Landes (40) : votre commune est-elle reconnue en catastrophe naturelle sécheresse ?
Réponse directe : dans les Landes, 155 communes sur 327 ont déjà été reconnues en catastrophe naturelle sécheresse, soit 47 %. Un peu moins d’une commune sur deux, donc, et l’autre moitié n’a jamais fait l’objet d’un arrêté. Le département compte 45 arrêtés distincts depuis le 15 août 1992, et la dernière parution au Journal officiel date du 27 avril 2024, sans arrêté pour un épisode postérieur au 1er janvier 2024. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques, le 9 octobre 2026.
Cette coupure n’a rien d’aléatoire : elle sépare le plateau sableux des Landes de Gascogne des coteaux argileux du sud et de l’est du département. Savoir de quel côté se trouve votre maison est le premier geste utile. Cette page vous dit comment vérifier précisément votre situation et ce qu’il faut faire quand la voie catastrophe naturelle est fermée, ce qui est aujourd’hui le cas pour tout sinistre récent. Avec une règle préalable : aucun travaux ne doit être engagé avant un diagnostic qui identifie la cause.
Commune non reconnue et maison fissurée ? Le dossier technique devient votre levier.
L’état des arrêtés dans les Landes
| Communes du département | 327 |
|---|---|
| Communes reconnues au moins une fois | 155, soit 47 % |
| Communes jamais reconnues | 172, soit 53 % |
| Arrêtés distincts portant la mention sécheresse | 45 |
| Première reconnaissance | 15 août 1992 |
| Dernière parution au Journal officiel | 27 avril 2024 |
| Arrêtés pour un épisode postérieur au 1er janvier 2024 | aucun |
| Communes les plus fréquemment reconnues | Parleboscq (4 arrêtés), Aire-sur-l’Adour (3), Amou (3), Bélus (3), Gabarret (3) |
Observation utile : les totaux par commune restent modestes, trois ou quatre arrêtés au maximum, là où des départements voisins atteignent la vingtaine. Le phénomène est donc présent mais peu répété, ce qui change la lecture d’un dossier : un bâti landais a rarement subi de nombreux cycles successifs, et une fissure récente a donc plus de chances d’être réellement récente.
Pourquoi la moitié du département seulement
Le retrait-gonflement est le fait d’argiles gonflantes, absentes des formations sableuses. Les Landes superposent deux mondes.
Le plateau landais, qui couvre le nord et le centre, repose sur les sables des Landes, formation drainante et peu sensible, localement sur un substratum argileux plus profond. C’est l’essentiel des communes jamais reconnues.
Le sud et l’est changent complètement de registre. La Chalosse, le Tursan, l’Armagnac landais et les coteaux du Marsan reposent sur des molasses, des marnes et des argiles tertiaires, avec un relief de coteaux qui accentue les contrastes d’humidité entre amont et aval d’une même construction. Les communes les plus reconnues, Parleboscq, Gabarret, Aire-sur-l’Adour, Amou, s’y situent toutes.
Les vallées de l’Adour et des gaves apportent des alluvions parfois argileuses, parfois compressibles.
Conséquence pratique : sur le plateau sableux, une fissure n’a aucune raison d’être attribuée par défaut à la sécheresse. Chercher ailleurs fait souvent gagner du temps et de l’argent.
Comment vérifier votre commune, précisément
- Un arrêté mentionne-t-il ma commune ? La consultation se fait sur Géorisques, à l’adresse exacte du bien.
- Cet arrêté porte-t-il bien sur la sécheresse ? Beaucoup de communes landaises sont reconnues pour des inondations ou des tempêtes sans l’être pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse. C’est le libellé du risque qui compte.
- La période couverte correspond-elle à l’apparition de mes désordres ? C’est la question décisive. Une commune reconnue en 2003 ne vous ouvre aucun droit pour une fissure apparue en 2025.
Votre commune n’y figure pas, ou l’arrêté est trop ancien
Deux causes, qui n’appellent pas la même réponse.

Les critères n’ont pas été atteints. La reconnaissance repose sur des critères météorologiques et pédologiques appliqués à la maille communale, notamment un indice d’humidité des sols et une période de retour. Ils sont nationaux, ce qui explique que deux communes mitoyennes puissent se situer de part et d’autre d’un seuil. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les critères de reconnaissance depuis 2024.
Aucune demande n’a été déposée. La reconnaissance n’est jamais automatique : c’est le maire qui saisit le préfet, et sans signalement des administrés beaucoup de communes ne demandent rien. C’est la cause sur laquelle vous pouvez agir, et elle est d’autant plus plausible dans un département où les sinistres sont dispersés.
Ce que l’absence d’arrêté ne signifie pas : elle ne prouve ni que votre maison ne subit pas de retrait-gonflement, ni que vos fissures viennent d’autre chose. Elle signifie qu’à ce jour la voie catastrophe naturelle n’est pas ouverte pour vous.
Vos recours quand la voie CatNat est fermée
Un, le signalement écrit en mairie. Un courrier daté au maire, si possible en recommandé, décrivant les désordres et leur date d’apparition, avec votre adresse et des photos datées, demandant explicitement la saisine du préfet au titre des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse. Un courrier collectif de plusieurs propriétaires du même secteur pèse davantage. Les arrêtés paraissent plusieurs mois à plusieurs trimestres après l’épisode. Notre article sur le recours quand la commune n’est pas reconnue détaille cette voie.
Deux, l’information écrite de l’assureur, hors garantie catastrophes naturelles, pour dater le constat.
Trois, la recherche d’une responsabilité, qui ne dépend d’aucun arrêté : garantie décennale du constructeur dans les dix ans de la réception, vice caché du vendeur, responsabilité d’une entreprise ou d’un voisin en cas de travaux tiers.
Quatre, le suivi fissurométrique immédiat, jauge collée relevée chaque mois à date fixe sur douze mois minimum, couvrant un été et un hiver. Cette preuve ne se reconstitue pas après coup et elle sert les trois leviers précédents.
La démarche côté assuré, si un arrêté existe
Vous disposez de trente jours à compter de la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer par écrit. L’assureur missionne son expert, dont le rapport est encadré depuis le 1er janvier 2025 par le décret n° 2024-1101 : son contenu est exigible et contestable. L’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations de ce rapport, et son non-emploi dans le délai prévu expose à restitution. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages de sécheresse sur les habitations, non rachetable.

Face à l’expert de la compagnie, le recours à un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique, et en cas de désaccord l’expertise contradictoire précède utilement toute procédure.
L’expertise, et les causes concurrentes landaises
Dans un département où la majorité des communes n’a jamais été reconnue, le premier risque est l’erreur de cause. Quatre hypothèses à examiner en priorité.
- Les sables boulants et l’entraînement de fines. Sur le plateau sableux, une fuite de réseau ou un écoulement concentré entraîne les particules fines et crée un vide sous la fondation, parfois rapidement. C’est la première chose à tester, au compteur d’eau sur une nuit sans consommation.
- La nappe superficielle. Les battements de nappe et les zones humides du plateau modifient la portance des sols et peuvent provoquer des tassements sans lien avec la sécheresse.
- Les remblais mal compactés, sur les plateformes de lotissement et les rattrapages de pente, qui tassent pendant des années.
- Le défaut de fondation d’origine, ancrage insuffisant au regard du sol réel, semelle à cheval sur deux horizons, absence de chaînage. Il relève d’une responsabilité, non de la garantie sécheresse.
Le marqueur qui sépare ces hypothèses est la saisonnalité : seul le retrait-gonflement s’ouvre en fin d’été et se referme partiellement en hiver. Une expertise fissures commence par écarter les causes concurrentes, et une reprise se dimensionne sur une étude de sol et non sur un devis : un expert en bâtiment indépendant ne vend pas les travaux qu’il prescrit.
Nos interventions dans les Landes
Nous intervenons sur l’ensemble du département, de Mont-de-Marsan à Dax et Biscarrosse, de la Chalosse au Marsan et au littoral.
Mont-de-Marsan, Dax, Biscarrosse, Saint-Paul-lès-Dax, Tarnos, Saint-Pierre-du-Mont, Capbreton, Soustons, Saint-Vincent-de-Tyrosse, Mimizan, Parentis-en-Born, Labenne, Ondres, Saint-Martin-de-Seignanx, Aire-sur-l’Adour, Saint-Sever, Morcenx-la-Nouvelle, Sanguinet, Hagetmau, Seignosse, Soorts-Hossegor, Bénesse-Maremne, Peyrehorade, Tosse, Saint-Vincent-de-Paul, Narrosse, Tartas, Rion-des-Landes, Pouillon, Saint-Geours-de-Maremne, Pontonx-sur-l’Adour, Labouheyre, Magescq, Castets, Villeneuve-de-Marsan, Grenade-sur-l’Adour, Ychoux, Léon, Angresse, Mées, Roquefort, Saint-André-de-Seignanx, Benquet, Hinx, Saint-Jean-de-Marsacq, Saubion, Saint-Martin-de-Hinx, Saint-Julien-en-Born, Pontenx-les-Forges, Saint-Perdon.
En gras, les communes figurant dans au moins un arrêté CatNat sécheresse (relevé GASPAR du 9 octobre 2026). Liste des 50 communes les plus peuplées du département.
Le relevé régional complet figure dans notre guide régional Nouvelle-Aquitaine, et l’ensemble de la chaîne dans le guide national des maisons fissurées par la sécheresse.
Un expert indépendant à vos côtés, de Mont-de-Marsan à Dax et à la Chalosse.
Questions fréquentes sur la reconnaissance CatNat sécheresse dans les Landes
Je suis sur le plateau sableux, le retrait-gonflement me concerne-t-il ?
Peu probablement. Les sables des Landes sont drainants et ne gonflent pas, et c’est l’essentiel des communes jamais reconnues. Attention toutefois à deux points : un substratum argileux peut exister sous le sable et être atteint par les fondations, et d’autres causes de fissuration, entraînement de fines, remblai, fondation insuffisante, ne dépendent pas de la géologie de surface.
Pourquoi la Chalosse et l’Armagnac landais sont-ils plus touchés ?
Parce qu’ils reposent sur des molasses, des marnes et des argiles tertiaires, formations sensibles, avec un relief de coteaux qui accentue les contrastes d’humidité. C’est la même géologie que le bassin aquitain voisin, où les taux de reconnaissance dépassent 90 %. La limite du risque suit la limite géologique, pas celle du département.
Aucun arrêté depuis avril 2024 : mon dossier est-il perdu ?
Non. Les arrêtés paraissent plusieurs mois à plusieurs trimestres après l’épisode, et la reconnaissance suppose d’abord une demande communale. Votre signalement écrit en mairie est ce qui alimente cette demande. Parallèlement, engagez le suivi fissurométrique : c’est la pièce qui rendra le dossier recevable quand un arrêté paraîtra, ou qui soutiendra une action en responsabilité si aucun ne vient.
Les totaux par commune sont faibles ici, est-ce bon signe ?
C’est une information utile pour votre dossier. Trois ou quatre arrêtés en trente ans signifient que le bâti local a subi peu de cycles de retrait et de réhydratation, donc que la question de l’antériorité des désordres se pose moins qu’ailleurs. Une fissure apparue récemment a plus de chances d’être réellement nouvelle, ce qui simplifie la démonstration.
Comment tester une fuite de canalisation moi-même ?
Relevez votre compteur d’eau le soir après avoir fermé tous les points de puisage, puis le matin : toute consommation indique une fuite. Examinez les regards d’assainissement, cherchez une zone de terrain anormalement verte ou molle, une trace d’humidité ou de salpêtre en pied de mur. Sur sable, l’entraînement des fines peut créer un vide sous la fondation en quelques mois.
Le maire peut-il refuser de saisir le préfet ?
La demande relève de l’initiative communale et il n’existe pas de droit du particulier à l’exiger. Un refus explicite est rare : l’inaction vient le plus souvent de l’absence de signalement. Un courrier précis, documenté et si possible collectif change généralement la situation.
Ma maison est en terrain de pente en Chalosse, quel est le risque principal ?
Le retrait-gonflement, aggravé par le gradient d’humidité entre amont et aval, mais aussi le mouvement de versant lent et le tassement de remblai. Ces trois causes coexistent fréquemment sur un même coteau, et le diagnostic doit trancher explicitement entre elles, car elles n’appellent ni la même réparation ni le même régime d’indemnisation.
Faut-il attendre un arrêté pour faire un diagnostic ?
Non, et c’est même l’inverse. Le diagnostic et le suivi se mènent indépendamment de toute reconnaissance, et ils servent dans toutes les configurations : dossier CatNat futur, action en responsabilité, ou simplement décision de travaux juste. Attendre un arrêté qui peut ne jamais venir fait perdre la seule preuve qui compte.
Une maison landaise traditionnelle est-elle plus fragile ?
Une maison à pans de bois et remplissage est déformable : elle encaisse des mouvements de sol qui fissureraient une maçonnerie rigide, en jouant dans ses assemblages. Les désordres se lisent alors sur les remplissages et les menuiseries. Cela ne signifie pas que la structure est indemne : un déversement de pan de bois ou un désassemblage d’about de poutre sont des désordres sérieux.
J’achète dans les Landes, que vérifier avant de signer ?
L’état des risques et le classement de la parcelle selon la carte applicable à la date de l’acte, l’historique des arrêtés de la commune, la nature du sol, plateau sableux ou coteau molassique, et l’état réel du bâti et des réseaux. Une expertise avant achat traite ces points en une visite.
Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.
Deux précautions de lecture. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.
Sources
- Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
- Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 327 communes des Landes.
- Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
- Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
- Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
- Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
- Cartes géologiques et carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles, BRGM.
Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.
