CCMI : Que faire en cas d’erreur de surface ?
Le Contrat de Construction de Maison Individuelle (CCMI) est reconnu pour offrir une protection optimale, souvent considĂ©rĂ© comme le plus sĂ©curisant selon la lĂ©gislation. Cependant, mĂŞme la meilleure des protections n’Ă©limine pas les risques d’erreurs lors de la construction, notamment en ce qui concerne les erreurs de surface.
Protection et risques de construction
Que faire en cas de superficie inférieure à celle prévue ?
Il est essentiel de comprendre que la tolĂ©rance de 5% mentionnĂ©e par les constructeurs de maisons individuelles ne trouve pas de fondement lĂ©gal dans le cadre des Contrats de Construction de Maison Individuelle (CCMI). En vertu de l’article 1617 du Code Civil, lors d’une vente immobilière oĂą le mĂ©trage est spĂ©cifiĂ© et le prix dĂ©pendant de ce mĂ©trage, le vendeur est contraint de fournir la surface stipulĂ©e dans le contrat. Cet article stipule que si la vente d’un bien immobilier est effectuĂ©e avec une contenance dĂ©finie, le vendeur doit livrer au client la quantitĂ© convenue, et en cas d’impossibilitĂ© ou si le client ne l’exige pas, une rĂ©duction proportionnelle du prix doit ĂŞtre appliquĂ©e.
Par ailleurs, l’article 1619 du Code Civil prĂ©voit une tolĂ©rance de 5% (1/20) dans les cas oĂą le prix n’est pas liĂ© au mĂ©trage. Toutefois, cette disposition ne s’applique pas aux contrats de construction de maisons individuelles, oĂą la loi spĂ©cifique sur la construction (Articles 231-1 et suivants du Code de la Construction et de l’Habitation) prĂ©vaut sur les règles gĂ©nĂ©rales du Code Civil. En effet, cette lĂ©gislation spĂ©cifique ne prĂ©voit aucune clause de tolĂ©rance de mĂ©trage pour les constructeurs, imposant ainsi une obligation de rĂ©sultat en termes de conformitĂ© des plans.
Il est donc impĂ©ratif de soulever des rĂ©serves concernant la contenance de l’immeuble et d’exiger du constructeur qu’il corrige ou indemnise toute divergence. De plus, les rĂ©clamations pour non-conformitĂ© doivent ĂŞtre formulĂ©es dans l’annĂ©e suivant la livraison du bien ou la constatation des rĂ©serves.
Il est conseillĂ© de se faire accompagner d’un expert en bâtiment et construction pour formaliser ces rĂ©serves. Dans le cas d’un litige excĂ©dant 10 000 €, l’intervention d’un avocat est recommandĂ©e. Le prĂ©judice subi ne se limite pas Ă une simple question de surface; il faut Ă©galement considĂ©rer l’impact sur la jouissance du bien. Par exemple, une perte de surface dans une pièce spĂ©cifique peut avoir des rĂ©percussions bien plus significatives sur l’utilitĂ© et le confort de celle-ci.
Enfin, il convient d’Ă©valuer si la première transaction a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e de bonne foi et si la perte de surface est due Ă une erreur technique ou Ă une faute du constructeur. La nature de l’action en indemnisation dĂ©pendra de ces Ă©lĂ©ments.
Pour faire simple : Politique de tolérance zéro
Inexactitudes dans les prétentions des constructeurs
Certains constructeurs peuvent argumenter qu’une marge d’erreur de 5% est acceptable dans le secteur. Ceci est inexact.
Législation et contrat
En matière de vente immobilière, lorsque le prix est calculé sur la base de la superficie, il est interdit de vendre une propriété avec une superficie inférieure à celle stipulée dans le contrat.
L’article 1619 du Code Civil
Dispositions générales
Cependant, l’article 1619 du Code civil admet une tolĂ©rance de 1/20ème (soit 5%) lorsque le prix n’est pas directement liĂ© Ă la superficie, ce qui n’est pas le cas en CCMI.
Spécificités du CCMI
Absence de tolérance dans le CCMI
NĂ©anmoins, et c’est une nuance essentielle pour le CCMI : La lĂ©gislation spĂ©cifique Ă la construction de maisons individuelles prĂ©vaut sur les dispositions gĂ©nĂ©rales du Code civil.
RĂ©action face Ă l’erreur
Émettre des réserves lors de la réception
Le CCMI vous oblige Ă livrer la maison telle que stipulĂ©e dans le contrat. Il est donc essentiel de procĂ©der Ă un Ă©tat des lieux de rĂ©ception de la propriĂ©tĂ© et d’Ă©mettre toutes les rĂ©serves nĂ©cessaires.
Rectification des erreurs ou demandes d’indemnisation
Vigilance sur les délais de prescription
Une fois les rĂ©serves notifiĂ©es, le constructeur est tenu de les rĂ©soudre, c’est-Ă -dire de corriger les erreurs et de procĂ©der Ă une nouvelle rĂ©ception des travaux pour attester de la rĂ©solution des rĂ©serves.
Importance de l’assistance professionnelle
Il est donc essentiel de se faire assister par un professionnel pour ces réserves (expert en bâtiment et construction) ainsi que pour la résolution définitive.
Précautions avec les accords transactionnels
Méfiez-vous également des accords transactionnels intermédiaires. Le constructeur pourrait chercher à vous faire signer un accord qui valide les erreurs commises, ce qui annulerait vos droits à réclamation.
