Maisons fissurées par la sécheresse en Nouvelle-Aquitaine : exposition, communes reconnues et démarches
La Nouvelle-Aquitaine n’est pas la région la plus exposée de France en proportion, mais c’est celle qui compte le plus grand nombre de communes reconnues en catastrophe naturelle sécheresse : 2 621 sur 4 293, soit 61 %, et 746 arrêtés distincts depuis 1990. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques le 9 octobre 2026.
Surtout, elle contient le contraste le plus net du pays : 97 % des communes reconnues en Lot-et-Garonne, 13 % en Creuse. Deux départements voisins de quelques dizaines de kilomètres, deux réalités opposées, et une seule explication, géologique. Comprendre de quel côté de cette ligne se trouve votre maison est le premier geste utile. Le second est de ne rien entreprendre avant un diagnostic : aucun travaux ne doit être engagé avant d’avoir identifié la cause des fissures.
Fissures sur votre maison en Nouvelle-Aquitaine ? Faites identifier la cause avant d’engager des travaux.
La ligne de partage : bassin aquitain contre socle du Massif central
Le retrait-gonflement des argiles ne dépend pas du climat seul, il dépend d’abord de la présence d’argiles gonflantes dans la formation géologique affleurante. La Nouvelle-Aquitaine superpose deux ensembles qui n’ont rien en commun sur ce point.
À l’ouest et au sud, le bassin aquitain accumule des molasses, des marnes et des argiles tertiaires sur de très grandes épaisseurs. Les coteaux du Lot-et-Garonne, de l’Agenais, de l’Entre-deux-Mers, du Périgord et du Gersois en sont l’archétype : formations argilo-marneuses sensibles, relief de plateaux entaillés, nappes superficielles qui se vident en été. C’est là que se concentrent les taux les plus élevés de France.
À l’est et au nord-est, le socle cristallin du Massif central domine la Creuse, la Haute-Vienne et une grande partie de la Corrèze : granites et gneiss, couverture d’altérites peu argileuse, susceptibilité faible. Entre les deux, le seuil du Poitou et les calcaires et argiles du Jurassique font la transition, avec des départements intermédiaires à forte reconnaissance comme la Vienne et les Deux-Sèvres.
Un fait mérite d’être souligné, parce qu’il contredit l’idée d’un risque figé : la première reconnaissance de la Creuse date du 9 août 2019. Avant cette date, aucun arrêté sécheresse n’avait concerné le département. Le socle cristallin n’est pas devenu argileux, mais l’intensité des épisodes a suffi à faire céder des sols jusque-là jamais sollicités. C’est l’argument le plus solide contre le réflexe « ma région n’est pas concernée ».
Le relevé des arrêtés, département par département
| Département | Communes | Reconnues | Part | Arrêtés distincts | Depuis 2024 | Dernier JO |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Lot-et-Garonne (47) | 319 | 310 | 97 % | 103 | 4 | 21/09/2026 |
| Dordogne (24) | 503 | 441 | 88 % | 75 | 3 | 21/09/2026 |
| Gironde (33) | 534 | 460 | 86 % | 112 | 4 | 21/09/2026 |
| Vienne (86) | 265 | 225 | 85 % | 73 | 3 | 16/07/2026 |
| Deux-Sèvres (79) | 252 | 188 | 75 % | 68 | 5 | 21/09/2026 |
| Charente-Maritime (17) | 462 | 340 | 74 % | 67 | 1 | 13/04/2026 |
| Charente (16) | 359 | 184 | 51 % | 74 | 1 | 21/09/2026 |
| Landes (40) | 327 | 155 | 47 % | 45 | 0 | 27/04/2024 |
| Pyrénées-Atlantiques (64) | 545 | 173 | 32 % | 67 | 1 | 13/04/2026 |
| Corrèze (19) | 277 | 82 | 30 % | 32 | 2 | 12/06/2026 |
| Haute-Vienne (87) | 195 | 31 | 16 % | 17 | 1 | 12/06/2026 |
| Creuse (23) | 255 | 32 | 13 % | 13 | 0 | 25/04/2025 |
| Nouvelle-Aquitaine | 4 293 | 2 621 | 61 % | 746 | 25 | 21/09/2026 |
Trois enseignements que ce tableau donne et que la carte ne donne pas
Un, la fréquence compte plus que la présence. La colonne des arrêtés distincts mesure le nombre d’épisodes successifs. La Gironde en cumule 112, le Lot-et-Garonne 103. Des communes y figurent dans plus de vingt arrêtés : Bordeaux dans 23, Thouars dans 24 en Deux-Sèvres, Bassillac et Auberoche dans 22 en Dordogne. Un bâti qui a traversé vingt cycles de retrait et de réhydratation n’a pas le même état de fatigue qu’un bâti qui en a traversé deux.
Deux, vingt-cinq arrêtés ont été pris depuis le 1er janvier 2024, donc sous les critères de reconnaissance réformés, qui reposent sur un indice d’humidité des sols et une période de retour. Les Deux-Sèvres en comptent cinq, le Lot-et-Garonne et la Gironde quatre chacun. Cela signifie que le régime actuel continue de reconnaître ces territoires, information décisive pour qui déclare un sinistre survenu récemment.
Trois, les Landes n’ont aucun arrêté postérieur à avril 2024. Un propriétaire landais dont les fissures datent de l’été 2025 ou 2026 se trouve donc sans voie CatNat ouverte à ce jour. Ce n’est pas la fin du dossier, c’est un changement de stratégie, détaillé plus bas.
Ce que la carte du 9 janvier 2026 change dans la région
L’arrêté du 9 janvier 2026, publié au Journal officiel du 31 janvier 2026, remplace la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles en vigueur depuis 2019. Il s’applique aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026. Au niveau métropolitain, la part de surface classée en exposition moyenne ou forte passe de 48 % à 55 %, et le nombre de maisons individuelles concernées de 10,3 à 12,1 millions, soit 61,5 % du parc.

En Nouvelle-Aquitaine, les effets sont asymétriques. Les départements du bassin aquitain étaient déjà largement classés, le basculement y change peu de choses. Ce sont les marges qui bougent : franges du Limousin, bordures de la Creuse et de la Haute-Vienne, vallées du Périgord oriental, où des parcelles classées en exposition faible passent en exposition moyenne. Pour ces parcelles, l’étude géotechnique préalable devient exigible à la vente d’un terrain constructible et l’état des risques remis à l’acquéreur change de contenu.
À retenir sans ambiguïté : la carte qualifie une susceptibilité de formation géologique à l’échelle du 1/25 000, elle ne diagnostique pas une parcelle. Être classé en exposition forte ne prouve pas que vos fissures viennent du retrait-gonflement. Être classé en exposition faible ne l’écarte pas, et la Creuse en est la démonstration. Seule une reconnaissance à la parcelle tranche, ce qui est l’objet d’une expertise fissures conduite avant tout devis de reprise.
Les douze départements en détail
Lot-et-Garonne (47) : 97 %, le département le plus reconnu de France
310 communes sur 319, et 103 arrêtés distincts, dont quatre depuis 2024, le dernier paru le 21 septembre 2026. Bon-Encontre, Layrac, Pujols, Allez-et-Cazeneuve et Astaffort figurent chacune dans onze à treize arrêtés. Sur les coteaux de l’Agenais et du Marmandais, la question n’est plus de savoir si le sol bouge, mais de quelle amplitude et selon quel cycle. Voir le détail pour le Lot-et-Garonne.
Dordogne (24) : le Périgord et ses records de fréquence
441 communes sur 503, soit 88 %, pour 75 arrêtés distincts et trois depuis 2024. Bassillac et Auberoche cumule 22 arrêtés, Brantôme en Périgord et Sanilhac 16 chacune, Boulazac Isle Manoire 15. L’agglomération de Périgueux concentre une part importante des reconnaissances. Voir le détail pour la Dordogne.
Gironde (33) : le plus grand nombre d’arrêtés de la région
460 communes sur 534, soit 86 %, et 112 arrêtés distincts, le total le plus élevé de Nouvelle-Aquitaine, dont quatre depuis 2024. La métropole bordelaise est très largement concernée : Bordeaux dans 23 arrêtés, Mérignac 17, Lormont 16, Villenave-d’Ornon 16, Pessac 15. Les argiles de l’Entre-deux-Mers et les molasses du Libournais complètent le tableau. Voir le détail pour la Gironde.
Vienne (86) : le seuil du Poitou largement reconnu
225 communes sur 265, soit 85 %, pour 73 arrêtés distincts et trois depuis 2024. Lathus-Saint-Rémy et Boivre-la-Vallée comptent 16 arrêtés, Poitiers et Senillé-Saint-Sauveur 13, Archigny 12. Voir le détail pour la Vienne.
Deux-Sèvres (79) : cinq arrêtés depuis 2024, le plus actif de la région
188 communes sur 252, soit 75 %, et 68 arrêtés distincts. Thouars détient le record régional avec 24 arrêtés, devant Plaine-et-Vallées 15, Val en Vignes 14, Niort 12 et Airvault 11. Avec cinq arrêtés postérieurs à 2024, c’est le département de Nouvelle-Aquitaine où le régime réformé reconnaît le plus activement. Voir le détail pour les Deux-Sèvres.
Charente-Maritime (17) : littoral, marais et Saintonge
340 communes sur 462, soit 74 %, pour 67 arrêtés distincts et un depuis 2024. Médis apparaît dans 13 arrêtés, Rochefort et Saint-Georges-d’Oléron 11, Bourcefranc-le-Chapus et Breuil-Magné 10. Attention au diagnostic différentiel sur ce département : en bordure de marais, un tassement de sol compressible peut produire des désordres très proches, sans relever du retrait-gonflement. Voir le détail pour la Charente-Maritime.
Charente (16) : moitié du département, concentration sur l’Angoumois
184 communes sur 359, soit 51 %, et 74 arrêtés distincts, un depuis 2024, dernier JO le 21 septembre 2026. Fléac et Linars comptent 11 arrêtés, Saint-Yrieix-sur-Charente 10, Angoulême 9, La Couronne 8. La première reconnaissance régionale remonte ici au 23 mars 1990. Voir le détail pour la Charente.
Landes (40) : forte exposition, aucun arrêté depuis avril 2024
155 communes sur 327, soit 47 %, pour 45 arrêtés distincts, le dernier publié le 27 avril 2024. Les reconnaissances se concentrent sur le Tursan, l’Armagnac landais et la Chalosse, avec Parleboscq, Aire-sur-l’Adour, Amou, Bélus et Gabarret. Sur le plateau sableux des Landes de Gascogne, la susceptibilité est faible, et une fissure y relève plus souvent d’une autre cause. Voir le détail pour les Landes.
Pyrénées-Atlantiques (64) : le Pays basque intérieur et le Béarn
173 communes sur 545, soit 32 %, et 67 arrêtés distincts, un depuis 2024. Orthez et Urcuit comptent 8 arrêtés, Mouguerre et Saint-Pierre-d’Irube 7, Bidache 6. Le relief et la pluviométrie expliquent le taux bas, les reconnaissances se concentrant sur les collines argileuses du Pays basque intérieur et les coteaux du Béarn. Voir le détail pour les Pyrénées-Atlantiques.
Corrèze (19) : le bassin de Brive, exception dans le Limousin
82 communes sur 277, soit 30 %, pour 32 arrêtés et deux depuis 2024. Les reconnaissances se concentrent nettement sur le bassin de Brive, formation sédimentaire enclavée dans le socle : Brive-la-Gaillarde dans 7 arrêtés, Allassac 6, Objat, Saint-Pantaléon-de-Larche et Ussac 5 chacune. Sur le plateau de Millevaches, le risque est marginal. Voir le détail pour la Corrèze.
Haute-Vienne (87) : 16 %, mais une première reconnaissance récente
31 communes sur 195, et 17 arrêtés distincts, dont un depuis 2024. Limoges apparaît dans 4 arrêtés, Val-d’Oire-et-Gartempe, Feytiat, Isle et Oradour-sur-Glane dans 3. La première reconnaissance du département date du 14 février 2006 : un territoire longtemps hors sujet, qui ne l’est plus. Voir le détail pour la Haute-Vienne.
Creuse (23) : 13 %, et rien avant 2019
32 communes sur 255, pour 13 arrêtés distincts, le dernier paru le 25 avril 2025. La première reconnaissance du département est du 9 août 2019. Guéret et La Souterraine apparaissent dans 3 arrêtés, Gouzon, Saint-Sulpice-le-Guérétois et Ahun dans 1 à 2. Sur granite altéré, une fissure relève le plus souvent d’une autre cause : tassement de remblai, fondation insuffisante, fuite de réseau. Le diagnostic différentiel est donc d’autant plus important.
Le faisceau d’indices sur le bâti régional
Un désordre de retrait-gonflement ne se prouve jamais par un signe isolé. Sur les maisons que nous expertisons en exposition moyenne ou forte, ce sont les combinaisons qui tranchent.

- La fissure en escalier dans les angles de façade, suivant les joints de la maçonnerie ou le tracé du chaînage, orientée vers le point de tassement, traversant enduit et support.
- La saisonnalité, marqueur le plus discriminant. Ouverture en fin d’été, refermeture partielle en hiver, progression nette d’une année sur l’autre. Un relevé fissurométrique mensuel sur douze mois l’établit, une photo ne l’établit pas.
- Les désordres périphériques : terrasse désolidarisée, dallage décollé des murs, seuil affaissé, menuiserie qui coince d’un seul côté, descente d’eau pluviale désaxée.
- L’asymétrie, en particulier côté façade sud ou côté arbre mature situé à moins d’une fois et demie sa hauteur.
Deux pièges fréquents dans la région, et ils coûtent cher. Le premier, en Charente-Maritime et sur les franges de marais : des désordres de tassement sur sols compressibles attribués à la sécheresse, ce qui conduit à une déclaration vouée au refus. Le second, partout : une fuite sur réseau enterré qui produit un tableau visuel proche, mais de mécanisme inverse. Un dossier bâti sur la mauvaise cause se solde par un refus d’indemnisation, parfois après des mois de procédure.
Ce que la reconnaissance CatNat ne règle pas
Un arrêté ouvre la possibilité d’une indemnisation au titre de la garantie catastrophes naturelles pour un bien assuré en dommages. Il ne décide ni du lien entre vos fissures et le phénomène, ni du montant, ni des travaux à réaliser. L’assureur mandate son propre expert, dont le rapport est encadré depuis le 1er janvier 2025 par le décret n° 2024-1101 : son contenu est donc opposable, et ce qui doit y figurer peut être réclamé. L’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations de ce rapport, avec un délai de mise en oeuvre dont le dépassement expose à restitution. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages de sécheresse sur les habitations, non rachetable. Face à l’expert de la compagnie, le recours à un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique du dossier.
Aucun travaux avant diagnostic : la position que nous défendons
Trois raisons, et aucune n’est commerciale. L’indemnité doit être employée conformément aux recommandations du rapport d’expertise : des travaux engagés avant ce rapport risquent de ne pas y correspondre, et le propriétaire paie deux fois. La garantie couvre les dommages qui n’affectent pas encore la solidité à condition qu’ils soient de nature à évoluer défavorablement : reboucher avant d’avoir suivi, c’est effacer la preuve de l’évolutivité. Enfin une reprise structurelle se dimensionne sur une étude de sol, pas sur un devis : la proposition d’un applicateur de micropieux ou de résine expansive arrive avant la cause, la profondeur du sol porteur et l’amplitude des mouvements. Un expert en bâtiment indépendant ne vend pas les travaux qu’il prescrit.
Vos démarches, dans l’ordre
- Documenter : photos datées avec échelle visible, vue d’ensemble et vue rapprochée, intérieur et extérieur, et date d’apparition notée.
- Vérifier les arrêtés de votre commune sur Géorisques, en contrôlant que la période couverte correspond à l’apparition des désordres.
- Déclarer à votre assureur dans les trente jours suivant la parution de l’arrêté au Journal officiel, par écrit, dossier photographique joint.
- Signaler en mairie si aucun arrêté ne couvre votre période : le signalement des administrés est ce qui permet au maire de saisir le préfet.
- Installer un suivi fissurométrique sur douze mois au minimum, relevé mensuel daté, couvrant un été et un hiver.
- Faire réaliser un diagnostic indépendant, si possible avant le passage de l’expert d’assurance.
- Dimensionner la réparation sur les conclusions techniques, études de sol comprises, puis consulter les entreprises.
En cas de désaccord sur les conclusions de l’expert de la compagnie, l’expertise contradictoire est la voie à privilégier avant toute action judiciaire.
Un expert indépendant pour constituer votre dossier et vous assister face à l’assurance.
Questions fréquentes sur les fissures de sécheresse en Nouvelle-Aquitaine
La Nouvelle-Aquitaine est-elle la région la plus touchée de France ?
En nombre de communes reconnues, oui : 2 621, aucun autre territoire régional n’approche ce total. En proportion, non : le Centre-Val de Loire la dépasse avec 69 % contre 61 %. Mais la comparaison régionale a peu d’intérêt pratique, car la dispersion interne est bien plus forte que l’écart entre régions. Entre le Lot-et-Garonne à 97 % et la Creuse à 13 %, c’est la même région.
Bordeaux figure dans 23 arrêtés sécheresse : qu’est-ce que cela change pour une maison bordelaise ?
Cela signifie que le sol de la commune a connu 23 épisodes reconnus depuis 1990, donc autant de cycles de retrait et de réhydratation subis par les fondations. Une échoppe ou un pavillon ancien y présente souvent des fissures anciennes stabilisées à côté de fissures actives, et l’enjeu du diagnostic est précisément de les distinguer. Une fissure ancienne refermée n’ouvre aucun droit, une fissure évolutive si.
Je suis en Creuse ou en Haute-Vienne, le risque existe-t-il vraiment ?
Il est faible, et c’est une raison de plus de ne pas se tromper de cause. Sur granite altéré, une fissure relève plus souvent d’un tassement de remblai, d’une fondation insuffisante au regard du sol réel, d’une fuite de réseau enterré ou d’un défaut de drainage. Attribuer le désordre à la sécheresse par défaut mène à un refus d’indemnisation et fait perdre du temps sur la vraie cause, parfois réparable à moindre coût.
Mon assureur refuse en invoquant une cause étrangère à la sécheresse, que faire ?
Demandez d’abord le rapport d’expertise complet, auquel vous avez droit, et lisez les motifs. Un refus doit être motivé techniquement, pas par une formule générale. Si le rapport ne traite pas la saisonnalité, ne mentionne aucune reconnaissance de sol et conclut à une cause alternative sans l’étayer, il est contestable. La réponse se construit avec des pièces : relevé fissurométrique, chronologie, et le cas échéant étude de sol. C’est le rôle de l’expert d’assuré de produire cette contradiction.
Quelle différence entre une étude de sol G1, G2 et G5 ?
La norme NF P 94-500 distingue les missions géotechniques. La G1 est une étude préalable qui identifie les aléas du site, c’est celle exigée à la vente d’un terrain constructible en zone d’exposition moyenne ou forte. La G2 conçoit les ouvrages géotechniques pour un projet donné, par phases. La G5 est un diagnostic ciblé sur un élément existant ou un désordre : c’est la mission pertinente sur une maison fissurée. Une G1 ne suffit pas pour dimensionner une reprise.
Combien de temps entre la déclaration et l’indemnisation ?
Il n’y a pas de durée unique, mais une succession d’étapes encadrées depuis la réforme : missionnement de l’expert, remise du rapport, proposition d’indemnisation, puis versement. Le facteur qui allonge le plus les délais n’est pas administratif, il est probatoire : un dossier sans suivi fissurométrique et sans chronologie documentée génère des allers-retours. C’est l’argument pratique en faveur du suivi engagé tôt.
Dois-je accepter le rapport de l’expert d’assurance tel quel ?
Non. Le rapport est un avis technique, pas une décision de justice. Vous pouvez demander des compléments, signaler des désordres omis, contester une cause retenue ou un périmètre de réparation insuffisant. La voie normale est l’expertise contradictoire, où votre expert et celui de la compagnie confrontent leurs analyses. Elle aboutit dans une majorité de cas sans procédure.
Une maison ancienne en pierre est-elle plus ou moins sensible qu’un pavillon récent ?
Les deux sont sensibles, mais différemment. Une maçonnerie traditionnelle en pierre, souple et peu armée, encaisse les déformations en les répartissant en fissures multiples et fines, souvent dans les joints. Un pavillon des années 1970 à 1990, rigide, sur fondations superficielles et sans chaînage dimensionné pour ces mouvements, concentre la déformation en fissures nettes et traversantes. La maison ancienne pardonne davantage, elle ne protège pas.
L’indemnité peut-elle m’être réclamée si je ne fais pas les travaux ?
C’est l’un des points les plus mal connus de la réforme. L’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations du rapport d’expertise, et son emploi doit intervenir dans le délai prévu. Non employée, elle est susceptible de restitution. Conserver l’indemnité en renonçant aux travaux n’est donc pas une option neutre, et c’est une raison supplémentaire pour que le rapport prescrive les bons travaux dès le départ.
Je fais construire en Gironde ou en Lot-et-Garonne, quelles précautions ?
Exigez l’étude géotechnique et vérifiez qu’elle a servi à la conception des fondations, pas seulement au dossier. Contrôlez la cohérence entre les conclusions de l’étude et le descriptif contractuel, notamment la profondeur d’ancrage, le traitement des hétérogénéités et la gestion des eaux de ruissellement. Le constructeur est tenu à une obligation de résultat, mais le litige se gagne sur pièces : une assistance CCMI permet de faire ces vérifications pendant le chantier plutôt qu’après les premières fissures. Si le bien est déjà construit et que vous l’achetez, l’expertise avant achat couvre le même besoin.
Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.
Deux précautions de lecture, que nous préférons donner plutôt que de présenter des chiffres bruts. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule : les communes fusionnées apparaissent donc en tête des classements de fréquence sans que cela signifie un risque supérieur à l’échelle d’une parcelle. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.
Sources
- Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
- Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 4 293 communes de la région.
- Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
- Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
- Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
- Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
- Carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles et cartes géologiques, BRGM.
Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.
