Ce que contrôle l’expert lors d’une pré-réception CCMI
Une pré-réception sérieuse ne consiste pas à parcourir rapidement les pièces pour relever quelques défauts esthétiques. L’examen doit être organisé à partir des documents contractuels et des ouvrages réellement accessibles le jour de la visite.
Comparaison avec les plans et la notice descriptive
Les plans du CCMI constituent une référence importante pour vérifier la distribution générale de la maison : dimensions principales, implantation des cloisons, ouvertures, équipements, sanitaires ou aménagements prévus.
La notice descriptive complète cette lecture. Elle permet notamment de contrôler les prestations, matériaux et équipements qui devaient être fournis par le constructeur.
Les avenants signés pendant le chantier doivent également être présents. Une modification convenue en cours de construction ne peut être correctement vérifiée si l’expert ne dispose que des plans d’origine.
Façades, menuiseries et ouvrages extérieurs accessibles
L’examen extérieur peut porter sur l’état apparent des façades, les menuiseries, les seuils, les appuis, certains raccordements visibles et les ouvrages faisant partie du contrat.
L’expert relève ce qu’il constate. Une fissure, par exemple, doit être décrite par sa localisation, son orientation et son aspect. Elle ne doit pas être qualifiée d’évolutive sans historique permettant de le démontrer.
Lorsqu’une fissuration soulève une interrogation indépendante de la pré-réception, une expertise fissures peut nécessiter une mission différente et, selon les circonstances, des investigations complémentaires.
Menuiseries, portes et fermetures
Les ouvertures sont manipulées lorsque les conditions le permettent : fenêtres, portes-fenêtres, portes intérieures, volets et autres équipements prévus au marché.
L’objectif est de rechercher des frottements, difficultés de fermeture, défauts d’alignement, détériorations visibles ou prestations manquantes.
Un essai fonctionnel ne constitue cependant pas une certification complète des performances de la menuiserie.
Électricité, plomberie, chauffage et ventilation
Lorsque l’eau et l’électricité sont disponibles, certains essais simples peuvent être effectués : fonctionnement apparent de prises et commandes, écoulement de l’eau, évacuations, équipements sanitaires ou chauffage accessible.
Pour la ventilation, un contrôle fonctionnel apparent ne remplace pas une mesure réglementaire des débits lorsqu’une telle mesure est nécessaire.
Tout équipement non alimenté ou impossible à tester doit être identifié comme tel dans le relevé. Il serait incorrect de le déclarer conforme sans essai.
Revêtements et finitions
La pré-réception est également adaptée au contrôle des surfaces visibles : carrelages, sols, peintures, enduits, faïences, plinthes et finitions prévues.
L’expert recherche notamment les détériorations, défauts d’aspect manifestes, éléments manquants, désaffleurements ou travaux encore inachevés.
La maison doit idéalement être suffisamment dégagée et nettoyée. Des protections de chantier, matériaux stockés ou gravats peuvent empêcher l’observation d’une partie des ouvrages.
Combles, vide sanitaire et annexes
Lorsque les accès sont prévus, sécurisés et praticables, l’examen peut également concerner les combles, le garage, le vide sanitaire et les annexes comprises dans le contrat.
Une zone inaccessible reste une limite de mission. Une inspection ponctuelle ne permet pas de conclure sur un ouvrage caché derrière un doublage, sous une dalle ou dans une partie du bâtiment qui ne peut pas être examinée.
Pour une présentation plus générale du rôle du professionnel, consultez notre page consacrée à l’expert en bâtiment.
Pré-réception, appel de fonds de 95 % et réception : trois notions à distinguer
Ces trois étapes sont souvent rapprochées alors qu’elles n’ont pas la même portée.
La pré-réception reste une visite préparatoire
La pré-réception est organisée avant la réception officielle. Elle sert à relever les observations et à demander au constructeur de reprendre les points concernés avant la remise des clés.
Elle ne constitue pas, par elle-même, l’acceptation juridique de l’ouvrage.
Le document remis à l’issue de cette mission est donc un relevé, une liste ou un compte rendu de pré-réception. Il ne doit pas être présenté comme le procès-verbal juridique de réception de la maison.
Les 95 % correspondent à un stade d’avancement défini
Dans un CCMI classique avec fourniture de plan, le calendrier réglementaire prévoit plusieurs plafonds d’appels de fonds.
Le stade de 95 % correspond à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie, de chauffage et de revêtements extérieurs.
Cela signifie que l’appel de fonds doit correspondre à l’état réel d’avancement prévu par le texte. Une pré-réception peut aider le maître d’ouvrage à documenter l’état apparent du chantier, mais l’expert ne transforme pas à lui seul cet examen en décision juridique sur l’exigibilité d’une somme.
En présence d’un désaccord important sur l’avancement ou l’exécution du contrat, une analyse du dossier peut être nécessaire.
La réception est l’acte juridique déterminant
La réception intervient ensuite. Le maître d’ouvrage accepte alors l’ouvrage avec ou sans réserves.
C’est cette date, et non celle de la pré-réception, qui sert de point de départ aux principales garanties de construction.
La garantie de parfait achèvement court pendant un an à compter de la réception. Elle concerne les désordres réservés lors de la réception ainsi que ceux révélés ensuite et notifiés dans l’année selon les conditions légales.
La garantie de bon fonctionnement applicable aux équipements concernés est d’au moins deux ans à compter de la réception. Les responsabilités relevant du régime décennal s’inscrivent, lorsqu’en sont réunies les conditions de gravité, dans une période de dix ans à compter de cette réception.
En cas de désaccord technique avec plusieurs intervenants, une expertise amiable contradictoire peut constituer une étape distincte de la simple pré-réception.
Les points de vigilance particuliers à Berre-l’Étang
Berre-l’Étang se situe dans les Bouches-du-Rhône, dans un territoire où certaines zones sont concernées par le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux.
Cette donnée locale ne signifie pas que toutes les maisons de la commune présentent un problème de fondations ni que chaque parcelle possède le même niveau d’exposition.
Pour une construction précise, l’information pertinente est celle de l’adresse ou de la parcelle.
Pourquoi le terrain peut-il intéresser une pré-réception ?
Lorsqu’un terrain est exposé aux variations volumétriques de sols argileux, la conception des fondations, la gestion des eaux et l’environnement immédiat du bâtiment peuvent prendre une importance particulière.
À la pré-réception, l’expert ne réalise pas pour autant une étude géotechnique.
Il peut observer les manifestations visibles : fissure, déformation apparente, défaut d’écoulement ou configuration particulière autour de la maison. Il replace ensuite ces observations dans leur contexte documentaire.
Si une anomalie laisse envisager une problématique de sol ou de structure, le bon réflexe n’est pas de prescrire immédiatement une injection, des micropieux ou une reprise en sous-œuvre. Ces techniques ne peuvent être raisonnablement envisagées qu’après caractérisation suffisante de la cause, notamment par une étude géotechnique et/ou structurelle selon le problème rencontré.
Vérifier les documents disponibles
Pour une maison construite à Berre-l’Étang, il est utile de réunir, lorsqu’ils existent et concernent effectivement le projet :
- l’étude géotechnique ;
- les plans de fondations ;
- les plans contractuels ;
- la notice descriptive ;
- les avenants ;
- les comptes rendus de visites précédentes ;
- les photographies prises pendant les phases devenues inaccessibles.
L’expert peut exploiter ces éléments dans les limites de sa mission, sans prétendre certifier rétroactivement un ouvrage qu’il n’a pas pu observer pendant sa réalisation.
Pour les problématiques dépassant la seule visite finale, notre page consacrée à l’expert en construction présente les autres contextes d’intervention possibles.
Comment préparer votre pré-réception CCMI
Une grande partie de l’efficacité de la visite dépend de sa préparation.
Regrouper les documents avant le rendez-vous
Préparez le CCMI, la notice descriptive, les plans signés, les avenants, les éventuelles modifications, les choix de matériaux et les précédents relevés.
Si vous avez reçu l’appel de fonds correspondant aux 95 %, conservez-le également avec le dossier.
L’objectif est de pouvoir comparer rapidement ce qui devait être réalisé avec ce qui peut effectivement être constaté sur place.
Demander des conditions de visite adaptées
La maison doit pouvoir être parcourue dans des conditions permettant les contrôles.
Il est utile de vérifier avant le rendez-vous que les pièces sont accessibles, que les principaux équipements sont disponibles et que l’eau ainsi que l’électricité sont présentes lorsque leur mise en service est nécessaire aux essais prévus.
Si certaines zones restent fermées ou certains équipements non alimentés, ces limites seront simplement consignées.
Transformer chaque défaut en observation exploitable
Une observation utile doit être localisée et factuelle.
Plutôt que d’écrire « fenêtre mal posée », le relevé précisera par exemple la pièce, l’ouverture concernée et le dysfonctionnement effectivement observé.
Cette façon de rédiger facilite les échanges ultérieurs avec le constructeur et permet de contrôler plus clairement les reprises.
Contrôler les corrections avant la réception
Une anomalie signalée pendant la pré-réception ne doit pas être considérée comme supprimée sur la seule base d’un engagement oral.
Lorsque le constructeur indique qu’une reprise a été effectuée, il est préférable d’en vérifier matériellement le résultat.
Si le défaut subsiste au moment de la réception, la question de son inscription au procès-verbal doit alors être examinée à cette date.
Qui sommes-nous ?
Check my House accompagne les particuliers confrontés aux questions techniques liées à leur maison : suivi de construction, désordres, fissures, humidité, achat immobilier ou litige.
Dans le cadre d’un CCMI, l’expert intervient comme technicien du bâtiment auprès du maître d’ouvrage. Il observe les ouvrages accessibles, confronte ses constatations aux documents communiqués et formule ses observations de manière factuelle.
Il ne remplace ni le constructeur, qui reste responsable de l’exécution de son contrat, ni un bureau d’études lorsqu’un calcul ou une investigation spécialisée est nécessaire, ni un avocat lorsqu’une stratégie juridique doit être définie.
L’intérêt de la mission réside dans la méthode : examiner la maison avant la réception, documenter les anomalies et vous permettre de préparer cette dernière étape avec des éléments techniques précis.
Tarif d’un expert pré-réception CCMI à Berre-l’Étang
Pour une maison, nos missions d’expertise débutent à 720 €.
Pour les prestations bâtiment concernant un appartement, le tarif débute à 590 €, même si le CCMI traité sur cette page concerne la construction d’une maison individuelle.
Le devis doit préciser le périmètre exact de l’intervention, les documents nécessaires et les éventuelles conditions particulières liées au déplacement ou à la configuration du chantier.
Vous avez reçu une date de pré-réception ou votre chantier arrive à son terme ? Découvrez le déroulement de notre assistance CCMI avant de choisir le moment de l’intervention.
Pour obtenir un devis correspondant à votre maison située à Berre-l’Étang, utilisez directement notre formulaire de contact.
Questions fréquentes sur la pré-réception CCMI à Berre-l’Étang
La pré-réception CCMI est-elle obligatoire ?
Non. La pré-réception est une visite technique préparatoire. Elle peut être organisée pour examiner la maison avant la réception officielle, mais elle ne constitue pas une étape légale autonome imposée à tous les CCMI.
La pré-réception déclenche-t-elle les garanties de construction ?
Non. Les principales garanties liées à l’ouvrage prennent pour référence la réception des travaux, pas une simple visite préparatoire effectuée quelques jours ou semaines auparavant.
Faut-il signer un procès-verbal de pré-réception ?
Il est préférable de parler de relevé, de liste de corrections ou de compte rendu de pré-réception. Le procès-verbal ayant une portée juridique déterminante est celui établi lors de la réception.
L’expert peut-il déclarer toute la maison conforme ?
Une inspection ponctuelle ne permet pas de certifier l’intégralité d’un bâtiment. Certains ouvrages sont cachés, recouverts ou inaccessibles. L’expert formule donc ses constatations sur les éléments effectivement examinés et les documents disponibles.
La visite peut-elle servir à vérifier l’appel de fonds des 95 % ?
Elle permet de constater l’état apparent de la maison au moment où cet appel est présenté et de relever d’éventuelles prestations manquantes. Le régime juridique de l’appel de fonds reste cependant distinct de la simple réalisation d’une expertise.
Que se passe-t-il si un défaut relevé en pré-réception n’est pas corrigé ?
Il doit être à nouveau vérifié. S’il subsiste lors de la réception, sa formulation comme réserve doit être envisagée dans le procès-verbal de réception. Une promesse de correction faite oralement avant la réception ne remplace pas une réserve écrite.
Un expert doit-il obligatoirement être présent le jour de la réception ?
Non. Le maître d’ouvrage peut recevoir seul son ouvrage. Les conséquences du choix d’être assisté ou non lors de la réception doivent toutefois être comprises, notamment concernant le régime prévu pour signaler certains vices apparents après la remise des clés.
Le risque argileux de Berre-l’Étang signifie-t-il que ma maison va fissurer ?
Non. Une donnée communale d’exposition ne permet pas de prédire le comportement d’une maison particulière. La localisation exacte, les caractéristiques du terrain, la conception des fondations, la gestion des eaux et l’exécution des travaux doivent être prises en compte.
Une fissure constatée avant réception impose-t-elle des micropieux ?
Non. Une technique de reprise ne doit pas être choisie uniquement parce qu’une fissure est visible. Sa cause doit d’abord être caractérisée. Selon le cas, une étude géotechnique ou structurelle peut être nécessaire avant toute préconisation lourde.
Quand réserver l’expert avant la remise des clés ?
La visite doit être suffisamment proche de la fin du chantier pour permettre un contrôle représentatif de la maison, mais suffisamment en amont de la réception pour laisser au constructeur le temps de traiter les observations qui peuvent l’être. Il n’existe pas de délai unique adapté à tous les chantiers.


