Maison fissurée par la sécheresse dans les Bouches-du-Rhône, sol argileux craquelé
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Maison fissurée par la sécheresse dans les Bouches-du-Rhône (13) : que faire, étape par étape

Une fissure traverse l’enduit depuis l’angle d’une fenêtre, en diagonale. Une autre court en escalier le long des joints au bas du mur. Un carrelage sonne creux, une porte frotte, un volet ne ferme plus. L’été finit, et c’est maintenant que tout cela se voit. Dans les Bouches-du-Rhône, cette séquence est devenue banale, et la plupart des propriétaires font les trois mêmes erreurs : reboucher, demander un devis, attendre.

93 communes sur 119 ont été reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle sécheresse, soit 78 %, au titre de 88 arrêtés distincts, l’un des totaux les plus élevés de France. Le dernier a été publié au Journal officiel du 23 janvier 2026. Mimet figure dans 16 arrêtés, Marseille dans 15, Aix-en-Provence dans 14, Aubagne dans 13. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques, le 9 octobre 2026.

Cette page suit la chronologie d’un sinistre, du premier constat à la réparation, avec les gestes à faire et les pièges à éviter à chaque étape. Une seule règle ne bouge jamais : pas de travaux avant un diagnostic qui a établi la cause.

Des fissures après cet été ? Ne rebouchez rien, ne signez aucun devis. Faisons établir la cause.

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L’essentiel en sept points

  • La reconnaissance. 93 communes sur 119 reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle sécheresse, soit 78 %, au titre de 88 arrêtés distincts recensés entre le 05/02/1992 et le 23/01/2026.
  • Des périodes anciennes. Aucun arrêté recensé ne porte sur un épisode postérieur à 2024, le dernier ayant été publié au Journal officiel du 23/01/2026. Un arrêté ancien n’ouvre aucun droit pour un sinistre récent : seule la période couverte compte.
  • La commune la plus souvent reconnue. Mimet, présente dans 16 arrêtés. Un décompte élevé peut toutefois refléter l’addition des historiques de communes fusionnées plutôt qu’une sinistralité localement plus intense.
  • Le zonage applicable. Depuis le 1er juillet 2026, la carte annexée à l’arrêté du 9 janvier 2026 vaut pour les actes conclus à compter de cette date : 55 % de la surface métropolitaine en exposition moyenne ou forte, contre 48 %, et 12,1 millions de maisons concernées, soit 61,5 % du parc. Établie au 1/25 000, elle oriente le diagnostic mais ne le remplace pas.
  • Le délai qui vous engage. Trente jours à compter de la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer à votre assureur. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique, non rachetable, et l’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport d’expertise.
  • La preuve à ne pas détruire. Ne rebouchez aucune fissure. Seul un relevé fissurométrique mensuel sur douze mois, couvrant un été et un hiver, établit la saisonnalité qui distingue le retrait-gonflement d’un tassement, d’une cavité ou d’une fuite de réseau.
  • La règle qui résume tout. Aucun travaux, aucun devis de reprise signé, avant un diagnostic qui a établi la cause et une étude de sol qui dimensionne la solution.

Jour 1 : les trois gestes, et l’interdit

Photographier. Vue d’ensemble des façades, puis plan serré de chaque fissure avec une règle ou un mètre au contact, et la date. Photographiez aussi le terrain : pied de mur, rejets d’eaux pluviales, arbres, piscine, murets, fissures de dallage et de terrasse.

Mesurer et noter. Ouverture au point le plus large, longueur, orientation. Notez la date d’apparition si vous la connaissez, et les circonstances : après quel été, après quels travaux, après quelle intervention sur un réseau.

Faire poser des jauges. Deux repères de part et d’autre de la fissure, permettant un relevé mensuel reproductible. C’est l’instrument qui produira la seule preuve décisive.

Et l’interdit : ne rebouchez rien. Une fissure rebouchée ne se mesure plus. Vous perdez la démonstration du caractère évolutif, qui conditionne la garantie, et la distinction entre retrait d’argile et tassement, qui conditionne la réparation.

Jours 2 à 7 : l’état des lieux de l’eau

Avant de penser à l’argile, vérifiez ce qui mouille ou assèche votre sol de fondation, parce que c’est à la fois la cause la plus fréquente et la moins chère à traiter.

Les descentes d’eaux pluviales : rejettent-elles au pied du mur ? Les réseaux enterrés : un compteur qui tourne la nuit, une zone de végétation anormalement verte, une odeur, un affaissement linéaire au-dessus d’un tracé. La piscine et ses locaux techniques, source classique de fuite lente dans ce département. L’arrosage automatique et ses contrastes d’humidité au pied des fondations. Les arbres : essences à forte demande en eau, distance au bâti, souches récentes.

Attention à l’abattage réflexe : supprimer brutalement un arbre ancien peut provoquer un regonflement du sol et de nouveaux désordres. Toute décision sur la végétation vient après le diagnostic.

Semaine 2 : vérifier les arrêtés et déclarer

Consultez l’historique des arrêtés de votre commune et comparez la période couverte à la date d’apparition de vos désordres. C’est la période, et non le nombre d’arrêtés, qui détermine vos droits. Avec 88 arrêtés dans le département, la probabilité qu’une période corresponde est élevée, mais elle se vérifie.

Si une période correspond, la déclaration intervient dans les trente jours suivant la parution de l’arrêté au Journal officiel, par écrit, avec votre dossier photographique daté. Si le délai semble dépassé, déclarez quand même : la déchéance suppose que l’assureur démontre un préjudice causé par le retard.

Où vous habitez change l’hypothèse

Le département juxtapose des contextes très différents, et la même fissure n’y a pas la même cause.

Plusieurs types de fissures sur un mur extérieur, à distinguer par l'expertise

Le bassin de l’Arc, d’Aix à Gardanne, Fuveau et Mimet : marnes et argiles crétacées et oligocènes fortement plastiques. C’est le coeur de la sinistralité. S’y ajoute un facteur propre, l’ancien bassin minier de Provence, dont les travaux souterrains et l’évolution des niveaux d’eau après l’arrêt de l’exploitation sont des paramètres à examiner, distincts du retrait-gonflement.

Les massifs calcaires, Étoile, Sainte-Victoire, Calanques, Alpilles : susceptibilité faible, mais karst et poches de dissolution, avec des affaissements localisés qui ne se referment jamais.

Les bassins de Marseille et d’Aubagne : alternance de marnes, poudingues et remblais urbains, sur des terrains souvent en pente, avec des mouvements de versant possibles.

La Camargue et les basses vallées : vases, argiles et tourbes compressibles, qui tassent sous charge sans aucune saisonnalité.

La Crau : cailloutis et poudingues peu sensibles, mais remblais et hétérogénéités locales.

Le départage suit la méthode exposée dans notre article sur le faisceau d’indices.

Mois 1 à 12 : la courbe qui décide

Le relevé mensuel des jauges pendant douze mois, couvrant un été et un hiver complets, est la pièce maîtresse. Sa lecture est nette.

Ouverture maximale en fin d’été, refermeture partielle en hiver : retrait-gonflement.

Progression lente et continue, sans refermeture : tassement de sol compressible ou consolidation de remblai.

Progression par paliers brusques : mouvement de terrain, karst, ancienne cavité.

Aggravation en période humide : fuite de réseau ou défaut de gestion des eaux, de mécanisme inverse.

N’attendez pas douze mois pour agir. La visite d’expertise, la lecture du bâti, l’examen du terrain et le dossier documentaire se font immédiatement et écartent souvent plusieurs hypothèses dès la première semaine : c’est l’objet d’une expertise fissures. Le protocole de suivi est détaillé dans notre article sur le suivi fissurométrique sur 12 mois.

L’expertise d’assurance : s’y préparer, et la contradicter

Après déclaration, l’assureur mandate un expert. Son rapport est encadré depuis le 1er janvier 2025 par le décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024, pris en application de la loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 : il doit motiver ses conclusions, en particulier sur la causalité déterminante, et préciser les travaux de réparation. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique, non rachetable, et l’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport, son non-emploi exposant à restitution.

Expert en bâtiment examinant une fissure de façade et rédigeant son rapport

Préparez la visite : dossier photographique daté, courbe des relevés, plans et étude de sol initiale, historique des arrêtés, factures d’entretien des réseaux et de la piscine. Un expert d’assuré assiste à la visite et produit sa propre analyse ; l’expertise contradictoire confronte les lectures en cas de désaccord.

Après le rapport : l’ordre des travaux

Les actions sur l’eau d’abord, parce qu’elles sont peu coûteuses et souvent suffisantes : rejets d’eaux pluviales éloignés, trottoir périphérique étanche, drainage, réparation de fuite. La reprise en sous-oeuvre ensuite, si et seulement si le mouvement est confirmé, évolutif, d’origine profonde, et dimensionné sur une reconnaissance de sol. Les renforcements de structure ne traitent pas la cause. Les finitions en dernier, après un cycle saisonnier de stabilisation constatée.

Un expert en bâtiment indépendant ne vend aucun travaux et peut donc conclure qu’aucune reprise de fondation n’est nécessaire. Pour le coût de nos missions, notre page tarifs des expertises fait référence.

Nos interventions dans les Bouches-du-Rhône

Nous intervenons sur l’ensemble du département, de Marseille à Aix-en-Provence, Arles, Aubagne, Salon-de-Provence et Gardanne, du bassin de l’Arc à la Camargue et à la Crau.

Marseille, Aix-en-Provence, Arles, Martigues, Aubagne, Istres, Salon-de-Provence, La Ciotat, Vitrolles, Marignane, Miramas, Les Pennes-Mirabeau, Gardanne, Allauch, Châteauneuf-les-Martigues, Châteaurenard, Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc, Tarascon, Bouc-Bel-Air, Saint-Martin-de-Crau, Berre-l’Étang, Auriol, Rognac, Septèmes-les-Vallons, Plan-de-Cuques, Pélissanne, Trets, Gignac-la-Nerthe, Fuveau, Cabriès, Lambesc, Lançon-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, La Fare-les-Oliviers, Velaux, Roquevaire, Saint-Chamas, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Éguilles, Venelles, Sausset-les-Pins, Eyguières, Sénas, Carnoux-en-Provence, Meyreuil, Saint-Victoret, Cassis, La Penne-sur-Huveaune, Gémenos.

En gras, les communes figurant dans au moins un arrêté CatNat sécheresse (relevé GASPAR du 9 octobre 2026). Liste des 50 communes les plus peuplées du département.

Le relevé régional complet figure dans notre guide régional PACA, et l’ensemble de la chaîne dans le guide national des maisons fissurées par la sécheresse.

Un expert indépendant à vos côtés, de Marseille à Aix-en-Provence, Arles et Aubagne.

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Questions fréquentes sur les fissures de sécheresse dans les Bouches-du-Rhône

Mes fissures sont apparues après un été très sec, est-ce suffisant pour être indemnisé ?

Non. Il faut un arrêté couvrant la période, un contrat couvrant les dommages aux biens, et surtout l’établissement de la causalité déterminante entre l’aléa constaté et vos dommages. C’est ce dernier point que l’expertise tranche, et c’est pour cela que la preuve de l’évolutivité saisonnière compte autant.

Ma piscine peut-elle être la cause ?

C’est une hypothèse de premier rang dans ce département. Une fuite lente de bassin ou de canalisation technique sature le sol d’un côté du bâti et crée un différentiel d’humidité, donc des mouvements. Le test de perte d’eau et le contrôle des réseaux techniques font partie du diagnostic, avant toute conclusion sur l’argile.

J’habite Mimet ou Gardanne, les anciennes mines sont-elles en cause ?

C’est un paramètre à examiner, distinct du retrait-gonflement, et dont l’instruction passe par les documents d’urbanisme et les informations détenues par les services compétents sur les anciens travaux miniers. L’indice discriminant reste le même : un désordre qui ne présente aucune refermeture hivernale n’est pas un retrait d’argile.

Mes fissures sont dans le dallage, pas dans les murs : est-ce moins grave ?

Ce n’est pas moins grave, c’est différent. Un dallage sur terre-plein peut tasser indépendamment des fondations, et le désordre reste alors non structurel. Mais une fissuration de dallage accompagnée d’un décollement de cloison ou d’un désaffleurement signale un mouvement d’ensemble. L’examen doit dissocier les deux.

Mon immeuble en copropriété est fissuré, qui agit ?

Les désordres affectant les parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires, qui déclare et mandate. Un copropriétaire peut toujours faire constater ce qui affecte son lot et demander l’inscription du sujet à l’ordre du jour. L’expertise se mène alors au nom de la copropriété, ce qui n’interdit pas une analyse individuelle.

Le karst, comment le reconnaître ?

Par un affaissement localisé, parfois circulaire, sans refermeture saisonnière, souvent en contexte calcaire. Il peut se manifester brutalement après de fortes pluies ou une modification des écoulements. Il relève de l’aléa mouvement de terrain, donc d’un régime différent, et il interdit certaines solutions de reprise.

Puis-je engager les travaux urgents avant le rapport ?

Les mesures de sauvegarde et de mise en sécurité, étaiement, bâchage, consolidation provisoire, sont légitimes et doivent être documentées par des photographies et des factures. Ce qui est à éviter est d’engager la réparation définitive, qui serait hors préconisations du rapport et donc à votre charge.

Mon bailleur refuse d’agir, que puis-je faire comme locataire ?

Signalez par écrit avec photographies datées, en demandant une intervention. La charge des travaux structurels incombe au propriétaire, et la déclaration d’un sinistre catastrophe naturelle sur le bâti lui revient. Un constat technique indépendant appuie la demande et documente une éventuelle perte de jouissance.

J’ai reçu une indemnité et je veux vendre sans faire les travaux, est-ce possible ?

C’est possible, mais l’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport, et son non-emploi expose à restitution. Par ailleurs, les sinistres indemnisés et les travaux prescrits non réalisés doivent être portés à la connaissance de l’acquéreur. L’omission expose à une action pour vice caché.

On me propose une reprise forfaitaire sans étude de sol, est-ce acceptable ?

Non. Sans reconnaissance, la profondeur de l’horizon porteur et la nature des terrains traversés sont supposées, et le forfait protège l’entreprise, pas vous. Exigez une étude de dimensionnement, qui fixe un objectif technique vérifiable, et faites contrôler l’exécution avant remblaiement.

Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.

Deux précautions de lecture. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.

Sources

  • Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
  • Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 119 communes des Bouches-du-Rhône.
  • Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
  • Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
  • Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
  • Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
  • Cartes géologiques et carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles, BRGM.

Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.

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Né d'une volonté de sécuriser les transactions immobilières, Check my House a été créé par Laurent Hojan, fort de quinze ans d'expérience dans la construction, pour démocratiser le contrôle des biens partout en France. Le mot du fondateur : « Acquérir un bien ou le mettre en vente peut être une étape anxiogène. Mon ambition, à travers Check my House, est de sécuriser, démocratiser et digitaliser l'ensemble des expertises immobilières, dans l'ancien comme dans le neuf. Notre devise : vous accompagner, vous conseiller et vous rassurer. », Laurent Hojan, fondateur de Check my House.
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