Val-d’Oise (95) : votre commune est-elle reconnue en catastrophe naturelle sécheresse ?
Réponse directe : dans le Val-d’Oise, 69 communes sur 183 ont déjà été reconnues en catastrophe naturelle sécheresse, soit 38 %. Près de deux communes sur trois n’ont donc jamais fait l’objet d’un arrêté. Le département compte 44 arrêtés distincts depuis le 15 décembre 1990, la dernière parution au Journal officiel datant du 27 avril 2024, et aucun arrêté n’a été pris pour un épisode postérieur au 1er janvier 2024. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques, le 9 octobre 2026.
Mais ce département impose une précaution que l’on ne trouve pas ailleurs, et elle doit venir avant toute démarche : le Val-d’Oise est le territoire francilien où la dissolution du gypse et les anciennes carrières souterraines sont les plus présentes. Des fissures y relèvent très souvent d’un affaissement de sous-sol et non d’un retrait-gonflement, avec un régime d’indemnisation différent et un risque pour la structure parfois supérieur. D’où une règle d’autant plus ferme : aucun travaux, et aucune déclaration, avant un diagnostic qui identifie la cause.
Fissures dans le Val-d’Oise ? Gypse, carrière ou argile : la cause se diagnostique en premier.
L’essentiel sur vos droits
- La reconnaissance. 69 communes sur 183 reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle sécheresse, soit 38 %, au titre de 44 arrêtés distincts recensés entre le 15/12/1990 et le 27/04/2024.
- Des périodes anciennes. Aucun arrêté recensé ne porte sur un épisode postérieur à 2024, le dernier ayant été publié au Journal officiel du 27/04/2024. Un arrêté ancien n’ouvre aucun droit pour un sinistre récent : seule la période couverte compte.
- La commune la plus souvent reconnue. Montigny-lès-Cormeilles, présente dans 12 arrêtés. Un décompte élevé peut toutefois refléter l’addition des historiques de communes fusionnées plutôt qu’une sinistralité localement plus intense.
- Le zonage applicable. Depuis le 1er juillet 2026, la carte annexée à l’arrêté du 9 janvier 2026 vaut pour les actes conclus à compter de cette date : 55 % de la surface métropolitaine en exposition moyenne ou forte, contre 48 %, et 12,1 millions de maisons concernées, soit 61,5 % du parc. Établie au 1/25 000, elle oriente le diagnostic mais ne le remplace pas.
- Le délai qui vous engage. Trente jours à compter de la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer à votre assureur. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique, non rachetable, et l’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport d’expertise.
- La preuve à ne pas détruire. Ne rebouchez aucune fissure. Seul un relevé fissurométrique mensuel sur douze mois, couvrant un été et un hiver, établit la saisonnalité qui distingue le retrait-gonflement d’un tassement, d’une cavité ou d’une fuite de réseau.
- La règle qui résume tout. Aucun travaux, aucun devis de reprise signé, avant un diagnostic qui a établi la cause et une étude de sol qui dimensionne la solution.
L’état des arrêtés dans le Val-d’Oise
| Communes du département | 183 |
|---|---|
| Communes reconnues au moins une fois | 69, soit 38 % |
| Communes jamais reconnues | 114, soit 62 % |
| Arrêtés distincts portant la mention sécheresse | 44 |
| Première reconnaissance | 15 décembre 1990 |
| Dernière parution au Journal officiel | 27 avril 2024 |
| Arrêtés pour un épisode postérieur au 1er janvier 2024 | aucun |
| Communes les plus fréquemment reconnues | Montigny-lès-Cormeilles (12 arrêtés), Cergy (11), Courdimanche (11), Montmorency (9) |
La géographie des reconnaissances suit le sous-sol. Les buttes de Montmorency, de Cormeilles et de l’Hautil portent meulières, argiles vertes et marnes supragypseuses, formations plastiques et sensibles. Le plateau du Vexin français associe calcaires, limons et placages d’argiles à silex d’épaisseur variable. Les vallées de la Seine et de l’Oise ajoutent des alluvions, parfois argileuses, parfois compressibles. Les secteurs de plaine sableuse, eux, sont peu concernés.
Comment vérifier votre commune, précisément
La vérification ne consiste pas à repérer votre commune quelque part, mais à répondre à trois questions successives.
- Un arrêté mentionne-t-il ma commune ? La consultation se fait sur Géorisques, à l’adresse exacte du bien.
- Cet arrêté porte-t-il bien sur la sécheresse ? Beaucoup de communes sont reconnues pour des inondations ou des coulées de boue sans l’être pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse. C’est le libellé du risque qui compte.
- La période couverte correspond-elle à l’apparition de mes désordres ? C’est la question décisive, et la plus souvent négligée. Une commune reconnue pour l’été 2003 ne vous ouvre aucun droit pour une fissure apparue en 2025.
Profitez de cette consultation pour regarder aussi, sur le même portail, les aléas de cavités souterraines et de mouvements de terrain pour votre parcelle. Dans ce département, cette information est au moins aussi utile que la première.
Votre commune n’y figure pas : pourquoi, et ce que cela ne signifie pas
Deux causes possibles, qui n’appellent pas la même réponse.
Les critères n’ont pas été atteints. La reconnaissance repose sur des critères météorologiques et pédologiques appliqués à la maille communale, notamment un indice d’humidité des sols et une période de retour, et ces critères sont nationaux. Deux communes mitoyennes peuvent se situer de part et d’autre d’un seuil. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les critères de reconnaissance depuis 2024.
Aucune demande n’a été déposée. La reconnaissance n’est jamais automatique : c’est le maire qui saisit le préfet, et sans signalement des administrés, beaucoup de communes ne demandent rien. C’est la cause sur laquelle vous pouvez agir.
Ce que l’absence d’arrêté ne signifie pas : elle ne prouve ni que votre maison ne subit pas de retrait-gonflement, ni que vos fissures viennent d’autre chose. Elle signifie seulement qu’à ce jour la voie catastrophe naturelle n’est pas ouverte pour vous.
Vos recours quand la voie CatNat est fermée
Un, le signalement écrit en mairie. Adressez au maire un courrier daté, si possible en recommandé, décrivant les désordres et leur date d’apparition, avec votre adresse et des photos datées, et demandant explicitement la saisine du préfet au titre des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse. Un courrier collectif de plusieurs propriétaires du même secteur pèse davantage. Les arrêtés paraissent plusieurs mois à plusieurs trimestres après l’épisode : un signalement déposé aujourd’hui peut rendre un dossier recevable demain. Notre article sur le recours quand la commune n’est pas reconnue détaille cette voie.

Deux, l’information écrite de l’assureur, hors garantie catastrophes naturelles, pour dater le constat et prévenir une contestation ultérieure sur l’antériorité.
Trois, la recherche d’une responsabilité, qui ne dépend d’aucun arrêté : garantie décennale du constructeur dans les dix ans de la réception, vice caché du vendeur, responsabilité d’une entreprise ou d’un voisin en cas de travaux tiers, défaut d’information sur l’état des risques lors de l’achat.
Quatre, le suivi fissurométrique immédiat. Une jauge collée sur le désordre le plus net, relevée chaque mois à date fixe, sur douze mois au minimum couvrant un été et un hiver. Cette preuve ne se reconstitue pas après coup, et dans ce département elle a une vertu supplémentaire : la présence ou l’absence de saisonnalité est précisément ce qui sépare un retrait-gonflement d’un affaissement de gypse ou de carrière.
La démarche côté assuré, si un arrêté existe
Vous disposez de trente jours à compter de la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer par écrit. L’assureur missionne son expert, dont le rapport est encadré depuis le 1er janvier 2025 par le décret n° 2024-1101 : son contenu est exigible, donc vérifiable et contestable. L’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations de ce rapport, et son non-emploi dans le délai prévu expose à restitution. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages de sécheresse sur les habitations, non rachetable.
Face à l’expert de la compagnie, le recours à un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique du dossier, et en cas de désaccord l’expertise contradictoire précède utilement toute procédure judiciaire.
L’expertise : gypse, carrières, remblais
Dans le Val-d’Oise, un diagnostic sérieux commence par écarter trois causes concurrentes, et non par confirmer la quatrième.

- La dissolution du gypse. Le gypse se dissout au contact de l’eau et crée des vides, d’où des affaissements localisés ou des effondrements. Le phénomène est bien documenté sur les buttes et leurs abords. L’évolution n’est pas saisonnière, elle peut être brutale, et le risque pour les personnes est réel.
- Les anciennes carrières souterraines, exploitées pour le gypse et le calcaire, qui font l’objet de zonages spécifiques et peuvent produire fontis et affaissements.
- Les remblais anthropiques, très répandus sur les plateformes d’urbanisation récente, dont le tassement propre se poursuit des années après la construction.
- Les fuites de réseau enterré, de mécanisme inverse mais d’apparence voisine, qui lessivent ou saturent le sol localement.
Une expertise fissures traite ces hypothèses avant de conclure, et une reprise structurelle se dimensionne sur une étude de sol et non sur un devis : une injection ou des micropieux posés au-dessus d’un vide gypseux non détecté sont inefficaces au mieux, dangereux au pire. Un expert en bâtiment indépendant ne vend pas les travaux qu’il prescrit.
Nos interventions dans le Val-d’Oise
Nous intervenons sur l’ensemble du département, de Cergy-Pontoise à Argenteuil, du Vexin français aux buttes de Montmorency et à la vallée de l’Oise.
Argenteuil, Cergy, Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Franconville, Bezons, Pontoise, Herblay-sur-Seine, Goussainville, Villiers-le-Bel, Ermont, Gonesse, Taverny, Cormeilles-en-Parisis, Sannois, Eaubonne, Saint-Ouen-l’Aumône, Deuil-la-Barre, Montigny-lès-Cormeilles, Montmorency, Saint-Gratien, Éragny-sur-Oise, Soisy-sous-Montmorency, Osny, Jouy-le-Moutier, Saint-Leu-la-Forêt, Vauréal, Domont, Montmagny, Saint-Brice-sous-Forêt, Arnouville, Persan, Louvres, L’Isle-Adam, Enghien-les-Bains, Fosses, Beaumont-sur-Oise, Pierrelaye, Méry-sur-Oise, Ézanville, Beauchamp, Bessancourt, Le Plessis-Bouchard, Groslay, Saint-Prix, Courdimanche, Écouen, Auvers-sur-Oise, Bouffémont, Menucourt.
En gras, les communes figurant dans au moins un arrêté CatNat sécheresse (relevé GASPAR du 9 octobre 2026). Liste des 50 communes les plus peuplées du département.
Le relevé régional complet figure dans notre guide régional Île-de-France, et l’ensemble de la chaîne dans le guide national des maisons fissurées par la sécheresse.
Un expert indépendant à vos côtés, de Cergy à Argenteuil et au Vexin.
Questions fréquentes sur la reconnaissance CatNat sécheresse dans le Val-d’Oise
Ma commune n’a jamais été reconnue, est-ce fréquent ici ?
Oui, c’est même le cas de la majorité : 114 communes sur 183 ne figurent dans aucun arrêté sécheresse. Cela ne vous interdit pas de signaler des désordres en mairie, mais cela doit vous conduire à faire examiner sérieusement les autres causes possibles, à commencer par celles liées au sous-sol, très présentes dans ce département.
Comment savoir si du gypse se trouve sous ma maison ?
Consultez les informations de cavités souterraines et de mouvements de terrain sur Géorisques pour votre adresse, ainsi que les documents d’urbanisme de la commune, qui comportent souvent un zonage spécifique. Attention : l’absence d’information cartographiée ne vaut pas absence de risque. Les indices de terrain, dépression circulaire, affaissement de voirie, fissuration rapide, et au besoin des sondages, sont les seuls moyens de conclure.
Mes fissures sont apparues très vite, est-ce un bon ou un mauvais signe ?
C’est un signe qui oriente plutôt vers un affaissement de sous-sol que vers un retrait-gonflement, lequel évolue par cycles saisonniers sur plusieurs années. Une fissuration rapide, accompagnée d’un affaissement du sol ou d’un blocage soudain de menuiseries, justifie un examen sans délai, pour des raisons de sécurité avant toute considération d’indemnisation.
Un affaissement de carrière est-il indemnisable ?
Il peut relever de la garantie catastrophes naturelles lorsqu’un arrêté reconnaît un mouvement de terrain, ce qui est un libellé distinct de la sécheresse, et d’autres régimes peuvent s’appliquer selon l’origine de la cavité et son statut. La qualification du phénomène est donc décisive, et elle précède la déclaration. Se tromper de régime fait perdre des mois.
Le maire peut-il refuser de saisir le préfet ?
La demande relève de l’initiative communale et il n’existe pas de droit du particulier à l’exiger. Dans les faits, un refus explicite est rare : l’inaction vient le plus souvent de l’absence de signalement. Un courrier précis, documenté et si possible collectif change généralement la donne.
Combien de temps après l’épisode un arrêté peut-il paraître ?
De plusieurs mois à plusieurs trimestres après la fin de l’épisode, le temps de la demande communale, de l’instruction préfectorale et de l’avis de la commission nationale. L’absence actuelle d’arrêté pour 2024, 2025 et 2026 ne préjuge donc pas de l’avenir, et c’est pourquoi constituer son dossier maintenant est la bonne stratégie.
Mon immeuble est en copropriété, qui déclare ?
Le syndic déclare pour les parties communes, chaque copropriétaire pour ses parties privatives. Sur des fissures de structure, l’essentiel relève des parties communes, et c’est donc au syndic d’engager la démarche. Un copropriétaire peut la provoquer en saisissant le syndic par écrit et en demandant l’inscription du point à l’ordre du jour.
Puis-je faire reboucher en attendant, pour l’étanchéité ?
Si c’est indispensable, oui, mais photographiez et mesurez avant, et conservez au moins une fissure témoin non traitée, équipée d’une jauge. Reboucher partout supprime la possibilité de mesurer l’évolution, donc d’établir le caractère évolutif, qui conditionne la garantie comme toute action en responsabilité.
Mon assureur peut-il me demander une étude de sol ?
Il peut la solliciter, ou son expert peut en préconiser une, et c’est souvent dans votre intérêt car elle objective le débat. La question du financement se discute : selon les contrats et les situations, elle peut être prise en charge dans le cadre de l’instruction du sinistre. Demandez que ce point soit tranché par écrit avant de l’engager.
J’achète dans le Val-d’Oise, que vérifier avant de signer ?
Dans l’ordre, et c’est spécifique à ce département : les aléas de cavités souterraines et de gypse pour la parcelle et ses abords, puis l’état des risques et le classement d’exposition selon la carte applicable à la date de l’acte, puis l’historique des arrêtés de la commune, puis l’état réel du bâti. Une expertise avant achat couvre ces points en une visite.
Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.
Deux précautions de lecture. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.
Sources
- Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
- Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 183 communes du Val-d’Oise.
- Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
- Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
- Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
- Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
- Cartes géologiques et carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles, BRGM.
Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.
