Maison fissurée par la sécheresse en Occitanie, sol argileux craquelé
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Maisons fissurées par la sécheresse en Occitanie : exposition, communes reconnues et démarches

L’Occitanie concentre les plus fortes densités d’arrêtés sécheresse de France. Cinq de ses départements dépassent la centaine d’arrêtés distincts, ce qu’aucune autre région n’atteint : Haute-Garonne 156, Tarn 117, Gers 117, Tarn-et-Garonne 112, Aude 100. Au total 2 687 communes reconnues sur 4 446, soit 60 %, et 993 arrêtés distincts depuis 1990. Relevé commune par commune dans la base GASPAR du portail Géorisques, le 9 octobre 2026.

Ce qui distingue la région n’est donc pas l’étendue du phénomène, c’est sa répétition. Toulouse figure dans 24 arrêtés, Montauban dans 19, Muret dans 18, Moissac dans 17. Un bâti qui a traversé vingt cycles de retrait et de réhydratation présente une fatigue cumulée que ne montre aucune carte d’exposition. Ce qui ne change rien à notre position : aucun travaux ne doit être engagé avant un diagnostic qui identifie la cause.

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L’état des arrêtés, département par département

Reconnaissances CatNat sécheresse en Occitanie, relevé GASPAR du 9 octobre 2026
Département Communes Reconnues Part Arrêtés distincts Depuis 2024 Dernier JO
Gers (32) 458 454 99 % 117 3 21/09/2026
Tarn-et-Garonne (82) 195 191 98 % 112 0 20/12/2024
Haute-Garonne (31) 586 510 87 % 156 0 02/04/2025
Tarn (81) 314 264 84 % 117 0 02/04/2025
Gard (30) 350 241 69 % 60 0 25/02/2025
Aude (11) 433 293 68 % 100 1 16/07/2026
Hérault (34) 341 211 62 % 86 1 13/04/2026
Lot (46) 312 156 50 % 55 1 12/06/2026
Ariège (09) 325 106 33 % 53 1 21/09/2026
Hautes-Pyrénées (65) 469 138 29 % 64 0 02/08/2024
Aveyron (12) 285 73 26 % 46 1 12/06/2026
Pyrénées-Orientales (66) 226 43 19 % 20 0 16/07/2026
Lozère (48) 152 7 5 % 7 0 02/07/2024
Occitanie 4 446 2 687 60 % 993 8 21/09/2026

Lisez ce tableau en deux temps. La part de communes reconnues dit la probabilité qu’un territoire ait déjà basculé au moins une fois. Le nombre d’arrêtés distincts dit l’intensité du cycle. Le Gers à 99 % avec 117 arrêtés et la Lozère à 5 % avec 7 arrêtés ne décrivent pas la même région, ils décrivent deux géologies.

Le couloir garonnais, puis tout le reste

Les molasses et argiles tertiaires du bassin aquitain couvrent le Gers, le Tarn-et-Garonne, le Lauragais, le Toulousain, l’Albigeois et le Quercy blanc. Ce sont des formations argilo-marneuses continentales, épaisses, hétérogènes d’une parcelle à l’autre, avec un relief de coteaux qui accentue les contrastes d’humidité entre l’amont et l’aval d’une même maison. C’est le terrain de jeu classique du retrait-gonflement, et cela explique les quatre premières lignes du tableau.

Le pourtour méditerranéen fonctionne autrement. Dans le Gard, l’Hérault et l’Aude, les reconnaissances se concentrent sur les bassins argileux et les plaines de piémont : Calvisson, Nages-et-Solorgues, Clarensac et Caveirac dans le Gard, Clapiers, Montpellier, Villeneuve-lès-Maguelone et Lavérune dans l’Hérault, Villemoustaussou, Castelnaudary et le Val-de-Dagne dans l’Aude. Les garrigues calcaires et les massifs schisteux voisins restent peu sensibles, ce qui produit un damier serré à l’échelle de quelques kilomètres.

Enfin les Pyrénées, les Causses et les Cévennes relèvent d’un autre monde : calcaires karstiques, schistes, granites. La Lozère à 5 % et les Pyrénées-Orientales à 19 % ne sont pas des anomalies statistiques, ce sont des géologies peu argileuses. Règle à retenir : dans ces départements, une fissure n’a aucune raison d’être attribuée par défaut à la sécheresse, et la rechercher ailleurs fait souvent gagner du temps et de l’argent.

Ce que la carte du 9 janvier 2026 change ici

L’arrêté du 9 janvier 2026, publié au Journal officiel du 31 janvier 2026, remplace la carte d’exposition en vigueur depuis 2019 et s’applique aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026. À l’échelle métropolitaine, la surface classée en exposition moyenne ou forte passe de 48 % à 55 %, et le nombre de maisons individuelles concernées de 10,3 à 12,1 millions, soit 61,5 % du parc.

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En Occitanie, le couloir garonnais était déjà classé pour l’essentiel : le changement y est marginal. Les basculements se jouent sur les piémonts et les franges, Lauragais audois, bordures de l’Aveyron, vallées de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées, arrière-pays héraultais. Pour une parcelle qui bascule, trois effets concrets : l’étude géotechnique préalable devient exigible à la vente d’un terrain constructible, l’état des risques remis à l’acquéreur ou au locataire change de contenu, et le constructeur doit adapter la conception des fondations. Aucune obligation de travaux n’est créée sur une maison existante.

Et la limite habituelle vaut ici comme ailleurs : la carte est établie au 1/25 000 et qualifie une susceptibilité de formation géologique, pas le comportement d’un sol sous une semelle donnée. Seule une reconnaissance à la parcelle tranche, ce qui est l’objet d’une expertise fissures menée avant tout devis de reprise.

Les treize départements en détail

Gers (32) : 99 %, quatre communes seulement hors arrêté

454 communes reconnues sur 458, pour 117 arrêtés distincts, dont trois depuis 2024, dernier JO le 21 septembre 2026. Auch figure dans 15 arrêtés, Aubiet, L’Isle-Jourdain et Montaut-les-Créneaux dans 14, Condom dans 13. Sur les coteaux gersois, l’enjeu d’un dossier n’est pas la reconnaissance, c’est la démonstration du lien entre vos fissures et l’épisode déclaré. Voir le détail pour le Gers.

Vue aérienne d'un lotissement aux pelouses jaunies par la sécheresse

Tarn-et-Garonne (82) : 98 %, mais plus d’arrêté depuis fin 2024

191 communes sur 195, et 112 arrêtés distincts. Montauban apparaît dans 19 arrêtés, Moissac 17, Caussade et Lavit 15, Castelsarrasin 14. Dernière parution le 20 décembre 2024 : pour un sinistre apparu en 2025 ou 2026, la voie CatNat n’est pas ouverte à ce jour. Voir le détail pour le Tarn-et-Garonne.

Haute-Garonne (31) : 156 arrêtés, le record national

510 communes sur 586, soit 87 %, pour 156 arrêtés distincts, le total le plus élevé de tous les départements métropolitains. Toulouse figure dans 24 arrêtés, Muret 18, Castelmaurou, Pechbonnieu et Plaisance-du-Touch 16. Première reconnaissance le 24 mai 1990, dernière parution le 2 avril 2025. Sur l’agglomération toulousaine, les pavillons des années 1970 à 1990 constituent le gros du contentieux. Voir le détail pour la Haute-Garonne.

Tarn (81) : 117 arrêtés sur l’Albigeois et le Castrais

264 communes sur 314, soit 84 %. Castres figure dans 16 arrêtés, Albi et Gaillac 15, Saïx 14, Blaye-les-Mines 12. Dernière parution le 2 avril 2025. Voir le détail pour le Tarn.

Gard (30) : les bassins argileux de la Vaunage et du Gardon

241 communes sur 350, soit 69 %, et 60 arrêtés distincts. Calvisson et Nages-et-Solorgues apparaissent dans 11 arrêtés, Clarensac 10, Caveirac 9, Fournès 8, soit une concentration nette sur la Vaunage. Dernière parution le 25 février 2025. Voir le détail pour le Gard.

Aude (11) : 100 arrêtés, du Lauragais aux Corbières

293 communes sur 433, soit 68 %, avec un arrêté depuis 2024 et une dernière parution le 16 juillet 2026. Villemoustaussou figure dans 10 arrêtés, Castelnaudary, Comigne et le Val-de-Dagne 9, Carcassonne également parmi les plus citées. Voir le détail pour l’Aude.

Hérault (34) : la couronne montpelliéraine en première ligne

211 communes sur 341, soit 62 %, pour 86 arrêtés distincts, un depuis 2024, dernière parution le 13 avril 2026. Clapiers et Montpellier figurent dans 14 arrêtés, Villeneuve-lès-Maguelone 13, Lavérune 12. Voir le détail pour l’Hérault.

Lot (46) : le Quercy blanc contre les causses

156 communes sur 312, soit exactement la moitié, et 55 arrêtés distincts. La répartition est très lisible : Cahors dans 12 arrêtés, Montcuq-en-Quercy-Blanc 11, Lendou-en-Quercy 10, Figeac 8. Les molasses du Quercy blanc concentrent les reconnaissances, les causses calcaires y échappent. Voir le détail pour le Lot.

Ariège (09) : 33 %, mais un arrêté en septembre 2026

106 communes sur 325, pour 53 arrêtés distincts et un depuis 2024, paru le 21 septembre 2026. Foix et Sainte-Croix-Volvestre figurent dans 7 arrêtés, Artigat 6, Bélesta 5. Les reconnaissances se concentrent sur le Volvestre et les basses vallées, pas sur la haute chaîne.

Hautes-Pyrénées (65) : le Magnoac et les coteaux

138 communes sur 469, soit 29 %, et 64 arrêtés distincts, dernière parution le 2 août 2024. Lalanne apparaît dans 5 arrêtés, Aries-Espénan, Castelnau-Magnoac et Collongues dans 3. Les coteaux argileux de l’est du département portent l’essentiel du phénomène.

Aveyron (12) : le Sud-Aveyron et les marnes du Millavois

73 communes sur 285, soit 26 %, pour 46 arrêtés distincts et un depuis 2024. Millau figure dans 7 arrêtés, Creissels 5, Compeyre et Martiel 4. Sur les grands causses calcaires, la susceptibilité est faible, et une fissure y mérite une recherche de cause élargie. Voir le détail pour l’Aveyron.

Pyrénées-Orientales (66) : 19 %, la plaine du Roussillon

43 communes sur 226, et 20 arrêtés distincts, dernière parution le 16 juillet 2026. Première reconnaissance tardive, le 29 décembre 2000. Trouillas figure dans 5 arrêtés, Peyrestortes 4, Ponteilla et Port-Vendres 3. Les Aspres et la plaine argileuse concentrent les cas, les Albères et le Conflent beaucoup moins.

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Lozère (48) : 5 %, le plus faible taux d’Occitanie

7 communes sur 152, et 7 arrêtés, un par commune. Première reconnaissance le 26 août 2004. Sur granites, schistes et calcaires karstiques, le retrait-gonflement est un phénomène marginal. Une fissure en Lozère relève très majoritairement d’une autre cause, et c’est la conclusion utile pour le propriétaire.

Le faisceau d’indices sur le bâti occitan

Un désordre de retrait-gonflement ne se prouve pas par un signe isolé. Les combinaisons que nous recherchons sur le terrain :

  • La fissure en escalier d’angle, suivant les joints de la maçonnerie ou le tracé du chaînage, orientée vers le point de tassement, traversant enduit et support.
  • La saisonnalité, marqueur le plus discriminant : ouverture en fin d’été, refermeture partielle en hiver, progression d’une année sur l’autre. Un relevé fissurométrique mensuel sur douze mois l’établit, une photo non.
  • Les désordres périphériques : terrasse désolidarisée, dallage décollé du mur, seuil affaissé, menuiserie qui coince d’un seul côté.
  • L’asymétrie, côté façade sud ou côté arbre mature planté à moins d’une fois et demie sa hauteur.

Le piège spécifique au pourtour méditerranéen mérite d’être nommé : les désordres consécutifs à un épisode pluvieux intense ne relèvent pas du retrait-gonflement, même s’ils apparaissent la même année qu’un été sec. Ravinement, saturation de remblai, infiltration en pied de mur et affouillement produisent des fissures que l’on attribue à tort à la sécheresse, avec un refus d’indemnisation à la clé. Le second piège, partout, est la fuite sur réseau enterré : mécanisme inverse, tableau visuel proche.

Ce que la reconnaissance CatNat ne règle pas

Un arrêté ouvre la possibilité d’une indemnisation au titre de la garantie catastrophes naturelles pour un bien assuré en dommages. Il ne décide ni du lien entre vos fissures et le phénomène, ni du montant, ni des travaux. L’assureur mandate son expert, dont le rapport est encadré depuis le 1er janvier 2025 par le décret n° 2024-1101, ce qui rend son contenu exigible. L’indemnité est affectée à la réparation selon les recommandations de ce rapport, et son non-emploi dans le délai prévu expose à restitution. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages de sécheresse sur les habitations, non rachetable. Face à l’expert de la compagnie, un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique du dossier.

Expert et propriétaire échangeant devant une façade fissurée

Aucun travaux avant diagnostic

Trois raisons, aucune commerciale. L’indemnité doit être employée conformément au rapport d’expertise : des travaux antérieurs risquent de ne pas y correspondre, et le propriétaire paie deux fois. La garantie couvre les dommages qui n’affectent pas encore la solidité à condition qu’ils soient de nature à évoluer défavorablement : reboucher avant d’avoir suivi, c’est effacer la preuve de l’évolutivité. Et une reprise structurelle se dimensionne sur une étude de sol, pas sur un devis : la proposition d’un applicateur de micropieux ou de résine arrive avant la cause, la profondeur du sol porteur et l’amplitude des mouvements. Un expert en bâtiment indépendant ne vend pas les travaux qu’il prescrit.

Vos démarches, dans l’ordre

  1. Documenter : photos datées avec échelle visible, vue d’ensemble et vue rapprochée, intérieur et extérieur, date d’apparition notée.
  2. Vérifier les arrêtés de votre commune sur Géorisques, et surtout la période qu’ils couvrent.
  3. Déclarer à l’assureur dans les trente jours suivant la parution de l’arrêté au Journal officiel, par écrit.
  4. Signaler en mairie si aucun arrêté ne couvre votre période : c’est ce signalement qui permet au maire de saisir le préfet.
  5. Installer un suivi fissurométrique sur douze mois minimum, relevé mensuel daté, couvrant un été et un hiver.
  6. Faire réaliser un diagnostic indépendant, si possible avant le passage de l’expert d’assurance.
  7. Dimensionner la réparation sur les conclusions techniques, puis consulter les entreprises.

En cas de désaccord avec l’expert de la compagnie, l’expertise contradictoire est la voie à privilégier avant toute procédure.

Un expert indépendant pour constituer votre dossier et vous assister en expertise.

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Questions fréquentes sur les fissures de sécheresse en Occitanie

Pourquoi la Haute-Garonne compte-t-elle autant d’arrêtés que des régions entières ?

Parce que le nombre d’arrêtés dépend du nombre d’épisodes reconnus et du découpage géographique de chaque arrêté. Un département vaste, très peuplé, posé sur des molasses sensibles et soumis à des étés secs répétés accumule mécaniquement les reconnaissances. Les 156 arrêtés de la Haute-Garonne traduisent une exposition réelle, pas une générosité administrative : les critères sont nationaux.

Toulouse figure dans 24 arrêtés : mes fissures sont-elles indemnisables d’office ?

Non, et c’est le malentendu le plus répandu. L’arrêté ouvre la porte, il ne décide pas. Votre assureur devra établir que vos désordres résultent bien du phénomène et pour la période déclarée. Sur un bâti qui a vécu vingt épisodes, la difficulté est souvent de distinguer les fissures anciennes stabilisées des fissures actives. Seul un suivi daté permet de le faire.

Je suis en Lozère ou dans les Pyrénées-Orientales, à quoi dois-je penser en priorité ?

À une autre cause. Sur ces géologies, le retrait-gonflement est marginal, et les causes qui reviennent sont le tassement de remblai, une fondation insuffisante au regard du sol réel, une fuite de réseau enterré, un défaut de drainage ou un mouvement de versant. Beaucoup de ces causes sont traitables, parfois à un coût bien moindre qu’une reprise en sous-oeuvre, à condition d’être identifiées.

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Commune non reconnue en catastrophe naturelle : le recours du maire et vos options de propriétaire

Le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne n’ont plus d’arrêté depuis 2024 ou 2025, que faire pour un sinistre récent ?

Deux leviers. Le signalement en mairie, qui alimente une demande de reconnaissance et peut rendre votre dossier recevable plus tard : les arrêtés sont publiés avec un décalage de plusieurs mois à plusieurs trimestres après l’épisode. Et la recherche d’une responsabilité, constructeur dans les dix ans de la réception, vendeur au titre du vice caché. Dans les deux cas, le suivi fissurométrique engagé maintenant est ce qui rendra le dossier défendable plus tard.

Une fissure apparue après de fortes pluies peut-elle relever de la sécheresse ?

Oui, mais pas pour la raison que l’on croit. Le mécanisme s’appelle retrait-gonflement : le sol se rétracte en période sèche et regonfle en se réhydratant. Un désordre peut donc se révéler lors du regonflement, après un épisode pluvieux qui suit un été sec. Ce qui est différent d’un désordre causé par la pluie elle-même, ravinement, saturation ou infiltration, qui ne relève pas de la garantie sécheresse. La distinction se fait sur la chronologie et sur l’examen du site.

Mon voisin a été indemnisé et moi non, pour la même commune : est-ce normal ?

Oui, c’est fréquent, et ce n’est pas arbitraire. L’arrêté concerne la commune, l’indemnisation concerne le bâtiment. Deux maisons voisines peuvent reposer sur des épaisseurs d’argile différentes, avoir des fondations d’ancrage différent, une végétation différente, un historique de travaux différent. L’examen de la cause se fait au cas par cas, et c’est précisément pourquoi le dossier technique fait la différence.

Les Causses et la garrigue sont calcaires, pourquoi certaines communes sont-elles reconnues ?

Parce que l’affleurement dominant ne dit pas tout. Au sein d’un plateau calcaire, les poches d’argile de décarbonatation, les fonds de dolines, les remplissages de vallons et les alluvions argileuses constituent des îlots sensibles, parfois de quelques hectares. C’est l’illustration la plus nette du fait que la carte régionale ne remplace pas la reconnaissance de parcelle.

Quelle est la différence entre la carte d’exposition et un diagnostic de sol ?

La carte classe des formations géologiques en niveaux de susceptibilité à l’échelle du 1/25 000, pour une information préalable et des obligations réglementaires. Un diagnostic de sol mesure, à la parcelle, la nature des matériaux, leur sensibilité réelle et la profondeur du sol porteur, par sondages et essais. La carte sert à savoir si l’on doit regarder, le diagnostic sert à savoir ce qu’il faut faire.

Faut-il arroser le sol autour de la maison pendant l’été ?

Un arrosage ponctuel et localisé est plus nuisible qu’utile : il crée des différences d’humidité entre zones et donc des mouvements différentiels, exactement ce que l’on cherche à éviter. Les mesures de prévention reconnues sont d’un autre ordre : maîtrise des eaux pluviales et de ruissellement, étanchéité des réseaux enterrés, gestion de la végétation à distance, et le cas échéant trottoir périphérique ou écran anti-racines dimensionné après étude.

J’achète une maison en Occitanie, que vérifier avant de signer ?

Trois choses. L’état des risques et le classement de la parcelle selon la carte applicable à la date de l’acte. L’historique des arrêtés de la commune dans GASPAR, un historique chargé signifiant un bâti local déjà sollicité. Et l’état réel du bâti, car une maison indemnisée mais non réparée se vend, et l’information doit figurer dans l’état des risques. Si un doute subsiste sur une dissimulation, la voie du vice caché existe, mais mieux vaut faire réaliser une expertise avant achat que de la découvrir après.

Note de méthode. Les chiffres de cette page proviennent d’un relevé automatisé de la base GASPAR, effectué commune par commune sur le périmètre communal en vigueur au 9 octobre 2026.

Deux précautions de lecture, que nous préférons donner plutôt que de présenter des chiffres bruts. Une commune nouvelle hérite des arrêtés de toutes les communes qu’elle regroupe, ce qui augmente mécaniquement son nombre d’arrêtés par rapport à une commune restée seule : les communes fusionnées apparaissent donc en tête des classements de fréquence sans que cela signifie un risque supérieur à l’échelle d’une parcelle. Et un arrêté ancien ne dit rien de vos droits aujourd’hui : seule compte la période couverte, à vérifier sur Géorisques pour votre commune et pour la date d’apparition de vos désordres.

Sources

  • Arrêté du 9 janvier 2026 relatif à la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel du 31 janvier 2026, applicable aux actes conclus à compter du 1er juillet 2026.
  • Base GASPAR, arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, portail Géorisques, ministère de la Transition écologique. Relevé commune par commune pour les 4 446 communes de la région.
  • Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles.
  • Décret n° 2024-1101 du 4 décembre 2024 relatif aux obligations des entreprises d’assurance et des experts en matière de sécheresse, applicable depuis le 1er janvier 2025.
  • Code des assurances, articles L. 125-1 et suivants, et franchise légale applicable aux dommages de sécheresse sur les habitations.
  • Norme NF P 94-500, classification des missions géotechniques G1 à G5.
  • Cartes géologiques et carte de susceptibilité au retrait-gonflement des argiles, BRGM.

Relevé GASPAR effectué le 9 octobre 2026. Les arrêtés étant publiés en continu, vérifiez l’état à jour de votre commune sur Géorisques avant toute démarche.

Check my House

Né d'une volonté de sécuriser les transactions immobilières, Check my House a été créé par Laurent Hojan, fort de quinze ans d'expérience dans la construction, pour démocratiser le contrôle des biens partout en France. Le mot du fondateur : « Acquérir un bien ou le mettre en vente peut être une étape anxiogène. Mon ambition, à travers Check my House, est de sécuriser, démocratiser et digitaliser l'ensemble des expertises immobilières, dans l'ancien comme dans le neuf. Notre devise : vous accompagner, vous conseiller et vous rassurer. », Laurent Hojan, fondateur de Check my House.
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