut gonfler. Ces mouvements peuvent provoquer des tassements différentiels et des fissures dans les maisons insuffisamment adaptées.

Comment connaître le niveau d’exposition du terrain aux argiles ?

Il faut consulter la carte officielle disponible sur Géorisques.

Une nouvelle carte d’exposition a été mise à jour en janvier 2026. Son zonage s’applique notamment aux promesses de vente, actes de vente de terrains constructibles non bâtis et contrats de construction conclus depuis le 1er juillet 2026.

Le vendeur doit-il fournir une étude géotechnique préalable ?

Dans les zones d’exposition moyenne ou forte définies par la réglementation, le vendeur d’un terrain non bâti constructible doit fournir une étude géotechnique préalable.

Cette étude est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique. Elle suit les mutations successives du terrain pendant sa durée de validité.

Quelle est la durée de validité de l’étude géotechnique préalable ?

L’étude préalable est valable trente ans lorsqu’aucun remaniement du sol n’a été effectué.

L’étude géotechnique de conception est, quant à elle, valable uniquement pour le projet de construction pour lequel elle a été réalisée.

Qu’est-ce qu’une étude G1 ?

La mission communément appelée G1 correspond à l’étude géotechnique préalable.

Elle comprend une étude du site et définit les principes généraux de construction envisageables. Elle ne constitue pas le dimensionnement détaillé des fondations de la maison.

Qu’est-ce qu’une étude G2 ?

La mission G2, ou étude géotechnique de conception, est adaptée à un projet défini.

Selon la présentation du ministère, elle comprend notamment une phase d’avant-projet, G2 AVP, et une phase projet, G2 PRO. Elle permet de définir les prescriptions géotechniques propres à la maison envisagée.

Une étude G2 AVP constitue-t-elle une étude d’exécution complète ?

Non. La G2 AVP correspond à la phase d’avant-projet.

Elle permet d’orienter la conception et de définir des principes de fondation, mais elle ne doit pas être présentée comme une étude d’exécution complète lorsque des dimensionnements ou vérifications de phase projet restent nécessaires. Cette distinction résulte de l’organisation officielle de la mission G2 entre les phases AVP et PRO.

L’étude G2 est-elle toujours obligatoire pour construire en zone argileuse ?

Non, pas systématiquement.

Dans les zones d’exposition moyenne ou forte, le constructeur doit soit suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception, soit respecter les techniques particulières de construction prévues par la réglementation. Le ministère précise ainsi que le maître d’ouvrage conserve un choix entre ces deux dispositifs, sous réserve des autres règles ou prescriptions applicables au terrain.

Quand une étude G2 est-elle recommandée ?

Elle est particulièrement recommandée lorsque :

  • le terrain est en pente ;
  • le sol est argileux ;
  • des remblais sont présents ;
  • des fissures existent sur les constructions voisines ;
  • une nappe ou de l’eau est rencontrée ;
  • le projet comprend un sous-sol ;
  • les charges sont importantes ;
  • les couches de sol sont hétérogènes ;
  • l’étude préalable recommande des investigations complémentaires.

Elle peut également être exigée par un plan de prévention des risques, un assureur, un bureau d’études, un permis ou un autre intervenant.

Qui doit transmettre l’étude de sol au constructeur ?

Avant la conclusion du contrat ayant pour objet les travaux de construction ou la maîtrise d’œuvre, le maître d’ouvrage doit transmettre l’étude géotechnique aux professionnels concernés.

Le contrat doit préciser que l’étude a été reçue et que ses recommandations ont été prises en compte.

Que se passe-t-il si aucune étude n’a été fournie par le vendeur ?

Dans les zones concernées, le maître d’ouvrage doit fournir au constructeur une étude préalable équivalente ou une étude géotechnique de conception correspondant au projet.

Le constructeur ne doit pas engager la définition des adaptations au sol sans disposer des éléments nécessaires.

Le constructeur est-il obligé de respecter l’étude géotechnique ?

Lorsqu’une étude géotechnique de conception est utilisée, le constructeur doit en suivre les recommandations.

L’autre option prévue dans les zones argileuses consiste à respecter les techniques particulières fixées par la réglementation. Si l’étude conclut à l’absence de risque lié au retrait-gonflement des argiles, ces obligations spécifiques ne s’appliquent pas.

Une étude réalisée sur la parcelle voisine est-elle suffisante ?

Non pour dimensionner la maison.

Elle peut fournir une information générale, mais la nature du sol peut varier sur de faibles distances. Une étude G2 est liée à une parcelle, à une implantation et à un projet déterminé. La réglementation précise d’ailleurs que l’étude de conception n’est valable que pour le projet concerné.

Une étude réalisée avant le choix de la maison est-elle suffisante ?

Une étude préalable peut informer sur le site, mais une étude de conception doit être adaptée au projet, à son implantation, à ses charges, à ses niveaux et à son système de fondation.

Une modification importante de la maison peut donc nécessiter une actualisation ou un complément.

Qui paie l’étude géotechnique préalable ?

Dans le cadre de la vente d’un terrain concerné par l’obligation, elle est fournie par le vendeur.

La répartition financière d’une étude de conception dépend du contrat, de la notice et des engagements pris. Dans un CCMI avec fourniture de plan, les frais d’études nécessaires à la définition du projet et des adaptations doivent être examinés au regard du caractère forfaitaire du prix convenu.

Le constructeur peut-il facturer les fondations adaptées après la signature ?

En principe, le prix du CCMI est forfaitaire et comprend les travaux d’adaptation au sol nécessaires à l’implantation de la maison, sauf modification demandée par le maître d’ouvrage ou situation contractuelle particulière légalement justifiée.

La jurisprudence analysée par l’ANIL confirme que le constructeur doit prendre en charge les fondations nécessaires et les travaux indispensables omis de son chiffrage, sans demander un supplément au maître d’ouvrage.

Le constructeur peut-il refuser les conclusions de l’étude de sol ?

Il peut demander des explications, une étude complémentaire ou proposer une solution technique différente validée par les intervenants compétents.

Il ne doit pas ignorer une prescription géotechnique déterminante sans justification technique documentée.

Qui valide les fonds de fouille avant le ferraillage ?

Je ne trouve pas de texte général imposant systématiquement la présence du géotechnicien sur tous les chantiers de maison individuelle.

Cette intervention dépend de la mission commandée, des prescriptions de l’étude de sol, du contrat conclu avec le géotechnicien et des particularités observées pendant le terrassement. Lorsque l’étude prévoit une validation des fonds de fouille ou lorsque le sol rencontré diffère des hypothèses, cette vérification doit être organisée avant le ferraillage et le coulage.

Que faire si le sol découvert ne correspond pas à l’étude ?

Il faut suspendre les travaux concernés et demander l’avis du géotechnicien et du bureau d’études avant de couler les fondations.

Les écarts peuvent concerner :

  • la profondeur du sol porteur ;
  • la présence de remblais ;
  • des poches argileuses ;
  • une ancienne excavation ;
  • de l’eau ;
  • un sol décomprimé ;
  • des blocs ou cavités.

Toute modification de fondation doit être documentée.

Une présence d’eau dans les fouilles est-elle toujours anormale ?

Non. Elle peut être ponctuelle après la pluie ou liée à une nappe, un drainage naturel ou un écoulement souterrain.

Il faut néanmoins identifier son origine et vérifier ses conséquences sur la stabilité des fouilles, le bétonnage, le drainage et la pérennité des fondations.

Adaptation au sol et prix du CCMI

Quels travaux d’adaptation au sol doivent être prévus dans le CCMI ?

Le contrat et la notice doivent notamment prendre en compte, lorsqu’ils sont nécessaires :

  • le terrassement ;
  • les fondations adaptées ;
  • les soubassements ;
  • les ouvrages de soutènement ;
  • les remblais techniques ;
  • le drainage ;
  • les dispositions contre l’humidité ;
  • les accès indispensables au chantier ;
  • la gestion des terres ;
  • les réseaux nécessaires à la construction.

Le prix convenu doit intégrer les travaux nécessaires à l’implantation de la maison et à son utilisation lorsqu’ils sont compris dans le périmètre du constructeur.

L’évacuation des terres est-elle toujours comprise dans le prix ?

Pas automatiquement.

La notice descriptive doit préciser les terrassements, mouvements de terre, évacuations ou mises en dépôt compris dans le prix et ceux qui sont réservés au maître d’ouvrage. Une formule vague telle que « terres laissées sur place » doit être examinée au regard du volume réellement disponible et de la possibilité matérielle de les conserver sur la parcelle.

Une plus-value peut-elle être demandée en cas d’excès de terres ?

Cela dépend du contrat et de la notice.

Lorsque l’évacuation était expressément réservée au maître d’ouvrage et correctement chiffrée, son coût peut rester à sa charge. Lorsqu’elle est indispensable à l’exécution normale du projet et qu’elle n’a pas été clairement exclue, le constructeur ne peut pas nécessairement corriger après signature une insuffisance de son chiffrage.

Les murs de soutènement doivent-ils être inclus ?

Ils doivent être décrits et répartis entre les parties.

Un mur indispensable à l’implantation, à la stabilité de la maison ou à son accès peut difficilement être traité comme une simple option. En revanche, un mur paysager sans lien direct avec la construction peut relever des travaux réservés.

Les travaux de démolition doivent-ils figurer dans le contrat ?

Oui, lorsque le terrain comporte un ouvrage à démolir et que la démolition est nécessaire à la construction.

La notice doit préciser qui réalise les travaux, qui évacue les matériaux et si un diagnostic préalable est nécessaire.

Que faire si une ancienne fondation est découverte ?

Il faut constater la situation, vérifier son emprise et analyser ses conséquences avec les bureaux d’études compétents.

Une ancienne fondation ne doit pas être intégrée ou recouverte sans vérifier sa stabilité, sa profondeur et sa compatibilité avec le nouveau projet.

Le constructeur peut-il facturer une adaptation devenue nécessaire après le permis ?

Il faut rechercher pourquoi cette adaptation n’a pas été intégrée auparavant.

Si elle résulte d’une modification demandée par le maître d’ouvrage, un avenant peut être justifié. Si elle était nécessaire dès l’origine pour implanter la maison sur le terrain connu, le caractère forfaitaire du prix peut s’opposer à une plus-value.

Accès au chantier

L’accès des engins doit-il être vérifié avant la signature ?

Oui, dans la pratique.

Il faut notamment vérifier :

  • la largeur de la voie ;
  • les virages ;
  • la pente ;
  • la portance ;
  • la hauteur disponible ;
  • les réseaux aériens ;
  • les restrictions de circulation ;
  • la possibilité de stationner une grue ou une toupie ;
  • la distance entre la voie et la maison.

Qui paie la création de l’accès au chantier ?

La réponse dépend de la notice descriptive.

Les travaux d’accès nécessaires doivent être clairement attribués au constructeur ou au maître d’ouvrage et chiffrés lorsqu’ils sont réservés. L’ANIL rapporte que certains ouvrages d’accès indispensables à l’utilisation de la maison peuvent relever des travaux nécessaires à l’achèvement.

Le constructeur peut-il demander au client de réaliser un chemin après la signature ?

Uniquement si cette prestation a été clairement réservée au maître d’ouvrage dans la notice et correctement chiffrée.

Une demande tardive portant sur un accès indispensable mais non prévu doit être contestée et rapprochée du prix forfaitaire du CCMI.

Qui est responsable de la dégradation de la voie d’accès ?

La responsabilité dépend de la propriété de la voie, de son état initial, des autorisations d’utilisation et de l’origine des dégradations.

Il est recommandé d’établir des photographies datées avant le début du chantier et, pour une voie privée ou commune, de vérifier les conditions d’accès avec les propriétaires concernés.

Réseaux et raccordements

Tranchée de raccordement des réseaux eau électricité et télécom en limite de parcelle pour une maison individuelle

Quels raccordements faut-il vérifier avant d’acheter le terrain ?

Il faut vérifier la disponibilité et la distance des réseaux :

  • eau potable ;
  • électricité ;
  • télécommunications ;
  • gaz, le cas échéant ;
  • assainissement collectif ;
  • eaux pluviales.

La présence d’un réseau dans la rue ne signifie pas que la parcelle est déjà raccordée.

Quelle différence existe-t-il entre viabilisation et raccordement de la maison ?

La viabilisation correspond généralement à l’arrivée des réseaux en limite de parcelle.

Le raccordement comprend les travaux entre ces attentes et la maison, ainsi que les branchements, compteurs, tranchées, fourreaux et mises en service nécessaires. Les termes commerciaux doivent être précisés dans la notice afin d’éviter toute ambiguïté.

Les raccordements sont-ils obligatoirement compris dans le CCMI ?

Pas tous.

La notice descriptive doit indiquer les branchements et raccordements compris dans le prix et ceux laissés à la charge du maître d’ouvrage. Elle doit également distinguer les travaux réservés et leur coût.

Les travaux réservés doivent-ils être chiffrés ?

Oui. Les travaux que le maître d’ouvrage se réserve doivent être décrits et chiffrés.

Le contrat prévoit une mention manuscrite par laquelle le maître d’ouvrage accepte d’en supporter le coût.

Qui paie les frais de mise en service des compteurs ?

Cela dépend des contrats conclus avec les gestionnaires et de la notice descriptive.

Les frais de branchement, de compteur, de raccordement intérieur et de mise en service doivent être distingués afin que le maître d’ouvrage puisse calculer le coût total du projet.

Le constructeur doit-il prévoir l’eau et l’électricité nécessaires au chantier ?

Le CCMI doit préciser les prestations comprises et les éventuels travaux préparatoires à la charge du maître d’ouvrage.

Les conditions de fourniture de l’eau et de l’électricité pendant le chantier doivent être clarifiées avant l’ouverture, afin d’éviter une demande imprévue.

Qui paie une extension du réseau public ?

Une extension du réseau public ne doit pas être confondue avec le branchement privé.

Son financement dépend du réseau concerné, de la commune, du gestionnaire et de l’autorisation d’urbanisme. Il faut obtenir un chiffrage écrit avant l’acquisition lorsque les réseaux sont éloignés.

Assainissement et eaux pluviales

Installation d'assainissement non collectif et gestion des eaux pluviales sur le terrain d'une maison individuelle

Comment savoir si le terrain relève de l’assainissement collectif ?

Il faut consulter le zonage d’assainissement et interroger la mairie ou le service d’assainissement.

La présence d’un réseau dans la rue ne signifie pas toujours que le raccordement est techniquement réalisable sans pompe, servitude ou travaux supplémentaires.

Le raccordement au tout-à-l’égout est-il obligatoire ?

Lorsque le réseau public d’assainissement est établi sous la voie publique et que les conditions légales sont réunies, les immeubles doivent être raccordés selon les prescriptions applicables.

La commune peut fixer des prescriptions techniques concernant le raccordement des eaux usées et des eaux pluviales.

Que faire si le terrain n’est pas desservi par le réseau collectif ?

La maison doit être équipée d’une installation d’assainissement non collectif adaptée au terrain et au projet.

La conception doit tenir compte de la nature du sol, de la superficie disponible, des pentes, des nappes et des prescriptions du service compétent.

Une étude de sol pour l’assainissement peut-elle être nécessaire ?

Oui.

Une étude de filière ou une étude de perméabilité peut être demandée afin de déterminer le dispositif compatible avec le terrain. Cette étude est distincte de l’étude géotechnique destinée aux fondations.

Qui valide le projet d’assainissement non collectif ?

Le service public compétent examine le projet selon les règles locales.

Il faut obtenir ses prescriptions avant de figer l’implantation de la maison, car la filière peut nécessiter une emprise importante et imposer des distances particulières.

Un poste de relevage peut-il être nécessaire ?

Oui, lorsque la pente naturelle ne permet pas l’écoulement gravitaire vers le réseau ou le dispositif d’assainissement.

Son alimentation électrique, son accessibilité, son alarme et son entretien doivent être prévus dans le projet.

Qui paie le poste de relevage ?

La répartition dépend de la notice descriptive.

Lorsqu’il est nécessaire au fonctionnement de la maison, il doit être clairement identifié, techniquement défini et financièrement attribué avant la signature.

Comment gérer les eaux pluviales ?

Les règles peuvent imposer :

  • l’infiltration sur la parcelle ;
  • un stockage temporaire ;
  • un débit de rejet limité ;
  • une cuve ;
  • un ouvrage d’infiltration ;
  • une séparation des eaux usées et pluviales.

Il faut consulter le PLU, le règlement d’assainissement et les prescriptions de la collectivité.

Peut-on rejeter les eaux pluviales chez le voisin ?

Non.

Le projet ne doit pas aggraver artificiellement l’écoulement des eaux vers une propriété voisine. Les pentes du terrain, descentes de toiture et ouvrages de gestion des eaux doivent être conçus en conséquence.

Architecte et conception du projet

Quand le recours à un architecte est-il obligatoire ?

Une personne physique qui construit pour elle-même une construction autre qu’agricole est dispensée de recourir à un architecte lorsque la surface de plancher n’excède pas 150 m².

Au-delà de 150 m² de surface de plancher, le recours à un architecte est obligatoire pour établir le projet architectural soumis au permis de construire.

Le seuil de 150 m² correspond-il à la surface habitable ?

Non. Il s’agit de la surface de plancher, calculée selon les règles du Code de l’urbanisme.

La surface habitable indiquée dans le projet commercial ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer si l’architecte est obligatoire.

L’architecte devient-il constructeur de la maison ?

Non. Il établit le projet architectural et peut recevoir d’autres missions selon son contrat.

Dans un CCMI, le constructeur reste responsable de l’exécution des travaux compris dans son contrat.

Le constructeur peut-il imposer son architecte ?

Lorsque le recours à un architecte est obligatoire, le professionnel doit rester indépendant dans l’exercice de sa mission.

Le maître d’ouvrage doit connaître son identité, l’étendue de sa mission et les conditions de sa rémunération.

Permis de construire

Qui peut déposer le permis de construire ?

La demande peut notamment être déposée par :

  • le propriétaire ;
  • une personne autorisée par le propriétaire ;
  • un ou plusieurs co-indivisaires ;
  • leur mandataire.

Le constructeur peut donc préparer ou déposer la demande lorsqu’il dispose du mandat nécessaire.

Quel formulaire est utilisé pour une maison individuelle ?

La construction d’une maison individuelle et de ses annexes relève du formulaire de demande de permis de construire pour maison individuelle, sous réserve des caractéristiques exactes du projet.

Le permis doit-il correspondre aux plans du CCMI ?

Oui. Les plans contractuels, la notice descriptive et le permis doivent être cohérents.

Toute différence importante concernant l’implantation, les surfaces, les ouvertures, l’aspect extérieur ou les niveaux doit être identifiée avant la signature définitive des documents.

Que faire si la mairie impose une modification du projet ?

Il faut vérifier les conséquences sur :

  • les plans ;
  • la notice ;
  • le prix ;
  • les matériaux ;
  • la surface ;
  • le délai ;
  • les fondations ;
  • les travaux réservés.

Toute modification contractuelle doit être formalisée par écrit et acceptée par les parties.

Le permis peut-il être déposé avant l’achat définitif du terrain ?

Oui, lorsque le demandeur est propriétaire ou dispose de l’autorisation du propriétaire pour déposer la demande.

La maîtrise foncière définitive et les conditions du CCMI doivent néanmoins rester sécurisées.

L’obtention du permis suffit-elle pour commencer les travaux ?

Non.

Il faut notamment vérifier :

  • la réalisation des conditions suspensives ;
  • la garantie de livraison ;
  • l’assurance dommages-ouvrage ;
  • l’acquisition du terrain ;
  • les délais de recours ;
  • la déclaration d’ouverture de chantier ;
  • les prescriptions particulières du permis.

Faisabilité économique du projet

Comment calculer le coût réel du terrain et de la construction ?

Le budget doit intégrer :

  • le prix du terrain ;
  • les frais d’acquisition ;
  • le prix du CCMI ;
  • les travaux réservés ;
  • les études ;
  • les raccordements ;
  • l’assainissement ;
  • les terrassements non compris ;
  • l’évacuation des terres ;
  • les murs et clôtures ;
  • les taxes ;
  • les aménagements extérieurs ;
  • les intérêts intercalaires ;
  • les frais liés au retard éventuel.

Un prix de maison apparemment compétitif peut devenir insuffisant si les travaux liés au terrain ont été sous-évalués.

Faut-il demander des devis avant de se réserver des travaux ?

Oui. Les travaux réservés doivent être chiffrés de manière réaliste.

Il est prudent d’obtenir des devis indépendants pour les raccordements, les terrassements, l’assainissement, l’évacuation des terres, les accès et les aménagements extérieurs avant de signer.

Le constructeur doit-il reprendre les travaux réservés si leur coût est trop élevé ?

Le maître d’ouvrage dispose, dans les conditions prévues par le CCMI, d’un délai de quatre mois après la signature pour demander au constructeur de réaliser les travaux qu’il s’était réservés, au prix indiqué dans le contrat.

Cette faculté suppose que les travaux aient été correctement décrits et chiffrés dans la notice.

Une étude de faisabilité indépendante est-elle utile ?

Elle peut être utile lorsque le terrain est complexe, notamment en présence :

  • d’une forte pente ;
  • d’un sous-sol ;
  • de murs de soutènement ;
  • de réseaux éloignés ;
  • d’un risque géotechnique ;
  • d’un assainissement non collectif ;
  • d’une implantation très contrainte.

Elle permet de rapprocher le projet architectural, les contraintes techniques et le budget avant la signature.

Checklist avant d’acheter le terrain et de signer le CCMI

Maîtrise foncière

  • Vérifier l’identité du propriétaire.
  • Obtenir le titre ou la promesse de vente.
  • Vérifier les conditions suspensives.
  • Vérifier les servitudes privées.
  • Examiner l’état hypothécaire avec le notaire.
  • Vérifier les limites et le bornage.

Urbanisme

  • Consulter le PLU.
  • Demander un certificat d’urbanisme opérationnel.
  • Vérifier les servitudes d’utilité publique.
  • Consulter le règlement du lotissement.
  • Vérifier les règles de hauteur et d’implantation.
  • Vérifier les stationnements.
  • Examiner les contraintes architecturales.
  • Vérifier les prescriptions relatives aux eaux pluviales.

Risques

  • Consulter Géorisques.
  • Examiner l’état des risques.
  • Vérifier le risque d’inondation.
  • Vérifier l’exposition au retrait-gonflement des argiles.
  • Rechercher les mouvements de terrain.
  • Vérifier les anciennes activités polluantes.
  • Examiner les obligations de débroussaillement.
  • Rechercher les cavités ou risques miniers.

Études techniques

  • Obtenir l’étude géotechnique préalable.
  • Déterminer si une G2 est nécessaire.
  • Vérifier la compatibilité de l’étude avec le projet.
  • Faire réaliser un relevé topographique si nécessaire.
  • Vérifier l’assainissement.
  • Étudier les niveaux et les pentes.
  • Vérifier l’accès des engins.
  • Identifier les soutènements nécessaires.

Réseaux

  • Localiser l’eau potable.
  • Vérifier la puissance électrique disponible.
  • Localiser le réseau d’assainissement.
  • Vérifier la gestion des eaux pluviales.
  • Chiffrer les branchements.
  • Vérifier les frais de compteurs.
  • Chiffrer les éventuelles extensions.
  • Vérifier les servitudes de réseaux.

Contrat CCMI

  • Transmettre toutes les études au constructeur.
  • Vérifier les adaptations au sol.
  • Vérifier les fondations prévues.
  • Contrôler les terrassements.
  • Identifier l’évacuation des terres.
  • Vérifier les murs de soutènement.
  • Vérifier les accès.
  • Distinguer les raccordements inclus et réservés.
  • Contrôler le chiffrage des travaux réservés.
  • Refuser les prestations importantes uniquement promises oralement.

Faire vérifier votre terrain et votre projet par un expert

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Sources juridiques et institutionnelles

  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article L. 231-2, désignation du terrain, titre du maître d’ouvrage, caractéristiques techniques, adaptation au sol, prix et travaux réservés, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article L. 231-4, conditions suspensives relatives notamment à l’acquisition du terrain, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article R. 231-4, contenu de la notice descriptive, raccordements et distinction entre travaux compris et travaux réservés, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, article L. 132-5 et suivants, études géotechniques dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de l’urbanisme, article L. 410-1, contenu et effets du certificat d’urbanisme, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code de l’urbanisme, article R. 431-2, dispense de recours à l’architecte jusqu’à 150 m² de surface de plancher pour une personne physique construisant pour elle-même, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Légifrance, Code civil, article 646, droit de demander le bornage des propriétés contiguës, version en vigueur consultée le 16 juillet 2026.
  • Service-Public, certificat d’urbanisme et permis de construire d’une maison individuelle.
  • Géoportail de l’urbanisme, consultation des documents d’urbanisme et des servitudes d’utilité publique.
  • Géorisques, information sur les risques naturels, miniers, technologiques, la pollution et le retrait-gonflement des argiles.
  • Ministère de la Transition écologique, contenu des études géotechniques G1 et G2 et mesures applicables aux constructions en zone argileuse.
  • ANIL, achat du terrain, bornage, CCMI, prix forfaitaire et prise en charge des adaptations au sol.

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