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Mis à jour le 18 septembre 2026
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Joint de dilatation (dalle béton, terrasse, bâtiment) et son DTU

Un joint de dilatation est un espace ménagé volontairement dans un ouvrage en béton (dalle, chape, terrasse, structure de bâtiment) pour absorber les mouvements du matériau : retrait au séchage, dilatation sous la chaleur, contraction au froid. Sans lui, ces mouvements se traduisent par des fissures. Sa mise en œuvre est encadrée par les règles de l’art, notamment le NF DTU 20.1 pour la maçonnerie et le NF DTU 26.2 pour les chapes et dalles à base de liants hydrauliques.

Voici, en pratique, à quoi sert ce joint, quand il s’impose, comment il se pose, ce que disent les DTU, et ce qu’il faut faire quand des fissures apparaissent malgré tout.

À quoi sert un joint de dilatation dans une dalle en béton ?

Le joint de dilatation, parfois appelé joint de mouvement, empêche la fissuration du béton pendant son durcissement puis tout au long de la vie de l’ouvrage. Les différentes parties d’une dalle ne sèchent pas à la même vitesse, ce qui crée des déséquilibres internes ; ensuite, l’humidité ambiante et les variations de température font travailler le matériau, qui se rétracte ou se dilate.

Ces changements de dimension créent des zones de faiblesse qui dégradent les capacités mécaniques du béton, jusqu’à la fissure ou l’affaissement de la dalle. Le joint compense ces mouvements : il absorbe les forces qui agissent à l’intérieur de la matière et évite que la fissuration ne se propage à la dalle entière.

Concrètement, il s’agit d’un profilé d’une largeur moyenne de 5 à 25 mm et d’une longueur allant jusqu’à 6 m, en PVC, silicone, caoutchouc ou métal, adapté aux dalles comme aux chapes. Comptez de 1 à 2 euros le mètre linéaire pour la fourniture courante.

Joint de dilatation ou joint de fractionnement : ne pas confondre

Le joint de dilatation est posé avant le coulage et traverse l’épaisseur de la dalle. Le joint de fractionnement, lui, est une fine tranchée sciée à la disqueuse sur quelques centimètres de profondeur après coulage, puis recouverte d’un couvre-joint. Il limite lui aussi la fissuration en divisant la surface, et peut suffire sur des surfaces modestes. Le choix entre les deux dépend de la superficie, de l’usage et des prescriptions des DTU applicables.

Quand un joint de dilatation est-il nécessaire ?

Toute dalle n’en a pas besoin. Les joints de dilatation servent avant tout aux dalles de grande à très grande superficie, qu’ils divisent en dalles plus petites : en pratique, on les dispose tous les 15 à 20 m² environ. Les petites surfaces bougent aussi, mais le risque que ces mouvements se transforment en fissures est bien moindre.

Le joint peut être installé au sol, sur les murs ou aux plafonds. On parle aussi de joint de dilatation pour l’espace d’environ 4 cm laissé entre deux constructions mitoyennes : en cas de mouvement, il évite que les bâtiments ne se poussent l’un l’autre.

Ce que disent les DTU

La pose doit respecter les documents techniques unifiés, principalement le NF DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie de petits éléments) et le NF DTU 26.2 P1-1 (chapes et dalles à base de liants hydrauliques). Ces référentiels définissent les règles de l’art : emplacement, espacement et traitement des joints selon la nature de l’ouvrage. En cas de litige sur une dalle fissurée, c’est à ces textes que l’expert confronte la réalisation. Pour comprendre le rôle de ces référentiels, voyez notre article sur la norme NF DTU, le référentiel des règles de l’art.

Comment installer un joint de dilatation ?

Étape 1 : préparer la surface

Le joint se positionne dans la fouille avant le coulage. Mettez en place le coffrage, ajoutez le hérisson (mélange de sable et de graviers concassés) et tassez-le, puis déroulez une large bande de film polyane pour bloquer les remontées capillaires vers le béton. Marquez ensuite l’emplacement de chaque joint.

Étape 2 : poser le joint avant le coulage

Disposez les joints aux emplacements marqués et faites-les tenir avec de petits plots de ciment que vous laissez durcir avant de couler, ou avec des pierres plates. N’utilisez jamais une planche de bois pour maintenir le joint : elle gonflerait sous l’effet du béton et provoquerait des microfissures en surface. Installez ensuite le treillis soudé sur des cales d’environ 3 à 5 cm, sans contact avec le joint.

Quel joint selon l’ouvrage ?

Dalle de béton intérieure

Joints en PVC, caoutchouc ou métal pour les modèles les plus durables, largeur généralement comprise entre 5 et 25 mm, de 1 à 2 euros le mètre linéaire. Recommandés dès que la dalle couvre une grande surface, pour neutraliser contraction et expansion.

Terrasse extérieure

Exposée au gel, à la chaleur et à l’humidité, la terrasse demande un joint résistant aux fluctuations : silicone ou caoutchouc, largeur de 10 à 30 mm, de 2 à 4 euros le mètre linéaire selon la qualité.

Structure de bâtiment

À l’échelle du bâtiment, le joint n’accompagne plus seulement le matériau, il protège l’intégrité de la structure : fondations, murs porteurs, étages. PVC, caoutchouc ou métaux composites, largeur pouvant atteindre 50 mm pour certains bâtiments industriels, jusqu’à 5 euros le mètre linéaire.

Fissures au droit d’un joint : quand faire appel à un expert ?

Une fissure qui suit un joint de dilatation ou de fractionnement traduit souvent un fonctionnement normal de l’ouvrage. En revanche, des fissures qui traversent la dalle loin des joints, s’élargissent ou s’accompagnent d’un affaissement peuvent signaler un joint absent, mal positionné ou un désordre de support. Un expert en bâtiment détermine la cause (mise en œuvre non conforme aux DTU, retrait, mouvement de sol) et les responsabilités, notamment quand la dalle est récente et relève encore des garanties. Sur ce sujet, voyez aussi pourquoi une fissure réapparaît après réparation et notre page expertise fissures.

FAQ : vos questions sur les joints de dilatation

Quel est le coût moyen d’un joint de dilatation pour une dalle de béton ?

La fourniture varie généralement entre 1 et 2 euros le mètre linéaire pour une dalle courante, davantage pour les joints de terrasse (2 à 4 euros) et les joints structurels de bâtiment (jusqu’à 5 euros), selon le matériau et la qualité.

Faut-il un joint de dilatation pour une petite terrasse ?

Pas toujours : les petites superficies fissurent moins. Le joint reste néanmoins recommandé pour maximiser la durabilité, et un joint de fractionnement scié peut constituer une alternative adaptée aux surfaces modestes.

Tous les combien faut-il placer les joints dans une dalle ?

En pratique, tous les 15 à 20 m² environ, en divisant les grandes dalles en panneaux plus petits. L’espacement précis dépend de l’ouvrage et des prescriptions des NF DTU 20.1 et 26.2.

Peut-on remplacer un joint de dilatation par un joint de fractionnement ?

Oui dans certains cas, surtout sur des surfaces réduites : une tranchée sciée de quelques centimètres, recouverte d’un couvre-joint, limite aussi la fissuration. Vérifiez dans les DTU applicables que cette solution convient à votre projet.

Une fissure le long d’un joint est-elle grave ?

Le plus souvent non : le joint joue précisément son rôle en concentrant le mouvement. Ce sont les fissures hors joints, traversantes ou évolutives, qui justifient un diagnostic, car elles peuvent révéler un défaut de conception ou un mouvement de support.

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