Maison fissurée par la sécheresse en Gironde, sol argileux craquelé
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Maison fissurée par la sécheresse en Gironde (33) : faire reconnaître et indemniser le sinistre

En Gironde, 460 communes sur 534 ont déjà été reconnues en catastrophe naturelle sécheresse, soit 86 %, au titre de 112 arrêtés distincts depuis le 24 mai 1990. Quatre arrêtés portent sur des épisodes postérieurs au 1er janvier 2024, et la dernière parution au Journal officiel date du 21 septembre 2026. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques, le 9 octobre 2026.

Deux informations en découlent, et elles sont bonnes pour un propriétaire sinistré. D’abord, la voie catastrophe naturelle est actuellement ouverte dans ce département, contrairement à beaucoup d’autres : vérifier si votre commune figure dans un arrêté récent est donc la première chose à faire, et le délai de déclaration court vite. Ensuite, la métropole bordelaise est très largement concernée : Bordeaux figure dans 23 arrêtés, Mérignac dans 17, Lormont et Villenave-d’Ornon dans 16, Pessac dans 15.

Cette page suit l’ordre réel d’un sinistre, du premier constat à l’indemnisation. Elle commence par la règle qui protège votre dossier : aucun travaux ne doit être engagé avant un diagnostic qui identifie la cause. Reboucher ou injecter sans avoir caractérisé le sol et le comportement du bâti, c’est traiter l’effet, et la fissure revient.

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Les premiers jours : ce qui se perd si vous ne le faites pas maintenant

  1. Vérifier sans attendre les arrêtés de votre commune sur Géorisques, et la période qu’ils couvrent. En Gironde, cette vérification est urgente : le délai de déclaration est de trente jours à compter de la parution au Journal officiel, et des arrêtés récents existent.
  2. Photographier chaque désordre avec une échelle visible, en vue d’ensemble puis en vue rapprochée, intérieur et extérieur, en conservant les fichiers originaux.
  3. Noter la date d’apparition et le contexte : après quel été, après quels travaux, après l’abattage d’un arbre, après une intervention sur un réseau.
  4. Poser une jauge de fissure sur le désordre le plus net et commencer un relevé mensuel daté. C’est la pièce qui établit la saisonnalité et l’évolutivité.
  5. Ne rien reboucher. Si une obturation est indispensable, photographiez et mesurez avant, et laissez une fissure témoin non traitée.
  6. Rassembler les documents : permis de construire, étude de sol si elle existe, plans de terrassement, rapports antérieurs, historique des plantations.

La Gironde en chiffres

Reconnaissances CatNat sécheresse en Gironde, relevé GASPAR du 9 octobre 2026
Communes du département 534
Communes reconnues au moins une fois 460, soit 86 %
Arrêtés distincts portant la mention sécheresse 112
Première reconnaissance 24 mai 1990
Dernière parution au Journal officiel 21 septembre 2026
Arrêtés pour un épisode postérieur au 1er janvier 2024 4
Communes les plus fréquemment reconnues Bordeaux (23 arrêtés), Mérignac (17), Lormont (16), Villenave-d’Ornon (16), Pessac (15)

Le sous-sol explique cette géographie. Les molasses et argiles de l’Entre-deux-Mers, les marnes et argiles de l’Oligocène des coteaux de la rive droite et du Libournais, et le calcaire à astéries coiffé de formations argileuses forment l’ensemble sensible. Les graves des terrasses de la Garonne et les sables du Médoc et du littoral relèvent au contraire d’un régime peu sensible. C’est pourquoi l’agglomération bordelaise, à cheval sur plusieurs de ces formations, présente des situations très différentes d’un quartier à l’autre.

Un point sur l’interprétation : 86 % de communes reconnues ne signifie pas que 86 % des maisons girondines ont un problème d’argile. L’arrêté porte sur la commune, l’indemnisation porte sur le bâtiment. Deux maisons voisines peuvent reposer sur des épaisseurs d’argile différentes et avoir des ancrages différents. L’examen de la cause est individuel, et c’est l’objet d’une expertise fissures.

La frise des délais

Trente jours à compter de la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer par écrit à votre assureur. L’assureur missionne ensuite son expert, le rapport est remis, une proposition d’indemnisation suit, puis le versement, et l’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport. Le calendrier complet, côté assuré comme côté assureur, figure dans notre article sur le calendrier légal du sinistre sécheresse.

Si aucun arrêté ne couvre votre période, le délai n’a pas commencé à courir : vous n’êtes pas en retard, mais vous n’avez pas de droit ouvert. Signalez alors les désordres en mairie par écrit, informez votre assureur hors garantie catastrophes naturelles pour dater le constat, et engagez le suivi fissurométrique. Les arrêtés paraissent plusieurs mois à plusieurs trimestres après l’épisode : un dossier constitué aujourd’hui sera recevable le jour de la parution.

Faire reconnaître la commune

La reconnaissance n’est jamais automatique : c’est le maire qui saisit le préfet, et l’instruction s’appuie sur des critères météorologiques et pédologiques appliqués à la maille communale, notamment un indice d’humidité des sols et une période de retour. Ces critères étant nationaux, deux communes mitoyennes peuvent se situer de part et d’autre d’un seuil.

Mairie de village, point de départ de la demande de reconnaissance CatNat

Ce que vous pouvez faire : un courrier daté au maire, si possible en recommandé, décrivant les désordres et leur date d’apparition, avec votre adresse et des photos datées, demandant explicitement la saisine du préfet au titre des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse. Un courrier collectif de plusieurs propriétaires du même quartier pèse davantage. Le mécanisme des critères est détaillé dans notre article sur les critères de reconnaissance depuis 2024.

L’expertise : ce que vous pouvez exiger du rapport

Depuis le 1er janvier 2025, le contenu du rapport de l’expert mandaté par l’assureur est encadré par le décret n° 2024-1101. Vous pouvez demander le rapport complet et contrôler cinq points : le traitement de la saisonnalité, la caractérisation du sol, l’examen des causes concurrentes, le relevé localisé et mesuré des désordres, et les recommandations de réparation.

En Gironde, trois causes concurrentes doivent être nommées et écartées. Les sols compressibles des vallées et des marges estuariennes, vases et tourbes, dont le tassement sous charge ne dépend pas de la sécheresse. Les anciennes carrières souterraines de calcaire, nombreuses sur la rive droite et dans le Libournais, qui produisent des affaissements sans refermeture saisonnière. Les fuites de réseau enterré, de mécanisme inverse mais d’apparence voisine. Un rapport qui conclut au retrait-gonflement sans les aborder est incomplet.

Face à l’expert de la compagnie, le recours à un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique, et en cas de désaccord l’expertise contradictoire précède utilement toute procédure.

L’indemnisation : franchise, affectation, restitution

Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages de sécheresse sur les habitations. Elle est fixée par la réglementation, non par votre contrat, et n’est pas rachetable.

Maçon réalisant une reprise de fissure par agrafage sur un mur

L’indemnité est affectée à la réparation conformément aux recommandations du rapport d’expertise, et son non-emploi dans le délai prévu expose à restitution. Si les travaux prescrits sont inadaptés, vous êtes donc tenu de les réaliser pour conserver l’indemnité, ou de la rendre : le contenu du rapport se discute avant d’être accepté, pas après. Notre article sur l’indemnité affectée aux travaux détaille ce mécanisme.

Les travaux : l’étude de sol avant le devis

Une reprise structurelle se dimensionne sur une étude de sol, pas sur un devis. En Gironde, où l’épaisseur des molasses varie fortement et où les terrasses de graves peuvent masquer des niveaux argileux, un dimensionnement à l’aveugle est soit inopérant, soit largement surdimensionné.

L’ordre qui fonctionne : diagnostic de cause, puis mission géotechnique adaptée à un ouvrage existant au sens de la norme NF P 94-500, puis définition de la solution, puis consultation des entreprises sur un cahier des charges commun. Un expert en bâtiment indépendant ne vend pas les travaux qu’il prescrit.

Prévenir : ce qui dépend de vous

  • Les eaux pluviales : descentes raccordées et rejetées à distance, gouttières entretenues, aucun rejet en pied de mur.
  • Les réseaux enterrés : contrôle périodique de l’étanchéité, test au compteur sur une nuit sans consommation.
  • La végétation : arbres de haut jet tenus à une distance de l’ordre d’une fois à une fois et demie leur hauteur adulte. Ne jamais abattre en urgence un sujet mature, dont la suppression provoque un regonflement du sol et parfois des désordres plus importants.
  • Les abords : pas d’arrosage localisé contre la façade, qui crée des différences d’humidité entre deux côtés d’une même fondation.

Nos interventions en Gironde

Nous intervenons sur l’ensemble du département, de la métropole bordelaise au Libournais, de l’Entre-deux-Mers au Médoc et au bassin d’Arcachon.

Bordeaux, Mérignac, Pessac, Talence, Villenave-d’Ornon, Saint-Médard-en-Jalles, Bègles, La Teste-de-Buch, Gradignan, Cenon, Lormont, Le Bouscat, Libourne, Eysines, Gujan-Mestras, Bruges, Floirac, Ambarès-et-Lagrave, Blanquefort, Cestas, Andernos-les-Bains, Saint-André-de-Cubzac, Mios, Biganos, Le Haillan, Arcachon, Le Taillan-Médoc, Parempuyre, Léognan, Saint-Loubès, Saint-Jean-d’Illac, Audenge, Le Teich, Artigues-près-Bordeaux, Coutras, Bassens, Carbon-Blanc, Salles, Martignas-sur-Jalle, Lège-Cap-Ferret, Saint-Aubin-de-Médoc, Langon, Lanton, Le Pian-Médoc, Cadaujac, Arès, Izon, Belin-Béliet, Saint-Denis-de-Pile, Lesparre-Médoc.

En gras, les communes figurant dans au moins un arrêté CatNat sécheresse (relevé GASPAR du 9 octobre 2026). Liste des 50 communes les plus peuplées du département.

Le relevé régional complet figure dans notre guide régional Nouvelle-Aquitaine, et l’ensemble de la chaîne dans le guide national des maisons fissurées par la sécheresse.

Un expert indépendant à vos côtés, de Bordeaux à Libourne et au bassin d’Arcachon.

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Questions fréquentes sur les fissures de sécheresse en Gironde

Un arrêté est paru en septembre 2026, ma commune est-elle dedans ?

Il faut le vérifier commune par commune, un arrêté couvrant une liste précise et une période précise. Si votre commune y figure et que vos désordres correspondent à la période couverte, vous disposez de trente jours à compter de la parution pour déclarer par écrit à votre assureur. Ne laissez pas filer ce délai en attendant un diagnostic : la déclaration et le diagnostic peuvent être menés en parallèle.

Bordeaux figure dans 23 arrêtés : mes fissures sont-elles indemnisables d’office ?

Non. L’arrêté ouvre la porte, il ne décide pas. L’assureur devra établir que vos désordres résultent du phénomène et pour la période déclarée. Sur un bâti qui a traversé une vingtaine d’épisodes, la difficulté est souvent de distinguer les fissures anciennes stabilisées des fissures actives, et seul un suivi daté le permet.

Mon échoppe bordelaise se fissure, est-ce le même sujet ?

Le mécanisme est le même, le comportement du bâti diffère. Une échoppe en pierre, souple et mitoyenne, répartit la déformation dans ses joints et présente souvent des fissures anciennes stabilisées à côté de fissures actives. La mitoyenneté ajoute une difficulté : le désordre franchit le mur séparatif, et un diagnostic commun avec le voisin évite des conclusions contradictoires entre assureurs.

Je suis sur des graves, suis-je à l’abri ?

Les terrasses de graves sont peu sensibles au retrait-gonflement, et c’est une bonne nouvelle. Mais deux réserves : l’épaisseur de la grave peut être faible et reposer sur un niveau argileux atteint par les fondations, et d’autres causes de fissuration, fuite de réseau, remblai, fondation insuffisante, ne dépendent pas de la géologie régionale.

Mes fissures sont apparues près de l’estuaire, est-ce la sécheresse ?

C’est l’une des configurations où il faut se méfier. Sur les marges estuariennes et les vallées, les vases et sols compressibles tassent sous charge pendant des années, indépendamment de la sécheresse, avec un tableau visuel proche. Un abaissement de nappe accélère ce tassement. La distinction est essentielle, car ce phénomène ne relève pas de la garantie sécheresse.

Mon assureur invoque l’antériorité des désordres, que répondre ?

Avec des mesures. Photos antérieures, rapports précédents, et surtout relevés fissurométriques montrant une progression postérieure à l’épisode déclaré. Dans un département reconnu depuis 1990 et comptant 112 arrêtés, ce motif de refus est fréquent et il se combat uniquement sur pièces.

Puis-je déclarer plusieurs épisodes successifs ?

Oui, chaque arrêté ouvre un droit pour la période qu’il couvre, et un même bien peut être touché plusieurs fois. L’assureur examinera l’aggravation par rapport à l’état antérieur, ce qui suppose que cet état soit documenté. C’est un argument de plus en faveur d’un suivi continu plutôt qu’épisodique.

Mon garage et ma piscine sont-ils couverts ?

Pas systématiquement. Les annexes sans fondation propre, les constructions non déclarées et certains ouvrages extérieurs figurent parmi les exclusions courantes. Une piscine fissurée est par ailleurs un indice utile pour le diagnostic du bâtiment principal, et parfois une cause : une fuite de bassin modifie localement l’humidité du sol.

Faut-il attendre l’expert de l’assurance avant de faire venir le sien ?

L’inverse est préférable quand c’est possible. Arriver au rendez-vous avec un diagnostic, une chronologie et des relevés change la nature de l’échange. Si le rapport est déjà rendu et qu’il ne vous convient pas, la voie est l’expertise contradictoire.

J’achète en Gironde, que vérifier avant de signer ?

L’état des risques et le classement de la parcelle selon la carte applicable à la date de l’acte, l’historique des arrêtés de la commune dans GASPAR, qui sera très chargé, les données de cavités souterraines sur la rive droite et le Libournais, et l’état réel du bâti. Une maison indemnisée mais non réparée se vend, et l’information doit figurer dans l’état des risques. Une expertise avant achat traite ces points en une visite.

Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.

Deux précautions de lecture. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.

Sources

  • Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
  • Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 534 communes de la Gironde.
  • Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
  • Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
  • Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
  • Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
  • Cartes géologiques et carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles, BRGM.

Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.

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Né d'une volonté de sécuriser les transactions immobilières, Check my House a été créé par Laurent Hojan, fort de quinze ans d'expérience dans la construction, pour démocratiser le contrôle des biens partout en France. Le mot du fondateur : « Acquérir un bien ou le mettre en vente peut être une étape anxiogène. Mon ambition, à travers Check my House, est de sécuriser, démocratiser et digitaliser l'ensemble des expertises immobilières, dans l'ancien comme dans le neuf. Notre devise : vous accompagner, vous conseiller et vous rassurer. », Laurent Hojan, fondateur de Check my House.
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